Articles

Equipes de réponse rapide : un véritable rempart contre le choléra

Une équipe de réponse rapide du département du Centre

Les chiffres du choléra se sont considérablement réduits au cours de cette année 2017. Ils n’ont jamais été aussi bas. La nouvelle stratégie de lutte contre le Choléra a porté ses fruits. Au centre de l’attention se trouvent les équipes de réponse rapide, qui sont de véritables guerriers. Les membres vont combattre le choléra dans les départements ciblés, par beau temps ou temps de pluie. Principalement dans le département du Centre, où les distances à couvrir sont parfois immenses. L’UNICEF est l’un des acteurs clés de la lutte contre le choléra dans le pays.

Mirebalais, le 23 novembre 2017-La voiture tout-terrain subit les assauts des roches, la route n’est pas bonne. Il faut zigzaguer entre les crevasses, pour éviter la boue. Il a plu la nuit dernière, mais les conditions sont acceptables pour arriver à Menaj, localité de Laschaobas (Centre).

L’équipe de réponse rapide d’ACTED, partenaire de l’UNICEF, avec leurs T-shirts verts reconnaissables à plusieurs lieues, est sur le pied de guerre. Elles viennent mener une séance de sensibilisation. Mais la communauté est assez calme, car aujourd’hui c’est jour de marché. Cependant se trouvent encore des gens qui pourront écouter les messages et recevoir les kits d’hygiène, au besoin.

Un membre de l’équipe rapide avec un haut-parleur s’est déjà détaché pour rassembler les personnes qui sont présentes. Dans la vallée vide, sa voix est répercutée par l’écho. Il réussit à rassembler une vingtaine de femmes et quelques enfants. Les hommes sont dans les champs.

Important de continuer la sensibilisation

Une séance de sensibilisation

L’équipe commence à faire la sensibilisation à l’hygiène. Aujourd’hui, l’équipe est là pour un renforcement de sensibilisation. Il se déroule généralement suite à la distribution de kits d’hygiène. Ces kits contiennent du savon, des Sérum de réhydratation orale, et des aquatabs et un seau à robinet.

« Il faut vous laver les mains dans les moments cruciaux, avant de manger et après être sorti de la toilette. Il faut utiliser de l’eau traitée pour votre santé et celle de vos enfants ». Après ces messages, l’équipe demande aux riverains qui n’habitent pas trop loin d’apporter l’eau avec laquelle ils se servent pour faire un test sur le taux de chlore résiduel, pour vérifier s’ils ont respecté les instructions.

Les activités des équipes de réponse rapide consistent en trois parties : investigation, réponse, sensibilisation. « Concernant la situation pour le bas-Plateau, c’est assez calme car nous sommes passés de 38 cas par semaine à 14 cas et pour le moment c’est seulement 7 cas », explique Jennyfer Joseph, responsable de projet choléra pour le Bas-Plateau central.

Parcourir de grandes distances

L’une des plus grandes difficultés pour les équipes de réponse rapide, revient aux grandes distances qu’ils doivent parcourir pour atteindre les endroits éloignés. Parfois cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Car ils doivent dormir en chemin, pour continuer leurs activités et s’assurer que tout le monde est sensibilisé aux principes d’hygiène.

« Dans certains endroits montagneux, même les mules ne peuvent pas passer, mais nous sommes obligés d’y aller s’il y a des cas de choléra. Cela fait partie de notre mission. Des fois nous faisons des missions de plusieurs jours dans ces localités pour toucher tout le monde », rappelle Nadia Delmond, chef d’équipe d’urgence pour Acted, rappelant que la réception des gens est toujours positive.

 

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».

Améliorer l’accès et la qualité de l’eau pour les communautés victimes de Matthew

La source réhabilitée à Melonière

Les Cayes, 31 octobre 2017– L’UNICEF en Haïti, avec l’appui financier de la commission européenne pour la Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes (ECHO) et l’USAID, accompagne la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA) et la Norwegian Church Aid (NCA) pour la mise en œuvre d’un projet visant à réhabiliter 9 sources d’eau, 2 réseaux de distribution et 5 puits artésiens dans les communes de Chantal et de Saint-Louis du Sud (Département du Sud), frappées durement par l’Ouragan Matthew.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des actions initiées par l’UNICEF et soutenues par ses bailleurs pour renforcer les capacités de la DINEPA qui a pour mission de mettre en œuvre la politique de l’État Haïtien dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de manière à garantir le droit de la population, notamment les enfants et les femmes, d’avoir accès à l’eau potable.

Les activités de ce projet permettront aussi aux habitants des communautés ciblées d’obtenir les informations utiles, à travers des sensibilisations, sur les bonnes pratiques d’hygiène à adopter en vue de se protéger des maladies, comme le choléra, liées à la consommation d’une eau non potable et contaminée.

Les habitants des communautés ciblées ne cachent pas leur satisfaction, et leur enthousiasme à l’idée de voir finaliser la réhabilitation de ces ouvrages.

« Avant le début des travaux de réhabilitation, la boite de captage de la source figuier était rempli d’alluvions, maintenant nous sommes sûrs qu’il y aura une amélioration de la qualité de l’eau après les interventions. Nous sommes satisfaits des travaux en cours. », indique Micheline Jeanne Zeno, CASEC de la 2eme section communale Mélonière, commune de Chantal.

«À travers ce projet, l’UNICEF, soutenu par ses bailleurs, veut contribuer au renforcement de la résilience des communautés, incluant celles qui sont isolées dans les montagnes et très difficiles d’accès, en plus d’être vulnérables aux aléas naturels et victimes de l’ouragan Matthew », soutient Olivier Hounkou, spécialiste WASH à l’UNICEF.

Mobilisation contre le choléra dans les marchés publics

Une équipe de sensibilisation

« L’opération coup de poing » continue à travers les départements de l’Ouest et du Plateau central. Les différentes organisations partenaires ont envoyé leurs agents dans les lieux publics afin de sensibiliser les gens sur le choléra. Les marchés particulièrement se révèlent stratégiques quand on pense à la quantité de gens qui les fréquentent tous les jours.

Il est midi ce jeudi 12 octobre, aux alentours du marché de Gérald Bataille, c’est la grande foule, comme toujours. Les agents de la mairie de Tabarre, sélectionnés pour faire la sensibilisation dans le cadre de l’opération « coup de poing contre le choléra », sont déjà à l’œuvre vêtus de leur T-Shirt et Casquettes de couleur verte avec pour slogan « Yon Ayiti sans Kolera ». Pour cette séance, une équipe de l’UNICEF et de la Croix-Rouge française, les accompagnent.

Les agents, très actifs et expressifs, expliquent aux usagers du marché  les précautions qu’ils doivent prendre afin d’éviter d’attraper le choléra. « Il faut se laver les mains dans les moments clés, laver les fruits et légumes avec de l’eau traitée, couvrir les aliments et boire de l’eau potable », sont entre autres les messages véhiculés. Des dépliants sur le choléra sont également distribués aux gens.

L’une des marchandes n’a pas tari d’éloges sur les agents de terrain. « Je suis très contente d’avoir toutes ces connaissances sur le choléra. Cela va permettre de protéger ma famille et moi-même. De plus les explications des agents sont claires et simples », explique-t-elle.

Le choléra est toujours présent

Distribution de depliant sur le choléra

« Mon travail est de sensibiliser les marchandes, les acheteurs en insistant sur le fait que le choléra est toujours là. Et qu’ils doivent prendre des précautions afin d’éviter d’attraper la maladie en appliquant des principes d’hygiène », indique Rolph Moise, agent de sensibilisation.

Au commencement ce n’était pas facile pour les agents de sensibilisation, à cause d’une certaine réticence des gens qui ne voulaient pas les écouter. Il y avait même de l’hostilité. « Maintenant les gens sont plus réceptifs. Ils écoutent ce qu’on leur dit. Il existe maintenant une certaine familiarité avec eux. Car nous avons été formés pour le travail et nous savons comment les approcher », continue-t-il.

Une stratégie axée sur le changement de comportement

La composante communication de « l’opération coup de poing » met l’accent sur le changement de comportement de la population. Cette stratégie engage et responsabilise les communautés et les réseaux pour influencer ou renforcer les normes sociales ; elle utilise tous les médias (interpersonnel, groupe, masse) pour atteindre son but.

« La Communication Inter Personnelle est un axe stratégique du processus du changement de comportement car elle permet de discuter avec les individus pour comprendre les motifs favorables  au changement. C’est dans ce cadre que cette initiative a été instaurée dans les marches  en vue d’atteindre un grand nombre de personnes. », explique Ghaffar Gomina, Spécialiste  en Communication Pour le Développement (C4D) à l’UNICEF, ajoutant que « l’engagement communautaire, un moyen efficace de renforcer le changement de comportement ».

L’ « opération coup de poing » a pour objectif principal d’atteindre une incidence nationale inférieure à 0,1% d’ici la fin 2017. Des activités  de sensibilisation ont lieu également dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central. Ce projet a reçu le support financier de l’Ambassade du Japon, de l’ambassade du Canada et du Fonds central de réponse d’urgence des Nations Unies.

 

 

 

 

 

Cholera: L’UNICEF distribue du matériel dans le cadre de l’opération coup de poing

Les principaux partenaires de l’operation coup de poing

L’opération coup de poing est une nouvelle stratégie de lutte contre le choléra en cours dans les départements  de l’Ouest, du Centre, dans le  Bas plateau Central.  Elle a pour objectif principal « d’atteindre une incidence nationale < 0,1% à fin 2017 » et de manière spécifique  de « réduire la transmission le plus bas possible avant la saison de haute transmission (Septembre à  Décembre) afin de se rapprocher de l’objectif de l’élimination ».

Le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) avec un appui technique et financier de l’UNICEF, insiste sur la mobilisation communautaire et l’engagement des autorités locales. Pour ce faire, deux stratégies ont été mises en place :

  • L’une avec les mairies au cours de laquelle neuf mairies du département de l’Ouest ont déployés 25 agents sensibilisateurs dans environ 20 marchés de la ville. Par ailleurs, des activités de sensibilisation se font par les agents des mairies dans les Organisations Communautaires de Base (OCB) et avec les responsables des pompes funèbres pour réduire le risque de contamination suite aux décès mal gérés.
  • L’autre avec des organisations locales qui font de la communication itinérante dans les gares routières avec les véhicules de transport en commun et dans les églises a forte concentration de fidèles.

Pour accompagner toutes ces activités de communication, l’UNICEF a distribué du matériel de sensibilisation aux partenaires afin d’intensifier la lutte contre le choléra.

C’est dans l’entrepôt de l’UNICEF du côté de Cazeau que la distribution s’est effectuée en présence de représentants de l’Etat haïtien et d’organisations impliquées dans la lutte contre le choléra. Le matériel contient des flyers, stickers, planches éducatives cholera, des T-shirts, des casquettes, Sacs, des affiches et des mégaphones.

Les partenaires renforcent la lutte

Dans une courte allocution de circonstance, le Dr Nathan Zéphirin, conseiller technique au sein de l’Unité d’appui à la décentralisation sanitaire (UADS), a indiqué que le MSPP, ne peut pas gagner cette lutte, sans la collaboration des partenaires.

un chargement d’une partie du materiel

« Nous comptons sur vous, surtout dans cadre de cette activité, pour arriver à sensibiliser la population, afin qu’on puisse définitivement éliminer le cholera en Haïti, à l’horizon 2022 comme défini dans le plan d’élimination du choléra. », a-t-il insisté. Il a plus loin, adressé un remerciement spécial à l’UNICEF qui « a été un partenaire de toujours dans la lutte contre le choléra ».

Pour sa part, Paul Christian Namphy, coordonnateur national de réponse choléra pour la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), a insisté sur les actions concrètes qu’il faut prendre sur le terrain afin d’en finir avec la maladie. Il a notamment mis l’accent sur l’accompagnement de la population afin qu’ils changent de comportement.

Plus loin, il a insisté sur les gestes qui peuvent aider à éliminer le choléra : se laver les mains dans les moments clés, boire de l’eau traitée, aller à la toilette. « La DINEPA, le MSPP et les instances de tutelle gouvernementales, nous allons ensemble assurer avec vous cette victoire », s’est-il adressé aux organisations présentes.

Une nouvelle stratégie

Le volet communication de cette opération coup de poing contre le choléra poursuit deux objectifs clés : engager les autorités locales; renforcer la participation communautaire aux activités de sensibilisation pour le changement de comportement.

Au-delà de la phase de mobilisation communautaire, l’opération comporte également une phase d’actions.  15 équipes de réponses rapides supplémentaires sont déployées dans le département de l’Ouest et permettent de répondre à plus de 85% des cas suspects et de renforcer la prévention, la  mobilisation et la sensibilisation.

 

De nouveaux véhicules pour la DINEPA

Le besoin crucial de rendre plus visible le secteur de l’eau potable et de l’hygiène ainsi que les problématiques s’y afférant se fait de plus en plus ressentir. Ainsi les missions de la Direction Nationale de l’Eau potable et de l’Assainissement (DINEPA) se doivent d’être partagées ainsi que les défis auxquelles l’administration doit faire face.

Sensibilisation dans les écoles pour combattre le choléra

En réponse aux flambées de choléra, beaucoup d’actions ont été menées au sein des communautés. Les actions de sensibilisation des différents agents de terrain, la prise en charge des cas suspects de choléra, le cordon sanitaire autour des maisons contaminées, la diffusion en masse de message surtout aux moments critiques, permettent de lutter contre la maladie au sein de la population. Lire la suite

Flambée de Choléra à Titanyen

Le comité d’investigation de l’Ouest, composé de membres de la DINEPA, du MSPP, d’UNICEF, de l’OMS et de plusieurs ONG, nous rapporte une flambée de choléra ayant eu lieu début Mai touchant la localité de Titanyen et ses alentours.

Lire la suite

Renforcer la prévention du Choléra Après Matthew

400 000 personnes[1], dont des enfants, ont bénéficié de l’accès à l’eau potable, avec l’appui de l’UNICEF et de ces partenaires dans le cadre de la réponse post-Matthew, d’octobre 2016 au mois d’avril 2017. Ces projets sont implémentés dans les départements du Sud et de la Grand’Anse, grâce au aux financements de bailleurs tels que le Département du Royaume-Uni pour le Développement International DFID et la Commission Européenne d’Aide Humanitaire et de Protection Civile (ECHO) ainsi que les gouvernements japonais, australiens, norvégiens et suédois.

Le système de distribution d’eau potable à la Savanne

 

Il est 11 h du matin. Le soleil est presqu’à son zénith. Quelques habitants de La Savanne défilent devant son unité de traitement d’eau alignant leurs gallons et seaux vides. Pas de bousculade, chacun attend son tour dans la discipline. L’ambiance est conviviale, meublée de discussions sympathiques et de rires.

Les femmes et les adolescentes sont majoritaires à venir s’approvisionner aux robinets de l’unité de traitement d’eau de la Savanne. On retrouve aussi plusieurs hommes, qui se mêlent aux conversations.

« Je viens puiser l’eau à ces robinets tous les jours, parce qu’elle est traitée. Après l’ouragan Matthew, plusieurs personnes du quartier ont contracté le choléra. Heureusement, ils ont pu bénéficier des soins médicaux nécessaires à temps. », explique Blaise, un riverain.

Le quartier la Savanne fait effectivement partie des communautés qui ont connu une résurgence des cas de choléra, suite au passage de l’ouragan Matthew le 3 et 4 octobre 2016.  Le nombre de cas de choléra enregistrés, dans le Sud, s’élevait à 500  au cours de la semaine du 9 au 15 octobre[1], selon le ministère de la Santé Publique et de la Population. Ce nombre a considérablement diminuer pour passer à 37 pour le même département au cours de la semaine du 25 au 31 décembre 2016[2].

 

les riverains venant puiser de l’eau

Le réservoir du Centre Technique d’Exploitation CTE des Cayes à la Savanne est dysfonctionnel depuis une quinzaine d’années

 2000 gallons d’eau distribués par jour 

La Savanne est l’un des plus grands quartiers de la ville des Cayes, qui compte 70 000 habitants selon les estimations de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique IHSI en 2015[3].

Les techniciens de l’unité de traitement d’eau témoignent d’une affluence considérable de bénéficiaires aux robinets de l’Unité de traitement d’eau : « Nous nous assurons que l’eau soit disponible dès 8 heures du matin, c’est à ce moment-là que les gens commencent à venir, généralement. Ils s’approvisionnent pendant toute la journée, avec une plus grande affluence le matin et le soir. Nous distribuons 2000 gallons d’eau par jour. L’eau est toujours traitée avant la distribution. », explique l’un des techniciens.

Ce projet d’unité de traitement d’eau est implémenté dans le quartier la Savanne par l’ONG Water Mission avec l’appui de l’UNICEF, à travers un financement, accordé par la Commission Européenne d’Aide Humanitaire et de Protection Civile (ECHO).

Il a permis d’installer d’autres unités de traitements d’eau dans les communautés affectées par l’ouragan Matthew dans les départements du Sud et de la Grand’Anse, notamment dans les villes de Port Salut et Les Anglais (11 800 habitants[4]), ainsi que sur la zone côtière de la ville des Cayes (Plage de Gelée) et d’autres encore.

Ce projet a également favorisé des activités de sensibilisation et de promotion à l’hygiène, ainsi que des suivis continus pour maintenir la qualité de l’eau desservie quotidiennement aux bénéficiaires.

 

[1] Profil statistique Cholera 2016 – SE52 : http://mspp.gouv.ht/site/downloads

[2] Profil statistique Cholera 2016 – SE41 : http://mspp.gouv.ht/site/downloads

[3] 2015, IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatiques : http://www.ihsi.ht/pdf/projection/Estimat_PopTotal_18ans_Menag2015.pdf

[4] Idem

 

[1] https://www.unicef.org/appeals/files/UNICEF_Haiti_Humanitarian_Situation_Report_April_2017.pdf

Histoire d’une flambée de choléra à Léogane

Phénide Ange Beaussejour, spécialiste Urgences chez UNICEF Haïti nous raconte comment une famille à Gressier a été contaminée par le choléra. Par cet extrait brut venu du terrain, notre collègue Phénide  illustre toute la complexité de la lutte contre le choléra en Haïti.

Depuis le Samedi 25 Mars,  le CTDA (Centre de Traitement de la Diarrhée Aigüe) de Gressier accuse une hausse brusque des cas suspects de cholera. En tout, 32 cas ont été enregistrés du Samedi 25 au Mardi 28 au matin, dont un décès communautaire.

La grande  majorité des patients proviennent de la zone de Fond des Boudins, située à Sainte Etienne dans la commune de Léogane. Beaucoup parmi les patients sont des membres d’une même famille vivant dans un espace géographique appelé en créole « lakou ». Le cas index[1] est Dieuseul,[2] un homme âgé de 70 ans. Il reporte avoir commencé à présenter des symptômes dans la nuit du Vendredi 24 Mars. Ce même jour il a participé à un « kombit » (un rassemblement volontaire de paysans qui s’entraident pour effectuer une tou plusieurs tâches) avec 6 personnes de la zone et tous auraient partagé de la nourriture et mangé du pain acheté d’un marchand ambulant à moto. Quatre des personnes qui ont pris part au « kombit »  sont tombées malades dans les 24 -48 heures.

Le jour de l’hospitalisation de Dieuseul, le Samedi 25 Mars, sa fille Marie[3] et son bébé âgé de six mois commencent eux aussi à présenter des symptômes et sont transportés le jour même au CTDA de Gressier. Cependant, Marie refuse de garder son enfant au CTDA de peur qu’il ne soit « infecté » et le renvoie chez une cousine de 16 ans, enceinte,  qui vit dans le même « lakou ».

Pendant que Marie reçoit les soins au CTDA, l’état de l’enfant se dégrade. Le Lundi matin la cousine le transporte d’urgence au centre de santé de Sainte Etienne, mais l’infirmière sur place est incapable de le prendre en charge faute d’intrants. L’enfant décède sur le chemin du retour et est enterré le jour même dans un trou creusé dans l’arrière cour de Marie, sa mère. Cette dernière est encore hospitalisée à Gressier et n’est pas encore au courant du décès de son bébé.

Aujourd’hui encore,  des enfants et des bébés continuent de mourir d’une maladie évitable 

 Tombeau improvisé du bébé de Marie

Tombeau improvisé du bébé de Marie

Des zones reculées, des travaux paysans en groupe, des marchands ambulants qui vendent des produits d’une hygiène douteuse, des personnes qui consomment de l’eau d’une source non protégée, des centres de santé démunis.

Cette triste histoire reflète toute la complexité de la lutte contre le choléra en Haïti et  nous montre qu’aujourd’hui encore, malheureusement, des enfants et des bébés continuent de mourir d’une maladie évitable.

En plus de son travail avec les équipes d’interventions rapides, UNICEF s’assurent appuie des Unités Mobiles de la Direction de la Promotion de la Santé et de la Protection de l’Environnement (DPSPE) du Ministère de la Santé Publique et de la Population afin que des messages clés soient inclus dans les sessions de sensibilisation.

Dans le cas de Gressier, ces messages se focalisent   sur « les pratiques funéraires en cas de décès suite à des diarrhées», sur  « l’importance de recevoir des soins dans un Centre de Traitement de Diarrhée Aigue jusqu’à guérison complète» mais aussi sur le fait que  « les CTDA ne représentent pas un risque pour les enfants ».

Phénide Ange Beaussejour,

Spécialiste Urgences

UNICEF Haïti

 

[1] Cas index : ou patient zéro, est utilisé pour désigner la première personne d’une épidémie à avoir été contaminée par un agent pathogène.

[2] Le nom du patient a été changé pour des soucis de confidentialité

[3] Le nom de la patiente a été changé pour des soucis de confidentialité