Trois mois après Matthew, l’UNICEF et ses partenaires apportent toujours un soutien aux personnes affectées

 

Au niveau éducatif, l’UNICEF a facilité la réhabilitation de 14 écoles, et 107 autres sont en cours de réhabilitation. © Maxence Bradley

Au niveau éducatif, l’UNICEF a facilité la réhabilitation de 14 écoles, et 107 autres sont en cours de réhabilitation. © Maxence Bradley

PORT-AU-PRINCE, le 4 janvier 2017 – Près de trois mois après le cyclone Matthew, l’UNICEF et ses partenaires continuent d’apporter une aide aux personnes affectées par l’ouragan de catégorie 4.

Plus de 2 millions de personnes ont été affectées dont 900 000 enfants. Parmi les 1 400 000 personnes qui ont besoin d’une assistance humanitaire, on peut compter près de 600 000 enfants. 716 écoles ainsi que de nombreuses infrastructures sanitaires ont été endommagées.

Aussi, de concert avec le gouvernement haïtien et les partenaires, l’UNICEF a pu aider à la livraison d’eau potable à plus de 281 000 personnes, y compris 118 000 enfants sur une base quotidienne. L’UNICEF a contribué à la vaccination de 807 395  personnes contre le choléra y compris plus de 309 213 enfants âgés de 1 à 14 ans ainsi qu’à la prévention et à l’éducation sur la maladie. Dans le cadre de la santé, l’UNICEF a assuré la restauration de 37 systèmes de chaîne du froid dans les établissements de santé affectés. L’UNICEF a rendu fonctionnel 35 centres de traitement ambulatoire en malnutrition, en fournissant des intrants et des équipements perdus dans la Grand ‘Anse et dans le Sud ainsi que deux hôpitaux par département. Au niveau éducatif, l’UNICEF a facilité la réhabilitation de 14 écoles, et 107 autres sont en cours de réhabilitation. Ces écoles restaurées ont permis  le retour en classe de 4 200 enfants. Au total, les écoles restaurées par l’UNICEF, permettront à plus de 36 000 écoliers de reprendre le chemin des classes.

L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec les communautés sur la malnutrition qui continue d’affecter les enfants et les adultes qui luttent pour se remettre de la sécheresse prolongée et des effets subséquents de l’ouragan Matthew, y compris le risque persistant de maladie et la perte de moyens de subsistance. Les interventions de protection de l’UNICEF soutiennent les familles qui ont perdu leurs moyens de subsistance, visant à empêcher la séparation des enfants. Il est fréquent que les parents placent leurs enfants dans des centres résidentiels dans l’attente, souvent fausse, qu’ils auront accès à l’éducation. Ce que les parents ne peuvent plus se permettre. Le stress économique est également connu pour conduire à la violence, et l’augmentation des tensions sociales qui se combinent pour augmenter le risque de mauvais traitements et de négligence.

Dans le cadre de la santé, l’UNICEF a assuré la restauration de 37 systèmes de chaîne du froid dans les établissements de santé affectés. L’UNICEF a rendu fonctionnel 35 centres de traitement ambulatoire en malnutrition, en fournissant des intrants et des équipements perdus dans la Grand ‘Anse et dans le Sud ainsi que deux hôpitaux par département. © Maxence Bradley

L’UNICEF a rendu fonctionnel 35 centres de traitement ambulatoire en malnutrition, en fournissant des intrants et des équipements perdus dans la Grand ‘Anse et dans le Sud ainsi que deux hôpitaux par département. © Maxence Bradley

Pour être plus proche de la population et améliorer l’aide aux enfants, l’UNICEF a ouvert deux sous-bureaux, l’un aux Cayes dans le département du Sud et l’autre à Jérémie dans la Grand’Anse. L’objectif principal de ce repositionnement est de répondre plus efficacement à l’urgence Matthew et d’accompagner la population dans les efforts de réponse à l’urgence et de développement.

« Trois mois après Matthew, nous constatons des améliorations, l’eau potable est de plus en plus disponible, la grande majorité des écoles ont rouvert leurs portes. Les zones les plus difficiles d’accès reçoivent l’assistance. Et l’UNICEF entend pleinement jouer son rôle dans la poursuite des opérations d’urgence et de développement », a déclaré Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti.

Pour réaliser ces interventions, l’UNICEF avait besoin de financement. L’appel de l’UNICEF pour Haïti est passé d’un montant de 13,4 millions de dollars avant l’ouragan à 36,6 millions de dollars après l’ouragan Matthew et a été financé à plus de 85% à la fin de l’année en raison de la générosité des donateurs et de leurs électeurs. Ces fonds aident l’UNICEF à couvrir les besoins les plus urgents des familles et des enfants d’Haïti en termes d’eau et d’assainissement, de santé, de nutrition, d’éducation et de protection.

 

Il reste encore beaucoup à faire au cours de la prochaine année pour permettre aux enfants haïtiens et à leurs familles de bénéficier de l’eau potable, de l’assainissement et de la dignité qui y est associée, ainsi que de l’accès à la protection, à l’éducation et aux services de santé. Une fois de plus, l’UNICEF compte sur la générosité des donateurs afin qu’il puisse continuer sa mission et rester fidèle à son mandat qui est: une chance équitable pour chaque enfant.

 

 

Un accès à la santé pour tous les enfants

une prise de vaccin

une prise de vaccin

Cayes, 14 Novembre 2016– A environs 10 km à l’est de l’hôpital Saint Boniface de Fonds des Blancs (Sud), dans la localité Zoranje 2 se trouve une petite école pour les enfants de moins de 5 ans, l’Ecole évangélique de nan Akou . Bien que la route ait été un peu boueuse et difficile, notre 4×4 aidé, par les indications de mon collègue Fanfan descendu du véhicule pour les endroits les plus difficiles a pu nous amener à quelques mètres de notre destination finale.

Après 1h30 de route chaotique. On y est ! Ouf ! Merci à Gabi, notre chauffeur ! Nous voici enfin arrivés dans la localité de Zoranje. Les deux équipes se répartissent alors dans deux zones.

Mon équipe et moi sommes à l’école évangélique de nan Akou « jardins des petits mignons » où doit se tenir un poste de vaccination contre le choléra. A 10h25, on aperçoit des enfants alignés qui chantent « un petit train s’en va dans la montagne… » Tous en route vers un récipient contenant de l’eau et un savon posé tout près, c’est l’heure du lavage des mains ! Notre arrivée a contrarié quelque peu ce petit train l’obligeant à faire un demi- tour provisoire pour retourner en classe.

L’école dispose de deux salles de classe, première et deuxième année du niveau jardin d’enfant, la toiture est en tôle, les séparations sont faites de « pwela » (bâche) dont certaines parties déchirées par l’ouragan Matthew, ont été soigneusement remises en place, laissant malgré tous des petits trous quand même utiles pour la circulation de l’air. L’école n’a pas de latrine.

L’accueil chaleureux réservé par les petits écoliers est bien vite remplacé par des pleurs. En cause, un mot, un seul, prononcé par notre équipe, le terrible mot ‘‘vaccin’’. Le petit Kervenson s’approche de moi et me touche la jambe, en me faisant un signe ‘’ non’’ de la tête « Mesye m pa malad » dit-il (Monsieur je ne suis pas malade)… ! Je comprends son plaidoyer pour échapper une éventuelle « piki » (seringue) et je le rassure en lui expliquant qu’il n’y aura pas de piqure aujourd’hui.

Un crieur informe la population des séances de vaccination programmées

Un crieur informe la population des séances de vaccination programmées

Pour calmer la situation, je prends la parole pour raconter des histoires et chanter, mais surtout pour leur expliquer pourquoi nous sommes présents aujourd’hui. Une fois la confiance rétablie notre équipe a été très surprise de constater toutes les informations dont disposent les enfants de 4 ans sur le choléra.

Je participe à une séance de lavage des mains avec mes nouveaux amis et en profite pour insister sur l’importance de ces gestes et sur comment bien les effectuer. Aussi, à la requête de madame Yvonise, la maitresse d’école, j’insiste aussi sur le fait qu’il est important de ne pas gaspiller l’eau.

Au moment d’administrer le vaccin. Ce sont les professeurs qui s’avancent les premiers, pour montrer l’exemple. Vient ensuite le tour des enfants les plus braves, puis des plus petits et enfin, des plus réticents ! Au total 42 enfants de moins de 5 ans ont été vaccinés contre le choléra en 2h17 minutes.

Ernsly Jackson

Spécialiste en Immunisation à l’UNICEF

Aider les enfants à rentrer en classe rapidement

Suite au passage de l’ouragan Matthew sur Haïti du 3 au 4 octobre 2016, 716 écoles ont été affectées suivant les données officielles du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP). Les élèves et les professeurs qui ont tout perdu ont besoin de fournitures scolaires et les écoles ont besoin d’être réparées. L’UNICEF supporte le MENFP en ce sens.

 

Les livres sèchent au soleil

Les livres sèchent au soleil

Port-au-Prince le 15 Décembre 2016- Le vent soulève les livres, les feuilles déchirées prennent leur envol par ce temps gris et maussade. Les plus petits foulent aux pieds les livres qui sont par terre. C’est l’image que le potentiel observateur peut avoir de l’école nationale de Cavaillon, une commune du Sud, gravement touchée par l’ouragan Matthew. L’école a repris plus d’un mois après Matthew et les élèves sont contents de retourner en classe.

Roseberline Doré, 13 ans, élève en 4ème année, une suragée, ne peut cacher sa joie. Sa voix étonnement calme pour son âge contraste avec ses yeux vifs et gais. Comme presque tous les gens de la zone, elle et sa famille ont été victimes de l’ouragan. Elle garde encore les traces du traumatisme.

« Je me sentais très mal, car je voyais la maison détruite. Les membres de ma famille et moi étions mouillés sous la pluie. J’ai tout perdu ! Mes livres, mes cahiers et mon sac d’école. C’est la directrice de l’école qui nous a donné des valises », dit-elle.

L’école, qui pendant un certain temps à servi d’abri à une cinquantaine de familles, est maintenant évacuée à plus de deux tiers. Il reste une quinzaine de familles. Les stigmates de la catastrophe sont encore visibles, en témoigne le mur de l’école totalement détruit, ainsi qu’une pompe à eau pratiquement couverte de boue, les arbres sont encore par terre.

Sur la cour de récréation, les enfants vont et viennent, jouent et crient, sans aucun souci. Le plus important c’est d’être à l’école. Lorsqu’on demande à Roseberline ce qu’elle aimerait apprendre plus tard, elle hésite. Elle a encore du temps devant elle.

« Je suis très contente d’être de retour à l’école. Avant je ne me sentais pas bien, car je voyais que tous les autres enfants allaient à l’école, sauf nous. Nous avons passé plusieurs semaines sans aller à l’école. Maintenant, je suis très contente de revoir mes amies », dit-elle.

Les enfants ont besoin d’aide

Mme Laurent Dujardin, la directrice de l’école nationale de Cavaillon, la taille droite et altière, l’air volontaire, montre jusqu’à quelle hauteur l’eau est montée. « A plus d’un mètre, ce qui a détruit pratiquement tout le matériel de l’école et les fournitures scolaires », précise-t-elle. Le mur qui s’est abattu ouvre l’accès de l’école aux passants et aux animaux. Mais les activités reprennent petit à petit.

Le mur détruit de l'école

Le mur détruit de l’école

« Il y a des élèves qui habitent dans des endroits d’accès difficile et qui ne sont pas encore retournés. Nous les encourageons à venir même sans uniformes. Cependant nous sommes obligés de garder les élèves qui viennent car nous devons continuer », explique-t-elle.

Avant la réouverture des classes, la directrice a expliqué aux personnes utilisant deux salles de classe comme abri, qu’elles vont bientôt entendre le bruit des élèves retournant à l’école. Les familles n’ont nulle part où aller, elles restent à l’école jusqu’à ce qu’elles trouvent une solution.

« Les besoins sont nombreux, les enfants n’ont pas de cahiers, ni de livres. Les professeurs n’ont pas non plus de matériel didactique. Ils ont besoin de nourriture et de tout.», indique la directrice.

L’UNICEF supporte le gouvernement Haïtien

L’UNICEF a été l’un des premiers partenaires à apporter une aide d’urgence en matière d’éducation dans le cadre de la réponse à l’urgence Matthew, en réparant et en équipant des écoles.

«Plus de 1 000 élèves ont bénéficié des kits ‘’écoles dans une boite’’ de l’UNICEF et du matériel pédagogique pour la petite enfance, dans les deux semaines qui ont suivi l’ouragan», a déclaré Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « L’UNICEF supporte le MENFP dans La réhabilitation de 121 écoles, y compris la coordination des activités des partenaires éducatifs et la fourniture de mobilier scolaire. Une fois les écoles ouvertes, beaucoup plus de kits ‘’écoles dans une boite’’ seront distribués bénéficiant à plus de 20 000 enfants scolarisés seront distribués. L’éducation est l’un des domaines dans lesquels l’UNICEF est actif, en soutenant le gouvernement, alors qu’Haïti se remet des effets de Matthew », a-t-il poursuivi.

Jean Panel Fanfan

 

 

Diarrhée et choléra, assurer un rétablissement rapide des petits patients

 

Nos partenaires Heart to Heart au CTDA de Marcfranc © Maxence Bradley

Nos partenaires Heart to Heart au CTDA de Marcfranc © Maxence Bradley

Aujourd’hui, nous vous emmenons en Grand’Anse visiter deux Centres de Traitement des Diarrhées Aigües (CTDA) avec nos spécialistes Urgences- Choléra et Suivi-Evaluation. L’occasion pour vous de rencontrer de jeunes patients qui n’ont qu’une idée en tête, guérir vite pour retourner jouer et apprendre.

En Haïti, les maladies d’origine hydrique telles que le choléra et les diarrhées aigües sont la première menace pour les enfants après un désastre. « Lors du passage de Matthew, notre première priorité a été de s’assurer que les enfants et leurs familles aient accès à de l’eau potable. Aujourd’hui, 281 000 personnes, dont plus de 118 000 enfants, ont accès a de l’eau potable chaque jour grâce aux activités soutenues par l’UNICEF telles que l’installation d’une station de traitement d’eau pour la ville de Jérémie et de 20 autres stations mobiles de potabilisation plus petites dans les départements concernés », explique Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti .

L’eau potable, l’hygiène et l’assainissement sont des interventions essentielles qui sauvent des vies lors des crises humanitaires comme celle que traverse Haïti depuis le début du mois octobre. Garantir l’accès à l’eau potable, à des conditions sanitaires adéquates et à l’hygiène est d’autant plus important que le pays est confronté à une épidémie continue de choléra.

Le CTDA de Moron© Maxence Bradley

Le CTDA de Moron© Maxence Bradley

L’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes d’intervention rapide pour répondre aux flambées de cas suspects de choléra à Grand ‘Anse et au Sud, passant de 5 équipes pré-ouragan à 36 après le passage de Matthew. 88 équipes sont actives dans tout le pays pour contrôler la maladie.

Depuis Matthew, UNICEF appuie aussi dans certaines zones la prise en charge des cas de choléra ainsi que des réhabilitations de CTDA. Le 28 novembre 2016, Samuel Baulieu spécialiste Urgences et Choléra, Stephanie Druey, spécialiste Suivi – Evaluation et Perrine Loock spécialiste en Suivi -Evaluation et Choléra se rendent dans deux CTDA à Marcfranc et à Moron en Grand ‘Anse, l’un des départements les plus affectés par Matthew pour rencontrer nos partenaires Médecins du Monde et Heart to Heart, pour constater ce qui a été fait pour réhabiliter les centres et pour évaluer les indicateurs de suivis de l’épidémie et de la réponse Matthew.

Guillaume Emilecar, gardien de securité au CTDA de Moron. © Maxence Bradley

Guillaume Emilecar, gardien de securité au CTDA de Moron. © Maxence Bradley

C’est Guillaume Emilecar qui nous accueille au CTDA de Moron. Le gardien arrose copieusement nos chaussures d’une solution d’eau chlorée et nous invitent ensuite à nous laver les mains. «  Ici, c’est le même traitement pour tout le monde » plaisante-t-il son pulvérisateur sur le dos, « chaque personne qui entre et sort du CTDA se lave soigneusement les mains et je pulvérise les chaussures avec de l’eau chlorée pour éviter toute propagation de maladies, le cholera bien sûr, mais aussi d’autres maladies transmises par l’eau. »

 

 « J’ai hâte  d’être remis sur pieds pour jouer au football»

Kettly Derosier, mère d'un jeune patient au CTDA de Moron © Maxence Bradley

Kettly Derosier, mère d’un jeune patient au CTDA de Moron © Maxence Bradley

A l’intérieur du centre, il n’y a que deux personnes ce jour-là. Kettly Derosier 35 ans et son fils, Roberto Delva 15 ans.’’ Roberto est malade depuis samedi. Nous sommes arrivés au CTDA ce matin’’, nous avise-t-elle.

Roberto Delva est un adolescent soucieux du bien-être de sa maman. Il s’inquiète de la voir fatiguée après deux nuits passées à son chevet. « J’ai hâte de me sentir en forme pour retourner à l’école et d’être remis sur pieds pour jouer au football, c’est mon sport préféré», raconte-t-il.

Lorsqu’un patient admis dans un CTDA souffre de choléra, nos équipes de réponses rapides consultent les registres pour trouver la zone de provenance de la personne malade, recherchent la maison de cette personne et mettent en place la stratégie de cordon sanitaire. « Sa maison et celles du voisinage sont nettoyées avec de l’eau chlorée, les personnes sont sensibilisées aux pratiques qui limitent le risque d’être infecté par la maladie », explique Samuel Baulieu spécialiste Urgences et Choléra chez UNICEF Haïti.

Cassandre Major infirmière à Moron et Roberto 15 ans.

Cassandre Major infirmière à Moron et Roberto 15 ans.

Puis, une distribution de seaux avec robinet, des pastilles pour désinfecter l’eau, des sachets de réhydratation orale et de savons est organisée. Ce kit sanitaire est prévu pour couvrir les besoins d’une famille pendant un mois.

« Le travail effectué par nos équipes de réponses rapides nous permet d’identifier les cas communautaires potentiels et de voir si certaines localités sont plus touchées que d’autres » ajoute-t-il.

 

 

La salle d’observation du CTDA de Marcfranc© Maxence Bradley

La salle d’observation du CTDA de Marcfranc© Maxence Bradley

Lorsque nous arrivons au CTDA de Marcfranc, c’est Jackenson Davilmart, médecin ; Jean Roger Polidor, administrateur du centre et toute une équipe d’infirmières et de personnel d’entretien qui nous accueillent. La salle d’observation permet d’évaluer en quelques heures la gravité des cas. Dans cette zone, les personnes avec diarrhées sont réhydratées par apport de Sérum de Réhydratation Orale ou par intraveineuse pour les plus fortement déshydratés. C’est aussi dans cet espace que les professionnels de la santé détectent si le patient souffre de cholera[1] ou d’un autre type de diarrhée aigüe. En fonction de la dénomination de la maladie et de la gravité de celle-ci, le patient est orienté dans différentes zones du centre ou il bénéficiera des soins appropriés.

Miss Lorry infirmiere au CTDA de Marcfranc et Jeff 7 ans © Maxence Bradley

Miss Lorry infirmiere au CTDA de Marcfranc et Jeff 7 ans © Maxence Bradley

Aujourd’hui au CTDA de Marcfranc, une dizaine de patients sont alités. Le plus jeune s’appelle Jeff, il a 7 ans. Son infirmière Miss Daphné Lorry est auprès de lui lorsque nous arrivons. Elle vérifie sa perfusion. L’enfant souffre des symptômes du choléra. Réhydraté, il se sent déjà mieux qu’à son arrivée. En complément, il reçoit également des antibiotiques. Cet antibiotique accélère le rétablissement du patient et diminue la période de contamination de celui-ci. Jeff sourit parce qu’il se sent mieux mais surtout car il sait que d’ici quelques jours, il pourra retourner chez lui. ’’Dès que je serai rétabli, j’irai retrouver mes copains et copines pour jouer aux boules et faire voler mon cerf-volant’’ précise-t-il, ’’Ce sont mes deux jeux favoris’’.

Après de fortes pluies, le nombre des cas suspects de choléra[2] a augmenté dans les communes d’Anse d’Hainaut, Moron, Jérémie dans le département de Grand’Anse et Chardonnières et de Port-à-Piment dans le département du Sud. Pour lutter contre la maladie, le MSPP (avec le soutien de l’OPS / OMS et de l’UNICEF) a vacciné la population contre le choléra et l’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes mobiles d’intervention rapide dans les deux départements. Ces efforts ont contribué à une diminution du nombre global de cas suspects, qui connait une tendance à la baisse depuis début novembre[3].

L’UNICEF continue d’évaluer les conditions d’accès à l’eau, l’assainissement et l’hygiène dans les abris où la population a trouvé refuge et dans les centres résidentiels accueillant les enfants vulnérables. 3 010 enfants[4] en centres résidentiels ont été identifiés comme nécessitant une assistance en nutrition et en accès à l’eau, assainissement et hygiène. L’UNICEF a également élargi ses partenariats avec des ONG nationales et internationales dans les départements du Sud, de Grand ‘Anse, des Nippes et du Nord-Ouest pour répondre encore mieux aux besoins de la population touchée.

Jeff 7 ans petit patient au CTDA de Marcfranc. © Maxence Bradley

Jeff 7 ans petit patient au CTDA de Marcfranc. © Maxence Bradley

Julie Harlet

Communication UNICEF Haïti

[1] Seul un test microbiologique effectué en laboratoire peut confirmer cela avec certitude. Il n’y a en ce moment que deux laboratoires en Haïti. L’un a Port-au-Prince la capitale, l’autre à Saint Marc. Un autre laboratoire devrait ouvrir aux Cayes.

[2] 8457 cas suspects de choléra ont été signalés en Haïti depuis l’ouragan. (MSPP- Factsheet Ouragan Matthew WASH/Cholera 19 décembre 2016.)

[3] Factsheet Ouragan Matthew WASH/Cholera 19 décembre 2016.

[4] Ibid

Visite du Représentant de l’UNICEF dans le Sud et La Grand’Anse

Marc Vincent et le principal de l'ecole parlent aux enfants

Marc Vincent et le principal de l’ecole parlent aux enfants

Port-au-Prince le 21 décembre 2016-Le Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent, accompagné d’Akhil Lyer, le responsable a.i du bureau des Cayes, a effectué une visite à la mi-décembre, dans les régions touchées par la catastrophe. L’UNICEF travaille en étroite collaboration avec le gouvernement et les organisations non gouvernementales pour faire face à la dévastation que l’ouragan Matthew a  causée avec beaucoup de fureur dans ces deux départements. Le moment de la visite a coïncidé avec le 70e anniversaire de l’UNICEF.

L’UNICEF est l’une des premières organisations à déployer ces équipes sur le terrain après le passage de l’ouragan Matthew. Grâce à la diligence et au dévouement du staff, une réponse rapide avait été portée et ceci dans diverses domaines où l’organisation intervient : la santé, la nutrition, l’éducation, la lutte contre le choléra, l’eau, l’hygiène et l’assainissement, la protection de l’enfance. L’UNICEF est bien connu comme l’organisation qui protège les droits et le bien-être des enfants et son slogan «pour chaque enfant» a visiblement migré de la parole aux actes dans ces domaines.

La visite débuta à l’Ecole Nationale de Melon, dans la localité reculée de Maniche. Nichée dans les montagnes du département du Sud, l’ouragan a frappé la communauté avec force, les eaux ont endommagé une partie de la route et les vents violents déchirant les toits, y compris de l’école. En conséquence, les enfants étaient incapables d’assister à leurs classes, car les pluies ont continué sans relâche pendant des semaines après Matthieu – normal pour cette période de l’année en Haïti, mais dévastateur quand il est combiné avec les effets d’un ouragan de catégorie 4.

L’UNICEF a financé la réhabilitation de l’école. L’organisation a également distribué du matériel scolaire aux enseignants ainsi que des fournitures scolaires pour les élèves. Le directeur de l’école National de Melon, Elisma Prenord, n’a pas su trouver les mots pour remercier l’UNICEF.

« Nous sommes très reconnaissants de l’aide de l’UNICEF, et toute la communauté se joint à moi pour dire un grand merci à l’UNICEF. Car maintenant les enfants pourront reprendre à nouveau le chemin des classes », s’est-il adressé au Représentant de l’UNICEF en Haïti.

« L’UNICEF travaille sans relâche pour les enfants et pour les communautés les plus vulnérables, de concert avec le gouvernement et les partenaires. Nous sommes très contents d’être ici et d’avoir pu aider à la réparation de cette école et de permettre à ses enfants de retourner à l’école. Le sourire sur leurs lèvres démontre comment ils avaient envie de retourner à l’école », a-t-il déclaré, rappelant que l’UNICEF a supporté plusieurs autres écoles dans les départements touchés par Matthew.

Dans l’après-midi, la visite s’est poursuivie dans un espace ami des enfants situé dans un quartier vulnérable de la ville des Cayes. Là, l’un des partenaires de l’UNICEF, organise des activités psycho-sociales avec les enfants incluant des chants, des jeux, du sport. Ces espaces permettent aux enfants de s’engager dans des activités qui encouragent et soutiennent leur croissance, tout en donnant au personnel la possibilité d’identifier les enfants qui peuvent avoir besoin d’un soutien individuel. Ce jour-là, les jeux étaient à l’extérieur et Marc Vincent a été invité à lancer un match de football.

En route vers la Grand’Anse

le coup d'envoie du match de football

le coup d’envoie du match de football

Le lendemain, à Jérémie, ville principale de la Grand’Anse le Représentant a pu assister à une activité de santé intensive de l’enfant avec des activités de Nutrition et de vaccination. Elles étaient plusieurs dizaines de mères à venir avec leurs enfants pour leur faire tester et prendre le vaccin.

Il a pu également visiter une famille vulnérable, assistée par l’UNICEF à travers une organisation partenaire qui est IDETTE. Ainsi, il a pu comprendre d’un point de vue personnel, les difficultés qu’on eues les familles pour surmonter le traumatisme.

« J’ai été personnellement sur le terrain quelques jours avant Matthew et je peux constater qu’il y a eu des changements. Les Haïtiens sont un peuple très résilients- ils se relèvent et la vie continue, mais ils ne peuvent pas le faire seuls. L’UNICEF est là pour vous aider à faire en sorte que les enfants et leurs familles bénéficient d’un soutien lors de la reprise après l’ouragan. C’est aussi pourquoi l’UNICEF a intensifié ses efforts dans les départements les plus touchés. Maintenant, et toujours, l’UNICEF est ici « pour chaque enfant », a-t-il terminé, citant le slogan de l’UNICEF.

Le support de l’UNICEF

Depuis le cyclone Matthew, l’UNICEF de concert avec les partenaires, a pu, entre autres, faciliter : la livraison d’eau potable à plus de 281 000 personnes, y compris 118 000 enfants sur une base récurrente ; la vaccination soutenue de 807 395  personnes contre le choléra dont plus de 309 213 enfants âgés de 1 à 14 ans) ;  la restauration de 37 systèmes de chaîne du froid dans les établissements de santé affectés ; l’achèvement de la réhabilitation de 14 écoles, permettant à 4 200 enfants à retourner aux classes.

Jean Panel Fanfan

Lutte contre la malnutrition aigüe : dépister et prendre en charge les cas

L’UNICEF soutient les activités de dépistage précoce et de prise en charge de la malnutrition aiguë dans les départements les plus touchées par l’ouragan Matthew. Assistez avec nous à une séance de dépistage avec notre partenaire, la Fondation pour le Développement et l’Encadrement de la Famille Haïtienne (FONDEFH).

Dame Marie est une ville située à l’extrême ouest de l’ile. Je me souviens des premières journées qui ont suivi le passage de l’ouragan. « Dame Marie, Anse d’Hainault, les Irois détruits » rapportait notre première équipe arrivée sur le terrain confirmant les premières reconnaissances effectuées par les hélicoptères des Nations Unies. Depuis Port-au-Prince, la capitale, il est difficile de se rendre compte de la signification que prennent ces mots. Aujourd’hui, presque deux mois et demi après le passage de Matthew, je mesure l’ampleur des dégâts subis et la détresse que ces enfants et leurs familles ont pu ressentir au moment où Matthew a frappé leur terre, leur toit, leur vie.

Acia et sa fille Israéline

Acia et sa fille Israéline. © Maxence Bradley

Lorsque nous arrivons au Lycée de Dame Marie ce 21 novembre 2016, environ 65 familles y sont encore réfugiées. Parmi eux, vivent 130 mineurs.  « Les familles sont venues trouver refuge ici pour échapper à Matthew et pour y vivre une fois leur maison détruite par l’ouragan. Les personnes commencent à se déplacer dans de petites chaumières ou dans des hangars, d’autres reconstruisent leur maison », commence Edouard Aya, 58 ans, animateur de terrain et crieur public pour l’hôpital de Dame Marie. Agriculteur et pécheur devenu coordinateur de l’abri. « Je me suis porté volontaire pour coordonner l’abri», précise-t-il « je voulais me rendre utile

Rachel 16 ans serre sa fille Loica 2 ans dans ses bras.

Rachel 16 ans serre sa fille Loica 2 ans dans ses bras.© Maxence Bradley

Dans cet abri, l’organisation Plan International encadre les enfants et MSF Belgique fournit de l’eau potable trois fois par semaine. FONDEFH, notre partenaire est en train d’effectuer un dépistage rapide de la malnutrition aigüe en mesurant le tour du bras (périmètre brachial) avec un ruban en plastique graduée en centimètres. C’est un outil simple et rapide d’utilisation pour identifier les enfants trop amaigris et à risque de mortalité élevée.

Les enfants attendent leur tour patiemment, ceux qui ont déjà été examinés se baladent une sucette à la main ou sont promenés dans les bras de leurs mères.

Acia a 18 ans et sa fille Israéline 2 ans. Depuis le passage de Matthew, la jeune femme a trouvé abri au lycée avec sa mère, son père et sa grande sœur. Sa maison a été totalement détruite.

Le diagnostic de malnutrition aigüe sévère a été confirmé chez cette petite fille. Cela veut dire qu’elle souffre d’un amaigrissement excessif et dangereux pour sa santé.  Acia se rendra lundi avec les autres mamans, qui sont hébergées provisoirement dans  le Lycée, au Centre de Santé de Dame Marie pour la prise en charge  nutritionnelle de sa fille. Durant 1 à 2  mois, tous les 15 jours, elle recevra des doses d’alimentation thérapeutique prête à l’emploi pour permettre à sa fille de reprendre du poids. L’évolution de son poids sera surveillée de près jusqu’à guérison totale. Acia serre son enfant contre son cœur et me confie que son souhait le plus cher est que sa fille soit en bonne santé.

Guerline, infirmière examine un enfant.

Guerline, infirmière examine un enfant. © Maxence Bradley

Depuis le passage de l’ouragan, on craint maintenant que les cas de malnutrition augmentent rapidement et que la situation nutritionnelle des enfants se dégrade  à cause de plusieurs facteurs. D’une part l’augmentation des maladies infectieuses notamment des diarrhées à cause du manque d’accès à l’eau potable ; et d’autre part, le manque de nourriture à cause de la destruction des récoltes (de 70 à 100% des cultures ont été détruites dans les zones touchées), la perte du bétail et des moyens de subsistance.

Rachel 16 ans serre sa fille Loica 2 ans dans ses bras. La jeune fille habite au lycée de Dame Marie avec son père, sa mère, son mari et sa petite fille. Lundi matin elle se rendra à la clinique à 8 heures car Loica a de la fièvre.

Son amie Belony Celna la rejoint avec son fils âgé de un an. Il s’appelle Numa Wilsherson.  Il souffre de diarrhée. Miss Oscar infirmière chez FONDEFH donne à sa mère  des sels de réhydratation orale (à diluer dans de l’eau), et des micronutriments  (une poudre composée de 15 vitamines et minéraux à ajouter à la bouillie du petit garçon) pour traitement à domicile et lui fixe rendez-vous lundi matin à la première heure à la clinique pour une visite de suivi.

Jameson fabrique des cerfs-volants pour ses camarades.

Jameson fabrique des cerfs-volants pour ses camarades. © Maxence Bradley

« Le dépistage de la malnutrition réalisé  par FONDEFH est aussi l’occasion de dépister d’autres pathologies chez l’enfant comme  les diarrhées, les infections respiratoires ou les dermatoses. Ce sont ces maladies que nous rencontrons fréquemment lors de nos consultations », explique Guerline Dodin, infirmière chez FONDEFH depuis 6 ans.

L’UNICEF apporte un appui technique et financier pour  le dépistage précoce et la  prise en charge de la malnutrition aiguë notamment dans les deux départements les plus affectés par l’ouragan, Sud et Grand’Anse. Dans le département de la Grand’Anse,  16 des 26 centres de nutrition existants avant l’ouragan  sont à nouveau opérationnels, pour le département du Sud, 28 des 38 centres de nutrition  sont à nouveau opérationnels.[1]

Les partenaires de l’UNICEF comme Médecins Du Monde fournissent les services essentiels de santé et de nutrition à la population à l’aide de cliniques mobiles[2] jusqu’à la restauration des services de routine dans les centres de santé étatiques.

UNICEF Haiti - 70th Anniversary video shooting with Jean Jean Roosevelt

© Maxence Bradley

Dans un coin de la cours de l’école, à l’ombre, Jameson14 ans et ses camarades occupent leur après-midi. Il a deux frères et deux sœurs. Ici, il est le « chef de l’atelier cerf-volant ». « J’espère très vite retourner à l’école » me souffle-t-il à l’oreille avant de rejoindre ses camarades dans la cours du lycée qui font voler leur cerf-volant.

 

Julie Harlet

UNICEF Haïti Communication

[1] UNICEF Haïti- Factsheet Nutrition au 5 décembre 2016.

[2] Voir à ce sujet notre article sur l’intervention des cliniques mobiles La clinique 4X4 qui soigne les communautés des zones reculées.

L’eau est source de vie à Jérémie

Aristide Frénelle, ingénieur civil Water Mission.

Aristide Frénelle, ingénieur civil Water Mission. © Maxence Bradley

Water Mission et l’UNICEF joignent leurs efforts pour fournir de l’eau potable après Matthew à Jérémie.

14 décembre 2016, Jérémie, l’un des principaux indicateurs de la réponse humanitaire après l’ouragan Matthew est le nombre de personnes qui ont accès à de l’eau potable pour boire, cuisiner et s’habiller. Avant l’ouragan, la distribution d’eau potable était déjà un défi colossal à Jérémie, il est donc inutile de dire qu’après l’ouragan dévastateur qui a balayé la zone et touché plus de 70% de la population, il l’est encore plus.

Réservoirs d'eau traitée à l'installation de traitement d'eau Château.

Réservoirs d’eau traitée à l’installation de traitement d’eau Château.

 

L’UNICEF s’est rapidement engagé dans un partenariat avec Water Mission, une organisation d’ingénierie chrétienne à but non lucratif basée à Charleston, en Caroline du Nord, qui fournit des solutions durables d’approvisionnement d’eau aux populations des pays en développement et des zones sinistrées.

J’ai résidé au campement du PAM (programme Alimentaire Mondial) durant ma mission de deux semaines à Jérémie. Ce complexe du PAM accueille actuellement les bureaux de l’UNICEF et du PAM dans une zone appelée Château située à 8 km de Jérémie.

Pierre Alol vide de l'eau de son camion. Cette eau qu'il a puisé à la source va être purifiée avant d'être distribuée à la population. © Maxence Bradley

Pierre Alol vide de l’eau de son camion. Cette eau qu’il a puisé à la source va être purifiée avant d’être distribuée à la population. © Maxence Bradley

J’étais curieuse de visiter la nouvelle installation de traitement d’eau que Water Mission a installée à quelques mètres de notre bureau. Leur installation comprend plusieurs filtres à énergie solaire alimentant 8 réservoirs d’une capacité de 10 000 litres produisant un volume total de 80 000 litres d’eau potable par jour.  Ce qui fournit de l’eau potable à 13 000 personnes chaque jour ( soit environ 7,5 l / par jour/ personne).

L’eau est filtrée par une méthode de sédimentation et du chlore y est ajouté. Les camions citernes récoltent l’eau dans la source et la déversent ensuite dans nos bassins. Une fois traitée, l’eau est acheminées par d’autres camions citernes qui assurent la livraison de l’eau traitée aux résidents de divers secteurs de la ville.

L'un des nombreux points qui bénéficient de distribution d'eau à Jérémie.

L’un des nombreux points qui bénéficient de distribution d’eau à Jérémie.

Je suis ravie d’avoir pu visiter cette installation de traitement d’eau. Depuis Port-au-Prince, j’ai participé à l’enregistrement de ce nouveau partenaire dans notre nouveau système d’enregistrement. J’étais également impliquée dans l’analyse de l’entente de partenariat et je suis fière de dire que je suis sincèrement satisfaite de la façon dont Water Mission a utilisé les fonds qui leur ont été octroyés pour aider les populations à satisfaire leurs besoins en eau. La réalisation de cet indicateur est cruciale pour répondre aux besoins en eau et assainissement des personnes affectées par Matthew.

 

Francoise Chandler

Officier de gestion de l’information – UNICEF Haiti

’’L’éducation est un havre d’amour’’

Francesca 6 ans en 1ère année, Elodie 7 ans en 2ème année, Givelore et Ericka, toutes deux 8 ans en 3ème année

Francesca, Elodie, Givelore et Ericka, 4 écolières heureuses d’avoir repris le chemin de l’école. © Maxence Bradley

A l’école Notre Dame de Lourde de Jérémie, nous avons rencontré Francesca, Elodie, Givelore et Ericka. Les 4 écolières sont heureuses d’avoir repris le chemin de l’école. L’établissement scolaire a pu être ré ouvert rapidement grâce à l’UNICEF qui appuie son partenaire la Commission Épiscopale pour l’Education Catholique.

 

Jérémie, le 23 novembre 2016, Sœur Marie Thérèse Germain, directrice de l’école Notre Dame de Lourde sourit en regardant ses élèves sortir des cours. Aujourd’hui, 430 enfants sont  présents. « Ils sont 608 normalement. Nous avons pu accueillir le niveau fondamental il y a deux semaines une fois les travaux dans leur bâtiment terminé. Le préscolaire n’a pas encore recommencé. Les travaux de réhabilitation sont toujours en cours», précise-t-elle satisfaite de cette reprise. « On a du travail ! Beaucoup de travail ! Mathieu est arrivé le 3 octobre, nous n’avons eu qu’un mois de cours ! Il est temps de rattraper le temps perdu et d’apprendre!» lance-t-elle en souriant aux quatre fillettes qui s’attardent dans la cour de l’école.

Francesca 6 ans en 1ère année, Elodie 7 ans en 2ème année, Givelore  et Ericka, toutes deux 8 ans en 3ème année rient et s’enfuient pour jouer. Les 4 écolières sont heureuses d’avoir repris le chemin de l’école. Elodie nous confie ses matières préférées : l’écriture, la lecture et les devoirs. « Moi aussi », renchérit Ericka, « j’aime beaucoup faire mes devoirs ! », le quatuor espiègle prend à nouveau la fuite et rentre à la maison. Les cours sont terminés. L’heure est maintenant aux devoirs.

Cette école a pu être ré ouverte rapidement grâce à l’UNICEF qui appuie son partenaire  CEEC (Commission Épiscopale pour l’Education Catholique).

Selon le ministère de l’Education, 716 écoles[1] ont été endommagées par l’ouragan Matthew. UNICEF  soutient actuellement la réhabilitation de 129 écoles [2]dans les départements de la Grand’Anse, des Nippes, du Sud et du Nord-Ouest.  40 000 écoliers bénéficieront  de cette assistance.

René Fermond, sur les bancs del’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.© Maxence Bradley

René Fermond, sur les bancs del’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.© Maxence Bradley

Il est estimé qu’environ 300,000 enfants en âge scolaire[3] nécessitent un paquet d’interventions pour faciliter leur accès à l’Education. Il s’agit principalement du Grand Sud, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Centre où se concentrent la grande majorité des enfants en âge scolaire affectés par les crises auxquelles fait face le pays.

A l’impact de l’ouragan Matthew s’ajoute  une sécheresse prolongée causée par el-Niño,  des cas de choléra qui persistent, et des mouvements de populations transfrontalières. Tous ces évènements affectent les enfants et leur éducation. C’est pourquoi,  il est nécessaire de mettre en place des interventions portant sur la réhabilitation des écoles et des infrastructures sanitaires, l’équipement des écoles et la distribution de matériels d’apprentissage et d’enseignement ; l’organisation de sessions d’appui psychosocial à l’ intention des enfants et du personnel éducatif affectés  et l’utilisation d’un calendrier scolaire et d’un paquet pédagogique conçu par le ministère de l’Éducation pour aider les étudiants à rattraper le temps perdu en classe. [4] L’éducation est essentielle pour équiper les enfants des compétences qui les aideront à apprendre, à se protéger contre le choléra et d’autres maladies d’origine hydrique, à chercher de l’aide quand ils en ont besoin et à prospérer dans les années à venir.

UNICEF Haiti - 70th Anniversary photo project

René Fermond, directeur fondateur de l’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.© Maxence Bradley

On parle beaucoup des actions des organisations nationales, internationales et de l’État haïtien en faveur de l’éducation. Les membres de la communauté haïtienne ne sont pas en reste ! A l’image de René Fermond, directeur fondateur de l’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.

Nous avons rencontré René par hasard, sur la route qui nous mène de Jérémie à Dame Marie, au niveau de Desormeaux, un panneau indique ’’Ecole Marie Pierre Louis L’éducation est un havre d’amour’’. Nous décidons de nous y arrêter et par chance rencontrons René Fermond. Alors que de jeunes membres de la communauté font des travaux dans une école, René, directeur de cette école depuis 1990, accompagne deux petits écoliers. Deux frères Valery 5 ans et Reginald 7 ans.

« L’école a repris timidement  le 7 novembre, à cause de la pluie qui tombent depuis l’ouragan », commence-t-il. L’école  dirigée par René a été détruite par l’ouragan, sa maison aussi.  « Les meubles ont été écrasés, le matériel scolaire s’est envolé, les murs doivent être réparés. C’est pour cela que les jeunes de la communauté s’affairent. »

Rene, Valery et Reginald. © Maxence Bradley

Rene, Valery et Reginald. © Maxence Bradley

En effet, le Directeur départementale de l’Education de la Grand ’Anse, Jean Marcel Jeanty a confirmé qu’environ 60% des écoles affectées [5]ont recommencé à fonctionner ; par contre, peu d’enfants ont repris le chemin de l’école, notamment à cause des pertes subies par les familles.

René accueille depuis 26 ans les élèves sans moyens de sa localité. « J’accueille les démunis. Ceux qui le peuvent donnent un peu d’argent, ’’Un petit kob[6]’’. Ceux qui n’en ont pas les moyens sont accueillis tout de même.  Ici en Haïti, j’estime que mes compatriotes ne reconnaissent pas la valeur des démunis. C’est un pays pauvre certes, des gens viennent de l’extérieur pour nous aider. Mais nous-mêmes, nous pouvons faire beaucoup pour nos communautés. Je veux inviter les personnes à prendre conscience de cela. A jeter un regard sur les plus pauvres, les plus petits, pour encourager la solidarité.»

« Vous savez » poursuit-il « Je consacre ma vie à aider les plus pauvres, c’est mon choix de vivre comme cela et j’en ai souffert mais je ne changerais ma décision pour rien au monde. Si chacun pouvait aider un peu les autres, le monde se porterait mieux. Mais ici lorsque je tiens ces propos, on me traite parfois de fou », éclate-t-il de rire.

Se soucier des plus pauvres et agir pour eux avec bienveillance, un fou ? Je me prends alors à rêver d’un monde peuplé de plus fous comme René et nous reprenons la route direction Dame Marie où notre partenaire FONDEFH (Fondation pour le Développement et l’Encadrement de la Famille Haïtienne) effectue en ce moment un dépistage de la malnutrition.

Julie Harlet UNICEF Haïti Communication

[1] UNICEF Haiti Situation Report #15- 25 Novembre 2016.

[2] UNICEF Haiti Situation Report #15- 25 novembre 2016.

[3] Source UNICEF section Education, groupe sectoriel de l’Education.

[4]  Haiti HNO 2017 Humanitarian Need Assessment Education in Emergency.

 

[5] Déclaration faite le 1er décembre 2016.

[6] ‘’Un peu d’argent’’.

 

 »Ils sont la vie, ils sont l’amour, ils sont l’avenir »

Jean Jean Roosevelt artiste Haïtien chante pour l’anniversaire de l’UNICEF. Voici un extrait de la chanson pour vous faire patienter avant la sortie officielle du titre  »Ti Mounn »

Au milieu du chaos, un espace sûr où Rosmala peut apprendre et rire

 

Cet espace est ouvert à tous les garçons et filles âgés de 3 à 17 ans, y compris à ceux qui souffrent de handicaps. © Maxence Bradley

Cet espace est ouvert à tous les garçons et filles âgés de 3 à 17 ans, y compris à ceux qui souffrent de handicaps.
© Maxence Bradley

Haïti, Jérémie, 27 novembre 2016. «J’adore passer du temps avec les enfants et les accompagner un bout de chemin», déclare Shanam Riche, 21 ans. Il fait partie des 60 membres de la communauté qui se sont portés volontaires pour aider dans les Espaces Amis des Enfants.  Les bénévoles reçoivent une formation spécifique sur les droits des enfants, les pratiques d’animation et les activités qui permettront aux enfants quels qu’ils soient, vulnérables ou relativement résilients, de venir dans ces espaces, qui leur sont réservés, installés dans les communautés les plus touchées par l’ouragan Matthew.

Ces Espaces Amis des Enfants ont pour objectif de renforcer la résilience et le bien-être des enfants et des jeunes, âgés de 3 à 17 ans, grâce à des activités structurées organisées par la communauté et conduites dans un environnement sûr et stimulant, adapté aux enfants.  Ils constituent un lieu sécurisé lors de situations difficiles. « Après l’ouragan Matthew, nous avons constaté que de nombreux enfants accueillis dans les Espaces Amis des Enfants souffraient de cauchemars ou de crises de panique. Le traumatisme vécu par ces enfants se manifestait à travers leur comportement, leurs dessins, » explique Laura Gabrici, responsable de la protection pour AVSI. «  Ces enfants sont souvent très inquiets de ce qui pourrait arriver à leurs proches, en particulier à leurs parents : ils ont peur de les voir disparaître de leur vie à tout moment. L’idée de rester seul est une crainte perpétuelle. »

« J’adore venir ici pour être avec mes amis et faire de dessins. On s’amuse bien, » raconte Rosmala Vincent, 6 ans, un sourire timide aux lèvres. Aucun des membres de sa famille n’a souffert physiquement de l’ouragan, par contre, ils ont perdu tous leurs biens lorsque Matthew a frappé la ville de Jérémie.

Les Espaces Amis des Enfants, tout comme l’intervention de volontaires tels que Shanam, sont le fruit d’un effort concerté entre le

Ces Espaces Amis des Enfants ont pour objectif de renforcer la résilience et le bien-être des enfants et des jeunes, grâce à des activités structurées organisées par la communauté et conduites dans un environnement sûr et stimulant, adapté aux enfants© Maxence Bradley

Ces Espaces Amis des Enfants ont pour objectif de renforcer la résilience et le bien-être des enfants et des jeunes, grâce à des activités structurées organisées par la communauté et conduites dans un environnement sûr et stimulant, adapté aux enfants© Maxence Bradley

Ministère de la Jeunesse et des Sports, l’IBESR (Institut du Bien-Être social et de la Recherche), principale institution publique chargée de la protection de l’enfant, et l’UNICEF, dont les principaux partenaires sont l’ONG nationale IDETTE (Initiative départementale contre le Trafic et la Traite des Enfants) dans Grand’Anse et les ONG internationales Terre des Hommes, AVSI et Save the Children dans le département du Sud. Le cadre a beau être différent, l’ambition reste la même : offrir aux enfants âgés de 3 à 17 ans un environnement sécurisé où ils peuvent jouer et retrouver une certaine normalité, malgré des circonstances difficiles.

Les bénévoles ont entre 18 et 25 ans. Au nombre de sept par Espace Ami des Enfants, en moyenne, ils font en sorte que chaque enfant fasse l’objet d’une attention individuelle pendant les séances d’une durée de deux heures en général. Les activités proposées aux enfants comprennent du dessin, des jeux, du chant et de la danse. Ces séances servent aussi à repérer des enfants particulièrement traumatisés que l’on peut ensuite diriger vers des structures offrant un soutien psychosocial, telle que l’ONG CISAME (Centre d’intervention en Santé mentale de Jérémie). En outre, ces activités permettent d’identifier les enfants et les familles ayant besoin d’une aide sociale spécifique. À travers l’IDETTE et l’IBESR, ils pourront se voir accorder un accès à des services sociaux et des produits de base.

Jusqu’à présent, des Espaces Amis des Enfants ont été lancés dans les villes de Jérémie, dans la Grand’Anse, et aux Cayes, dans le Sud, à raison de deux séances par semaine. À compter de la semaine prochaine, des équipes mobiles introduiront la même initiative dans les endroits isolés. Les volontaires, après des heures de trajet sur des routes boueuses, apporteront leurs compétences individuelles, ainsi que des kits pour le développement de la petite enfance, aux enfants vivant dans des communes difficiles d’accès, telles que Dame Marie et Abricot.

Les Espaces Amis des Enfants sont un point d’entrée essentiel pour la protection des enfants.

Les Espaces Amis des Enfants sont un point d’entrée essentiel pour la protection des enfants.

« Les Espaces Amis des Enfants sont un point d’entrée essentiel pour la protection des enfants. Ils leur offrent un espace où exprimer le traumatisme lié à l’ouragan, ce qu’ils ont vécu pendant et depuis, et cela nous permet de dépister ceux qui ont besoin d’une attention particulière, » explique Geslet Bordes, agent de protection de l’enfance pour l’UNICEF.

Dans les 24 heures qui ont suivi le passage de Matthew, Geslet et ses collègues chargés de la santé, de la nutrition, de l’éducation, des situations d’urgence et de l’eau/assainissement, ont commencé à se relayer entre leur lieu d’affectation habituel, à Port-au-Prince, et les zones touchées, apportant une aide source d’espoir au milieu du chaos et de la destruction. Dans la continuité de son action contre l’épidémie de choléra qui sévit en Haïti depuis 2010, l’intervention d’urgence de l’UNICEF repose sur une approche intégrée : elle s’efforce de répondre aux besoins de base immédiats des enfants et de leurs familles tout en jetant les bases du redressement qui mènera à terme au développement.

« Les membres de la communauté ont réagi avec un enthousiasme évident à la création des Espaces Amis des Enfants.Ils pourraient servir de passerelle pour le développement d’une action communautaire coordonnée, afin de gérer les difficultés auxquelles la population touchée est confrontée, » explique Laura Gabrici. À long terme, ces espaces pourront être gérés par des organisations communautaires, à l’initiative de jeunes notamment. »

Sept semaines se sont maintenant écoulées depuis qu’Haïti a été terrassée par l’ouragan Matthew et plus de 90 000 enfants ont encore besoin d’une aide humanitaire, comme l’a souligné Marc Vincent, « L’intervention d’urgence, désormais pleinement déployée, comporte des programmes visant à protéger les enfants des menaces posées par les maladies d’origine hydrique et par la malnutrition, redoutée en raison de la perte presque totale des récoltes dans les zones les plus touchées. »

 

Cornelia Walther

Traduction : Cendrine Strevens