Les réponses à l’épidémie de choléra en Haïti. Que se passe-t-il sur le terrain ?

IMG_2817 CL’UNICEF en Haïti est fortement impliqué dans la réponse au choléra en vue de son élimination du pays. En quoi cela consiste-t-il ?

Lorsqu’un cas de choléra est diagnostiqué dans une structure de prise en charge, les équipes de prévention sont informées pour qu’elles réalisent le plus rapidement possible une investigation sur l’origine de ce cas ainsi que des actions de prévention adaptées. Ces actions sont effectuées dans les 48 heures au plus tard après le diagnostic, parfois le jour même.

Une équipe humanitaire associée à l’équipe Emira du département (Equipe mobile d’intervention rapide), ou bien parfois l’équipe Emira seule, se rend au domicile du malade. Ce domicile peut être accessible en véhicule mais parfois, il ne peut être atteint qu’après plusieurs heures de marche si le malade vit dans une zone très éloignée. L’équipe désinfecte le domicile avec de l’eau chlorée là où il y a risque de transmission (latrines, poignées de porte, excréments ou vomissements du malade).

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Observation d’un point d’eau

A la recherche d’une possible évidence de contamination, l’équipe examine également l’approvisionnement en eau : si elle vient d’une source protégée ou non, de la rivière, d’un puit, ou du réseau et si l’eau traitée par osmose. Il est cependant rare de pouvoir affirmer avec certitude l’origine de la contamination lorsqu’elle est isolée, en général, c’est la multiplication des observations qui permet de l’identifier. La famille du malade qui a été mise au courant du but de la visite, ainsi que les voisins sont informés sur les attitudes à avoir pour éviter le choléra : bonne gestion des excréments, lavage fréquent des mains avec du savon, chloration de l’eau stockée à domicile. Un traitement préventif par antibiotique est donné à l’entourage le plus proche.

Ces actions, simples dans leur principe, demandent du temps, de la continuité et des moyens matériels pour être réalisées. Elles sont les meilleures armes à court terme pour arrêter la transmission du Vibrio cholerae responsable du choléra et ainsi éliminer la maladie. Celui-ci vit dans le tube digestif des êtres humains, un manque d’hygiène permet qu’il passe d’une personne à une autre par les mains, par l’eau ou par la nourriture.

Chloration à Tit Suit

Chloration de l’eau prise dans une source non protégée. (c)UNICEFGazin

La réduction progressive du nombre de cas permet d’effectuer des investigations de chaque cas de choléra et d’apporter des réponses adaptées aux situations sur le terrain.

Par Pierre Gazin