Editorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Des enfants, attendant dehors, au cours d’une inauguration d’école

L’année 2017 qui s’achève a été riche en interventions pour l’UNICEF Haïti. Nous avons soutenu les actions du gouvernement haïtien en renforçant ses capacités dans les domaines liés à la survie et au développement de l’enfant.  Car nos actions sont guidées par notre mandat qui est le bien-être de tous les enfants.

C’est le principe d’équité qui nous guide pour permettre aux enfants et aux familles les plus vulnérables et celles vivant dans les endroits les plus reculés de bénéficier d’une intervention humanitaire permettant de sauver leur vie.  L’UNICEF a été sur tous les fronts au cours de cette année 2017.

Entre autres actions :

-La certification des familles d’accueil fait partie de l’une des alternatives au placement des enfants dans les institutions. Nous avons également procédé à la Certification des ‘’Ecoles amies de l’hygiène’’ avec les partenaires. Les enfants pourront évoluer dans un environnement plus sain.

-L’UNICEF a également contribué au renforcement du système de santé en fournissant un appui technique au MSPP et en développant les systèmes de santé communautaires en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le réseau des agents de santé. Ces agents vont contribuer à sauver des vies.

-De janvier à septembre, plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois et 22 000 femmes enceintes et allaitantes ont reçu plusieurs micronutriments pour améliorer leur régime alimentaire et lutter contre l’anémie ferriprive.

Par ailleurs, nous avons continué avec nos interventions dans les départements touchés par Matthew :

  • L’UNICEF a permis à plus de 640 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable depuis le passage de l’ouragan Matthew.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan Matthew ont été réhabilitées, ce qui a facilité le retour en classe de plus de 30 000 élèves. Plus de 10 000 fournitures scolaires ont été distribuées dans 139 écoles et 27 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial.
  • En 2017, un total de 10 628 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et 7 381 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ont été traitées. Plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois, et 22 725 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des micronutriments.

A cause des changements climatiques, les cyclones deviennent de plus en plus dévastateurs. Renforcer la sensibilisation sur la gestion des risques et de désastres est une priorité. Nous avons organisé des consultations avec les jeunes dans le Sud et la Grand’Anse, les deux départements, les plus touchés par l’ouragan Matthew. La sensibilisation passe aussi par nos jeunes et adolescents.

J’aimerais profiter de ce moment, pour remercier nos collègues de l’UNICEF, autant ceux du bureau central que ceux des régions. Beaucoup de défis ont été relevés grâce à eux. Le personnel de l’UNICEF a été sur tous les fronts, au cours de cette année. Son dévouement à la cause des enfants a sauvé des dizaines de milliers de vie.

2017 s’en va et 2018 frappe déjà à la porte. Il y aura de nouveaux défis à relever, car l’important est de capitaliser sur les bons résultats enregistrés mais aussi de corriger ceux qui méritent de l’être. Néanmoins, les objectifs resteront les mêmes, créer un environnement qui permette aux enfants haïtiens de développer leur plein potentiel.

Il faut renforcer la lutte contre le choléra, la victoire est à portée de main, nous pouvons éliminer le choléra.

J’adresse un salut spécial à tous les enfants d’Haïti, à nos partenaires, et je souhaite à tous une bonne période de fête.

 

Marc Vincent

Représentant

 

L’ACAT à Nirva un modèle de continuité

Le comité ACAT en compagnie des partenaires Zanmi Lasante et UNICEF

La localité de Nirva (département du Centre) est l’une des premières à avoir été déclarée ‘’ Fin de défécation à l’air libre ‘’ (FDAL). Depuis le comité ‘’ Approche Communautaire pour l’assainissement total (ACAT) fait tout son possible, entre sensibilisation à l’hygiène et visite domiciliaire, pour permettre à la communauté de continuer sur cette bonne lancée. Le choléra a pratiquement disparu au sein de cette communauté.

« L’ACAT a eu un impact majeur au sein de la communauté. Car avant, le choléra faisait des ravages. Les membres de la communauté se sont mis ensemble afin de saisir le problème à bras-le-corps en aidant les gens à construire des toilettes afin que cela ne se reproduise plus », explique Wilfrid Moise, président du comité ACAT de Nirva, qui s’estime satisfait concernant la situation actuelle.

La localité compte 150 familles, il n’y avait que 66 latrines. Dans le cadre de l’ACAT, les gens ont construit près de 42 latrines. Nirva fait partie de la section communale de Grand Boucan.

André Aimable, membre de la communauté, se souvient encore des moments difficiles de la population, concernant la propagation du choléra. « L’ACAT c’est une expérience extrêmement importante pour nous, car avant les parents avaient beaucoup de tristesse. Lorsque leurs enfants étaient atteints du choléra, en les emmenant au centre de traitement, ils ne savaient pas si les enfants allaient revenir vivants », se souvient-il.

La DINEPA, l’UNICEF et Zanmi Lasante sont venus vers eux en les sensibilisant sur l’importance des latrines et de la promotion à l’hygiène. Ils ont décidé de prendre part au programme.

Des difficultés pour faire accepter le projet 

Une latrine avec son tipitap

Au départ ce n’était pas facile, car les membres de la population s’attendaient à recevoir une aide matérielle ou financière pour construire les latrines. C’était d’autant plus difficile que dans le même moment d’autres organisations construisaient des latrines gratuites. Les membres du comité ont fait preuve de patience et de pédagogie pour qu’ils acceptent de construire les latrines eux-mêmes.

« Nous avons dû leur expliquer qu’ils seront les grands bénéficiaires de ces latrines. Car ce sera un gain considérable pour la santé de leurs enfants et pour eux aussi. Nous avons tous besoin de ces latrines et nous sommes témoins des ravages du choléra, il faut nous mettre ensemble pour y arriver », explique Casséus Mercidieu, un autre membre du comité.

Pour creuser les trous des latrines, il fallait de la volonté et du courage. Les membres se rassemblaient en fin de journée en allant aider les personnes de la communauté. Il y a eu un effet boule de neige et tout le monde voulait avoir une toilette. Les toilettes sont construites avec les moyens du bord, soit en pailles, en toiles, et rarement en béton.

La communauté a été déclarée ‘’Fin de défécation à l’air libre’’ (FDAL) en Février 2015 et il y a une grande fête de témoignage. « Depuis lors nous n’avons jamais eu de cas de choléra au sein de notre communauté », dit Casseus, satisfait.

Une coalition de tous les partenaires pour le suivi

Jean Montas, agent communautaire WASH, au sein de Nirva, est responsable de la sensibilisation à l’hygiène. Il avoue n’avoir aucun temps libre, car il doit rendre des visites régulières dans les foyers afin de s’assurer si certaines règles d’hygiène sont respectées. Par exemple, si les latrines sont propres, si les ouvertures sont couvertes, si les tipitap (sorte de gallon pour laver les mains) sont en bon état de fonctionnement. La sensibilisation à l’hygiène s’effectue, dans les écoles, dans les églises, bref dans tous les lieux de rassemblement. Jean Montas met surtout l’accent sur les mesures à appliquer afin d’éviter d’attraper le choléra.

Il se demande quand il pourra prendre des vacances. « Mais nous appartenons à la localité, il faut aider les gens, c’est la mission que je me suis donnée », lance-t-il.

UNICEF appuie Zanmi Lasante, partenaire pour l’implémentation dans le Plateau central. Elle est mise en œuvre avec le soutien de la Direction Nationale d’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) et du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Equipes de réponse rapide : un véritable rempart contre le choléra

Une équipe de réponse rapide du département du Centre

Les chiffres du choléra se sont considérablement réduits au cours de cette année 2017. Ils n’ont jamais été aussi bas. La nouvelle stratégie de lutte contre le Choléra a porté ses fruits. Au centre de l’attention se trouvent les équipes de réponse rapide, qui sont de véritables guerriers. Les membres vont combattre le choléra dans les départements ciblés, par beau temps ou temps de pluie. Principalement dans le département du Centre, où les distances à couvrir sont parfois immenses. L’UNICEF est l’un des acteurs clés de la lutte contre le choléra dans le pays.

Mirebalais, le 23 novembre 2017-La voiture tout-terrain subit les assauts des roches, la route n’est pas bonne. Il faut zigzaguer entre les crevasses, pour éviter la boue. Il a plu la nuit dernière, mais les conditions sont acceptables pour arriver à Menaj, localité de Laschaobas (Centre).

L’équipe de réponse rapide d’ACTED, partenaire de l’UNICEF, avec leurs T-shirts verts reconnaissables à plusieurs lieues, est sur le pied de guerre. Elles viennent mener une séance de sensibilisation. Mais la communauté est assez calme, car aujourd’hui c’est jour de marché. Cependant se trouvent encore des gens qui pourront écouter les messages et recevoir les kits d’hygiène, au besoin.

Un membre de l’équipe rapide avec un haut-parleur s’est déjà détaché pour rassembler les personnes qui sont présentes. Dans la vallée vide, sa voix est répercutée par l’écho. Il réussit à rassembler une vingtaine de femmes et quelques enfants. Les hommes sont dans les champs.

Important de continuer la sensibilisation

Une séance de sensibilisation

L’équipe commence à faire la sensibilisation à l’hygiène. Aujourd’hui, l’équipe est là pour un renforcement de sensibilisation. Il se déroule généralement suite à la distribution de kits d’hygiène. Ces kits contiennent du savon, des Sérum de réhydratation orale, et des aquatabs et un seau à robinet.

« Il faut vous laver les mains dans les moments cruciaux, avant de manger et après être sorti de la toilette. Il faut utiliser de l’eau traitée pour votre santé et celle de vos enfants ». Après ces messages, l’équipe demande aux riverains qui n’habitent pas trop loin d’apporter l’eau avec laquelle ils se servent pour faire un test sur le taux de chlore résiduel, pour vérifier s’ils ont respecté les instructions.

Les activités des équipes de réponse rapide consistent en trois parties : investigation, réponse, sensibilisation. « Concernant la situation pour le bas-Plateau, c’est assez calme car nous sommes passés de 38 cas par semaine à 14 cas et pour le moment c’est seulement 7 cas », explique Jennyfer Joseph, responsable de projet choléra pour le Bas-Plateau central.

Parcourir de grandes distances

L’une des plus grandes difficultés pour les équipes de réponse rapide, revient aux grandes distances qu’ils doivent parcourir pour atteindre les endroits éloignés. Parfois cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Car ils doivent dormir en chemin, pour continuer leurs activités et s’assurer que tout le monde est sensibilisé aux principes d’hygiène.

« Dans certains endroits montagneux, même les mules ne peuvent pas passer, mais nous sommes obligés d’y aller s’il y a des cas de choléra. Cela fait partie de notre mission. Des fois nous faisons des missions de plusieurs jours dans ces localités pour toucher tout le monde », rappelle Nadia Delmond, chef d’équipe d’urgence pour Acted, rappelant que la réception des gens est toujours positive.

 

Atelier de formation sur l’éducation et l’éradication du travail des enfants

Les participants pour la photo souvenir

“Education 2030 et éradication du travail des enfants”. Tel a été le thème de l’atelier organisé au Centre International de Formation de l’Organisation Internationale du Travail (OIT) à Turin (Italie) du 06 au 10 novembre 2017.

Cet atelier a réuni des représentants du Burkina Faso, des Comores, du Liban, du Mali, de la Mauritanie, de la Suisse et d’Haïti dont le directeur général du ministère de l’éducation nationale. Il visait entre autres objectifs à permettre aux participants de : dégager une meilleure compréhension des liens existant entre la réalisation de l’objectif de l’éducation 2030 et l’élimination du travail des enfants; identifier les différentes stratégies pour lutter contre la vulnérabilité au travail des enfants et l’exclusion de ces derniers de l’éducation;  réfléchir aux rôles que les parties prenantes peuvent jouer dans la réalisation de l’éducation à l’horizon 2030 et dans l’élimination du travail des enfants d’ici à 2025.

Suivant les estimations de l’OIT, présentées à la formation, environ 218 019 000 d’enfants sont astreints au travail à travers le monde ; 151,622, 000 de ces enfants sont âgés de 6 à 14 ans et 75 525 000 enfants effectuent des travaux dangereux pour leur santé, leur développement physique, social ou mental.  Par travaux dangereux, on entend les activités qui compromettent l’éducation des enfants, les activités qui les concerne de toute scolarisation.

Cet atelier a également permis aux participants de passer en revue les principaux cadres internationaux en lien avec l’éducation et la question du travail des enfants. Une attention particulière a été accordée à la Convention relative aux droits de l’enfant, aux différentes Conventions de l’OIT sur l’âge minimum à l’emploi, et aux pires formes de travail des enfants, les Objectifs de Développement Durable (ODD), plus particulièrement l’objectif no 4 qui encourage une éducation inclusive équitable et de qualité.

L’éradication du travail des enfants ; une obligation

Une séance de travail

Les participants à cet atelier sont arrivés à la conclusion que l’éducation et l’éradication du travail des enfants ne sauraient être l’affaire exclusive des Ministères d’éducation des pays.

Le directeur général du Ministère de l’éducation Nationale et de la Formation Professionnelle (MENFP), le Dr Meniol Jeune, a exprimé son appréciation de l’approche participative utilisée par les facilitateurs et aussi de la qualité des échanges entre les participants.  Il entend travailler à la sensibilisation des acteurs éducatifs sur cette thématique et promouvoir l’éradication du travail des enfants.

Les représentants de l’Institut du Bien-Etre Social et de Recherches (IBESR) à cette formation, Peterson Cadet et Marckens Saint-Louis, proposent de travailler à la définition d’un plan de formation pour les ‘’pairs de protection’’ à travers des séances de restitution des axes fondamentaux du processus d’éradication du travail des enfants.

Geslet Bordes, officier en protection de l’enfance à l’UNICEF Haïti a, quant à lui, exprimé sa satisfaction pour les principaux outils déjà disponibles sur cette thématique. Les connaissances acquises au cours de cet atelier serviront à l’opérationnalisation du plan d’action qui sera préparé avec la participation effective du MENFP et de l’IBESR.

Pour une éducation inclusive de qualité en Haïti d’ici à 2030, disons tous et toutes : “Non au travail des enfants, et oui aux enfants dans les salles de classe !”.

 

152 écoles ont reçu la certification école amie de l’hygiène.

152 écoles amies de l’hygiène ont été certifié le 21 novembre dernier lors d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince.

Cérémonie de certification de 152 écoles amies de l’hygiène à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cérémonie de certification de 152 “Écoles amies de l’hygiène” à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cette activité de certification de 152 écoles était organisée  par  le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle en collaboration avec  le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la DINEPA, l’UNICEF ainsi que plusieurs autres partenaires dont la Banque Interaméricaine de Développement.

Le projet/programme « Certification des Écoles Amies de l’Hygiène », lancé officiellement en novembre 2014, vise la constitution d’un certain nombre d’écoles-modèles, en matière d’hygiène, dans chacun des dix départements du pays. Pour recevoir leur certification, les 152 écoles ont dû, pour cela, respecter un certain nombre de normes et critères liés à l’hygiène, l’eau et l’assainissement.

Toutes les écoles méritantes représentées lors de la cérémonie ont toutes démontré lors des inspections qu’elles avaient des toilettes et des latrines disponibles, des points de lavage des mains à proximité́ des toilettes, de la disponibilité́ de l’eau pour usage courant et qu’une supervision technique était assurée par des inspecteurs scolaires et des ingénieurs. Les directions des écoles ont aussi présenté leur engagement et leur participation dans l’enseignement de l’hygiène et la création d’un club de santé fonctionnel dans leur établissement respectif.

De nouveaux comportements relatifs à l’hygiène

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée écoles de Jeunes Filles de Jérémie.

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie.

« Je trouve qu’il y a beaucoup de différences parce que maintenant nous essayons de créer chez les apprenants de nouveaux comportements relatifs à l’hygiène. » explique Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie, tout juste après avoir reçu sa plaque confirmant la certification de son institution comme École amie de l’hygiène.

« On leur donne des directives mais il leur revient de gérer leurs propres états sanitaires, ce sont des jeunes adolescentes de 11 ans à 12 ans, elles comprennent très bien ce que nous attendons d’elles. On leur demande de créer des comités et on leur donne des consignes sur l’hygiène. On leur apprend à avoir des comportements positifs, à se laver les mains après être allé aux toilettes si non elles vont tomber malade et vont s’absenter de l’école. Si on est pas en bonne santé, on ne va pas rester à l’école non plus affirme la directrice.

« La certification des écoles amies de l’Hygiène relève d’une nécessité absolue. L’analyse de la situation réalisée en 2012 donne les chiffres suivants : 25% des écoles haïtiennes disposent d’installation d’eau potable, 50% de toilettes fonctionnelles, 69% de station de lavage des mains. 52% d’entre elles enseignent l’hygiène ou en font la promotion. » a expliqué M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

13 écoles appuyées par l’UNICEF

Lors de cette première évaluation 2017, sur les 17 écoles certifiées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, 13 sont appuyées par l’UNICEF (9 au Centre et 4 dans l’Artibonite). 8 autres écoles dans l’Artibonite sont prêtes et en attente d’évaluation pour leur certification.

Les écoles que UNICEF a aidé à reconstruire à travers le pays, après le tremblement de terre du 12 janvier, sont toutes équipées de bloc sanitaires. Avec possibilité de collecte d’eau de pluie car la question de l’eau peut être un défi dans certains endroits du pays. UNICEF a également mené des séances de sensibilisation à l’hygiène pour le personnel scolaire et aussi pour les écoliers.

« Cette certification va permettre d’avoir des écoles plus sûres. Car à cause de l’insalubrité de certains établissements, l’école qui devrait être un environnement protecteur, peut devenir une menace pour la santé des enfants. Nous savons qu’ils sont particulièrement vulnérables aux microbes et la santé de nos enfants est une priorité absolue » a ajouté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Encore beaucoup d’efforts

Malgré le succès de ce programme, il y a encore beaucoup d’efforts à accomplir. Selon les dernières statistiques disponibles, le ratio élèves/toilette en Haïti est présentement de 128 alors que les normes prévoient 25 à 50 élèves par cabine. 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. Même si 20% du contrôle de l’eau de boisson dans les écoles est assuré par la DINEPA, 73% des écoles du pays n’ont toujours aucun contrôle sur la la qualité de cette eau.

En ce sens, par la voix du représentant du directeur général Monsieur Guito Edouard, la DINEPA s’est engagée à renforcer sa collaboration dans le projet pour permettre la concrétisation des objectifs communs pour le bien-être des enfants d’Haïti.

Tous les enfants ont les mêmes droits

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance écoles

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

« L’UNICEF mise beaucoup sur l’équité qui prône un accès aux soins et service pour tous les enfants sans aucune distinction. Tous les enfants ont les mêmes droits. Ces écoles certifiées rentrent en droite ligne avec les Objectifs de développement durables 3, 4 et 6 qui respectivement font référence à la ‘’ bonne santé et bien-être, éducation de qualité, eau propre et assainissement. Nous devons faire beaucoup plus, afin que les ODD, plus que des objectifs comptables, deviennent une réalité » a insisté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Le projet « Certification des écoles amies de l’hygiène » porté par la Direction Santé Scolaire (DSS) avait pour objectif de certifier sur 2 ans, un minimum de 100 établissements scolaires, (10 en moyenne par département), du point de vue « eau, assainissement et hygiène », de manière à les proposer comme modèles au niveau national. Avec déjà 152 écoles qui ont reçu la certification « École amie de l’hygiène » le pays est sur la bonne voie.

 

Hygiène, clés du développement

Charles Ernest Chatelier, Directeur Général du FAES a, quant à lui, déclaré devant la salle : «soyons tous amis de l’hygiène car elle est une des clés du développement du pays. »

Les établissements certifiés « amis de l’hygiène » ont reçu une plaque d’honneur. Ce statut sera revu tous les deux ou trois ans, après évaluation. Une nouvelle vignette sera alors apposée sur la plaque en cas de maintien des bonnes pratiques d’hygiène. D’autres institutions s’ajouteront progressivement à la liste, au niveau de chaque département géographique.

« Nous devons aller au-delà d’un simple projet. Il nous faut construire de meilleurs citoyens » a dit M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Éducation Nationale.

Par ce Programme le Ministère de l’Éducation Nationale entend : Faire connaitre et proposer comme modèles, au niveau national, les « Écoles amies de l’hygiène » des dix départements du pays ; encourager les directions d’école, le personnel scolaire, les élèves, les parents et la communauté à assurer l’entretien des établissements scolaires, moyennant un accompagnement de la Direction Santé Scolaire (DSS), des Directions concernées (DGS, DAEPP DPCE…) ainsi que des différents partenaires ; encourager l’inspection régulière de ces écoles tant du point de vue physique que sanitaire et éducatif ; Encourager la création, dans ces établissements, d’un club de santé constitué d’élèves et fonctionnant sous l’égide de la Direction et/ou du Conseil d’école ; montrer, aux décideurs et à la population en général, que, dans l’état actuel des choses, la santé constitue la meilleure porte d’entrée vers l’excellence et la qualité de l’éducation.

La journée de l’enfance célébrée en grande pompe en Haïti

Le Représentant de l’UNICEF présentant un certificat à un parent

Port-au-Prince, le 20 Novembre 2017-  C’est en présence des plus hautes autorités du pays que la Journée de l’enfance, donc l’anniversaire de la Convention relative aux droits des enfants, a été célébrée en Haïti. L’UNICEF, le gouvernement haïtien ainsi que les organisations locales et internationales, ont tenu à renouveler la promesse faite de créer un environnement protecteur, pour le bien-être des enfants d’Haïti.

Pour ce 20 novembre, le thème national étant « YON FANMI POU CHAK TIMOUN » (Une famille pour chaque enfant). L’activité principale de la journée, était la remise de certificat d’accréditation de 76 familles d’accueil. (49 seront nouvellement accréditées, et 27 seront renouvelées).

Parmi les personnalités présentes, la Première Dame de la République, Mme Martine Moïse ; la Ministre des Affaires Sociales et du travail, Mme Stéphanie Auguste ; la Ministre de la jeunesse et des sports, Régine Lamur ; la directrice de l’Institut du Bien-Être social et de recherches (IBESR), Mme Arielle Jeanty Villedrouin ; le Représentant de l’UNICEF en Haïti, Mr Marc Vincent et la représentante de Terre des Hommes/Lausanne, Mme Islande Georges Cadet. Il faut aussi parler de la présence des enfants et des acteurs clés de la protection de l’enfance en Haïti.

L’anniversaire de la CDE

« A l’UNICEF, ce 20 novembre représente aussi le jour le plus important pour toute l’organisation.  Car il célèbre l’anniversaire de la Convention relative aux droits des enfants. Nous formons l’espoir que cette journée, ne sera pas seulement une célébration, mais qu’il permette de toucher les cœurs et les consciences avec l’objectif de changer la situation des enfants vulnérables à travers le pays », a indiqué Mr. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti.

La Première Dame qui tient un enfant

Il a plus loin félicité les familles qui participent à ce programme. « Aujourd’hui, l’UNICEF et ses partenaires, s’engage à assurer le suivi de ces nouvelles familles accréditées, à défendre le processus de désinstitutionnalisation, et souhaitons que davantage d’enfants en institutions, ou d’enfants victimes d’autres vulnérabilités soient placés dans un foyer chaleureux », a-t-il continué.

Une jeune ambassadrice de l’IBESR, Habrana Brizard a insisté pour le respect des Droits des enfants sans exception. « Je ne suis pas trop petite pour apprendre que Les défis sont de taille. Cependant j’ai appris que la vie est une lutte, alors luttez pour ce qui est bien est une obligation », s’est-elle adressée à l’assistance.

Identification des enfants, une étape primordiale

Dans son allocution de circonstance, Mme Martine Moïse, a indiqué que l’accréditation de ces familles d’accueil fait partie d’une avancée significative. Elle en a profité pour féliciter ces familles « qui ont consenti à donner de leur temps, de leur présence réconfortante, de leur amour pour participer valablement à l’évolution intégrale et harmonieuse des enfants qui en ont besoin ».

La Première Dame a ainsi rappelé l’importance de l’identification des enfants à la naissance, notamment à travers l’initiative ‘’konte m, mwen konte, dans les hôpitaux. « Elle diminue le risque d’être victime de traite et d’autres formes d’exploitation. Pyès ti moun pa dwe pitimi san gadò (aucun enfant ne doit être élevé seul) », a-t-elle dit, soulignant que le Président de la République, son excellence, Mr. Jovenel Moïse, ambitionne que tous les enfants aient un numéro d’identité et qu’ils soient élevés dans une famille car cela permettra une plus grande efficacité des programmes de sécurité sociale des familles et de protection des enfants.

 

Célébration de la Convention relative aux droits des enfants : Placer le respect des droits des enfants au cœur

Les principaux partenaires, lors de la certification des familles d’accueil

Port-au-Prince le 21 Novembre 2017- A l’occasion de l’anniversaire de la Convention relative aux droits des enfants, célébré le 20 novembre, partout dans le monde, l’UNICEF réitère son souhait de voir chaque enfant au sein d’une famille. Ainsi l’UNICEF supporte l’Institut du Bien-Être social et de Recherches (IBESR) pour la réalisation de la semaine de l’Enfance. Le thème national étant « YON FANMI POU CHAK TIMOUN » (Une famille pour chaque enfant).  

Comme chaque année, l’objectif de l’UNICEF dans le cadre de cette semaine est de mettre l’accent sur le droit de chaque enfant au bien-être physique, mental et émotionnel. L’organisation appelle à placer le respect des enfants en tant que personnes à part entière au centre de l’attention publique.

En mettant l’accent sur le rôle primordial que jouent les familles pour le développement de l’enfant, en présence de la Première Dame de la République, Mme Martine Moise, l’UNICEF a procédé ce lundi 20 novembre de concert avec l’IBESR et le Ministère des affaires sociales et du travail (MAST) ainsi que d’autres partenaires, à la certification de 76 familles d’accueil.

« L’UNICEF soutient tous les efforts qui visent à réduire le nombre d’enfants placés dans les institutions. La place d’un enfant est dans la famille, biologique ou d’accueil. C’est ce qui lui permet de développer tout son potentiel. », souligne Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « L’UNICEF soutient le gouvernement haïtien pour le bien-être de tous les enfants en Haïti ».

Dans cette même logique, ce 21 novembre, s’est tenue la cérémonie de certification des ‘Écoles amies de l’hygiène’ en partenariat avec le Ministère de l’Éducation nationale et de la Formation professionnelle, du Ministère de la Santé publique et de la population ainsi que d’autres partenaires. De bonnes conditions d’hygiène au sein de l’école sont un apport important à l’apprentissage des enfants. Sur les 17 écoles certifiées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, 13 sont appuyées par l’UNICEF.

Oui à la Participation

Au-delà des activités dédiées à la protection, à la survie et à l’éducation l’UNICEF entreprendra durant la semaine du 20 novembre une série d’activités visant à valoriser la voix des enfants et des adolescents. La participation étant le quatrième pilier de la CDE le but est de communiquer avec, pour et à travers les enfants. Les voix des enfants seront partagées à travers les médias sociaux, et le Blog de l’UNICEF.

Non à la Violence

Durant toute la semaine du 20 novembre, de courtes vidéos d’opinion sur la violence quotidienne, des « voxpops », seront partagés sur les médias sociaux car l’UNICEF travaille pour « Une famille sans violence pour chaque enfant. » Dans la même logique est planifié un atelier sur la violence et la résilience qui sera suivi par une remise de diplômes au premier groupe d’intervenants formés en l’intelligence émotionnelle et leadership personnelle.

Une série de pièces musicales destinées aux enfants, composées et interprétées par l’artiste haïtien de renom, Jean-Jean Roosevelt, sera lancée en ligne, sur nos réseaux sociaux, ainsi que la vidéo musicale ‘Pou chak timoun’ (Pour chaque enfant).

La CDE un texte important pour les droits de l’enfant  

Dans 54 articles et deux Protocoles facultatifs, la Convention énonce les droits fondamentaux qui sont ceux de tous les enfants du monde : le droit à la survie ; le droit de se développer dans toute la mesure du possible ; le droit d’être protégé contre les influences nocives, les mauvais traitements et l’exploitation ; et de participer à part entière à la vie familiale, culturelle et sociale.

Les quatre principes fondamentaux de la Convention sont la non-discrimination ; la priorité donnée à l’intérêt supérieur de l’enfant ; le droit de vivre, de survivre et de se développer ; et le respect des opinions de l’enfant. Tous les droits reconnus dans la Convention sont inhérents à la dignité humaine et au développement harmonieux de chaque enfant. La Convention protège les droits des enfants en fixant des normes en matière de soins de santé, d’éducation et de services juridiques, civils et sociaux.

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Au sujet de l’UNICEF

L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous. Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail : www.unicef.org/fr

Sur notre blog : www.timounyo.com  , Facebook : UNICEF Haiti, Twitter : UNICEFHaiti

Pour plus d’informations :

Cornelia Walther, chef de la communication à l’UNICEF, cwalther@unicef.org

 

APRES AVOIR ÉTÉ DIAGNOSTIQUÉ POUR LA MALNUTRITION, WISEDARLÈNE, ÂGÉE DE 10 MOIS, SE RELÈVE

Séance d’appui psychosocial au sein du projet

Suite à l’ouragan Matthew qui a dévasté le Département de la Grand’Anse, l’UNICEF, avec un financement de la Commission européenne pour la Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire (ECHO), appuie le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), via des organisations locales, pour venir en aide aux enfants souffrant de malnutrition.

D’une part, à travers la Fondation pour le Développement et l’Encadrement des Familles Haïtiennes (FONDEFH), plusieurs centaines d’enfants du Département de la Grand’Anse, âgés de 0 à 59 mois, ont bénéficié des soins nutritionnels divers. Ces soins, variés en fonction des cas diagnostiqués et du contexte communautaire, peuvent soit prendre la forme d’activités communautaires de sensibilisation à l’intention des parents sur les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), soit consister dans la fourniture de micronutriments pour la prévention de la malnutrition, ou du lait thérapeutique et du plumpy nut pour la prise en charge et le traitement.

D’autre part, avec l’Initiative Départementale contre la Traite et le Trafic des Enfants (IDETTE), un suivi est fait pour fournir une assistance socio-économique aux familles des enfants diagnostiqués, à travers des activités génératrices de revenus (AGR), des visites domiciliaires, et de l’appui psychosocial.

Histoire de Wisedarlène

Formation contre la violence

Lineda Jean habite une petite localité à Bariadelle, première section communale de Dame Marie (Grande Anse). Mère de trois enfants dont la petite Wisedarlène, elle garde encore le souvenir de ce déplacement à l’hôpital communautaire de Dame Marie pour y emmener sa fille, repérée par les agents de santé communautaire polyvalents (ASCP).

Elle se souvient encore de la date de l’hospitalisation de sa petite Wisedarlène née le 23 décembre 2016, alors âgée de 5 mois : « C’était le 19 mai 2017, je suis allée avec elle à l’hôpital parce qu’elle ne se portait pas très bien, elle avait de la fièvre, de la grippe. Les agents qui m’ont référé à l’hôpital m’avaient notifié que l’enfant allait être hospitalisé, car elle faisait seulement 4 kilos, incompatible avec son âge », raconte-t-elle.

Après 12 jours d’hospitalisation, Wisedarlène, qui souffrait de malnutrition aigüe sévère, pesait 5,5 kilos à la sortie de l’hôpital. Poids toujours insuffisant, mais qui réjouissait sa mère à cette époque qui ne souhaite rater aucun des rendez-vous programmés par le staff médical. « Je dois me rendre à l’hôpital tous les huit jours pour suivre les progrès de Wisedarlène (prendre son poids et mesurer son périmètre brachial) et récupérer les 18 paquets de plumpy nut ». Actuellement, « Wisedarlène (10 mois) fait 7,4 kilos », conclut-elle, soit presque le double de ce qu’elle pesait, il y a 5 mois de cela.

Lineda Jean continue de veiller au bien­-être de sa petite fille en allant régulièrement à ses rendez-vous, poursuivant son allaitement, et en suivant les conseils des médecins et infirmières pour sa nutrition. Elle s’estime heureuse et en témoigne : « Je suis très satisfaite d’avoir eu cette opportunité que d’autres parents n’en ont pas ». Avec l’appui fourni par IDETTE à travers son programme d’AGR, Lineda, mère célibataire, dispose maintenant d’une activité financière de vente de boissons gazeuses. Ce qui lui permet de répondre partiellement aux besoins de sa famille.

L’UNICEF, avec le soutien de ses bailleurs y compris ECHO, continue d’apporter sa contribution en vue du respect des droits de l’enfant, et de l’amélioration des conditions de vie des familles, y compris celles vivant en milieu rural, et victimes de catastrophes naturelles.

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».

Vulgarisation de Savoir pour Sauver à travers les chants populaires

Une choregraphie de savoir pour sauver

Le Samedi 14 octobre, en marge de la célébration de la ‘’Journée mondiale du lavage des mains’’, le gymnasium Vincent de la Rue Romain était en fête pour accueillir un évènement important pour le bien des enfants: le lancement d’un album de chants inspirés du document: Savoir pour sauver (“Konesans pou sove lavi”).

Tenant compte de l’aspect ludique du chant, de sa capacité à rassembler et à sensibiliser les gens, au-delà des différences, ce medium a été privilégié pour véhiculer les pratiques familiales essentielles à un grand nombre de personnes.

Près de 200 enfants, du groupe “ Orchidée”, ont chanté, dansé et mimé les messages clés contenus dans les 14 chapitres du document “ Konesans pou sove lavi” à travers le festival dénommé “  A la bèl bagay se lasante” (La santé est une belle chose).

Le spectacle était divisé en deux parties :

– celle du chant sur les droits de l’enfant a vu défiler près d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs écoles de la place et qui égrenaient un à un les droits de l’enfant en tournant en cercle.

– la deuxième partie a mis en scène un groupe d’enfants vêtus de tenue paysanne et portant des provisions diverses sur la tête tout en dansant au rythme du chant sur la nutrition “Twa kalite mange”. La salle  a vibrée au rythme de la  chorégraphie de la musique tube de l’album “ ala bel bagay se lasante” interprétée par des enfants portant des tenues de style diffèrent.

Cependant, de l’avis de tous, les représentations étaient les unes plus magnifiques que les autres et les acteurs se sont surpassés pour offrir un spectacle haut en couleur qui a soulevé un enthousiasme collectif communicatif.

A noter que l’idée de préparer un album de chants s’inscrit dans une stratégie globale de promotion des pratiques familiales essentielles pour la promotion de la santé et le développement de l’enfant. Ces chants seront utilisés en priorité dans les clubs de santé qui font partie intégrante de cette stratégie et lors de la réalisation d’activités de sensibilisation diverses.

De manière générale, cet album de chants se veut être une importante contribution à la communauté haïtienne dans sa quête d’avoir des enfants haïtiens en bonne santé. Il a été conçu en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin de s’assurer que les messages sur la santé et le Développement de l’enfant qu’il contient soient culturellement accessibles à toutes  les couches de la population. Signalons que l’album a été produit par le groupe “Salut”  grâce à un support financier de l’UNICEF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Santé préventive, environnementale, communautaire (SPEC).