Protection de l’enfance : entre défis et bonnes pratiques.

La protection de l’enfance fait face à de nombreux défis. Des mesures sont mises en place pour les contourner, et aider les enfants à atteindre leur plein potentiel. Il est donc important de réaliser un état des lieux des différentes problématiques de la protection de l’enfance ainsi que des solutions qui sont apportées pour les résoudre.

Cet article a été réalisé avec le concours d’Inah Fatoumata Kaloga, responsable de la section Protection de l’Enfance à UNICEF Haïti.

La protection de l’enfance constitue l’essence même de l’UNICEF lors de sa création le 11 décembre 1946. Sa garantie constitue un des principaux piliers du mandat que l’agence se doit de remplir au sein de ses différents programmes. La Convention des Nations Unies Relative aux Droits de l’Enfant de 1989 rappelle que cette protection doit aboutir à ce que « […] l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension […] ». La République d’Haïti ayant ratifié cette convention en 1995 se doit, avec l’aide de ses partenaires, de la respecter et de garantir la protection de l’enfance.

Aujourd’hui de nombreux progrès ont été réalisés depuis cette ratification. Ainsi de nouvelles lois ont été adoptées concernant la paternité, la maternité et la filiation (2012), l’adoption (2013) ou bien la loi interdisant la vente et la traite des personnes (2014). De plus la fréquentation scolaire des enfants de 6 à 11 ans a augmenté de 50 à 84% entre 2005 et 2012 et le taux de mortalité infantile a diminué de 52% depuis 1990 en Haïti. Cependant de nombreux défis restent encore d’actualités.

« Il est très difficile de trouver des solutions pour tout le monde, tout de suite »

Le premier, le plus évident, concerne l’ampleur des besoins auxquelles une organisation comme l’UNICEF doit faire face en Haïti. En effet, il y a un niveau de vulnérabilité extrêmement important avec un nombre d’enfants présents dans les orphelinats estimé à 30.000 dont 80% serait des placements familiaux et donc non-orphelins.  « Il est très difficile de trouver des solutions pour tout le monde, tout de suite », rappelle Inah Kaloga, chef de la Protection de l’enfant à l’UNICEF.

Le deuxième défi est celui de l’accès aux services pour les familles vulnérables. Ce dernier conditionne grandement l’ampleur des besoins car les familles qui ne pourront accéder de façon rapide et efficace aux services sociaux, de santé ou bien scolaire n’auront d’autres choix que de placer leurs enfants ailleurs. Il devient dès lors primordial qu’elles puissent trouver les ressources nécessaires à la garde et à l’épanouissement de leurs enfants.

Le travail doit se faire en collaboration avec les autres sections par la mise en place de programmes intégrés comme cela a été le cas avec l’éducation et la protection après l’ouragan Matthew. Inah Fatoumata Kaloga indique ainsi que « travailler le plus possible à partir de ce que font les autres secteurs, voilà notre programme pour les prochaines années à venir ». C’est dans cette optique qu’un programme alliant protection et nutrition va voir le jour afin d’identifier les familles les plus vulnérables à travers le prisme de la malnutrition. Les approches multisectorielles représentent ainsi le parfait exemple de bonnes pratiques pour que les programmes soient mis en place le plus efficacement possible, promouvant une résilience rapide.

« Les réseaux communautaires sont les plus à même de ressentir le pouls de leur communauté »

La coopération avec les réseaux communautaires est également primordiale et fait office de bonnes pratiques. Pour ce faire, la section protection est en train de développer un système d’alerte grâce à la technologie mobile. Il s’agirait, grâce à la mise en réseau, d’identifier les cas de vulnérabilité et de les signaler en temps réel à moindre coût. Le taux de pénétration mobile en Haïti étant de 60%, cela est tout à fait faisable. Les réseaux communautaires sont constitués aussi bien de personnes ayant une influence particulière comme le prêtre ou bien le maire mais également d’individu possédant une certaine proximité et une confiance sociale avec les populations vulnérables comme les chauffeurs de taxis ou bien les voisins. Comme le dit Inah Fatoumata Kaloga « les réseaux communautaires sont les plus à même de ressentir le pouls de leur communauté ». Même si des améliorations sont encore à réaliser, cette coopération a déjà permis de nombreux progrès en termes de remontée de cas.

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