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Lancement de l’opération coup de poing 2018 contre le choléra

 

Les représentants des collectivités territoriales de l’Ouest , lors du lancement

En 2017, l’opération coup de poing a permis une avancée fondamentale dans la lutte contre le choléra dans le département de l’Ouest. Ce lundi 7 aout, le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) et la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA) ont lancé l’opération coup de poing 2018. Ce lancement s’est tenu en présence des principaux partenaires de la lutte contre la maladie dont l’UNICEF et les représentants des collectivités territoriales de l’Ouest.

Port-au-Prince le 22 aout 2018- Avec le lancement de l’opération coup de poing, les principaux partenaires veulent renforcer la lutte dans le département de l’Ouest. Il y a eu des progrès importants dans la lutte, en témoignent les chiffres qui n’ont jamais été aussi bas.

L’administrateur de la Direction de la Santé de l’Ouest (DSO), M. Maliou Etienne, a salué la présence des participants dans le cadre de l’atelier. « Je tiens à rappeler que le combat pour éliminer, pour éradiquer le choléra n’est pas seulement l’affaire du MSPP mais cela implique la participation de tous. Tout le monde doit apporter son apport dans la lutte », a-t-il dit, en lançant officiellement l’atelier.

Paul Chrystian Namphy, coordonnateur de la lutte contre le choléra au niveau de la DINEPA, a mis l’accent sur les éléments importants de la stratégie afin d’éliminer le choléra : la prise en charge médicale, la réponse communautaire, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation, l’eau potable et l’assainissement, l’implication des élus locaux.

« Ces éléments sont absolument essentiels, il faut doter la population de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Il faut accompagner la population dans une véritable révolution de changement de comportement, de promotion de sensibilisation et d’hygiène », a-t-il poursuivi.

L’UNICEF un acteur clé dans la lutte contre le choléra

Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haiti

Dans la lutte contre le choléra, l’UNICEF a été aux côtés du gouvernement haïtien dès les premiers moments. L’UNICEF supporte la lutte contre la maladie à plusieurs niveaux, notamment l’aspect concernant l’appui à la coordination et la réponse au niveau national, départemental et communal. Ainsi l’organisation est le leader du secteur WASH (eau, hygiène et assainissement) et assure une présence constante dans le secteur de la santé en vue de renforcer les liens et la cohésion entre les activités Wash et santé.

« L’opération coup de poing possède cette force de rallier tous les acteurs concernés par cet objectif commun qu’est l’élimination du choléra. L’UNICEF se réjouit de l’implication de tout un chacun, en particulier des collectivités territoriales dans cette grande opération », a indiqué Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

L’élimination du choléra : plus que jamais une vérité

Les derniers chiffres contre la maladie montrent qu’il est possible de l’éliminer. A la 30ème semaine de cette année, seulement 31 cas suspects ont été enregistrés pour tout le pays. De manière générale : 818 874 cas suspects de choléra ont été reportés de 2010 au 28 juillet 2018 ; en 2017, le nombre de cas suspect reporté s’est élevé à 13 681 pour tout le pays ; et de de janvier à juillet de l’année en cours on ne compte que 2 874 cas à travers le pays.

Les efforts conjugués de tous les partenaires impliqués dans cette lutte, rapproche Haïti de plus en plus vers l’objectif de l’élimination. Il est important de redoubler de vigilance durant la saison pluvieuse.

Même si les chiffres sont encourageants « nous ne pouvons pas encore crier victoire, car le choléra est toujours là » a prévenu monsieur Paul Christian Namphy.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Éliminer le cholera en Haïti par la réponse rapide.

UNICEF Haïti travaille avec ses partenaires tels Solidarités International afin de soutenir la stratégie de réponse rapide du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le but d’éliminer le choléra avec ses équipes mobiles.Voici l’histoire de Michel Ange.

Camille Lacourt en visite en Haïti.

Ici en Haïti, plus de 4,8 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau potable. 4,8 millions de personnes, c’est 36% de la population, une statistique que Camille Lacourt souhaite changer par son implication humanitaire.

Arrivé sur l’île d’Hispaniola le 19 février pour un séjour de 5 jours, le quintuple Champion du Monde de Natation Camille Lacourt, a pu voir de ses yeux le travail colossal accompli sur le terrain par UNICEF et ses différents partenaires.

« On voit qu’il y a beaucoup de travail et que ça bosse rapidement » affirme la célébrité française, parrain de la nuit de l’Eau. Cette présence en Haïti de Camille Lacourt visait à constater et témoigner de l’action de l’UNICEF sur le terrain et voir à quoi servent les fonds collectés grâce à la Nuit de l’Eau.

« Tous les dons sont utiles. Il y a eu beaucoup de travail de fait mais il en reste encore beaucoup. Haïti ce n’est pas que les tremblements de terre et les ouragans. Il ne faut pas qu’aider à ces moments mais un petit peu tout le temps » explique Camille.

Accompagné de Julie Barrat, responsable WASH UNICEF, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite le réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma

Dans le département du Centre, Camille a pu voir tout ce qui était fait et toutes les difficultés rencontrées pour ramener l’eau potable des sources jusqu’aux populations. À La Chapelle il a visité un réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma. Grâce aux nombreux dons, ce système d’approvisionnement a été réhabilité et de nombreux points d’eau sont maintenant assainis. En totalité, 910 000 personnes ont maintenant accès à un point d’eau potable.

Toujours dans le Centre, il a aussi pu rencontrer les élèves de l’école nationale de Trianon à Mirebalais, une des 152 écoles amies de l’hygiène. Là-bas, grâce au soutien de l’UNICEF, des enfants peuvent se laver les mains et peuvent accéder à des toilettes séparées. Ces programmes ont été en partie financée par la générosité publique lors de la Nuit de l’Eau 2017.

« Pour nous quand on la chance de venir sur le terrain, on voit que vraiment le travail a été fait et en train d’être fait. C’est le message que j’essaie de faire passer : les dons, c’est utile, c’est vraiment utile. » affirme Camille Lecours

Accompagné du médecin Karine Sévère, responsable du CTC de Port au Prince, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite les installations et les malades atteints de cholera ou de diarrhée aïgues.

Finalement à Port au Prince dans l’Ouest, accompagné du médecin Karine Sévère, médecin responsable, il a visité le Centre de Traitement du Choléra et de Diarrhée Aigüe Gheskio et un point de chloration d’eau dans le quartier Bristou à Petionville.

« C’est très loin de ce que nous on peut connaître mais oui je relativise beaucoup en disant que moi j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir faire mon sport dans des bassins rempli d’eau et qu’ici il n’y en a pas assez, donc voilà ça me donne encore plus envie de parler de ça » termine Camille Lacourt.

152 écoles ont reçu la certification école amie de l’hygiène.

152 écoles amies de l’hygiène ont été certifié le 21 novembre dernier lors d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince.

Cérémonie de certification de 152 écoles amies de l’hygiène à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cérémonie de certification de 152 “Écoles amies de l’hygiène” à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cette activité de certification de 152 écoles était organisée  par  le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle en collaboration avec  le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la DINEPA, l’UNICEF ainsi que plusieurs autres partenaires dont la Banque Interaméricaine de Développement.

Le projet/programme « Certification des Écoles Amies de l’Hygiène », lancé officiellement en novembre 2014, vise la constitution d’un certain nombre d’écoles-modèles, en matière d’hygiène, dans chacun des dix départements du pays. Pour recevoir leur certification, les 152 écoles ont dû, pour cela, respecter un certain nombre de normes et critères liés à l’hygiène, l’eau et l’assainissement.

Toutes les écoles méritantes représentées lors de la cérémonie ont toutes démontré lors des inspections qu’elles avaient des toilettes et des latrines disponibles, des points de lavage des mains à proximité́ des toilettes, de la disponibilité́ de l’eau pour usage courant et qu’une supervision technique était assurée par des inspecteurs scolaires et des ingénieurs. Les directions des écoles ont aussi présenté leur engagement et leur participation dans l’enseignement de l’hygiène et la création d’un club de santé fonctionnel dans leur établissement respectif.

De nouveaux comportements relatifs à l’hygiène

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée écoles de Jeunes Filles de Jérémie.

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie.

« Je trouve qu’il y a beaucoup de différences parce que maintenant nous essayons de créer chez les apprenants de nouveaux comportements relatifs à l’hygiène. » explique Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie, tout juste après avoir reçu sa plaque confirmant la certification de son institution comme École amie de l’hygiène.

« On leur donne des directives mais il leur revient de gérer leurs propres états sanitaires, ce sont des jeunes adolescentes de 11 ans à 12 ans, elles comprennent très bien ce que nous attendons d’elles. On leur demande de créer des comités et on leur donne des consignes sur l’hygiène. On leur apprend à avoir des comportements positifs, à se laver les mains après être allé aux toilettes si non elles vont tomber malade et vont s’absenter de l’école. Si on est pas en bonne santé, on ne va pas rester à l’école non plus affirme la directrice.

« La certification des écoles amies de l’Hygiène relève d’une nécessité absolue. L’analyse de la situation réalisée en 2012 donne les chiffres suivants : 25% des écoles haïtiennes disposent d’installation d’eau potable, 50% de toilettes fonctionnelles, 69% de station de lavage des mains. 52% d’entre elles enseignent l’hygiène ou en font la promotion. » a expliqué M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

13 écoles appuyées par l’UNICEF

Lors de cette première évaluation 2017, sur les 17 écoles certifiées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, 13 sont appuyées par l’UNICEF (9 au Centre et 4 dans l’Artibonite). 8 autres écoles dans l’Artibonite sont prêtes et en attente d’évaluation pour leur certification.

Les écoles que UNICEF a aidé à reconstruire à travers le pays, après le tremblement de terre du 12 janvier, sont toutes équipées de bloc sanitaires. Avec possibilité de collecte d’eau de pluie car la question de l’eau peut être un défi dans certains endroits du pays. UNICEF a également mené des séances de sensibilisation à l’hygiène pour le personnel scolaire et aussi pour les écoliers.

« Cette certification va permettre d’avoir des écoles plus sûres. Car à cause de l’insalubrité de certains établissements, l’école qui devrait être un environnement protecteur, peut devenir une menace pour la santé des enfants. Nous savons qu’ils sont particulièrement vulnérables aux microbes et la santé de nos enfants est une priorité absolue » a ajouté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Encore beaucoup d’efforts

Malgré le succès de ce programme, il y a encore beaucoup d’efforts à accomplir. Selon les dernières statistiques disponibles, le ratio élèves/toilette en Haïti est présentement de 128 alors que les normes prévoient 25 à 50 élèves par cabine. 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. Même si 20% du contrôle de l’eau de boisson dans les écoles est assuré par la DINEPA, 73% des écoles du pays n’ont toujours aucun contrôle sur la la qualité de cette eau.

En ce sens, par la voix du représentant du directeur général Monsieur Guito Edouard, la DINEPA s’est engagée à renforcer sa collaboration dans le projet pour permettre la concrétisation des objectifs communs pour le bien-être des enfants d’Haïti.

Tous les enfants ont les mêmes droits

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance écoles

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

« L’UNICEF mise beaucoup sur l’équité qui prône un accès aux soins et service pour tous les enfants sans aucune distinction. Tous les enfants ont les mêmes droits. Ces écoles certifiées rentrent en droite ligne avec les Objectifs de développement durables 3, 4 et 6 qui respectivement font référence à la ‘’ bonne santé et bien-être, éducation de qualité, eau propre et assainissement. Nous devons faire beaucoup plus, afin que les ODD, plus que des objectifs comptables, deviennent une réalité » a insisté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Le projet « Certification des écoles amies de l’hygiène » porté par la Direction Santé Scolaire (DSS) avait pour objectif de certifier sur 2 ans, un minimum de 100 établissements scolaires, (10 en moyenne par département), du point de vue « eau, assainissement et hygiène », de manière à les proposer comme modèles au niveau national. Avec déjà 152 écoles qui ont reçu la certification « École amie de l’hygiène » le pays est sur la bonne voie.

 

Hygiène, clés du développement

Charles Ernest Chatelier, Directeur Général du FAES a, quant à lui, déclaré devant la salle : «soyons tous amis de l’hygiène car elle est une des clés du développement du pays. »

Les établissements certifiés « amis de l’hygiène » ont reçu une plaque d’honneur. Ce statut sera revu tous les deux ou trois ans, après évaluation. Une nouvelle vignette sera alors apposée sur la plaque en cas de maintien des bonnes pratiques d’hygiène. D’autres institutions s’ajouteront progressivement à la liste, au niveau de chaque département géographique.

« Nous devons aller au-delà d’un simple projet. Il nous faut construire de meilleurs citoyens » a dit M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Éducation Nationale.

Par ce Programme le Ministère de l’Éducation Nationale entend : Faire connaitre et proposer comme modèles, au niveau national, les « Écoles amies de l’hygiène » des dix départements du pays ; encourager les directions d’école, le personnel scolaire, les élèves, les parents et la communauté à assurer l’entretien des établissements scolaires, moyennant un accompagnement de la Direction Santé Scolaire (DSS), des Directions concernées (DGS, DAEPP DPCE…) ainsi que des différents partenaires ; encourager l’inspection régulière de ces écoles tant du point de vue physique que sanitaire et éducatif ; Encourager la création, dans ces établissements, d’un club de santé constitué d’élèves et fonctionnant sous l’égide de la Direction et/ou du Conseil d’école ; montrer, aux décideurs et à la population en général, que, dans l’état actuel des choses, la santé constitue la meilleure porte d’entrée vers l’excellence et la qualité de l’éducation.

Editorial de fin d’année

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Chers Lecteurs

Une année charnière et importante dans le cadre du bien-être et la survie de l’enfant s’achève. Conformément à notre mission, à l’UNICEF, nous avons supporté, de concert avec le gouvernement haïtien et nos principaux partenaires, beaucoup d’activités qui visent le bien-être, le développement et la survie de l’enfant.

Il serait impossible de résumer toutes les actions de l’UNICEF au cours de cette année, tant nous avons été sur tous les fronts, cependant il convient de noter les plus importantes et les plus notables.

L’implémentation de l’Approche Communautaire pour l’Assainissement total (ACAT) dans des communes ciblées du Sud-Est, du Plateau central et de l’Artibonite fut un moment fort de notre action. Cette approche a permis de mettre fin à la défécation à l’air libre dans ces localités où les enfants pourront grandir et évoluer dans un environnement plus sain. Nous travaillons maintenant avec nos partenaires en vue d’étendre cette initiative dans d’autres zones. Dans cette même veine, l’atelier sur l’état des lieux sur le secteur eau et assainissement (EPAH) a eu un impact important car il a permis aux différents acteurs de mieux comprendre les défis qui nous attendent en vue de mieux rationaliser les interventions.

En termes de budget pour l’enfance, le document ‘’Les dépenses publiques orientées vers l’enfance’’ est un précieux outil mis à la disposition du gouvernement et de tous ses partenaires. Rationnaliser ces dépenses afin que les enfants haïtiens puissent en bénéficier est un objectif louable et l’UNICEF se tient toujours aux côtés du gouvernement pour l’aider à améliorer l’efficacité des dépenses publiques destinées à l’enfance.

Dans le domaine de la lutte contre le VIH-Sida, on ne saurait passer sous silence, l’initiative ALL In (nou tout konsène) dont l’objectif ultime est l’élimination du VIH chez les adolescents. D’une ampleur mondiale, il n’en demeure pas moins que, son adaptation locale donne des motifs d’espoir. Les jeunes seront mieux informés sur la maladie, l’accès au traitement pour cette catégorie sera facilité. La volonté et l’engouement des autorités étatiques est un gage de la réussite de All In.

Et comment oublier cette étude sans précédent dans le paysage haïtien sur ‘’ Comprendre le placement familial et le travail domestique des enfants en Haïti’’. Sous la coordination du Ministère des affaires sociales et du travail, près d’une trentaine d’organisations ont collaboré pour la réussite de cette étude. Les chiffres sont édifiants et nous pousse à redoubler d’efforts, car l’enfance en domesticité relève de dynamiques sociales et complexes qui ne peuvent être ignorées. Agir sur les causes, cela permettra de changer les effets. La place d’un enfant est à l’école, non comme un employé domestique. Et cette étude nous permet de comprendre et de cerner les subtilités du travail des enfants, de comprendre qu’il existe plusieurs catégories, et que les enfants ne sont pas logés à la même enseigne. C’est donc une base importante pour l’orientation de nos interventions notamment en faveur des enfants les plus vulnérables.

Derrière tout cela, il nous faut saluer le travail extraordinaire de notre staff. Nous devons insister sur leur abnégation et leur engagement quotidien. Toujours sur le terrain dans les coins les plus reculés, comme dans cette école où il faut marcher trois heures à pied à travers les montagnes, où dans ce centre de santé où même les chevaux ne peuvent pas passer.

Nous profitons également pour remercier tous nos partenaires qui ont permis à nos programmes de se concrétiser, notamment le gouvernement haïtien, pierre angulaire des interventions de l’UNICEF, que ce soit dans l’éducation, la santé, la nutrition, l’eau et l’assainissement et la protection des enfants, la lutte contre le choléra. Un grand merci également aux organisations locales et internationales, leur collaboration a été indispensable pour l’implémentation des différents programmes.

L’année 2016 sera l’année de tous les défis. Car il nous faudra maintenir les résultats et les améliorer en dépit d’obstacles majeurs, comme une diminution considérable des financements, une conjoncture politique difficile, entre autres. Cependant nous devons faire en sorte de surmonter ces obstacles pour offrir équitablement un meilleur environnement aux enfants haïtiens et pour qu’ils jouissent de tous leurs droits et ceci sans discrimination.

UNICEF. Yon chans pou chak timoun

Merci

Marc Vincent, Représentant UNICEF Haiti

 

Une pâte d’arachide qui sauve la vie des enfants, made in Haïti

Haiti's first and only plumy'nut factory in Cap haitian

L’usine de plumy’nut au Cap haitien. (c)UNICEF Haiti/2015/Walther

Après deux jours à Cap-Haïtien (et 12 heures sur la route), je suis de retour à Port -au-Prince. Au cours de la visite, j’ai eu la chance de rencontrer Patricia Wolff, Directrice de Meds & Foods for Kids (MFK), une entreprise basée à Haïti, qui produit des aliments thérapeutiques pour traiter la malnutrition chez les enfants, y compris Plumpy’nut. Plumpy’nut est une pâte à base d’arachide riche en calories pour l’alimentation thérapeutique, ce fut une révolution quand c’est entré dans la pratique humanitaire il y a plus d’une décennie en raison de son impact rapide sur l’état nutritionnel des enfants et de sa longue durée de vie. Une grande partie de l’approvisionnement Plumpy’nut qu’UNICEF Haïti utilise pour soutenir les centres de nutrition à travers le pays est produite par l’équipe de Patricia, qui est à bien des égards un pionnier de l’entreprise sociale en Haïti.

Bien que la société continue à avoir des difficultés pour assurer un profit durable, les progrès faits sont appréciés, plaçant les valeurs de l’entreprenariat social au premier plan. « Nous déclarons la victoire tôt, dès que nous avons atteint le seuil de rentabilité en termes de revenus/dépenses. Le profit est dans l’intérêt social de tous. » Démarrer une entreprise en Haïti est un défi. Les coûts liés à l’électricité, l’eau, les routes et la sécurité sont beaucoup plus élevés qu’ailleurs, ce qui augmente les coûts des produits fabriqués localement. « Lorsque l’UNICEF achète auprès de nous, c’est pour des raisons philosophiques. Ils croient au principe des achats locaux et à la nécessité de renforcer les capacités locales. Vu d’un aspect purement commercial ils pourraient obtenir moins cher avec Nutriset en France » explique Patricia.

A proud mom and her daughter, who can smile again after the successful treatment.

Une mère et sa fille, souriantes après la réussite du traitement. (c)UNICEF Haiti/2015/Walther

Elle est venue en Haïti il y a 26 ans en tant que bénévole, et n’est jamais partie. «Beaucoup de gens sont tombés malades à cause de la malnutrition. J’ai vu des enfants et des femmes mourir inutilement ». Ensemble avec les inventeurs de la recette originale Plumpy’nut elle a commencé à travailler à la mise en place d’une usine de nourriture thérapeutique en Haïti. En 2003 MFK s’est installé près de Cap-Haïtien, dans le nord d’Haïti. Au début ils ont produit Plumpy’nut pour dix enfants par mois, sauvant 100 enfants par an. » En 2010, la société est devenue un partenaire de Nutriset, l’entreprise française qui détient le brevet de Plumpy’nut. Aujourd’hui, environ un tiers des 450 tonnes que produit chaque année MFK est distribué en Haïti.

Pour assurer l’accès aux enfants les plus vulnérables les produits de Patricia sont achetés par des acteurs humanitaires et de développement comme l’UNICEF qui fournissent ensuite les centres de santé communautaires en coopération avec le Gouvernement haïtien. Néanmoins, les fonds disponibles sont insuffisants pour couvrir les besoins.

A boy's upper arm is measured by a nurse. It is a measure that gives quick and reliable information about a child's nutritional status.

Le bras d’un garçon est mesuré par une infirmière. C’est une mesure qui donne une information rapide et fiable sur l’état nutritionnel de l’enfant. (c)UNICEF Haiti/2015/Walther

Au moment où j’écris ces lignes, parmi les enfants vivant en Haiti de moins de 5 ans, 11% souffrent d’insuffisance pondérale (modérée et sévère), 22% de malnutrition chronique (modérée et Sévère) et 5% de malnutrition aigüe (modérée et sévère). Cela peut être dû à la pauvreté de sa famille, à la maladie ou à des pratiques d’alimentation défavorables. Si un enfant ne reçoit pas suffisamment d’éléments nutritifs pendant les 1000 premiers jours de la vie (1), son cerveau et son corps ne seront jamais développés pleinement, ce qui aura des conséquences sur la performance scolaire et plus tard sur le revenu. Il n’y a pas de deuxième chance pour se rattraper ! Plumpy’nut est une partie de la solution, si elle va de pair avec le développement global qui améliore la sécurité alimentaire pour les familles.

Pour conclure, selon les mots de Patricia « Nous faisons partie de ceux qui ont gagné à la loterie. Il est normal de tendre la main vers ceux pour qui ce n’est pas le cas.  » Tellement vraie, cette philosophie d’atteindre ceux qui sont les plus vulnérables est au cœur de la mission de l’UNICEF en Haïti, et partout à travers le monde.

A mother and her son share a moment of joy. Before the treatment at a UNICEF-supported nutrition center the little boy was too weak to even open his eyes.

Une mère et son fils partagent un moment de joie. Avant le traitement dans un centre de nutrition soutenu par l’UNICEF, le petit garçon était trop faible pour ouvrir les yeux. (c) UNICEF Haïti / 2015 / Walther

 

Par Cornelia Walter

(1) Pour plus d’information sur les 1000 premiers jours : https://www.youtube.com/watch?v=NymebwpbL4c.

 

 

ERRATUM

Une erreur s’étant glissée dans cet article, nous avons fait les corrections nécessaires le 18/05/2015. Veuillez retrouver ci-après les chiffres corrigés de la prévalence de la malnutrition, pour les enfants de moins de 5 ans :

1.Prévalence de l’insuffisance pondérale : (Modérée et Sévère)                                    11%

2.Prévalence de la malnutrition Chronique : (Modérée et Sévère)                               22%

3.Prévalence de la malnutrition aigüe : (Modérée et Sévère)                                           5%

*Pourcentage d’enfants moins de cinq ans considérés comme atteints de malnutrition selon trois indices anthropométriques de mesure de l’état nutritionnel : (1) le poids en fonction de l’âge ; (2) la taille en fonction de l’âge ; et (3) le poids en fonction de la taille.

Source : EMMUS 2012, Enquête de Mortalité, Morbidité, et Utilisation des Services