Besoin de soutien à long terme pour les victimes de Matthew

Yoon Jeong Na, Spécialiste des rapports et de la mobilisation des ressources à UNICEF Haïti, nous raconte avec émotions sa visite des départements touchés par l’Ouragan Matthew en Octobre dernier. 

Le voyage

En route vers les Cayes à travers la route nationale 2.

Je me suis rendu sur le terrain, aux Cayes et à Jeremie, pour visiter les écoles soutenues par l’UNICEF. Les Cayes, dans le département du Sud, et Jeremie, dans le département de Grand’Anse, sont les zones les plus touchées par l’ouragan Matthew.

Pour assurer une réponse appropriée dans ces deux départements, l’UNICEF a ouvert des sous-bureaux, l’un à Jeremie et l’autre aux Cayes à la suite de la tempête dévastatrice Matthew du 4 octobre 2016.

L’objectif était de visiter les écoles qui ont été réhabilitées ; en particulier celles qui ont bénéficié d’interventions en eau et assainissement pour assurer aux enfants des installations de lavage de mains et d’assainissement ; de rencontrer les écoliers, l’administration scolaire  les associations de parents et d’enseignants pour discuter et comprendre leurs expériences des projets dont ils ont bénéficié ainsi que leur vision pour l’avenir.

J’ai quitté Port-au-Prince, la capitale d’Haïti, le lundi matin à 7 heures pour me rendre directement à Jeremie, à environ 200 km.

Ensuite, vers 10 heures, il a commencé à pleuvoir

Il a continué à pleuvoir toute la nuit et le lendemain matin. Il pleuvait tellement que de nombreuses régions connaissaient de petites inondations. Comme c’est le cas ailleurs en Haïti, mais plus dans les régions du Sud qui ont été les plus touchées par l’ouragan Matthew, les gens étaient encore traumatisés et restaient à l’intérieur. Les portes des écoles étaient restées fermées pour la journée parce que les parents n’avaient pas envoyé d’enfants dans les écoles.

J’étais censé visiter les écoles de Jeremie mardi matin, puis retourner aux Cayes dans l’après-midi, afin que je puisse visiter les écoles qui s’y trouvaient, le lendemain. Mais en raison des pluies intenses et de l’état des routes, visiter les écoles le lendemain, n’était pas possible, on m’a donc conseillé de rester à Jeremie.

De retour des Cayes. Un camion qui bloque plus de la moitié de la route. Le bord droit annonçant une falaise à pic.

La pluie avait diminué depuis le matin. Mais l’intensité des dernières 48 heures avait déjà causé de nombreux dommages et il pleuvait encore. Des gens utilisaient des seaux en faisant de leur mieux pour vider leurs maisons de toute l’eau, d’autres n’avaient d’autre choix que d’attendre. Il y avait de l’eau sur  les routes, des glissements de terrain en plusieurs parties et les roches ont provoqué un arrêt partiel de la circulation. De plus, un grand camion tombé en panne, obstruait la circulation et empêchait aux autres voitures de passer, car la falaise était toute proche.

Nous avons également pu voir à quoi ressemblait une immense citerne d’eau qui s’était écrasé sur la route au beau milieu de la montagne.

Le prochain défi fut de traverser la route, car une cascade coulait au beau milieu. Les chauffeurs de l’UNICEF sont allés vérifier à pied si cela était sans danger de passer.

Discussions et Réflexions

Deux éléments ont été communément mis en évidence par des discussions avec des collègues de Jeremie et Les Cayes. L’un d’entre eux étant des défis météorologiques extrêmes et l’autre étant la nécessité d’avoir des acteurs à long terme et les ressources nécessaires pour assurer la durabilité des interventions.

Le ciel, vu des Cayes.

Les fonds reçus pour les situations d’urgence n’ont seulement une portée à court terme car permettant de couvrir une réponse très rapide. Ils supportent des interventions pendant la première période critique après l’urgence. Cependant, pour un pays comme Haïti qui, en raison de sa situation géographique, est confronté à des catastrophes naturelles récurrentes et à des effets négatifs du changement climatique, une vision à long terme et un financement permettant à cette vision de devenir une réalité est impératif.

Malgré toutes les douleurs subies, Haïti est un pays résilient. Près de 7 mois après l’ouragan Matthieu, les zones que j’ai traversées sont de nouveau vertes. On m’explique ainsi que la grande majorité des arbres n’ont pas tenues durant l’ouragan Matthieu et, en février 2017, le décor reflétait encore l’événement traumatisant.

Le jeudi matin, les cieux ont commencé à s’éclaircir aux Cayes. J’étais soulagé. Encore une fois, les gens pourront sortir de leurs maisons, vendre des fruits sur les marchés et les enfants iront à l’école.

Mais la pluie sera de retour…

This post is also available in: Anglais

0 réponses

Répondre

Vous voulez participer à la discussion?
Dites-nous ce que vous en pensez...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *