L’engagement communautaire permet la rentree des classes à La Hatte

Les toits neufs de l’ecole

 

La Grand’Anse est le département qui a été le plus touché par l’ouragan Matthew . 188 écoles endommagées, selon le directeur départemental pour le ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), Ernsau Dauphin. L’UNICEF et ses partenaires , en appui au MENFP, ont permis la réhabilitation de 75 écoles , d’octobre 2016 à avril 2017, en les dotant notamment de mobilier scolaire bénéficiant à plus de 25 000 enfants . Les partenaires ont également distribué des fournitures scolaires aux élèves en vue de faciliter leur apprentissage. À une heure et demie de la ville de Jérémie, l’école nationale de Dame Marie est un exemple concret de cet engagement.

Au début du mois d’octobre 2017, l’ouragan Matthew a privé de scolarité les 417 Elèves de l’école nationale de Lahatte. Du haut de ses seize ans, le jeune Tiekelo, le regard droit et vif, élève en 6ème année fondamentale, se rappelle comme si c’était hier. « J’étais à la fois triste et étonné. Des familles s’étaient réfugiées dans l’école pendant l’ouragan, et des murs s’étaient effondrés, les toits envolés. Personne n’étaient à l’abri», se souvient-il.

Inquiets pour la scolarité de leurs enfants, les parents pressent le directeur de trouver une solution, explique la mère de Tiekelo. « Quand j’ai vu l’état de l’école après Matthew, j’étais désespérée. Je ne pouvais pas envoyer mes enfants en ville pour qu’il puisse aller à l’école. D’ailleurs, je n’ai personne en ville. Il fallait que l’école soit réparée, et vite », rappelle-t-elle.

Tiekelo et sa mère

Un effort de toute la communauté

Appuyé par les parents, le directeur de l’école a entrepris les démarches pour aménager un espace pour la reprise des cours. « Quand enfin on a pu rouvrir nos portes, en janvier, il ne restait plus que 265 élèves. Les autres ont été envoyés dans les localités voisines, soit pour continuer leur scolarité dans un autre établissement, soit parce que les parents n’avaient plus les moyens de les nourrir », raconte-t-elle.

Appuyé par les parents, le directeur de l’école a entrepris les démarches pour aménager un espace pour la  reprise des cours. « Quand enfin on a pu rouvrir nos portes, en janvier, il ne restait plus que 265 élèves. Les autres ont été envoyés dans les localités voisines, soit pour continuer leur scolarité dans un autre établissement, soit parce que les parents n’avaient plus les moyens de les nourrir », raconte-t-elle.

Quelques bâches favorisent une réouverture timide de l’école nationale de La Hatte. Les quelques élèves présents font alors face à des conditions d’apprentissages très précaires et difficiles. «  Impossible de travailler quand il pleuvait. L’eau coulait à travers les bâches. Et quand il ne pleuvait pas, le soleil tapait si fort qu’à partir de dix heures du matin, il fallait bouger à travers les salles pour chercher un peu d’ombre afin de poursuivre les cours. », regrette le directeur.

Adapter les méthodes d’apprentissage

Professeur en 3ème année fondamentale, Mr. Saint Fleur Jean Ramsé affirme avoir du innover dans ces méthodes pédagogiques pour leur assurer un apprentissage efficace : « Nous avons dû inclure davantage de divertissement dans notre travail au quotidien, afin de leur remonter le moral. C’était évident qu’ils étaient sous le choc face à leur nouvelle situation, c’était pareil pour nous, leurs professeurs. A nous aussi Matthew avait tout pris», se souvient-il.

le directeur de l’école

D’autant plus qu’il est difficile de rester concentrer toute la journée pour apprendre le ventre vide. « Le professeur, il parle, il parle, moi je n’entends rien, parce que ventre affamé n’a point d’oreille », soutient Tiekelo.

Une aide précieuse de l’UNICEF

L’école nationale de La Hatte a bénéficié d’un projet de réhabilitation et de don de mobilier scolaire, de construction des coins sanitaires et de point d’eau, grâce au financement de l’UNICEF.

Les élèves de l’école nationale de La Hatte ont subi leurs épreuves de fin d’année à la fin du mois de juin 2017, une année en partie sauvée selon le directeur de l’école est soulagé d’avoir pu rouvrir les portes de l’école. « Nous remercions l’UNICEF pour son appui. Mais il est également vrai que sans la conscience professionnelle des professeurs et l’engagement de la communauté, rien de tout cela n’aurait été possible », souligne-t-il.

Bettina Perono

 

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