L’éducation des enfants ne doit plus passer par la violence

L’éducation et la scolarisation des enfants sont encore émaillées de défis en Haïti, un enseignement qui doit se baser sur le respect mutuel entre individus et l’écoute de l’autre. C’est en ce sens qu’UNICEF Haïti milite pour une suppression totale de la violence à l’école en soutenant le « Code de Conduite pour une cohabitation harmonieuse dans les écoles haïtiennes ».

La loi du 10 septembre 2001 du code Pénal Haïtien dispose que « tout traitement inhumain de quelque nature que ce soit, y compris les punitions corporelles contre les enfants, sont interdites ». Cependant, la violence en milieu scolaire existe belle et bien en Haïti et revêt différentes facettes. Le nouveau code de conduite établit par le Ministère de l’Education et de la Formation Professionnelle (MENFP) entend bien réduire aussi bien la violence entre professeurs et enfants qu’au sein même du corps enseignant et du groupe d’élèves.

« Nous devons combattre toutes formes de violences sans exception aucune »

Jean Ludovic Metenier, Représentant Adjoint d’UNICEF Haïti, pendant son discours

Mercredi 21 juin 2017, ce Code de Conduite a été présenté aux médias en présence des représentants d’UNICEF Haïti ainsi que ceux du MENFP. Il s’agissait lors de cette journée de dévoiler ce code afin de le discuter et le valider par la mise en place d’une session plénière avec les participants. Jean Ludovic Metenier, Représentant Adjoint d’UNICEF Haïti, a pour l’occasion rappelé que « nous devons combattre toutes formes de violences sans exception aucune » afin de parvenir à établir «  un climat favorable au développement et au bien-être des enfants mais également de la communauté éducative » tout en réaffirmant « l’engagement d’UNICEF en faveur d’une école libre de violence ».

Meriol Jeune, Directeur Général du MENFP, entamant ses propos d’introduction

 

 

 

Meniol Jeune, Directeur Général du MENFP, à également prononcé un discours d’introduction à cette journée de présentation du Code de Conduite. Il a déclaré « vouloir divorcer avec les pratiques de violences. La transformation de l’espace scolaire et de ses acteurs est une nécessité ». Par la suite, il s’est engagé à « convoquer les acteurs concernés afin de les sensibiliser à la violence scolaire ».

 

 

 

 

 

 

« Ce code de conduite est destiné à l’ensemble des acteurs du système éducatif »

Néhémie Boursiquot nous présente en détail l’intégralité du Code de Conduite

Ce code de conduite est destiné à l’ensemble des acteurs du système éducatif : des élèves au personnel enseignant en passant par les parents ou bien les agents d’entretien. De plus, toute les écoles sont concernées, qu’elles soient publiques ou bien privé. La fin de la violence dans les écoles serait, pour les enfants, la garantie qu’ils puissent s’épanouir de manière optimale aussi bien personnellement que socialement.

Néhémie Boursiquot a rappelé que la violence est protéiforme. Il peut bien sûr s’agir de violence physique comme les châtiments corporels qui sont encore beaucoup utilisés dans les classes faisant office de punition. Mais également de violence verbale qui est fortement présente ; insultes, raillerie, moquerie, tout le monde est concerné. Celle-ci entraine le plus souvent une violence psychologique où les enfants vont parfois se retrouver humiliés, harcelés ou bien même persécutés les menant souvent vers l’exclusion sociale et scolaire. Enfin, la violence peut se trouver être sexuelle et  concerne aussi bien les enfants que le cercle professorale.

Le problème de la récurrence de cette violence réside dans la croyance que les enfants seront plus obéissants si la menace et les punitions s’illustrent avec une violence physique ou bien verbale. Ainsi, ces pratiques perdurent, bien qu’interdite par la loi, dans les classes par le biais d’une normalisation du châtiment comme punition génération après génération.

« La sensibilisation reste encore aujourd’hui trop faible »

De fait, la sensibilisation reste encore aujourd’hui trop faible dans les formations d’enseignant et dans les écoles d’où la nécessité d’établir un Code de Conduite générale pour l’enseignement. Il est constitué de 25 articles réparti en 9 chapitres correspondant chacun à un thème particulier. Il est ainsi rappelé aux différents acteurs les droits et les devoirs qui leur incombent. De même il est également préciser quel type de comportement est indésirable dans une salle de classe et quelle sanction prévaut dans chaque cas.

En des termes plus généraux, le code est avant tout présent pour promouvoir une discipline positive. L’enseignant se doit de privilégié une approche éducative qui favorise les comportements positifs des enfants en les gratifiant. Ce concept passe avant tout par la reconnaissance des bons comportements de l’enfant, le dialogue avec celui-ci pour qu’il comprenne ce qui ne va pas, la réparation qui se veut être une sanction constructive pour l’enfant et son entourage et enfin la soustraction qui va soustraire un enfant momentanément du groupe.

Groupe de travail réfléchissant aux modifications possibles du texte

 

Le point central de ce Code de Conduite est qu’il soit compréhensible et respecté par tous les acteurs de la vie éducative. Il est donc primordial que les enfants en premier lieu puisse s’en emparer et le partager le plus possible autour d’eux. L’accès à l’information pédagogique par les parents est une priorité pour que la violence n’ait pas non plus sa place dans le foyer.

This post is also available in: Anglais

0 réponses

Répondre

Vous voulez participer à la discussion?
Dites-nous ce que vous en pensez...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *