Combattre la sécheresse dans les localités reculées du Sud

L’un des reservoirs à Ti Plaine (Sud)

La localité de Tiplaine, située dans le département du Sud, a beaucoup souffert des épisodes de sécheresse. Son enclavement rend la situation des personnes vivant encore plus difficile en termes d’accès à l’eau potable. L’UNICEF, avec une contribution de l’USAID, de concert avec la Croix-Rouge Néerlandaise a réhabilité le réseau d’eau de la zone, notamment en construisant une source de captage, un réservoir, un réseau d’eau capable d’alimenter les riverains à travers des bornes fontaines. Le tout sous la supervision de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA).

Ils ne savent comment remercier les bailleurs, car maintenant c’est un soulagement pour tout le monde, tant la vie a changé au sein de la localité. Une formation pour les plombiers permet la pérennité du réseau.

Cayes le 13 Septembre 2018- Un large sourire fend le visage de Smart Joseph, ASEC de Tiplaine, lorsqu’elle parle du réseau d’eau de la localité.

« Avant la mise en place du réseau, la situation était intenable au sein de la zone en termes d’eau. L’endroit où nous avions l’habitude de puiser l’eau était très insalubre, il y avait beaucoup de roches, les arbres étaient partout et c’était très difficile pour nous. Pour certaines personnes, il fallait marcher plus d’une heure de temps, aller et retour, de plus il y avait beaucoup de personnes qui puisaient l’eau et le débit était très faible », se rappelle-t-elle.

Une eau qui n’était pas potable

Sans compter la mauvaise qualité de l’eau qui n’était pas potable et qui était source de maladie de toute sorte pour la population, notamment les enfants. L’eau était puisée à même le sol. Les gens attrapaient toute sorte de maladie. Les enfants avaient des boutons sur la peau et sur le cuir chevelu ainsi que les maladies hydriques. En ce qui a trait aux femmes, elles confrontaient de grave problème en termes d’hygiène intime.

Josette Blanc, l’une des bénéficiaires et mère de trois enfants, se remémore toutes les difficultés qu’elle a rencontrées pour pouvoir puiser une eau qui n’était même pas potable. « La situation était tellement critique que nous ne savions quoi faire. C’est Dieu qui a envoyé l’UNICEF, l’USAID et la Croix-Rouge, la DINEPA sinon nous serions tous déjà morts car le choléra faisait des ravages », avoue-t-elle.

Elle avait des problèmes de peau assez sérieuse à cause de l’eau. « Maintenant ma peau est saine et je suis guérie grâce au nouveau réseau », se réjouit-elle.

Les gens sont plus que satisfaits

Un technicien de la Croix-Rouge néerlandaise contrôle la qualité de l’eau

« Avec la venue de l’UNICEF, de la Croix-Rouge, de l’USAID et de la DINEPA qui ont construit ce réseau, la situation s’est considérablement améliorée, nous ne confrontons plus les mêmes problèmes. C’est différent, les enfants sont en meilleure santé », explique-t-elle.

Les gens ont accueilli le projet les bras ouverts, selon elle. D’autres zones ont  commencé les travaux bien avant eux. Mais leur enthousiasme et leur énergie les ont permis de terminer avant les autres. Les gens ont été formés sur la gestion de l’eau afin que tout le monde soit bien imbu de l’importance de l’eau potable, comment se protéger des microbes, sur le lavage des mains, entre autres.

Une formation de plombiers qui a fait la différence

Dans le cadre du projet et pérennisation des ouvrages sur proposition de la DINEPA, il y a eu des séances de formation pour les plombiers qui gèrent les systèmes d’adduction eau potable (SAEP) des différents réseaux du Sud. Une trentaine de plombiers ont pris part au workshop.

Le plombier de Ti Plaine, responsable du système n’a pas caché sa satisfaction. Il s’est notamment réjoui du fait de faire profiter à ses aides plombiers, les connaissances qu’il a recueillies lors de l’atelier.  « Ils pourront prendre en charge le système, lorsque je ne suis pas là », a-t-il dit, insistant sur l’aide inconditionnelle de la population pour la concrétisation du projet.

Conserver le réseau en bon état

Plusieurs milliers d’arbres ont été plantées aux environs des sources de captage afin de conserver l’eau. Les plantules ont été distribuées dans le cadre du projet. Il y a eu des formations pour sensibiliser sur l’importance des arbres. « Les gens sont allés en grand nombre planter les arbres », souligne Smart Joseph. En effet, La Croix-Rouge Néerlandaise aussi a fait la formation sur les techniques de plantation des arbres et la fournir de pépinières ce qui a permis le reboisement de 2 hectares sur le périmètre de protection de la source.  C’est au total 1530 arbres dont 1050 fruitiers et 480 forestiers qui ont été plantés par les communautés. Cela permettra l’augmentation du couvert végétal et la protection de la source nouvellement réhabilitée.

Un Comité d’approvisionnement en eau potable et assainissement (CAEPA)- formé de membres au sein de la communauté- a été mis en place et formé sur ces taches et responsabilité par la DINEPA selon le protocole national afin d’assurer la gestion du système d’adduction d’eau. Aussi au niveau communautaire, les personnes vivant prêt des tuyaux et des fontaines en appui au CAEPA s’assurent de la propreté, sensibilise les gens et chasse les animaux, afin que tout soit toujours propre.

« Nous devons être en mesure de pérenniser le système, car il nous appartient », souligne l’un des responsables.

Ce projet est très important pour l’UNICEF, la DINEPA et l’USAID car il intègre le volet construction des systèmes d’accès à l’eau à celui de la pérennisation à travers la formation des acteurs et la préservation de la ressource en eau ces deux éléments étant le gage de la continuité du service d’eau dans les localités synonyme d’éradication des maladies hydriques.

Le projet vise à répondre au besoin critique en eau des populations vivant en zone de sècheresse et à risque d’insécurité alimentaire et de sous-nutrition.

 

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