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Amener l’ACAT dans les localités enclavées

 

Le facilitateur WASH en discussion avec des membres du comité ACAT de Lauranette

Grâce à un financement du peuple japonais, l’UNICEF mène des activités de lutte contre la défécation à l’air libre dans différentes communautés qui sont très difficiles d’accès. Dans la localité de Lauranette, commune de Cerca-la-Source, dans le département du Centre, la population a pratiquement éliminé la défécation à l’air libre. Ceci représente une avancée considérable, car par le passé, le choléra faisait des ravages dans la zone. Les habitants sont aujourd’hui très satisfaits des résultats et remercient le peuple japonais pour sa précieuse contribution.

Cerca-la-Source, Haïti. 03 Octobre 2018 – Il a plu la nuit précédente, donc emprunter la route pour aller à Lauranette (2ème Section communale de Losianne), n’est pas une partie de plaisir. La terre est très boueuse, et le sol peut facilement devenir un piège pour n’importe quel véhicule, aussi robuste soit-il. Parvenir à cette localité, en ces circonstances est donc une tâche difficile, qui ne décourage cependant pas l’agent de World Vision, partenaire de l’UNICEF pour le projet ‘’ Du renforcement de la prévention contre le choléra dans le département du Centre’’.

Une des latrine construite dans le cadre de ce projet

« Nous conduisons des séances de sensibilisation à l’hygiène à l’attention de la communauté. Avant de lancer l’Approche Communautaire pour l’assainissement total (ACAT), nous organisons des visites puis nous assurons la mobilisation et nous vérifions que la zone est apte avant de lancer le processus. Ce faisant, nous invitons les membres de la communauté à nous rejoindre afin qu’ils s’engagent », explique Zacharie Porpote, facilitateur en eau-hygiène-assainissement (WASH) à World Vision pour la zone.

De concert avec la population, les facilitateurs mettent en place un Comité d’action et de suivi en assainissement (CASA). Leur rôle est de faire le recensement des toilettes au sein de la communauté. « Le comité mobilise et sensibilise les personnes qui n’ont pas de toilette à en construire. Les gens ont été très enthousiastes et dynamiques. Ils ont commencé à travailler dès le premier jour », continue-t-il.

L’enthousiasme de la communauté a été déterminant

Cet enthousiasme se traduit en la personne de Mme Elula Jean, ASEC (l’autorité locale) de la section communale. Elle a été une force motrice pour le succès de l’ACAT, en sensibilisant les gens et les motivant. « Je rappelle aux riverains, les ravages que le choléra a entraîné au sein de la communauté avant la construction des toilettes. Je leur demande de creuser des latrines avec les moyens qu’ils ont, même si ces moyens sont dérisoires. Si possible, je les appuie pour nourrir les travailleurs et je leur prête des outils », explique-t-elle.

« Il y a eu beaucoup d’amélioration quand on considère la situation avant. Mais c’est une lutte de tous les jours qui vise à faciliter la vie des gens. Il y a beaucoup plus de latrines au sein de la communauté et depuis lors, il n’y a plus de choléra », continue-t-elle. Beaucoup de gens sont morts du choléra dans la localité, car cela prend beaucoup de temps pour sortir de la zone. Ainsi la population a compris l’importance d’utiliser des toilettes et d’adopter des mesures d’hygiènes adéquates.

« Nous félicitons le peuple du Japon et l’UNICEF qui ont apporté cette contribution au sein de la communauté. Ils nous permettent de protéger nos vies ainsi que celle de nos enfants. Je les encourage à toujours travailler sur le terrain, car ils nous ont apporté une grande aide. Sans cette aide, nous ne savons pas où nous en serions à l’heure actuelle », rappelle-t-elle.

Un Projet à plusieurs volets

Il y a également eu des constructions de point d’eau

Ces activités financées par le Japon dans le département du Centre et notamment à Cerca-la-Source, couvrent plusieurs axes dont la réhabilitation ou la construction des installations d’approvisionnement en eau dans 17 communautés et établissements périurbains, y compris la création et la formation de comités eau, hygiène et assainissement  ; la mise en œuvre de l’approche ACAT dans 100 communautés rurales et une approche d’assainissement appropriée dans 20 zones périurbaines ; la construction d’infrastructures WASH dans les écoles ainsi que la promotion à l’hygiène.

« A l’UNICEF, nous sommes très heureux du financement de ce projet, car il va permettre aux familles vulnérables et aux enfants de bénéficier des services WASH dans le département du Centre. Cela va sauver la vie des enfants et nous permettre de combattre les maladies hydriques, dont le choléra. Encore une fois, nous remercions le peuple Japonais qui nous aide à accomplir notre mission », a déclaré Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

 

 

 

 

Augmenter l’accès à l’eau par la reforestation

Une collaboration de la communauté a permis le projet

L’UNICEF avec une contribution de l’USAID met en œuvre des projets de réhabilitation d’eau dans plusieurs départements du pays. L’un des volets importants de ce programme est la reforestation autour des sources de captage d’eau afin de protéger et faciliter la recharge de la nappe phréatique et de permettre aux populations d’avoir de l’eau en quantité et en qualité suffisante.

Dans le Sud, le partenaire d’exécution du projet, la Croix-Rouge néerlandaise, va dans les endroits les plus reculés en menant à bien ce programme, avec l’appui de la DINEPA.

Cayes, le 18 Septembre 2018- La localité Mulat (3ème Boni) commune de Tiburon, est l’une des bénéficiaires. C’est un endroit très difficile d’accès, et le relief escarpé rend encore plus difficile l’accès à l’eau potable. Sous la supervision de la DINEPA, la Croix-Rouge Néerlandaise, avec le support de l’UNICEF et de l’USAID, conduit des activités d’adduction d’eau potable, comme la construction d’une source de captage, d’un réservoir ainsi que des bornes fontaines pour puiser l’eau.

D’un autre côté, des activités de reboisement sont menées afin d’assurer la pérennité du projet. L’un des responsables du projet au niveau communautaire, Saurel Vital, Casec de la section, ne cache pas sa satisfaction quant à la réalisation du projet. « Il y a eu beaucoup d’amélioration en ce qui concerne la situation de l’eau. Elle n’était pas potable et les animaux avaient l’habitude de souiller l’eau car la source n’était pas captée », explique-t-il.

« Il est d’une importance capitale de planter des arbres. Notre localité avait une très grande couverture végétale. Le cyclone Matthew a déraciné la grande majorité des arbres, rendant la communauté extrêmement vulnérable. La Croix-Rouge Néerlandaise a exécuté des projets de reboisement autour des sources d’eau construites ce qui va permettre de conserver cet ouvrage », se réjouit-il.

L’organisation a distribué 16 082 de plantules aux riverains des sources réhabilitées, incluant 11 900 arbres fruitiers et 4182 forestiers, elle a également organisé des séances de formation sur la protection de l’environnement. Pour l’ensemble du projet, 14 hectares ont été reboisées sur le périmètre de protection de 6 sources dont 3 hectare dans la zone de Mulat avec 2148 arbres comprenant 1500 arbres fruitiers et 848 arbres forestiers.

« Il y a eu beaucoup d’amélioration dans notre vie depuis ce projet d’eau. De plus, nous sommes mieux imbus de l’importance des arbres. Nous avons reçu des formations sur les techniques de plantation des arbres et bois de pousse et nous allons en planter beaucoup plus », souligne l’un des riverains. Dans le cadre du projet 120 personnes des communautés ont été formées sur les techniques de plantation des bois de repousse et des arbres.

L’engagement communautaire a fait la différence  

Tout le monde a participé

La communauté s’est rapidement impliquée dans le projet de reboisement, elle a participé à la construction d’une clôture autour de la source de captage, procédé à des nettoyages en arrachant les mauvaises herbes, et sensibilisé les gens afin qu’ils empêchent aux animaux de manger les plantules. Ils vont continuer de planter des arbres bien après le départ de la Croix-Rouge Néerlandaise.

« Nous avons accueilli ce projet avec beaucoup de chaleur, tout le monde était partie prenante. Nous avons mis sur place un service de volontariat. La communauté a participé au transport du matériel, car c’est très loin. Maintenant il nous revient de pérenniser ce projet. Nous sommes en train de les responsabiliser, car le projet nous appartient, désormais », poursuit M. Vital.

Un projet important

Joesmy Louis, agronome et coordonnateur Livelyhood, au sein de la Croix-Rouge Néerlandaise, insiste sur l’importance de planter des espèces d’arbres spécifiques afin de contribuer à la recharge de la nappe phréatique. Les formations ont permis aux gens de planter eux-mêmes des plantules qu’ils avaient préparées.

Pour combattre la sècheresse qui menaçait les arbres, des techniques artisanales ont été mise en place, comme l’utilisation de bidon d’eau sur la racine des arbres de manière régulière, de pailles pour réduire l’impact du soleil.

« Les gens n’ont pas été payés pour planter les arbres. Ils se sont levés de très tôt, tambour à la main dans une ambiance festive, avec la participation de tout le monde pour ce mouvement de reboisement », se réjouit-il. Le mélange d’arbres fruitiers a contribué à augmenter l’intérêt de la population.

Une localité très isolée

Un projet important pour la communauté

La localité de Mulat culmine à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Nichée dans les montagnes, elle est pratiquement inaccessible. Il faut un bon chauffeur et une voiture tout-terrain solide pour y parvenir. Car la route est très étroite, tracée par la population avec les moyens du bord, c’est-à-dire rien.

Les grosses roches sont partout présentes, avec les falaises à pic qui sont tout prêtes, l’inquiétude est omniprésente pour tous les passagers. La route résiste même aux inévitables motos, on n’en voit pas sur la route. Les conditions de vie sont très difficiles pour les riverains.

Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti, explique que l’accès à l’eau potable permet de protéger les familles, principalement les enfants contre les maladies.

« Conformément aux principes d’équité qui guide l’UNICEF, nos interventions se font à travers tout le pays. Avec un accent sur les endroits difficiles d’accès où la population est très vulnérable. Nous remercions l’Etat haïtien pour son accompagnement et le peuple des Etats-Unis pour ce financement qui nous a permis de faciliter l’accès à l’eau potable pour ces familles », conclut-elle.

Le couvert végétal autour des sources joue plusieurs rôles. En effet, les sols forestiers retiennent les eaux de pluie qui se fraient un chemin jusqu’aux nappes aquifères, permettant leur recharge. Les forêts riveraines évitent le ruissellement de sols acides dans les lacs et les rivières d’eau douce qui en seraient très affectés. Elles réduisent les crues, limitent des inondations, empêchent l’érosion des sols.

Combattre la sécheresse dans les localités reculées du Sud

L’un des reservoirs à Ti Plaine (Sud)

La localité de Tiplaine, située dans le département du Sud, a beaucoup souffert des épisodes de sécheresse. Son enclavement rend la situation des personnes vivant encore plus difficile en termes d’accès à l’eau potable. L’UNICEF, avec une contribution de l’USAID, de concert avec la Croix-Rouge Néerlandaise a réhabilité le réseau d’eau de la zone, notamment en construisant une source de captage, un réservoir, un réseau d’eau capable d’alimenter les riverains à travers des bornes fontaines. Le tout sous la supervision de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA).

Ils ne savent comment remercier les bailleurs, car maintenant c’est un soulagement pour tout le monde, tant la vie a changé au sein de la localité. Une formation pour les plombiers permet la pérennité du réseau.

Cayes le 13 Septembre 2018- Un large sourire fend le visage de Smart Joseph, ASEC de Tiplaine, lorsqu’elle parle du réseau d’eau de la localité.

« Avant la mise en place du réseau, la situation était intenable au sein de la zone en termes d’eau. L’endroit où nous avions l’habitude de puiser l’eau était très insalubre, il y avait beaucoup de roches, les arbres étaient partout et c’était très difficile pour nous. Pour certaines personnes, il fallait marcher plus d’une heure de temps, aller et retour, de plus il y avait beaucoup de personnes qui puisaient l’eau et le débit était très faible », se rappelle-t-elle.

Une eau qui n’était pas potable

Sans compter la mauvaise qualité de l’eau qui n’était pas potable et qui était source de maladie de toute sorte pour la population, notamment les enfants. L’eau était puisée à même le sol. Les gens attrapaient toute sorte de maladie. Les enfants avaient des boutons sur la peau et sur le cuir chevelu ainsi que les maladies hydriques. En ce qui a trait aux femmes, elles confrontaient de grave problème en termes d’hygiène intime.

Josette Blanc, l’une des bénéficiaires et mère de trois enfants, se remémore toutes les difficultés qu’elle a rencontrées pour pouvoir puiser une eau qui n’était même pas potable. « La situation était tellement critique que nous ne savions quoi faire. C’est Dieu qui a envoyé l’UNICEF, l’USAID et la Croix-Rouge, la DINEPA sinon nous serions tous déjà morts car le choléra faisait des ravages », avoue-t-elle.

Elle avait des problèmes de peau assez sérieuse à cause de l’eau. « Maintenant ma peau est saine et je suis guérie grâce au nouveau réseau », se réjouit-elle.

Les gens sont plus que satisfaits

Un technicien de la Croix-Rouge néerlandaise contrôle la qualité de l’eau

« Avec la venue de l’UNICEF, de la Croix-Rouge, de l’USAID et de la DINEPA qui ont construit ce réseau, la situation s’est considérablement améliorée, nous ne confrontons plus les mêmes problèmes. C’est différent, les enfants sont en meilleure santé », explique-t-elle.

Les gens ont accueilli le projet les bras ouverts, selon elle. D’autres zones ont  commencé les travaux bien avant eux. Mais leur enthousiasme et leur énergie les ont permis de terminer avant les autres. Les gens ont été formés sur la gestion de l’eau afin que tout le monde soit bien imbu de l’importance de l’eau potable, comment se protéger des microbes, sur le lavage des mains, entre autres.

Une formation de plombiers qui a fait la différence

Dans le cadre du projet et pérennisation des ouvrages sur proposition de la DINEPA, il y a eu des séances de formation pour les plombiers qui gèrent les systèmes d’adduction eau potable (SAEP) des différents réseaux du Sud. Une trentaine de plombiers ont pris part au workshop.

Le plombier de Ti Plaine, responsable du système n’a pas caché sa satisfaction. Il s’est notamment réjoui du fait de faire profiter à ses aides plombiers, les connaissances qu’il a recueillies lors de l’atelier.  « Ils pourront prendre en charge le système, lorsque je ne suis pas là », a-t-il dit, insistant sur l’aide inconditionnelle de la population pour la concrétisation du projet.

Conserver le réseau en bon état

Plusieurs milliers d’arbres ont été plantées aux environs des sources de captage afin de conserver l’eau. Les plantules ont été distribuées dans le cadre du projet. Il y a eu des formations pour sensibiliser sur l’importance des arbres. « Les gens sont allés en grand nombre planter les arbres », souligne Smart Joseph. En effet, La Croix-Rouge Néerlandaise aussi a fait la formation sur les techniques de plantation des arbres et la fournir de pépinières ce qui a permis le reboisement de 2 hectares sur le périmètre de protection de la source.  C’est au total 1530 arbres dont 1050 fruitiers et 480 forestiers qui ont été plantés par les communautés. Cela permettra l’augmentation du couvert végétal et la protection de la source nouvellement réhabilitée.

Un Comité d’approvisionnement en eau potable et assainissement (CAEPA)- formé de membres au sein de la communauté- a été mis en place et formé sur ces taches et responsabilité par la DINEPA selon le protocole national afin d’assurer la gestion du système d’adduction d’eau. Aussi au niveau communautaire, les personnes vivant prêt des tuyaux et des fontaines en appui au CAEPA s’assurent de la propreté, sensibilise les gens et chasse les animaux, afin que tout soit toujours propre.

« Nous devons être en mesure de pérenniser le système, car il nous appartient », souligne l’un des responsables.

Ce projet est très important pour l’UNICEF, la DINEPA et l’USAID car il intègre le volet construction des systèmes d’accès à l’eau à celui de la pérennisation à travers la formation des acteurs et la préservation de la ressource en eau ces deux éléments étant le gage de la continuité du service d’eau dans les localités synonyme d’éradication des maladies hydriques.

Le projet vise à répondre au besoin critique en eau des populations vivant en zone de sècheresse et à risque d’insécurité alimentaire et de sous-nutrition.

 

La nouvelle Représentante de l’UNICEF visite les partenaires dans le Plateau Central

La Représentante de l’UNICEF discutant avec les infirmières du CTDA

Mme Maria Luisa Fornara, nouvelle Représentante de l’UNICEF en Haïti, a effectué une courte visite dans le Département du Centre. Elle a notamment rencontré plusieurs partenaires dans le domaine de l’eau, l’hygiène et l’assainissement et de la lutte contre le choléra. L’objectif principal était de comprendre les différents défis et les avancées dans ces domaines. Mme Fornara a eu des discussions très fructueuses avec le Dr. Jasmin Paul Menahel, l’un des responsables de la lutte contre le choléra dans le département du Centre pour le MSPP.

Mirebalais, le 13 Septembre 2018- Tôt le matin la voiture de l’UNICEF a pris la route. A son bord l’ancien et le nouveau chef de la section urgence de l’UNICEF, Gregory Bulit et Antonio Marro. Après avoir traversé le trafic, la route et les montagnes du Centre s’offraient à la délégation.

Mme Fornara a visité un Centre de traitement de diarrhée aigue (CTDA) à Mirebalais et a pu s’entretenir avec les infirmières responsables du Centre. Elles ont fait part de leur détermination de tous les jours d’apporter les soins nécessaires à leurs compatriotes et de sauver des vies.

La Représentante de l’UNICEF a rencontré l’organisation ‘’ Zanmi Lasante’’ (Partner in health) qui est un partenaire de l’UNICEF dans le domaine de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. L’organisation s’occupe de la gestion du CTDA et est en train de construire, avec un financement d’autres bailleurs, une CTDA moderne avec une plus grande capacité d’accueil.  La Représentante de l’UNICEF s’est aussi rendue sur le chantier.

« Zanmi Lasante évolue essentiellement dans la prise en charge, selon les attributions que nous a octroyées le MSPP. Il faut continuer en faisant les cordons sanitaires autour des maisons avec des cas suspects, cependant se sont des partenaires comme ACTED, UNICEF et d’autres organisations qui font la prise en charge communautaire. Il existe donc une coordination continue entre nous. Il faut maintenir le pont afin de donner le maximum à la communauté », a indiqué le Dr Kenia Vissières, coordonnatrice de programmes au sein de Zanmi Lasante.

Selon elle, les visites de hauts responsables, comme celle de la Représentante de l’UNICEF sont toujours très importantes afin de voir par eux-mêmes les défis afin qu’ils apportent leur contribution.

Une séance de sensibilisation contre le choléra dans une localité du Centre

Constater les progrès dans la lutte contre le choléra

Pierre Davidson, coordonnateur technique du projet choléra à ACTED pour tout le pays, explique que la visite est importante car elle peut voir par elle-même l’évolution de la réponse.

« Cela va lui permettre de comprendre ce que la lutte contre le choléra implique. Il y a certes beaucoup de progrès, mais il reste beaucoup à faire pour arriver à l’éradication de l’épidémie à travers tout le pays. Elle pourra aussi constater l’engagement des différents acteurs dans la lutte contre le choléra », a-t-il rappelé.

Comprendre mieux la stratégie de réponse rapide

Mme Fornara a également suivi une équipe de réponse rapide sur le terrain. Composée de membre d’ACTED et du MSSP, leur principale tâche est de combattre et de contenir le choléra. Ces équipes se déploient rapidement lorsqu’il y a des cas suspects, pour établir un cordon sanitaire autour du foyer intéressé. Elles se chargent de la sensibilisation à l’eau, l’hygiène et l’assainissement ; elles procèdent à la décontamination des maisons ; elles distribuent un kit contenant du savon, des tablettes pour la chloration de l’eau, des sels de réhydrations oral.

« J’ai beaucoup appris de cette visite. Il est important de constater par soi-même, car on apprend beaucoup plus de choses que derrière un bureau. L’engagement des différents acteurs de la lutte contre choléra sous le leadership du gouvernement haïtien a permis de grandes avancées. Mais nous devons maintenir l’effort pour arriver à son élimination », a-t- elle souligné.

 

 

Lancement de l’opération coup de poing 2018 contre le choléra

 

Les représentants des collectivités territoriales de l’Ouest , lors du lancement

En 2017, l’opération coup de poing a permis une avancée fondamentale dans la lutte contre le choléra dans le département de l’Ouest. Ce lundi 7 aout, le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) et la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA) ont lancé l’opération coup de poing 2018. Ce lancement s’est tenu en présence des principaux partenaires de la lutte contre la maladie dont l’UNICEF et les représentants des collectivités territoriales de l’Ouest.

Port-au-Prince le 22 aout 2018- Avec le lancement de l’opération coup de poing, les principaux partenaires veulent renforcer la lutte dans le département de l’Ouest. Il y a eu des progrès importants dans la lutte, en témoignent les chiffres qui n’ont jamais été aussi bas.

L’administrateur de la Direction de la Santé de l’Ouest (DSO), M. Maliou Etienne, a salué la présence des participants dans le cadre de l’atelier. « Je tiens à rappeler que le combat pour éliminer, pour éradiquer le choléra n’est pas seulement l’affaire du MSPP mais cela implique la participation de tous. Tout le monde doit apporter son apport dans la lutte », a-t-il dit, en lançant officiellement l’atelier.

Paul Chrystian Namphy, coordonnateur de la lutte contre le choléra au niveau de la DINEPA, a mis l’accent sur les éléments importants de la stratégie afin d’éliminer le choléra : la prise en charge médicale, la réponse communautaire, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation, l’eau potable et l’assainissement, l’implication des élus locaux.

« Ces éléments sont absolument essentiels, il faut doter la population de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Il faut accompagner la population dans une véritable révolution de changement de comportement, de promotion de sensibilisation et d’hygiène », a-t-il poursuivi.

L’UNICEF un acteur clé dans la lutte contre le choléra

Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haiti

Dans la lutte contre le choléra, l’UNICEF a été aux côtés du gouvernement haïtien dès les premiers moments. L’UNICEF supporte la lutte contre la maladie à plusieurs niveaux, notamment l’aspect concernant l’appui à la coordination et la réponse au niveau national, départemental et communal. Ainsi l’organisation est le leader du secteur WASH (eau, hygiène et assainissement) et assure une présence constante dans le secteur de la santé en vue de renforcer les liens et la cohésion entre les activités Wash et santé.

« L’opération coup de poing possède cette force de rallier tous les acteurs concernés par cet objectif commun qu’est l’élimination du choléra. L’UNICEF se réjouit de l’implication de tout un chacun, en particulier des collectivités territoriales dans cette grande opération », a indiqué Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

L’élimination du choléra : plus que jamais une vérité

Les derniers chiffres contre la maladie montrent qu’il est possible de l’éliminer. A la 30ème semaine de cette année, seulement 31 cas suspects ont été enregistrés pour tout le pays. De manière générale : 818 874 cas suspects de choléra ont été reportés de 2010 au 28 juillet 2018 ; en 2017, le nombre de cas suspect reporté s’est élevé à 13 681 pour tout le pays ; et de de janvier à juillet de l’année en cours on ne compte que 2 874 cas à travers le pays.

Les efforts conjugués de tous les partenaires impliqués dans cette lutte, rapproche Haïti de plus en plus vers l’objectif de l’élimination. Il est important de redoubler de vigilance durant la saison pluvieuse.

Même si les chiffres sont encourageants « nous ne pouvons pas encore crier victoire, car le choléra est toujours là » a prévenu monsieur Paul Christian Namphy.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’engagement communautaire à la base de l’accès à l’eau potable

 

Un riverain puisant de l’eau dans la source

Dans les endroits reculés du pays, l’accès à l’eau potable peut s’avérer un défi de taille, tenant compte de la configuration du relief et de la disponibilité des sources naturelles en eau. L’UNICEF, avec un financement de l’USAID, met en place des projets de captage de source et d’adduction d’eau potable. Souvent l’engagement communautaire est incontournable pour la réussite de ces projets. La localité de La Vallette, dans le département du Sud-Est est un exemple frappant.

Jacmel, le 31 mai 2018– Dans le cadre de la lutte contre la sècheresse qui a frappé plusieurs départements du pays dont le Sud-Est, l’UNICEF de concert avec l’USAID a entrepris des travaux de réhabilitation de sources d’eau dans plusieurs localités. La source Lavalette dans la section Montagne La Voûte, 6e section de la commune de Jacmel, en bénéficie.

Alma Oplan, le regard vif, la démarche droite et décidée est le coordonnateur de Casec de la Section La Montagne. Il a été l’un des grands artisans, au niveau communautaire de la réhabilitation de la source de la Montagne. « En tant qu’agent de développement, notre rôle est de travailler au profit de notre section communale pour le bien-être de la communauté », explique-t-il.

Des problèmes qui étaient récurrents

Le relief accidenté a favorisé l’érosion des sols de la zone ; l’augmentation de la population a entrainé une surexploitation du système ; les catastrophes naturelles telles que les ouragans (le tremblement de terre, les cyclones Emilie et Katrina ainsi que l’Ouragan Matthew…) ont accéléré la dégradation des ouvrages. En ce qui a trait au captage : il y avait des fissures sur la superstructure, la trappe était endommagée, l’environnement proche dégradé. Ainsi le reste du réseau ne pouvait être alimenté.

Le manque d’appropriation de la source par la communauté a induit un manque de suivi des ouvrages. Les gens ne prenaient pas soin de l’ancien captage et y jetaient des immondices, il n’y avait aucune propreté. « La situation était très difficile, car les gens puisaient de l’eau, tout près de l’endroit où les animaux s’abreuvaient », raconte-t-il.

La communauté a été partie prenante

Une pompe à bras dans une section communale du Sud-Est

Les membres de la communauté ont vu la nécessité de réparer la source d’eau, ils ont ainsi fait la demande auprès de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). L’USAID avait donné un financement à l’UNICEF pour la réalisation du projet. Solidarités International a été choisi comme maitre d’ouvrage.

Lorsqu’il parle de la réalisation de ce projet, un large sourire illumine le visage d’Oplan. « Les gens se sont appropriés le projet dès le commencement. Ils ont participé en donnant et en apportant sur les lieux des matériaux de constructions ; sable, roches, blocs, entre autres », se réjouit-il.

Alma Oplan a été l’un des moteurs de la mobilisation. Il a sensibilisé les habitants sur l’importance de la réhabilitation de la source. Il a contribué à la nourriture des travailleurs. Il s’est dit satisfait du résultat final, même s’il pense qu’il peut y avoir de l’amélioration.

Le gros des travaux a consisté en : la réhabilitation, le captage à travers le colmatage de la fuite et le nettoyage de l’environnement proche du système ; la réfection de l’étanchéité intérieure et extérieure du réservoir ; la réhabilitation partielle de la maçonnerie et la plomberie ; le colmatage et la protection des canalisations au niveau du captage ; la réalisation d’un mur de soutènement pour la protection de l’ouvrage.

Pour Jacques Touchard Adia, spécialiste WASH à l’UNICEF, la réhabilitation de la source va changer la vie de la population. Car l’impact dans leur vie est réel et palpable. « C’est une grande différence pour les gens de La Montagne, car avant il était difficile de trouver l’eau potable. Les populations avaient de l’eau en quantité mais qui n’était pas potable. Le captage et le réservoir étaient contaminés par les coliformes. L’UNICEF, en soutien au gouvernement haïtien, a permis à ces communautés reculées d’avoir accès à l’eau. Cela va sauver la vie des enfants. Nous remercions l’USAID pour son soutien important à la réalisation de ce projet. », conclut-il.

 

Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Éliminer le cholera en Haïti par la réponse rapide.

UNICEF Haïti travaille avec ses partenaires tels Solidarités International afin de soutenir la stratégie de réponse rapide du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le but d’éliminer le choléra avec ses équipes mobiles.Voici l’histoire de Michel Ange.

Equipes de réponse rapide : un véritable rempart contre le choléra

Une équipe de réponse rapide du département du Centre

Les chiffres du choléra se sont considérablement réduits au cours de cette année 2017. Ils n’ont jamais été aussi bas. La nouvelle stratégie de lutte contre le Choléra a porté ses fruits. Au centre de l’attention se trouvent les équipes de réponse rapide, qui sont de véritables guerriers. Les membres vont combattre le choléra dans les départements ciblés, par beau temps ou temps de pluie. Principalement dans le département du Centre, où les distances à couvrir sont parfois immenses. L’UNICEF est l’un des acteurs clés de la lutte contre le choléra dans le pays.

Mirebalais, le 23 novembre 2017-La voiture tout-terrain subit les assauts des roches, la route n’est pas bonne. Il faut zigzaguer entre les crevasses, pour éviter la boue. Il a plu la nuit dernière, mais les conditions sont acceptables pour arriver à Menaj, localité de Laschaobas (Centre).

L’équipe de réponse rapide d’ACTED, partenaire de l’UNICEF, avec leurs T-shirts verts reconnaissables à plusieurs lieues, est sur le pied de guerre. Elles viennent mener une séance de sensibilisation. Mais la communauté est assez calme, car aujourd’hui c’est jour de marché. Cependant se trouvent encore des gens qui pourront écouter les messages et recevoir les kits d’hygiène, au besoin.

Un membre de l’équipe rapide avec un haut-parleur s’est déjà détaché pour rassembler les personnes qui sont présentes. Dans la vallée vide, sa voix est répercutée par l’écho. Il réussit à rassembler une vingtaine de femmes et quelques enfants. Les hommes sont dans les champs.

Important de continuer la sensibilisation

Une séance de sensibilisation

L’équipe commence à faire la sensibilisation à l’hygiène. Aujourd’hui, l’équipe est là pour un renforcement de sensibilisation. Il se déroule généralement suite à la distribution de kits d’hygiène. Ces kits contiennent du savon, des Sérum de réhydratation orale, et des aquatabs et un seau à robinet.

« Il faut vous laver les mains dans les moments cruciaux, avant de manger et après être sorti de la toilette. Il faut utiliser de l’eau traitée pour votre santé et celle de vos enfants ». Après ces messages, l’équipe demande aux riverains qui n’habitent pas trop loin d’apporter l’eau avec laquelle ils se servent pour faire un test sur le taux de chlore résiduel, pour vérifier s’ils ont respecté les instructions.

Les activités des équipes de réponse rapide consistent en trois parties : investigation, réponse, sensibilisation. « Concernant la situation pour le bas-Plateau, c’est assez calme car nous sommes passés de 38 cas par semaine à 14 cas et pour le moment c’est seulement 7 cas », explique Jennyfer Joseph, responsable de projet choléra pour le Bas-Plateau central.

Parcourir de grandes distances

L’une des plus grandes difficultés pour les équipes de réponse rapide, revient aux grandes distances qu’ils doivent parcourir pour atteindre les endroits éloignés. Parfois cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Car ils doivent dormir en chemin, pour continuer leurs activités et s’assurer que tout le monde est sensibilisé aux principes d’hygiène.

« Dans certains endroits montagneux, même les mules ne peuvent pas passer, mais nous sommes obligés d’y aller s’il y a des cas de choléra. Cela fait partie de notre mission. Des fois nous faisons des missions de plusieurs jours dans ces localités pour toucher tout le monde », rappelle Nadia Delmond, chef d’équipe d’urgence pour Acted, rappelant que la réception des gens est toujours positive.

 

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».