Don Dario et Fatya du programme Famille d’accueil nous reçoivent chez eux

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Marie Paule Gelus Terre des Hommes, Fatya et Don Dario.

Visite chez Don Dario et Fatya sa mère d’accueil et éclairage sur le programme Protection Famille d’accueil aux Cayes. En ce moment, 20 familles sont accréditées par l’IBESR.

Les familles d’accueil reçoivent la visite des agents de l’IBESR et de Terre des Hommes deux à trois fois par mois. « Les familles qui n’accueillent pas d’enfant aujourd’hui bénéficient aussi d’un suivi. Afin d’être prête le jour où un enfant arrive ainsi que pour maintenir le lien », précise Fara Jean-Baptiste, cheffe de projet Programme Protection, Terre des Hommes, base Sud.

Don Dario et Fatya.

Don Dario et Fatya.

Le programme ’’Protection famille d’accueil’’ est mené par Terre des Hommes et l’IBESR (Institut du Bien-Etre Social et de Recherche). Il reçoit des financements de l’UNICEF, l’Ambassade de France et l’Union européenne. UNICEF apporte également un soutien technique en termes de formations et d’appui aux équipes des partenaires sur le terrain.

Ce projet prend en charge des enfants fugueurs, égarés, abandonnés, en situation de négligence ou de maltraitance. « Nous leur trouvons une famille d’accueil et procédons à une recherche familiale. Nous offrons également chaque mois des formations aux familles d’accueil sur des thématiques variées : accueil de l’enfant, communication avec l’enfant, attachement, nutrition, hygiène, responsabilité parentale, adolescence, les différentes formes de violence », poursuit Fara.

A quelques kilomètres du bureau de Terres des Hommes, nous rencontrons Fatya, 58 ans. Elle accueille en ce moment le petit Don Dario, 10 mois lorsque nous l’avons rencontré.

Un enfant sur 4 en Haïti ne vit pas avec sa famille biologique

La mère de Don Dario a été prise en charge alors qu’elle était enceinte du petit garçon. Elle avait à l’époque 16 ans. La jeune fille séropositive fuit Port-Salut où sa famille habite et arrive aux Cayes. Elle est identifiée lors des visites de terrain effectuées par les binômes Terres- des Hommes/IBESR. L’adolescente est prise en charge par le programme. Elle reçoit un traitement antirétroviral pour sa séropositivité et sera placée dans trois familles d’accueil successives jusqu’à son accouchement. Pendant ce temps, l’IBESR et Terre des Hommes effectuent les recherches familiales pour retrouver la famille de la jeune fille. Elle donne naissance au petit Don Dario en février et décide ensuite de repartir à Port-Salut. Une fois réunifiée dans sa famille, elle cesse de prendre ses médicaments antirétroviraux et fugue à nouveau. Don Dario lui, est resté avec sa famille d’accueil en attendant de voir si sa famille biologique élargie a les moyens et l’envie de l’accueillir.

Don Dario et Fatya.

Don Dario et Fatya.

Fatya est vendeuse de fruits et de confitures. Elle a 58 ans, 4 enfants biologiques maintenant devenus grands et de nombreux enfants ’’de Cœur’’ qu’elle a recueilli chez elle. « J’ai toujours aidé les enfants en détresse du mieux que j’ai pu.  Les enfants ont besoin de nous, les adultes. Ils sont fragiles et n’ont pas de protection. Ils ne peuvent se débrouiller seul. Il leur faut quelqu’un pour les représenter, les aider et prendre soin d’eux lorsqu’ils en ont besoin», ajoute-t-elle.

Don Dario reçoit de temps en temps des visites de sa famille élargie qui n’a pas les moyens de l’accueillir à Port-Salut pour l’instant. Il est placé dans la famille de Fatya pour deux ans. Date après laquelle sa situation sera réévaluée. « Mon rêve pour Don Dario est qu’il s’épanouisse, qu’il grandisse bien et devienne un homme bon pour lui-même et pour les autres », conclut Fatya en donnant le goûter au petit.

On estime ainsi qu’un enfant sur 4 en Haïti ne vit pas avec sa famille biologique. En outre, entre 30 et 32 000 enfants vivraient en institutions alors que 75% d’entre eux auraient au moins un parent en vie[1].

L’UNICEF se réjouit d’ores et déjà des progrès réalisés dans la mise en place du dispositif de familles d’accueil. Ce programme répond à plusieurs aspects du problème de rupture familiale. Il contribue à la désinstitutionalisation, mais permet également de répondre aux besoins d’autres catégories d’enfants, tels que les mineurs en conflit avec la loi, les enfants exploités dans le travail domestique ou tout autre enfant pour lequel un placement familial urgent ou spécialisé est nécessaire.

Chaque famille accréditée a dû passer par des étapes de vérification strictes afin de s’assurer qu’elles répondent aux prescrits du mécanisme mis en place par l’IBESR avec le support des partenaires. En ce moment, 20 familles d’accueil accréditées sont répertoriées dans le programme Protection famille d’accueil. Huit autres familles sont en attentes d’accréditation. Autre bonne nouvelle, depuis notre visite en novembre 2015, le petit Don Dario a appris à marcher et est plus épanoui que jamais.

Julie Harlet

 

[1] Source IBESR et UNICEF Haiti section Protection

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