Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».

Vulgarisation de Savoir pour Sauver à travers les chants populaires

Une choregraphie de savoir pour sauver

Le Samedi 14 octobre, en marge de la célébration de la ‘’Journée mondiale du lavage des mains’’, le gymnasium Vincent de la Rue Romain était en fête pour accueillir un évènement important pour le bien des enfants: le lancement d’un album de chants inspirés du document: Savoir pour sauver (“Konesans pou sove lavi”).

Tenant compte de l’aspect ludique du chant, de sa capacité à rassembler et à sensibiliser les gens, au-delà des différences, ce medium a été privilégié pour véhiculer les pratiques familiales essentielles à un grand nombre de personnes.

Près de 200 enfants, du groupe “ Orchidée”, ont chanté, dansé et mimé les messages clés contenus dans les 14 chapitres du document “ Konesans pou sove lavi” à travers le festival dénommé “  A la bèl bagay se lasante” (La santé est une belle chose).

Le spectacle était divisé en deux parties :

– celle du chant sur les droits de l’enfant a vu défiler près d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs écoles de la place et qui égrenaient un à un les droits de l’enfant en tournant en cercle.

– la deuxième partie a mis en scène un groupe d’enfants vêtus de tenue paysanne et portant des provisions diverses sur la tête tout en dansant au rythme du chant sur la nutrition “Twa kalite mange”. La salle  a vibrée au rythme de la  chorégraphie de la musique tube de l’album “ ala bel bagay se lasante” interprétée par des enfants portant des tenues de style diffèrent.

Cependant, de l’avis de tous, les représentations étaient les unes plus magnifiques que les autres et les acteurs se sont surpassés pour offrir un spectacle haut en couleur qui a soulevé un enthousiasme collectif communicatif.

A noter que l’idée de préparer un album de chants s’inscrit dans une stratégie globale de promotion des pratiques familiales essentielles pour la promotion de la santé et le développement de l’enfant. Ces chants seront utilisés en priorité dans les clubs de santé qui font partie intégrante de cette stratégie et lors de la réalisation d’activités de sensibilisation diverses.

De manière générale, cet album de chants se veut être une importante contribution à la communauté haïtienne dans sa quête d’avoir des enfants haïtiens en bonne santé. Il a été conçu en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin de s’assurer que les messages sur la santé et le Développement de l’enfant qu’il contient soient culturellement accessibles à toutes  les couches de la population. Signalons que l’album a été produit par le groupe “Salut”  grâce à un support financier de l’UNICEF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Santé préventive, environnementale, communautaire (SPEC).

Améliorer l’accès et la qualité de l’eau pour les communautés victimes de Matthew

La source réhabilitée à Melonière

Les Cayes, 31 octobre 2017– L’UNICEF en Haïti, avec l’appui financier de la commission européenne pour la Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire Européennes (ECHO) et l’USAID, accompagne la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA) et la Norwegian Church Aid (NCA) pour la mise en œuvre d’un projet visant à réhabiliter 9 sources d’eau, 2 réseaux de distribution et 5 puits artésiens dans les communes de Chantal et de Saint-Louis du Sud (Département du Sud), frappées durement par l’Ouragan Matthew.

Ce projet s’inscrit dans le cadre des actions initiées par l’UNICEF et soutenues par ses bailleurs pour renforcer les capacités de la DINEPA qui a pour mission de mettre en œuvre la politique de l’État Haïtien dans le secteur de l’eau, de l’hygiène et de l’assainissement, de manière à garantir le droit de la population, notamment les enfants et les femmes, d’avoir accès à l’eau potable.

Les activités de ce projet permettront aussi aux habitants des communautés ciblées d’obtenir les informations utiles, à travers des sensibilisations, sur les bonnes pratiques d’hygiène à adopter en vue de se protéger des maladies, comme le choléra, liées à la consommation d’une eau non potable et contaminée.

Les habitants des communautés ciblées ne cachent pas leur satisfaction, et leur enthousiasme à l’idée de voir finaliser la réhabilitation de ces ouvrages.

« Avant le début des travaux de réhabilitation, la boite de captage de la source figuier était rempli d’alluvions, maintenant nous sommes sûrs qu’il y aura une amélioration de la qualité de l’eau après les interventions. Nous sommes satisfaits des travaux en cours. », indique Micheline Jeanne Zeno, CASEC de la 2eme section communale Mélonière, commune de Chantal.

«À travers ce projet, l’UNICEF, soutenu par ses bailleurs, veut contribuer au renforcement de la résilience des communautés, incluant celles qui sont isolées dans les montagnes et très difficiles d’accès, en plus d’être vulnérables aux aléas naturels et victimes de l’ouragan Matthew », soutient Olivier Hounkou, spécialiste WASH à l’UNICEF.

Mobilisation contre le choléra dans les marchés publics

Une équipe de sensibilisation

« L’opération coup de poing » continue à travers les départements de l’Ouest et du Plateau central. Les différentes organisations partenaires ont envoyé leurs agents dans les lieux publics afin de sensibiliser les gens sur le choléra. Les marchés particulièrement se révèlent stratégiques quand on pense à la quantité de gens qui les fréquentent tous les jours.

Il est midi ce jeudi 12 octobre, aux alentours du marché de Gérald Bataille, c’est la grande foule, comme toujours. Les agents de la mairie de Tabarre, sélectionnés pour faire la sensibilisation dans le cadre de l’opération « coup de poing contre le choléra », sont déjà à l’œuvre vêtus de leur T-Shirt et Casquettes de couleur verte avec pour slogan « Yon Ayiti sans Kolera ». Pour cette séance, une équipe de l’UNICEF et de la Croix-Rouge française, les accompagnent.

Les agents, très actifs et expressifs, expliquent aux usagers du marché  les précautions qu’ils doivent prendre afin d’éviter d’attraper le choléra. « Il faut se laver les mains dans les moments clés, laver les fruits et légumes avec de l’eau traitée, couvrir les aliments et boire de l’eau potable », sont entre autres les messages véhiculés. Des dépliants sur le choléra sont également distribués aux gens.

L’une des marchandes n’a pas tari d’éloges sur les agents de terrain. « Je suis très contente d’avoir toutes ces connaissances sur le choléra. Cela va permettre de protéger ma famille et moi-même. De plus les explications des agents sont claires et simples », explique-t-elle.

Le choléra est toujours présent

Distribution de depliant sur le choléra

« Mon travail est de sensibiliser les marchandes, les acheteurs en insistant sur le fait que le choléra est toujours là. Et qu’ils doivent prendre des précautions afin d’éviter d’attraper la maladie en appliquant des principes d’hygiène », indique Rolph Moise, agent de sensibilisation.

Au commencement ce n’était pas facile pour les agents de sensibilisation, à cause d’une certaine réticence des gens qui ne voulaient pas les écouter. Il y avait même de l’hostilité. « Maintenant les gens sont plus réceptifs. Ils écoutent ce qu’on leur dit. Il existe maintenant une certaine familiarité avec eux. Car nous avons été formés pour le travail et nous savons comment les approcher », continue-t-il.

Une stratégie axée sur le changement de comportement

La composante communication de « l’opération coup de poing » met l’accent sur le changement de comportement de la population. Cette stratégie engage et responsabilise les communautés et les réseaux pour influencer ou renforcer les normes sociales ; elle utilise tous les médias (interpersonnel, groupe, masse) pour atteindre son but.

« La Communication Inter Personnelle est un axe stratégique du processus du changement de comportement car elle permet de discuter avec les individus pour comprendre les motifs favorables  au changement. C’est dans ce cadre que cette initiative a été instaurée dans les marches  en vue d’atteindre un grand nombre de personnes. », explique Ghaffar Gomina, Spécialiste  en Communication Pour le Développement (C4D) à l’UNICEF, ajoutant que « l’engagement communautaire, un moyen efficace de renforcer le changement de comportement ».

L’ « opération coup de poing » a pour objectif principal d’atteindre une incidence nationale inférieure à 0,1% d’ici la fin 2017. Des activités  de sensibilisation ont lieu également dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central. Ce projet a reçu le support financier de l’Ambassade du Japon, de l’ambassade du Canada et du Fonds central de réponse d’urgence des Nations Unies.

 

 

 

 

 

UNICEF: Note de presse

 

Port-au-Prince, le 11 octobre 2017– L’UNICEF a appris avec consternation, l’utilisation de son nom et son logo à d’éventuelles fins d’extorsion de fonds. En effet, dans la région de l’Arcahaie et à travers tout le pays, circule une fausse fiche avec des noms et une adresse qui n’a aucun lien avec l’UNICEF, d’une manière ou d’une autre. Cette fiche fait référence à la distribution de kits scolaires pour lesquels on demande des frais de carburant.

En aucun cas, l’UNICEF n’exige de l’argent pour fournir un service à la population. L’UNICEF ne distribue ni de lampadaires, ni de laptop comme il est mentionné dans la fiche. Aussi l’organisation appelle la population à la vigilance quant il s’agit de document portant le logo et le nom de l’UNICEF. Les personnes et organisations doivent s’assurer que le document en question provient de l’UNICEF.

L’UNICEF tient à rappeler que dans le domaine de l’éducation, son principal partenaire est le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP). C’est le ministère qui choisit la liste des écoles qui doit recevoir les kits scolaires distribués par l’UNICEF.

Pour la réalisation de son mandat qui est le bien-être des enfants, l’UNICEF s’appuie sur le gouvernement haïtien dans tous les domaines dans lesquels l’organisation intervient. En aucun cas l’UNICEF ne travaille avec des particuliers. L’UNICEF possède un partenariat avec des organisations qui sont légalement reconnues par le ministère de la Planification et de la coopération externe.

L’UNICEF continuera d’apporter son soutien aux enfants et aux familles vulnérables à travers tout le pays en allant dans les recoins les plus reculés conformément à notre principe d’équité.

Tout en rejetant les responsabilités que cette fausse fiche peut impliquer, l’UNICEF va informer les autorités compétentes en la matière.

Pour authentification :

Marc Vincent

Représentant

 

L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous. Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail : www.unicef.org/fr

Pour plus d’informations :

Cornelia Walther, chef de la communication à l’UNICEF, cwalther@unicef.org

UNICEF: Une année après le passage de Matthew

Les enfants d’une école dans le Sud, réhabilitée par l’UNICEF, posent avec leur sac

Port-au-Prince, 4 Octobre 2017 – Un an après le passage de Matthew, sur le pays, et qui a ravagé le Sud et la Grand’Anse, les personnes affectées sont en train de panser encore leurs blessures. Mais il y a aussi des signes visibles que la vie essaie de reprendre son cours. Les jardins commencent à redonner des fruits, certaines maisons ont été reconstruites. Même si les empreintes de la catastrophe sont encore là, les Haïtiens veulent aller de l’avant.

Le courage des familles et communautés haïtiennes qui ont su se relever de tant de catastrophes est admirable. Et l’UNICEF est fier de pouvoir se compter parmi les organisations qui offrent un accompagnement continu aux familles vulnérables, notamment aux enfants.

Comme par le passé, l’UNICEF a été parmi les premiers à réagir face aux dégâts de l’ouragan Matthew, les procédures administratives simplifiées, les équipes rejoignaient ceux qui étaient déjà positionnées dans le Sud. Devant l’urgence, aucune perte de temps. Les gens avaient besoin de tout, il fallait trouver des moyens de protection pour les enfants dans les abris provisoires, distribuer de l’eau potable, offrir des services de nutrition, contrôler le choléra – y compris l’identification et le traitement des cas suspects, et tant d’autres besoins à combler, rapidement.

L’UNICEF s’est tenu aux côtés du gouvernement haïtien et avec les partenaires afin d’offrir cette aide humanitaire, le plus vite que possible. Le bilan de Matthew a été catastrophique. Le cyclone a causé des pertes en vies humaines, la destruction des maisons et la dévastation des zones d’agriculture. Les gens ont su faire face, dans la dignité. Il revient aux partenaires humanitaires et au gouvernement d’assurer un accompagnement soutenu.

Une equipe de l’UNICEF, lors d’une activité psychosociale dans le Sud

Nous en profitons pour saluer l’abnégation et le courage de nos collègues de l’UNICEF qui, durant cette période d’urgence, ont été sur tous les fronts. Et ceci en vue d’aider l’organisation à accomplir son mandat qui consiste dans le bien-être des enfants. Nous remercions aussi, tous les bailleurs, tant institutionnels qu’individuels qui permettent à nos actions d’aller directement vers les familles et communautés les plus vulnérables.

Se relever d’une catastrophe, n’est pas chose facile. D’autant plus que les conditions étaient déjà précaires dans ces endroits. Cependant, il faut continuer le support à la population ainsi que la sensibilisation sur les risques liés aux désastres.

Un an après Matthew, nous voici devant un choix, les désastres naturels ont toujours existé, ils continueront d’exister (Irma et Maria, sont encore dans les esprits). Haïti, se trouvant sur la route des cyclones, tout comme d’autres pays de l’Atlantique, n’a d’autre choix que de s’adapter. Si on veut éviter les épisodes douloureux causés par les aléas climatiques, il faut se préparer.

Le dialogue initié par l’UNICEF à travers les consultations des jeunes de la Grand’Anse et dans le Sud a eu pour objectif de les sensibiliser sur la question de la gestion des risques et des désastres. Beaucoup ont avoué ne pas savoir quoi faire lors du cyclone. Ils remercient l’UNICEF, car maintenant, ils savent. Et ils vont propager leurs connaissances dans leurs localités. Le projet UReport poursuit un objectif similaire – Communiquer avec les adolescents du pays, en recueillant leurs impressions et donnant des informations à une plus large échelle.

La carte interactive, qui fait partie de Togetherness (Ensemble) que nous lançons, nous rappelle, à travers des photos et histoires poignantes, le déroulement de l’appui sur le terrain. Ce ne sont plus des statistiques froides mais des visages humains. Car nous ne devons pas oublier l’impact sur les êtres humains, ni le rôle de ceux-ci dans le relèvement. Nous ne pouvons pas nous permettre de l’oublier.

Aller dans les endroits les plus reculés, vers les communautés les plus vulnérables pour soutenir le Gouvernement dans la quête des services sociaux de base qui sont accessibles, tel est notre objectif. Avant, pendant et après Matthew – notre objectif est de permettre aux enfants de réaliser leur plein potentiel, sans aucune distinction, comme le veut notre devise : « Pour chaque enfant… ».

Marc Vincent

Représentant de l’UNICEF en Haïti 

 

1 an après le passage de l’ouragan Matthew, les enfants d’Haïti sont encore vulnérables aux catastrophes naturelles

Une vue aérienne d’une localité devastée par Matthew

Port-au-Prince, le 4 Octobre 2017– Un an après le passage de l’ouragan Matthew de catégorie 4 qui a dévasté le grand Sud d’Haïti, et causé des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts considérables, les enfants et adolescents de ce pays de la Caraïbes sont encore extrêmement vulnérables aux effets des désastres naturels et des évènements climatiques extrêmes, a prévenu l’UNICEF aujourd’hui.

« Des centaines de milliers d’enfants ont vu leurs existences bouleversées par l’ouragan Matthew », a indiqué Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Le courage et la détermination des familles haïtiennes à se relever et de recommencer à reconstruire leur vie est admirable et l’UNICEF est fière d’être l’une des organisations qui continuent à les supporter ».

« Après le passage de Matthew, je croyais qu’il serait pratiquement impossible de continuer à vivre. Tous les arbres étaient arrachés… Mais peu à peu les gens commencent à se reprendre », selon Bernard, 14 ans, originaire de Roche-à-Bateau, une commune du Sud gravement touchée par Matthew.

Une usine de traitement et de filtration d’eau dans la Grand’Anse qui a été supportée par l’UNICEF

Rapidement après le passage du cyclone, l’UNICEF a mobilisé son staff sur le terrain afin de répondre au plus urgent; à savoir une aide d’urgence aux enfants et aux familles affectées, incluant l’eau potable et l’assainissement.

Aux côtés du gouvernement et des partenaires, l’UNICEF a pu réaliser au courant des 12 derniers mois les actions suivantes :

  • Plus de 550 000 personnes ont bénéficié de l’accès à l’eau potable.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan ont été réhabilitées, facilitant le retour en classe pour plus de 30 000 écoliers. 139 écoles ont reçu plus de 10 000 articles de mobilier scolaire et 26 000 enfants ont bénéficié d’un soutien psychosocial.
  • Plus de 28 000 enfants ont bénéficié de soins psychosociaux, l’assistance et la nutrition, la santé et l’éducation à l’hygiène. Plus de 24 000 personnes ont reçu des informations sur la violence, la maltraitance des enfants et la violence basée sur le genre (VBG).
  • Plus de 160 000 enfants ont été dépistés pour la malnutrition dans les départements du Sud et de la Grand’Anse dans un programme de dépistage continue. Les résultats montrent les besoins, avec 7 443 malnutris aigus, les enfants admis dans le Protocole de prise en charge de la malnutrition aigu (PCMA) soutenu par l’UNICEF, dont 2 343 cas de malnutrition aigüe sévère et 5 100 cas de malnutritions aiguës modérées.

En outre, l’UNICEF avait organisé une série de consultations avec des adolescents dans la Grand’Anse et le Sud, afin de leur permettre d’exprimer leurs préoccupations et idées en ce qui concerne la gestion des risques et désastres. Les deux cahiers de charges résultants, ont été transmis aux autorités locales.

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Notes pour les éditeurs :

UReport : Afin de ne pas seulement informer mais d’écouter les jeunes, UNICEF Haïti vient d’intégrer l’initiative globale Ureport. L’accent sera mis sur la protection de l’enfance, en Haïti. Pour plus de détails visitez : https://ureport.in/

Interactive Map : Le vécu des staffs et des communautés dans zones affectées est également visible sur une carte interactive qui donne les détails des actions et besoin sur le terrain. Pour y accéder  http://bit.ly/2yNoYbA

À propos de l’UNICEF
L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous. Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail : www.unicef.org

 

Contacts de presse:

Cornelia Walther, chef de communication à l’UNICEF, cwalther@unicef.org

Joe English, UNICEF New York, +1 917 893 0692, jenglish@unicef.org

 

Conférence Internationale sur la Protection Sociale dans des Contextes de Fragilité et de Déplacement Forcé

Des personnes deplacees temporaire durant l’ouragan Matthew

L’UNICEF a appuyé le Gouvernement Haïtien pour la participation à la Conférence Internationale sur la Protection Sociale dans des Contextes de Fragilité et de Déplacement Forcé (Bruxelles, 28-29 Septembre 2017).

L’UNICEF et la Commission Européenne (ECHO/DEVCO), avec les partenaires clés (FAO, WFP, BM, Gouvernements, y compris DFID, Finlande, Allemagne) organisent cette Conférence pour orienter les perspectives d’utilisation des systèmes de protection sociale dans ces contextes.

La Conférence mettra l’accent sur l’amélioration des conditions de vie, des moyens de subsistance et de l’inclusion sociale des populations affectées, y compris les enfants, les réfugiés, les populations déplacées internes, souvent très vulnérables et ne bénéficiant pas de leurs droits humains fondamentaux.

En octobre 2016, l’ouragan Matthew a sévèrement aggravé la situation humanitaire préexistante en Haïti, touchant plus de 2 millions de personnes, avec 1,4 million de personnes ayant besoin d’assistance humanitaire. Malgré la réponse immédiatement fournie, les besoins humanitaires persistent : plus de 2.35 millions de personnes font face à une insécurité alimentaire aigue sévère ; 31 camps continuent d’abriter 46,691 personnes déplacées internes à cause du séisme de 2010 ; et 6,941 cas de choléra sont identifiés.

Les défis humanitaires de la fragilité prolongée à cause des catastrophes naturelles et des crises sociales liées à la pauvreté dans toutes ses dimensions soulignent la nécessité d’établir une passerelle entre l’action humanitaire et le développement. Cela est essentiel à la réalisation des droits humains et du mieux-être de tous les enfants et les familles d’Haïti.

Vers des services de protection sociale

Le Gouvernement d’Haïti continue de déployer des efforts pour mettre en place des mécanismes de protection sociale. Néanmoins, les interventions existantes demeurent fragmentées et de faible couverture, et la pertinence ainsi que la faisabilité d’un système de protection sociale cohérent et complet dépend étroitement d’un solide ancrage institutionnel. A cet effet, le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) conduit actuellement un processus pour le développement d’une Politique Nationale de Protection Sociale.

Des personnes deplacées

Les initiatives de protection sociale visant la réduction de la pauvreté et des inégalités. Elles peuvent diminuer les risques de troubles sociaux, et par conséquent assurer davantage de paix sociale.

La combinaison des impacts sociaux et économiques contribue également au renforcement de la résilience: renforcer la capacité des ménages pauvres à mieux faire face, réagir et résister aux crises.

L’Objectif de Développement Durable (ODD 1) stipule que la communauté internationale s’engage à élargir la couverture des mesures de protection sociale pour tous et à assurer une couverture substantielle des pauvres et des personnes vulnérables d’ici 2030. Cette extension doit inclure celle de la protection sociale dans des contextes de fragilité et de déplacement forcé afin d’éviter que personne ne soit exclue.

Dans la même perspective, les acteurs du développement reconnaissent l’importance de la Protection Sociale lors du Sommet Mondial Humanitaire de 2016 (WHS) et s’engagent à “accroître les programmes de protection sociale et renforcer les systèmes nationaux et locaux et les mécanismes d’adaptation afin de renforcer la résilience dans des contextes fragiles.”

Bien que l’établissement d’une protection sociale efficace dans le contexte d’une fragilité prolongée et de populations déplacées soit plus complexe, l’expérience suggère que la protection sociale joue un rôle important tant dans la dimension humanitaire que dans le développement – en particulier en période de transition critique.

 

Cholera: L’UNICEF distribue du matériel dans le cadre de l’opération coup de poing

Les principaux partenaires de l’operation coup de poing

L’opération coup de poing est une nouvelle stratégie de lutte contre le choléra en cours dans les départements  de l’Ouest, du Centre, dans le  Bas plateau Central.  Elle a pour objectif principal « d’atteindre une incidence nationale < 0,1% à fin 2017 » et de manière spécifique  de « réduire la transmission le plus bas possible avant la saison de haute transmission (Septembre à  Décembre) afin de se rapprocher de l’objectif de l’élimination ».

Le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) avec un appui technique et financier de l’UNICEF, insiste sur la mobilisation communautaire et l’engagement des autorités locales. Pour ce faire, deux stratégies ont été mises en place :

  • L’une avec les mairies au cours de laquelle neuf mairies du département de l’Ouest ont déployés 25 agents sensibilisateurs dans environ 20 marchés de la ville. Par ailleurs, des activités de sensibilisation se font par les agents des mairies dans les Organisations Communautaires de Base (OCB) et avec les responsables des pompes funèbres pour réduire le risque de contamination suite aux décès mal gérés.
  • L’autre avec des organisations locales qui font de la communication itinérante dans les gares routières avec les véhicules de transport en commun et dans les églises a forte concentration de fidèles.

Pour accompagner toutes ces activités de communication, l’UNICEF a distribué du matériel de sensibilisation aux partenaires afin d’intensifier la lutte contre le choléra.

C’est dans l’entrepôt de l’UNICEF du côté de Cazeau que la distribution s’est effectuée en présence de représentants de l’Etat haïtien et d’organisations impliquées dans la lutte contre le choléra. Le matériel contient des flyers, stickers, planches éducatives cholera, des T-shirts, des casquettes, Sacs, des affiches et des mégaphones.

Les partenaires renforcent la lutte

Dans une courte allocution de circonstance, le Dr Nathan Zéphirin, conseiller technique au sein de l’Unité d’appui à la décentralisation sanitaire (UADS), a indiqué que le MSPP, ne peut pas gagner cette lutte, sans la collaboration des partenaires.

un chargement d’une partie du materiel

« Nous comptons sur vous, surtout dans cadre de cette activité, pour arriver à sensibiliser la population, afin qu’on puisse définitivement éliminer le cholera en Haïti, à l’horizon 2022 comme défini dans le plan d’élimination du choléra. », a-t-il insisté. Il a plus loin, adressé un remerciement spécial à l’UNICEF qui « a été un partenaire de toujours dans la lutte contre le choléra ».

Pour sa part, Paul Christian Namphy, coordonnateur national de réponse choléra pour la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), a insisté sur les actions concrètes qu’il faut prendre sur le terrain afin d’en finir avec la maladie. Il a notamment mis l’accent sur l’accompagnement de la population afin qu’ils changent de comportement.

Plus loin, il a insisté sur les gestes qui peuvent aider à éliminer le choléra : se laver les mains dans les moments clés, boire de l’eau traitée, aller à la toilette. « La DINEPA, le MSPP et les instances de tutelle gouvernementales, nous allons ensemble assurer avec vous cette victoire », s’est-il adressé aux organisations présentes.

Une nouvelle stratégie

Le volet communication de cette opération coup de poing contre le choléra poursuit deux objectifs clés : engager les autorités locales; renforcer la participation communautaire aux activités de sensibilisation pour le changement de comportement.

Au-delà de la phase de mobilisation communautaire, l’opération comporte également une phase d’actions.  15 équipes de réponses rapides supplémentaires sont déployées dans le département de l’Ouest et permettent de répondre à plus de 85% des cas suspects et de renforcer la prévention, la  mobilisation et la sensibilisation.

 

Retour à l’école. Retour à la normalité. Presque…

Fort-Liberté. 11 septembre – C’est lundi. Une semaine après que l’année scolaire ait commencé officiellement en Haïti. Les écoles font une fois de plus un effort timide pour rouvrir leurs portes. Tout le monde est impatient de tourner la page d’Irma, mais la réalité est tout autre. Même si 12 des 13 abris ont été évacués hier pour s’assurer que les écoles peuvent rouvrir aujourd’hui, certaines d’entre elles ne sont tout simplement pas prêtes à accueillir leurs écoliers.

Les élèves du Lycée Duty Boukman, reprennent le chemin des classes. Ce lycée a servi d’abri temporaire pendant une courte période.

Avec mon collègue de l’UNICEF, Brice, les inspecteurs de l’école et les ONG partenaires, je fais partie d’une mission d’évaluation commune dont l’objectif est de savoir quelles écoles ont été inondées ou endommagées par Irma. L’ambition est de concentrer les ressources limitées dont elles ont le plus besoin, afin de s’assurer que tous les élèves puissent retourner en classe rapidement.

Mais le défi va bien au-delà des infrastructures scolaires. « Beaucoup de nos enseignants et les familles de nos élèves ont vu leurs maisons inondées pendant Irma. Ils ne sont pas à l’école parce qu’ils sont occupés à récupérer ce qui peut être sauvé », nous explique Maître Jean Baptiste, le directeur de l’école Mebane. En effet, sur les six écoles que mon équipe visite trois n’ont pas eu d’écoliers aujourd’hui, et les autres n’ont qu’une petite partie de leur effectif habituel.

Ce n’est pas l’affluence des jours normaux

L’accès est un autre problème. Déjà difficiles à atteindre en saison sèche, certaines écoles sont entourées par la boue et de petits cours d’eau en raison de fortes précipitations. Dans notre tentative d’atteindre l’école de Beudoux, une priorité sur notre liste, en raison des dommages subis. Notre voiture s’est enlisée deux fois. Et seule l’expertise de Gabrielle, notre chauffeur expérimenté, nous a évités de pousser la voiture jusqu’au rivage.

Irma a levé le voile sur les vulnérabilités existantes. « Je suis arrivé à l’abri parce que l’endroit où je vis était inondé. Mes parents sont morts pendant le tremblement de terre de 2010, alors maintenant je reste avec la femme pour laquelle je travaille. Pour gagner ma vie, je transporte des produits d’Haïti vers la République dominicaine, et vice-versa. Cela fait longtemps que je ne suis pas allé à l’école. C’est trop cher », explique Renel, 14 ans. Il est venu à l’abri et, une fois qu’il a fermé, il est retourné à sa vie en marge de la société …

Les écoles, les routes, les maisons les plus touchées par Irma sont celles étaient déjà dans une situation difficile. À St Martin, l’ouragan était puissant, il a détruit des infrastructures solides. En Haïti, il était beaucoup plus léger et il a affaibli des structures qui étaient déjà fragiles. Mère Nature a attiré notre attention, c’est une autre leçon sur l’importance vitale de l’investissement structurel pour dévoiler le potentiel d’Haïti. Irma aujourd’hui ne concerne pas les secours d’urgence, mais un engagement profond envers les communautés locales. L’UNICEF les soutient sur leur chemin ; retour à l’école, retour à la normalité, retour vers l’avenir.