Flambée de Choléra à Titanyen

Le comité d’investigation de l’Ouest, composé de membres de la DINEPA, du MSPP, d’UNICEF, de l’OMS et de plusieurs ONG, nous rapporte une flambée de choléra ayant eu lieu début Mai touchant la localité de Titanyen et ses alentours.

Au petit matin du mardi 2 mai, l’alerte de 15 cas suspects de choléra notifiés par la clinique privée Alpha Omega de Cabaret est donnée. Plus tard, au cours de la même journée, d’autres cas suspects en provenance de Titanyen, situé sur la route nationale 1 à quelques kilomètres seulement au nord de Port-au-Prince, sont enregistrés dans plusieurs structures de santé de Cabaret. Au total, du 1er au 16 mai, 129 cas suspects ont été enregistrés avec un pic de 38 cas le 2 mai dans la zone de Titanyen. Malheureusement, une petite fille de 8 ans ainsi qu’un homme de 45 ans décéderont des suites de la maladie.

La localité d’Orangers a également enregistré plusieurs cas suspects de choléra. Même si l’épidémie y a été ressentie dans une moindre mesure, 18 cas suspects ont été notés sur la même période. Cette commune n’a pas été épargnée par la maladie qui a probablement provoqué 2 décès : un jeune homme de 15 ans et une fillette d’un an et demi issus de la même famille.

« […] L’endiguement de l’épidémie ne peut se faire que par le biais d’une réponse rapide et massive regroupant tous les partenaires ».

Rencontre avec les leaders communautaires à Titanyen, 5 Mai 2017

L’histoire de cette flambée de choléra confirme que l’endiguement de l’épidémie ne peut se faire que par le biais d’une réponse rapide et massive regroupant tous les partenaires[1]. Dans le cas présent, la réponse communautaire ne s’est pas fait attendre. Dès la réception de la première alerte les différents acteurs du comité d’investigation se sont rendus sur les lieux afin de constater l’étendue de l’épidémie et mettre en place les premières mesures. Par la suite, le cordon sanitaire a été élargi, avec une couverture intégrale sur les zones les plus touchées. De plus, les différents partenaires ont travaillé de concert afin de s’assurer de la qualité de l’eau sur les différentes zones ainsi que de sa potabilité. Enfin, la réponse ne s’est pas faite sans l’inclusion de la société civile locale comme l’atteste la rencontre avec le maire de Cabaret ou bien du pasteur en chef du réseau des églises protestantes.

« Même lorsque l’eau traitée est disponible le problème réside majoritairement dans les habitudes liées à l’hygiène ».

Pompe à Bras à Ti Cité, Titanyen

Les environs de Titanyen sont majoritairement ruraux et comportent environ 10.000 habitants. Le manque de moyens de prévention des risques liés au choléra est très important. Cependant, même lorsque l’eau traitée est disponible le problème réside majoritairement dans les habitudes liées à l’hygiène. Les habitants, ne disposant pas pour la majorité de latrine étanche, pratiquent la défécation à l’air libre et peu d’entre eux observent le lavage de main aux moments clés. La situation est encore plus grave à Orangers où l’accès à l’eau potable est plus précaire.

Le travail de sensibilisation des publics n’a donc pas été une mince affaire mais a cependant été rempli avec succès. Les volontaires des différents partenaires sont allés, distribuant dépliants et conseils, sillonner les marchés à la recherche des habitants. Les marchands et les acheteurs de produits sont les personnes à cibler en premier, étant le plus en contact avec les produits alimentaires qui peuvent être contaminés en surface. Les écoles ont également fait l’objet

Séance de sensibilisation dans les écoles

d’une sensibilisation massive sur les bonnes pratiques de préventions comme le lavage des mains ou bien celui des fruits et légumes. Au total entre 3500 et 4000 personnes ont pu être sensibilisées à la prévention du choléra.

En ce qui concerne les causes de cette explosion de choléra, elles n’ont pas pu être clairement établies. Il reste que les fortes pluies couplées aux mauvaises conditions et pratiques sanitaires renforcent la thèse de la contamination hydrique.

 

 

[1] L’action de l’UNICEF contre le cholera est actuellement soutenue par le Central Emergency Response Fund des Nations Unies, le Japon, le Canada, USAID, le Comite Français pour l’UNICEF.

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