Emilie, leader of the Hygiene and Health Club at the MITSPA Jeaneton 2 school in St Marc.

Ces gardiens de l’hygiène font rimer propreté avec santé

La propreté à l’école passe par les clubs d’hygiène. Rencontre avec ces gardiens de l’environnement et de la santé dans l’Artibonite.

Gédéon, 15 ans ; Léonine 17 ans, Isnadeth 17 ans et Gislaine 15 ans, membres du club d’hygiène de l'école de Charette.

Gédéon, 15 ans ; Léonine 17 ans, Isnadeth 17 ans et Gislaine 15 ans, membres du club d’hygiène de l’école de Charette.

Seulement 35% des ménages Haïtiens ont accès à une installation adéquate pour se laver les mains avec de l’eau et du savon[1]. Une personne sur cinq pratique la défécation à l’air libre[2]. Grâce au don du Gouvernement Canadien, UNICEF, Oxfam, la DINEPA, le MSPP et le MENFP  interviennent dans des communautés rurales de 4 communes du département de l’Artibonite (Gonaïves, Saint Marc, Saint Michel et Gros Morne) pour améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement dans les communautés, les écoles et les centres de santé.

Le but est de mettre l’accent sur le changement durable des comportements, notamment en matière d’assainissement, de traitement de l’eau à domicile et d’hygiène des mains.

Dans le milieu scolaire, cette campagne d’amélioration des conditions d’assainissements et de l’hygiène se focalise sur la construction /réhabilitation de latrines, d’urinoirs, de points de lavage des mains et sur la promotion de l’Ecole Amie de l’Hygiène.

Plus de deux ans après le lancement du projet, des interventions sont réalisées dans 24 écoles. 8719 élèves ( 4083 filles et 4636 garçons) ont ainsi accès à de meilleures conditions d’hygiène et d’assainissement en milieu scolaire. 24 clubs d’hygiène sont formés dans ces écoles.

A l’école MITSPA Jeaneton 2 à St Marc, les 320 élèves âgés de 3 à 16 ans bénéficient de l’un de ces clubs pour promouvoir l’hygiène à l’école.

Propreté va de pair avec santé

Les membres du club d'hygiène de l'école Jeaneton 2 à St Marc

Les membres du club d’hygiène de l’école Jeaneton 2 à St Marc

« Avant nous n’avions pas assez de toilettes pour tout le monde. Elles étaient sales. Certains allaient faire leur besoin dehors. Les garçons urinaient dehors. Nous veillons à ce que les toilettes restent propres. Nous nettoyons les douches et les toilettes ainsi que les salles de classes et la cour de l’école, jetons les papiers dans les poubelles et  veillons à ce que les déchets soient éliminés régulièrement », explique Emilie Djeyma 10 ans, jeune leader du club.

« L’école est devenue plus belle. La propreté à l’école, c’est important pour tous les élèves. Cela me fait plaisir de faire partie de ce club d’hygiène, de sensibiliser les autres enfants à la propreté et de leur montrer comment bien se laver les mains avec de l’eau et du savon. J’aime ma communauté. Je voudrais qu’elle devienne propre. Si d’autres communautés dans le monde y arrivent alors pourquoi pas nous ? », continue la petite fille.

Emilie, 10 ans, veut changer Haïti.

Emilie, 10 ans, veut changer Haïti.

« Je voudrais que mon pays change, je rêve de devenir Présidente d’Haïti pour que mon pays devienne un pays comme les autres. Je ne veux plus entendre qu’Haïti est l’un des pays les plus pauvres de la planète. Je veux changer cela », conclut-elle.

Quelques kilomètres plus loin, dans la localité rurale de Charrette, l’école nationale accueille 300 élèves âgés de 4 à 20 ans.

Apprendre l’hygiène par l’exemple

Gédéon, 15 ans ; Léonine,17 ans ; Isnadeth,17 ans et Gislaine,15 ans, membres du club d’hygiène sont fiers de nous faire visiter les 4 nouveaux blocs sanitaires. « Propreté va de pair avec santé. A l’école nous sommes 6 élèves membres du club d’hygiène, trois filles et trois garçons. Tous les jours nous veillons à ce que les salles de classes, les latrines et la cour de l’école restent propre », explique Léonine. Chaque club est formé d’élèves mais aussi du directeur, d’un professeur, d’un parent et du gardien de l’école.

Gédéon vient de faire une démonstration de lavage des mains à ses camarades.

Gédéon vient de faire une démonstration de lavage des mains à ses camarades.

Le directeur se félicite du résultat, « non seulement les élèves profitent des nouvelles infrastructures, automatisent le lavage des mains avant de manger et après passage aux toilettes à l’école mais ils diffusent ces bonnes pratiques et ce changement de comportement à l’extérieur de l’établissement scolaire et dans leurs communautés»

C’est ce que nous explique Gédéon, 15 ans en 5 ème année. « L’autre jour, je rentrais à la maison après l’école et j’ai vu un homme jeter une bête morte sur un tas d’immondice dans la rue. Je suis allé lui parler et lui ai dit que cela ne se faisait pas. L’homme a compris ce que je voulais dire, et a repris l’animal. C’est une fierté de pouvoir aider sa communauté et de donner des conseils utiles à toutes et tous. J’aime faire partie de ce club et motiver les gens pour changer le comportement. Si on n’a pas une bonne hygiène on ne peut pas vivre en bonne santé, c’est facile à comprendre et nous aidons les autres à le réaliser. »

 

Julie Harlet

UNICEF Haïti- Communication

 

[1] UNICEF Haïti Bureau Pays  et Bureau Régional pour l’Amérique Latine et les Caraïbes- S’engager pour les droits des enfants en Haïti– Mars 2017.

[2] IDEM.

This post is also available in: Anglais