Diarrhée et choléra, assurer un rétablissement rapide des petits patients

 

Nos partenaires Heart to Heart au CTDA de Marcfranc © Maxence Bradley

Nos partenaires Heart to Heart au CTDA de Marcfranc © Maxence Bradley

Aujourd’hui, nous vous emmenons en Grand’Anse visiter deux Centres de Traitement des Diarrhées Aigües (CTDA) avec nos spécialistes Urgences- Choléra et Suivi-Evaluation. L’occasion pour vous de rencontrer de jeunes patients qui n’ont qu’une idée en tête, guérir vite pour retourner jouer et apprendre.

En Haïti, les maladies d’origine hydrique telles que le choléra et les diarrhées aigües sont la première menace pour les enfants après un désastre. « Lors du passage de Matthew, notre première priorité a été de s’assurer que les enfants et leurs familles aient accès à de l’eau potable. Aujourd’hui, 281 000 personnes, dont plus de 118 000 enfants, ont accès a de l’eau potable chaque jour grâce aux activités soutenues par l’UNICEF telles que l’installation d’une station de traitement d’eau pour la ville de Jérémie et de 20 autres stations mobiles de potabilisation plus petites dans les départements concernés », explique Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti .

L’eau potable, l’hygiène et l’assainissement sont des interventions essentielles qui sauvent des vies lors des crises humanitaires comme celle que traverse Haïti depuis le début du mois octobre. Garantir l’accès à l’eau potable, à des conditions sanitaires adéquates et à l’hygiène est d’autant plus important que le pays est confronté à une épidémie continue de choléra.

Le CTDA de Moron© Maxence Bradley

Le CTDA de Moron© Maxence Bradley

L’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes d’intervention rapide pour répondre aux flambées de cas suspects de choléra à Grand ‘Anse et au Sud, passant de 5 équipes pré-ouragan à 36 après le passage de Matthew. 88 équipes sont actives dans tout le pays pour contrôler la maladie.

Depuis Matthew, UNICEF appuie aussi dans certaines zones la prise en charge des cas de choléra ainsi que des réhabilitations de CTDA. Le 28 novembre 2016, Samuel Baulieu spécialiste Urgences et Choléra, Stephanie Druey, spécialiste Suivi – Evaluation et Perrine Loock spécialiste en Suivi -Evaluation et Choléra se rendent dans deux CTDA à Marcfranc et à Moron en Grand ‘Anse, l’un des départements les plus affectés par Matthew pour rencontrer nos partenaires Médecins du Monde et Heart to Heart, pour constater ce qui a été fait pour réhabiliter les centres et pour évaluer les indicateurs de suivis de l’épidémie et de la réponse Matthew.

Guillaume Emilecar, gardien de securité au CTDA de Moron. © Maxence Bradley

Guillaume Emilecar, gardien de securité au CTDA de Moron. © Maxence Bradley

C’est Guillaume Emilecar qui nous accueille au CTDA de Moron. Le gardien arrose copieusement nos chaussures d’une solution d’eau chlorée et nous invitent ensuite à nous laver les mains. «  Ici, c’est le même traitement pour tout le monde » plaisante-t-il son pulvérisateur sur le dos, « chaque personne qui entre et sort du CTDA se lave soigneusement les mains et je pulvérise les chaussures avec de l’eau chlorée pour éviter toute propagation de maladies, le cholera bien sûr, mais aussi d’autres maladies transmises par l’eau. »

 

 « J’ai hâte  d’être remis sur pieds pour jouer au football»

Kettly Derosier, mère d'un jeune patient au CTDA de Moron © Maxence Bradley

Kettly Derosier, mère d’un jeune patient au CTDA de Moron © Maxence Bradley

A l’intérieur du centre, il n’y a que deux personnes ce jour-là. Kettly Derosier 35 ans et son fils, Roberto Delva 15 ans.’’ Roberto est malade depuis samedi. Nous sommes arrivés au CTDA ce matin’’, nous avise-t-elle.

Roberto Delva est un adolescent soucieux du bien-être de sa maman. Il s’inquiète de la voir fatiguée après deux nuits passées à son chevet. « J’ai hâte de me sentir en forme pour retourner à l’école et d’être remis sur pieds pour jouer au football, c’est mon sport préféré», raconte-t-il.

Lorsqu’un patient admis dans un CTDA souffre de choléra, nos équipes de réponses rapides consultent les registres pour trouver la zone de provenance de la personne malade, recherchent la maison de cette personne et mettent en place la stratégie de cordon sanitaire. « Sa maison et celles du voisinage sont nettoyées avec de l’eau chlorée, les personnes sont sensibilisées aux pratiques qui limitent le risque d’être infecté par la maladie », explique Samuel Baulieu spécialiste Urgences et Choléra chez UNICEF Haïti.

Cassandre Major infirmière à Moron et Roberto 15 ans.

Cassandre Major infirmière à Moron et Roberto 15 ans.

Puis, une distribution de seaux avec robinet, des pastilles pour désinfecter l’eau, des sachets de réhydratation orale et de savons est organisée. Ce kit sanitaire est prévu pour couvrir les besoins d’une famille pendant un mois.

« Le travail effectué par nos équipes de réponses rapides nous permet d’identifier les cas communautaires potentiels et de voir si certaines localités sont plus touchées que d’autres » ajoute-t-il.

 

 

La salle d’observation du CTDA de Marcfranc© Maxence Bradley

La salle d’observation du CTDA de Marcfranc© Maxence Bradley

Lorsque nous arrivons au CTDA de Marcfranc, c’est Jackenson Davilmart, médecin ; Jean Roger Polidor, administrateur du centre et toute une équipe d’infirmières et de personnel d’entretien qui nous accueillent. La salle d’observation permet d’évaluer en quelques heures la gravité des cas. Dans cette zone, les personnes avec diarrhées sont réhydratées par apport de Sérum de Réhydratation Orale ou par intraveineuse pour les plus fortement déshydratés. C’est aussi dans cet espace que les professionnels de la santé détectent si le patient souffre de cholera[1] ou d’un autre type de diarrhée aigüe. En fonction de la dénomination de la maladie et de la gravité de celle-ci, le patient est orienté dans différentes zones du centre ou il bénéficiera des soins appropriés.

Miss Lorry infirmiere au CTDA de Marcfranc et Jeff 7 ans © Maxence Bradley

Miss Lorry infirmiere au CTDA de Marcfranc et Jeff 7 ans © Maxence Bradley

Aujourd’hui au CTDA de Marcfranc, une dizaine de patients sont alités. Le plus jeune s’appelle Jeff, il a 7 ans. Son infirmière Miss Daphné Lorry est auprès de lui lorsque nous arrivons. Elle vérifie sa perfusion. L’enfant souffre des symptômes du choléra. Réhydraté, il se sent déjà mieux qu’à son arrivée. En complément, il reçoit également des antibiotiques. Cet antibiotique accélère le rétablissement du patient et diminue la période de contamination de celui-ci. Jeff sourit parce qu’il se sent mieux mais surtout car il sait que d’ici quelques jours, il pourra retourner chez lui. ’’Dès que je serai rétabli, j’irai retrouver mes copains et copines pour jouer aux boules et faire voler mon cerf-volant’’ précise-t-il, ’’Ce sont mes deux jeux favoris’’.

Après de fortes pluies, le nombre des cas suspects de choléra[2] a augmenté dans les communes d’Anse d’Hainaut, Moron, Jérémie dans le département de Grand’Anse et Chardonnières et de Port-à-Piment dans le département du Sud. Pour lutter contre la maladie, le MSPP (avec le soutien de l’OPS / OMS et de l’UNICEF) a vacciné la population contre le choléra et l’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes mobiles d’intervention rapide dans les deux départements. Ces efforts ont contribué à une diminution du nombre global de cas suspects, qui connait une tendance à la baisse depuis début novembre[3].

L’UNICEF continue d’évaluer les conditions d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les abris où la population a trouvé refuge et dans les centres résidentiels accueillant les enfants vulnérables. 3 010 enfants[4] en centres résidentiels ont été identifiés comme nécessitant une assistance en nutrition et en accès à l’eau, assainissement et hygiène. L’UNICEF a également élargi ses partenariats avec des ONG nationales et internationales dans les départements du Sud, de Grand ‘Anse, des Nippes et du Nord-Ouest pour répondre encore mieux aux besoins de la population touchée.

Jeff 7 ans petit patient au CTDA de Marcfranc. © Maxence Bradley

Jeff 7 ans petit patient au CTDA de Marcfranc. © Maxence Bradley

Julie Harlet

Communication UNICEF Haïti

[1] Seul un test microbiologique effectué en laboratoire peut confirmer cela avec certitude. Il n’y a en ce moment que deux laboratoires en Haïti. L’un a Port-au-Prince la capitale, l’autre à Saint Marc. Un autre laboratoire devrait ouvrir aux Cayes.

[2] 8457 cas suspects de choléra ont été signalés en Haïti depuis l’ouragan. (MSPP- Factsheet Ouragan Matthew WASH/Cholera 19 décembre 2016.)

[3] Factsheet Ouragan Matthew WASH/Cholera 19 décembre 2016.

[4] Ibid

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