Renforcer la santé des jeunes enfants par la vaccination

 

Alexandra et sa fille attendant au centre de santé

L’UNICEF supporte les activités de santé et de nutrition du Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP) dans plusieurs domaines à travers le pays. Grâce à l’appui financier de la Banque Mondiale, l’UNICEF intervient dans les départements du Sud, de la Grand’Anse et des Nippes. La vaccination est une composante fondamentale de ce programme, car après le passage de l’ouragan Matthew, les besoins en santé des communautés touchées se sont accrus.

Camp-Perrin, le 18 décembre 2018 – Au centre de santé de Camp-Perrin (Département du Sud), ce n’est pas la grande foule, la plupart des femmes sont au marché. Néanmoins, quelques mères sont assises avec leurs enfants en attendant le moment de la vaccination. Parmi elles, se trouvent Alexandra D., âgée de 27 ans en tenant dans ses bras sa petite fille Saila âgée, de 11 mois. Le centre offre plusieurs types de vaccins : BCG, Pneumocoque, Anti rotavirus, Pentavalent, entre autres.

Elle n’a pas l’habitude de venir dans ce centre. Alexandra D. vit à Duchity, il faut compter environ deux heures de motocyclette pour y arriver. Le trajet est pratiquement impossible à pied, car la distance est trop longue. « L’infirmière chargée de la vaccination n’était pas disponible donc j’étais obligée de venir à Camp-Perrin pour faire vacciner ma fille », explique-t-elle.

« C’est important de vacciner les enfants pour les protéger contre les maladies. Cela offre une protection contre les microbes. Je ne manque jamais de le faire pour ma fille », continue-t-elle.

Dans ces communautés vulnérables, le soutien de l’UNICEF et de ses partenaires permet de garantir la gratuité des soins de santé, ce qui est un soulagement pour les habitants.

L’infirmière a dépisté par ailleurs une malnutrition modérée chez l’enfant et lui a donc prescrit des suppléments nutritionnels. Alexandra ne travaille pas ; le père de sa fille vit à Port-au-Prince, et envoie de l’argent mais ce n’est pas suffisant. Elle ne sait pas si elle aura les moyens d’emmener sa fille pour le prochain rendez-vous.

L’infirmière Yvanne Amazan, responsable du service vaccination-nutrition, réside aux Cayes. Elle se rend à Camp-Perrin tous les matins. En plus de la vaccination, le centre offre plusieurs autres services : urgences, nutrition, pharmacie, laboratoire.

« Le taux de fréquentation du centre avoisine 75% pour la commune de Camp-Perrin ; c’est ce centre qui reçoit le plus d’enfants pour la vaccination. Or, l’année dernière le taux était de 60%. C’est grâce à la sensibilisation et la mobilisation communautaire des agents de santé communautaire polyvalents (ASCP) que beaucoup plus de mères viennent faire vacciner leurs enfants », souligne-t-elle.

Mme Amazan explique que les parents viennent au centre les jours ouvrables mais le mercredi est le jour où il y a le plus de fréquentation parce que le centre administre le vaccin BCG et RR en plus des autres vaccins habituels.

Un projet aux multiples volets

Une visite d’inspection de l’equipe de l’UNICEF au centre de santé de Camp Perrin

« Nous remercions la Banque Mondiale pour cette généreuse contribution. Elle a permis de renforcer nos actions et d’avoir une présence continue sur le terrain. De concert avec nos partenaires et en support au MSPP, les interventions ont permis d’améliorer la santé des enfants et des familles », indique Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

La donation de la Banque Mondiale a ainsi permis de financer plusieurs activités de santé dans les départements touchés par l’ouragan Matthew.

L’intervention principale de l’UNICEF a été assurée par des cliniques mobiles afin d’accroître l’accès aux populations difficiles à atteindre et de fournir un ensemble complet de services comprenant la nutrition, la supplémentation en micronutriments, la vaccination, la prévention des maladies diarrhéiques et respiratoires, les services de santé destinés aux femmes en âge de procréer et aux femmes enceintes,  les soins néonatals essentiels, la promotion des services de santé, ainsi que des informations permettant de prévenir les maladies évitables les plus courantes et les IST / VIH.

Visite de la Directrice exécutive adjointe de l’UNICEF en Haïti

Fatoumata Ndiaye en visite à l’école primaire du Fonds Michel dans la commune de Mirebalais en Haïti. Le club d’hygiène de l’école était en session.

Du 15 au 17 novembre, Mme Fatoumata Ndiaye, directrice exécutive adjointe de l’UNICEF, a effectué un bref séjour en Haïti. L’objectif était de faire une visite des différents projets de l’UNICEF, de rencontrer les responsables de l’Etat haïtien, des agences sœurs des Nations Unies, des partenaires de l’UNICEF, mais aussi et surtout des bénéficiaires dont les enfants.  

Port-au-Prince le 17 Novembre 2018-  Mme Fatoumata Ndiaye a rendu une visite de courtoisie au Premier ministre haïtien, M. Jean Henry Céant. Au menu des discussions, l’accord de partenariat entre l’UNICEF et le gouvernement haïtien, l’adoption du code de protection de l’enfance, entre autres. Elle était accompagnée de la Représentante de l’UNICEF en Haïti, Mme Maria Luisa Fornara.

« Je suis très contente d’avoir pu rencontrer le chef du gouvernement haïtien. Les échanges ont porté sur la manière d’améliorer la coopération entre les deux entités. Nous avons parlé de textes de lois visant à renforcer la protection de l’enfance en Haïti. Afin que tous les enfants sans aucune distinction puissent bénéficier des services sociaux et ceci sans aucune discrimination. C’est notre plaidoyer », a-t-elle expliqué.

Les trois responsables ont également discuté de la situation des enfants en période d’urgence. Mme Ndiaye a renouvelé l’engagement de l’UNICEF dans la préparation aux urgences, notamment dans les secteurs du mandat de l’UNICEF comme la protection de l’enfance, l’éducation, la nutrition, l’eau et l’assainissement.

Des visites de terrain pour mieux connaitre la réalité

La directrice exécutive adjointe a également effectué plusieurs visites en dehors de la capitale afin de mieux appréhender le travail de l’UNICEF Haïti, à travers les bénéficiaires et certains partenaires. Elle a visité un centre de santé dans les hauteurs de Kenscoff, où la chaine de froid est conservée à travers l’énergie solaire.

Au Foyer l’Escale, qui est un centre de transit pour les enfants en domesticité, elle a eu des discussions assez instructives avec les enfants ainsi que les moniteurs. L’UNICEF appuie certaines activités du foyer en faveur des enfants.

Le Foyer l’Escale fournit des soins résidentiels temporaires, de la nourriture, des vêtements, de l’éducation, un soutien psychosocial et des soins de santé, selon les besoins, à tous les enfants transitant par le centre. Les enfants passent en moyenne 3 mois au foyer en attendant la réunification avec leur famille.

Un accent sur l’eau, l’hygiène et l’assainissement

Le vendredi 16 novembre la délégation s’est rendue dans le département du Centre pour une visite des projets ‘’eau et assainissement’’ et de lutte contre le choléra. Elle a visité un centre de traitement de diarrhée aiguë (CTDA), pour constater les progrès importants qui ont été faits. De juillet à octobre 2018, au total 139 personnes ont été admises au CTDA de Mirebalais, qui dessert toutes les communes du Bas-Plateau ainsi que certaines municipalités des départements limitrophes. Elle a également suivi une équipe de réponse rapide dans la localité de Gimbale (Centre). Elle a pu assister cette méthodologie de lutte contre le choléra, qui a été un élément déterminant dans la baisse du nombre de personnes atteintes.

A l’école nationale de Fonds-Michel, les écoliers ont réservé un accueil chaleureux à la délégation de l’UNICEF. Dans cet établissement, l’UNICEF à travers son partenaire, a construit un bloc sanitaire neuf comprenant : 8 cabines pour les filles, 6 cabines et 4 urinoirs pour les garçons et 2 pour les enseignants. Un club d’hygiène a été mis sur pied et les élèves y participent activement. Ils ont expliqué à Mme Ndiaye, l’importance de ce club en termes d’impacts positifs sur leur comportement.

Dans la localité retirée de Baudwi, la directrice exécutive a rencontré les membres de la communauté. Ils ont vanté les bienfaits de l’assainissement total piloté par la communauté (ACAT). Le projet consiste à encourager les gens à construire leur propre latrine. L’objectif principal étant de combattre la défécation à l’air libre. « Depuis que nous avons ACAT, les taux de choléra ont totalement baissé », lance l’un des habitants.

Mme Ndiaye a insisté sur les raisons de cette visite sur le terrain : « Voir ce que nous faisons pour aider les personnes qui contractent le choléra – les enfants, les familles et avec qui nous travaillons est fondamental. Nous pensons vraiment que toutes nos interventions, nous les faisons étroitement ici avec nos partenaires, locaux, internationaux, le gouvernement et la communauté », a-t-elle dit.

 

 

 

 

Renforcer les capacités de réponse durant les périodes d’urgence

Les participants au cours d’une séance sur le formulaire MIRA

 

Haïti est l’un des pays les plus vulnérables en termes de catastrophes naturelles. Cependant l’un des aspects les plus importants en période d’urgences, c’est une évaluation adéquate des besoins afin d’apporter une réponse humanitaire plus efficace. Grâce à un financement de la Direction générale pour la protection civile et les opérations d’aide humanitaire européennes de la Commission européenne (ECHO), l’UNICEF conduit toute une série d’activités en termes de réponse aux urgences dans le secteur ‘’eau et d’assainissement’’. La formation des partenaires WASH à des outils d’évaluation, est l’un des axes d’intervention.

Port-au-Prince, le 11 décembre 2018- Ils étaient plus d’une vingtaine de représentants d’organisations partenaires qui ont participé à la formation sur l’Evaluation multisectorielle initiale rapide (MIRA), qui a pour objectif d’identifier les priorités stratégiques humanitaires lors des premières semaines qui suivent une urgence.

Le groupe était composé par les partenaires du secteur eau, hygiène et assainissement. D’autres formations sont prévues pour les autres secteurs et dans d’autres départements. L’objectif étant d’atteindre les acteurs qui travaillent le plus étroitement avec des communautés. Ils recevront aussi la formation.

Les participants au cours d’une séance sur le formulaire MIRA

Les échanges étaient très animés. La méthodologie interactive a permis aux participants d’exprimer leur point de vue, de poser les questions. A la fin de la session, ils ont exprimé le souhait d’avoir d’autres formations de ce type.

Obed Cazeau, officier de projet à Gadyen Dlo (Deep Spring International) explique que l’une des difficultés rencontrées après une catastrophe est le manque de données fiables. Il espère que la situation va changer en Haïti avec la méthodologie MIRA.

« Cette formation va nous permettre de maîtriser cet outil, lorsque nous serons sur le terrain pour collecter les informations. J’ai beaucoup appris au cours de cette journée. Les connaissances acquises seront renforcées par la pratique », indique-t-il.

Les partenaires ont été formés sur plusieurs points : la mise en œuvre de la méthodologie MIRA; le formulaire à remplir, qui va permettre de collecter les données qui ensuite seront envoyées à la Direction de la Protection Civile (DPC) ; la pratique de l’évaluation MIRA sur le terrain.

« On s’est rendu compte qu’au moment des catastrophes, les acteurs humanitaires n’avaient pas en leur possession un outil conjoint d’évaluation des besoins. Pour pouvoir déterminer l’ampleur des dégâts et ensuite se coordonner pour apporter une réponse », explique Alix Nijimbere, officier en Reporting à OCHA et principal formateur.

Le formulaire MIRA est un questionnaire simple qui permet d’avoir une première photographie sur les besoins dans tous les secteurs, après une catastrophe : santé, sécurité alimentaire, eau et assainissement, protection de l’enfance, entre autres. Il renseigne également sur l’accessibilité des zones affectées, sur les questions de sécurité et de communication, entre autres. L’évaluation MIRA est un outil qui va permettre rapidement aux acteurs humanitaires d’avoir une compréhension de la situation.

« L’avantage du MIRA est que c’est un dispositif qui se met en place avant le choc, avec la constitution des listes, des personnes formées, des enquêteurs et des informations clé au sein de la communauté afin que l’on sache à qui s’adresser », conclut Alix Nijimbere.

 

Renforcer l’accès des enfants aux soins de santé par la vaccination

Mardochée vaccinant son fils

La vaccination demeure d’une importance fondamentale quant à la santé du nourrisson, du jeune enfant ainsi que de la mère. L’UNICEF, avec l’aide des bailleurs de fonds, en soutien au Ministère de la santé publique et de la population (MSPP), supporte des activités de vaccination à travers tout le pays. Grace à une donation du Japon, l’UNICEF renforce les activités de vaccination de routine dans les hôpitaux publics et les centres de santé pour maintenir les enfants en santé.

Croix-des-Bouquets, le 1er octobre 2018- C’est l’affluence habituelle dans le centre de santé de la Croix- des-Bouquets. Des dizaines de femmes avec leurs enfants, attendent patiemment leur tour dans le service qui les concerne. Il est encore tôt, mais les médecins et les infirmières sont déjà à leur poste dans les services. Les choses commencent à s’animer.

Des matériels du chaîne de froid

La salle destinée à la vaccination est un peu exiguë, une trentaine de mères, se tiennent difficilement avec leurs enfants. Mardochée B., âgée de 20 ans et mère de deux garçons est de celles-là. Elle est venue faire vacciner le plus jeune d’entre eux, Steve, âgé d’à peine un an. Le petit garçon est déjà très robuste pour son âge, et sa mère a toutes les peines du monde pour contenir ses mouvements. Les postes de vaccination sont réalisés par des infirmières, auxiliaires et les agents de santé communautaires polyvalents (ASCP).

« L’agent de santé m’a dit que la vaccination va protéger mon enfant contre les maladies, je l’ai donc emmené. Cela va le maintenir en pleine santé. Mon fils ainé a déjà reçu tous les vaccins », explique-t-elle. Mardochée est sensibilisée également sur les pratiques d’hygiène, de nutrition en autres afin de protéger la santé de son enfant contre les mauvaises pratiques. Le centre de santé fait la sensibilisation sur ces questions.

Les familles qui fréquentent le Centre de santé sont très vulnérables comme Mardochée. Elle ne travaille pas. Le service de vaccination au sein du centre est gratuit, car elle est subventionnée. Quand le vaccin est disponible, elles viennent avec leurs enfants. Certains enfants reçoivent également une supplémentation en vitamine A.

Faire face à l’affluence

Les gens viennent de tous les coins de la commune de Croix-des-Bouquets, l’une des plus grandes en termes de superficie, pour bénéficier des soins de santé gratuits, notamment la vaccination. Par jour, il y a entre 40 à 50 femmes qui viennent se faire vacciner ainsi que leurs enfants. La vaccination se fait du lundi au vendredi, les enfants de 0 à 11 mois et de 12 à 59 mois sont vaccinés. Les vaccins offerts sont : le pentavalent (DTP-hib-HEB), la polio, le BCG, le vaccin contre la rougeole.

Les mères attendent leur tour

Dr Faubert Aurelus, responsable du centre de santé, détaille les services offerts à la population : consultation pédiatrique, consultation prénatale, planning familial, consultation générale, entre autres.

L’hôpital a reçu, dans le cadre du financement du Japon, un réfrigérateur solaire pour la conservation des vaccins et d’autres matériels de la chaine de froid. Pour le responsable, il va permettre de mieux conserver les vaccins car le problème d’énergie ne sera plus un problème. « C’est une étape importante, car avec l’ancien, il y a des variations de la température qui risque de détériorer la qualité des vaccins », souligne-t-il.

Atteindre aussi les enfants dans les localités

Les agents de santé affectés au centre de santé promeuvent la vaccination dans les communautés et réalisent des postes de vaccination communautaires dans les localités les plus reculées. Altidor Grevi, est l’un d’entre eux, il travaille dans quatre localités de la commune de Croix-des-Bouquets. Parfois il doit marcher plusieurs heures pour atteindre ces communautés.

« Je réalise des postes de rassemblement avec les gens des communautés et je procède à la vaccination. Et je fais la pesée des enfants. Grâce à la vaccination, la rougeole a pratiquement disparu au sein des localités dans lesquelles je travaille », explique-t-il.

Renforcer la vaccination de routine

La vaccination de routine

Ce programme de renforcement de la vaccination de routine, financé par le peuple japonais, s’étend sur tous les dix départements, avec un accent particulier sur les 70 communes très difficiles d’accès. L’approche RED ( Reach every district) est la stratégie  de renforcement adoptée. Ce projet rentre en droite ligne avec l’ODD 3 qui a pour but d’assurer une vie saine et promouvoir le bien-être de tous à tous les âges.

« L’objectif principal est la réduction de la morbidité et de la mortalité infantiles dues aux maladies évitables par la vaccination. Nous voulons également augmenter la couverture vaccinale contre la rougeole et la rubéole de 51,9% à 90% avec une couverture d’au moins 80% au niveau communal. Grâce à cette généreuse donation du Japon, beaucoup plus d’enfants auront accès à la vaccination de routine », indique la Représentante de l’UNICEF en Haïti, Mme Maria Luisa Fornara.

 

 

Amener l’ACAT dans les localités enclavées

 

Le facilitateur WASH en discussion avec des membres du comité ACAT de Lauranette

Grâce à un financement du peuple japonais, l’UNICEF mène des activités de lutte contre la défécation à l’air libre dans différentes communautés qui sont très difficiles d’accès. Dans la localité de Lauranette, commune de Cerca-la-Source, département du Centre, la population a pratiquement éliminé la défécation à l’air libre. Ceci représente une avancée considérable, car par le passé, le choléra faisait des ravages dans la zone. Les habitants sont aujourd’hui très satisfaits des résultats et remercient le peuple japonais pour sa précieuse contribution.

Cerca-la-Source, Haïti. 03 Octobre 2018 – Il a plu la nuit précédente, donc emprunter la route pour aller à Lauranette (2ème Section communale de Losianne), n’est pas une partie de plaisir. La terre est très boueuse, et le sol peut facilement devenir un piège pour n’importe quel véhicule, aussi robuste soit-il. Parvenir à cette localité, en ces circonstances est donc une tâche difficile, qui ne décourage cependant pas l’agent de World Vision, partenaire de l’UNICEF pour le projet ‘’ Du renforcement de la prévention contre le choléra dans le département du Centre’’.

Une des latrines construites dans le cadre de ce projet

« Nous conduisons des séances de sensibilisation à l’hygiène à l’attention de la communauté. Avant de lancer l’Approche Communautaire pour l’Assainissement Total (ACAT), nous organisons des visites, puis nous assurons la mobilisation et nous vérifions que la zone est apte avant de lancer le processus. Ce faisant, nous invitons les membres de la communauté à nous rejoindre afin qu’ils s’engagent », explique Zacharie Porpote, facilitateur en eau-hygiène-assainissement (WASH) à World Vision pour la zone.

De concert avec la population, les facilitateurs mettent en place un Comité d’action et de suivi en assainissement (CASA). Leur rôle est de faire le recensement des toilettes au sein de la communauté. « Le comité mobilise et sensibilise les personnes qui n’ont pas de toilette à en construire. Les gens ont été très enthousiastes et dynamiques. Ils ont commencé à travailler dès le premier jour », continue-t-il.

L’enthousiasme de la communauté a été déterminant

Cet enthousiasme se traduit en la personne de Mme Elula Jean,  l’autorité locale (ASEC) de la section communale. Elle a été une force motrice pour le succès de l’ACAT, en sensibilisant les gens et en les motivant. « Je rappelle aux riverains, les ravages que le choléra a entraîné au sein de la communauté avant la construction des toilettes. Je leur demande de creuser des latrines avec les moyens qu’ils ont, même si ces moyens sont dérisoires. Si possible, je les appuie pour nourrir les travailleurs et je leur prête des outils », explique-t-elle.

« Il y a eu beaucoup d’amélioration quand on considère la situation avant. Mais c’est une lutte de tous les jours qui vise à faciliter la vie des gens. Il y a beaucoup plus de latrines au sein de la communauté et depuis lors, il n’y a plus de choléra », continue-t-elle. Beaucoup de gens sont morts du choléra dans la localité, car cela prend beaucoup de temps pour sortir de la zone. Ainsi la population a compris l’importance d’utiliser des toilettes et d’adopter des mesures d’hygiènes adéquates.

« Nous félicitons le peuple du Japon et l’UNICEF qui ont apporté cette contribution au sein de la communauté. Ils nous permettent de protéger nos vies ainsi que celle de nos enfants. Je les encourage à toujours travailler sur le terrain, car ils nous ont apporté une grande aide. Sans cette aide, nous ne savons pas où nous en serions à l’heure actuelle », conclut-elle.

Un Projet à plusieurs volets

Il y a également eu des constructions de point d’eau

Ces activités financées par le Japon dans le département du Centre et notamment à Cerca-la-Source, couvrent plusieurs axes dont la réhabilitation et/ou la construction des installations d’approvisionnement en eau dans 17 communautés et établissements périurbains, y compris la création et la formation de comités eau, hygiène et assainissement  (WASH)  ; la mise en œuvre de l’approche ACAT dans 100 communautés rurales et une approche d’assainissement appropriée dans 20 zones périurbaines ; la construction d’infrastructures WASH dans les écoles ainsi que la promotion à l’hygiène.

« A l’UNICEF, nous sommes très heureux du financement de ce projet, car il va permettre aux familles vulnérables et aux enfants de bénéficier des services WASH dans le département du Centre. Cela va sauver la vie des enfants et nous permettre de combattre les maladies hydriques, dont le choléra. Encore une fois, nous remercions le peuple Japonais qui nous aide à accomplir notre mission », a déclaré Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

 

 

 

 

Augmenter l’accès à l’eau par la reforestation

Une collaboration de la communauté a permis le projet

L’UNICEF avec une contribution de l’USAID met en œuvre des projets de réhabilitation d’eau dans plusieurs départements du pays. L’un des volets importants de ce programme est la reforestation autour des sources de captage d’eau afin de protéger et faciliter la recharge de la nappe phréatique et de permettre aux populations d’avoir de l’eau en quantité et en qualité suffisante.

Dans le Sud, le partenaire d’exécution du projet, la Croix-Rouge néerlandaise, va dans les endroits les plus reculés en menant à bien ce programme, avec l’appui de la DINEPA.

Cayes, le 18 Septembre 2018- La localité Mulat (3ème Boni) commune de Tiburon, est l’une des bénéficiaires. C’est un endroit très difficile d’accès, et le relief escarpé rend encore plus difficile l’accès à l’eau potable. Sous la supervision de la DINEPA, la Croix-Rouge Néerlandaise, avec le support de l’UNICEF et de l’USAID, conduit des activités d’adduction d’eau potable, comme la construction d’une source de captage, d’un réservoir ainsi que des bornes fontaines pour puiser l’eau.

D’un autre côté, des activités de reboisement sont menées afin d’assurer la pérennité du projet. L’un des responsables du projet au niveau communautaire, Saurel Vital, Casec de la section, ne cache pas sa satisfaction quant à la réalisation du projet. « Il y a eu beaucoup d’amélioration en ce qui concerne la situation de l’eau. Elle n’était pas potable et les animaux avaient l’habitude de souiller l’eau car la source n’était pas captée », explique-t-il.

« Il est d’une importance capitale de planter des arbres. Notre localité avait une très grande couverture végétale. Le cyclone Matthew a déraciné la grande majorité des arbres, rendant la communauté extrêmement vulnérable. La Croix-Rouge Néerlandaise a exécuté des projets de reboisement autour des sources d’eau construites ce qui va permettre de conserver cet ouvrage », se réjouit-il.

L’organisation a distribué 16 082 de plantules aux riverains des sources réhabilitées, incluant 11 900 arbres fruitiers et 4182 forestiers, elle a également organisé des séances de formation sur la protection de l’environnement. Pour l’ensemble du projet, 14 hectares ont été reboisées sur le périmètre de protection de 6 sources dont 3 hectare dans la zone de Mulat avec 2148 arbres comprenant 1500 arbres fruitiers et 848 arbres forestiers.

« Il y a eu beaucoup d’amélioration dans notre vie depuis ce projet d’eau. De plus, nous sommes mieux imbus de l’importance des arbres. Nous avons reçu des formations sur les techniques de plantation des arbres et bois de pousse et nous allons en planter beaucoup plus », souligne l’un des riverains. Dans le cadre du projet 120 personnes des communautés ont été formées sur les techniques de plantation des bois de repousse et des arbres.

L’engagement communautaire a fait la différence  

Tout le monde a participé

La communauté s’est rapidement impliquée dans le projet de reboisement, elle a participé à la construction d’une clôture autour de la source de captage, procédé à des nettoyages en arrachant les mauvaises herbes, et sensibilisé les gens afin qu’ils empêchent aux animaux de manger les plantules. Ils vont continuer de planter des arbres bien après le départ de la Croix-Rouge Néerlandaise.

« Nous avons accueilli ce projet avec beaucoup de chaleur, tout le monde était partie prenante. Nous avons mis sur place un service de volontariat. La communauté a participé au transport du matériel, car c’est très loin. Maintenant il nous revient de pérenniser ce projet. Nous sommes en train de les responsabiliser, car le projet nous appartient, désormais », poursuit M. Vital.

Un projet important

Joesmy Louis, agronome et coordonnateur Livelyhood, au sein de la Croix-Rouge Néerlandaise, insiste sur l’importance de planter des espèces d’arbres spécifiques afin de contribuer à la recharge de la nappe phréatique. Les formations ont permis aux gens de planter eux-mêmes des plantules qu’ils avaient préparées.

Pour combattre la sècheresse qui menaçait les arbres, des techniques artisanales ont été mise en place, comme l’utilisation de bidon d’eau sur la racine des arbres de manière régulière, de pailles pour réduire l’impact du soleil.

« Les gens n’ont pas été payés pour planter les arbres. Ils se sont levés de très tôt, tambour à la main dans une ambiance festive, avec la participation de tout le monde pour ce mouvement de reboisement », se réjouit-il. Le mélange d’arbres fruitiers a contribué à augmenter l’intérêt de la population.

Une localité très isolée

Un projet important pour la communauté

La localité de Mulat culmine à plusieurs centaines de mètres de hauteur. Nichée dans les montagnes, elle est pratiquement inaccessible. Il faut un bon chauffeur et une voiture tout-terrain solide pour y parvenir. Car la route est très étroite, tracée par la population avec les moyens du bord, c’est-à-dire rien.

Les grosses roches sont partout présentes, avec les falaises à pic qui sont tout prêtes, l’inquiétude est omniprésente pour tous les passagers. La route résiste même aux inévitables motos, on n’en voit pas sur la route. Les conditions de vie sont très difficiles pour les riverains.

Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti, explique que l’accès à l’eau potable permet de protéger les familles, principalement les enfants contre les maladies.

« Conformément aux principes d’équité qui guide l’UNICEF, nos interventions se font à travers tout le pays. Avec un accent sur les endroits difficiles d’accès où la population est très vulnérable. Nous remercions l’Etat haïtien pour son accompagnement et le peuple des Etats-Unis pour ce financement qui nous a permis de faciliter l’accès à l’eau potable pour ces familles », conclut-elle.

Le couvert végétal autour des sources joue plusieurs rôles. En effet, les sols forestiers retiennent les eaux de pluie qui se fraient un chemin jusqu’aux nappes aquifères, permettant leur recharge. Les forêts riveraines évitent le ruissellement de sols acides dans les lacs et les rivières d’eau douce qui en seraient très affectés. Elles réduisent les crues, limitent des inondations, empêchent l’érosion des sols.

Combattre la sécheresse dans les localités reculées du Sud

L’un des reservoirs à Ti Plaine (Sud)

La localité de Tiplaine, située dans le département du Sud, a beaucoup souffert des épisodes de sécheresse. Son enclavement rend la situation des personnes vivant encore plus difficile en termes d’accès à l’eau potable. L’UNICEF, avec une contribution de l’USAID, de concert avec la Croix-Rouge Néerlandaise a réhabilité le réseau d’eau de la zone, notamment en construisant une source de captage, un réservoir, un réseau d’eau capable d’alimenter les riverains à travers des bornes fontaines. Le tout sous la supervision de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA).

Ils ne savent comment remercier les bailleurs, car maintenant c’est un soulagement pour tout le monde, tant la vie a changé au sein de la localité. Une formation pour les plombiers permet la pérennité du réseau.

Cayes le 13 Septembre 2018- Un large sourire fend le visage de Smart Joseph, ASEC de Tiplaine, lorsqu’elle parle du réseau d’eau de la localité.

« Avant la mise en place du réseau, la situation était intenable au sein de la zone en termes d’eau. L’endroit où nous avions l’habitude de puiser l’eau était très insalubre, il y avait beaucoup de roches, les arbres étaient partout et c’était très difficile pour nous. Pour certaines personnes, il fallait marcher plus d’une heure de temps, aller et retour, de plus il y avait beaucoup de personnes qui puisaient l’eau et le débit était très faible », se rappelle-t-elle.

Une eau qui n’était pas potable

Sans compter la mauvaise qualité de l’eau qui n’était pas potable et qui était source de maladie de toute sorte pour la population, notamment les enfants. L’eau était puisée à même le sol. Les gens attrapaient toute sorte de maladie. Les enfants avaient des boutons sur la peau et sur le cuir chevelu ainsi que les maladies hydriques. En ce qui a trait aux femmes, elles confrontaient de grave problème en termes d’hygiène intime.

Josette Blanc, l’une des bénéficiaires et mère de trois enfants, se remémore toutes les difficultés qu’elle a rencontrées pour pouvoir puiser une eau qui n’était même pas potable. « La situation était tellement critique que nous ne savions quoi faire. C’est Dieu qui a envoyé l’UNICEF, l’USAID et la Croix-Rouge, la DINEPA sinon nous serions tous déjà morts car le choléra faisait des ravages », avoue-t-elle.

Elle avait des problèmes de peau assez sérieuse à cause de l’eau. « Maintenant ma peau est saine et je suis guérie grâce au nouveau réseau », se réjouit-elle.

Les gens sont plus que satisfaits

Un technicien de la Croix-Rouge néerlandaise contrôle la qualité de l’eau

« Avec la venue de l’UNICEF, de la Croix-Rouge, de l’USAID et de la DINEPA qui ont construit ce réseau, la situation s’est considérablement améliorée, nous ne confrontons plus les mêmes problèmes. C’est différent, les enfants sont en meilleure santé », explique-t-elle.

Les gens ont accueilli le projet les bras ouverts, selon elle. D’autres zones ont  commencé les travaux bien avant eux. Mais leur enthousiasme et leur énergie les ont permis de terminer avant les autres. Les gens ont été formés sur la gestion de l’eau afin que tout le monde soit bien imbu de l’importance de l’eau potable, comment se protéger des microbes, sur le lavage des mains, entre autres.

Une formation de plombiers qui a fait la différence

Dans le cadre du projet et pérennisation des ouvrages sur proposition de la DINEPA, il y a eu des séances de formation pour les plombiers qui gèrent les systèmes d’adduction eau potable (SAEP) des différents réseaux du Sud. Une trentaine de plombiers ont pris part au workshop.

Le plombier de Ti Plaine, responsable du système n’a pas caché sa satisfaction. Il s’est notamment réjoui du fait de faire profiter à ses aides plombiers, les connaissances qu’il a recueillies lors de l’atelier.  « Ils pourront prendre en charge le système, lorsque je ne suis pas là », a-t-il dit, insistant sur l’aide inconditionnelle de la population pour la concrétisation du projet.

Conserver le réseau en bon état

Plusieurs milliers d’arbres ont été plantées aux environs des sources de captage afin de conserver l’eau. Les plantules ont été distribuées dans le cadre du projet. Il y a eu des formations pour sensibiliser sur l’importance des arbres. « Les gens sont allés en grand nombre planter les arbres », souligne Smart Joseph. En effet, La Croix-Rouge Néerlandaise aussi a fait la formation sur les techniques de plantation des arbres et la fournir de pépinières ce qui a permis le reboisement de 2 hectares sur le périmètre de protection de la source.  C’est au total 1530 arbres dont 1050 fruitiers et 480 forestiers qui ont été plantés par les communautés. Cela permettra l’augmentation du couvert végétal et la protection de la source nouvellement réhabilitée.

Un Comité d’approvisionnement en eau potable et assainissement (CAEPA)- formé de membres au sein de la communauté- a été mis en place et formé sur ces taches et responsabilité par la DINEPA selon le protocole national afin d’assurer la gestion du système d’adduction d’eau. Aussi au niveau communautaire, les personnes vivant prêt des tuyaux et des fontaines en appui au CAEPA s’assurent de la propreté, sensibilise les gens et chasse les animaux, afin que tout soit toujours propre.

« Nous devons être en mesure de pérenniser le système, car il nous appartient », souligne l’un des responsables.

Ce projet est très important pour l’UNICEF, la DINEPA et l’USAID car il intègre le volet construction des systèmes d’accès à l’eau à celui de la pérennisation à travers la formation des acteurs et la préservation de la ressource en eau ces deux éléments étant le gage de la continuité du service d’eau dans les localités synonyme d’éradication des maladies hydriques.

Le projet vise à répondre au besoin critique en eau des populations vivant en zone de sècheresse et à risque d’insécurité alimentaire et de sous-nutrition.

 

La nouvelle Représentante de l’UNICEF visite les partenaires dans le Plateau Central

La Représentante de l’UNICEF discutant avec les infirmières du CTDA

Mme Maria Luisa Fornara, nouvelle Représentante de l’UNICEF en Haïti, a effectué une courte visite dans le Département du Centre. Elle a notamment rencontré plusieurs partenaires dans le domaine de l’eau, l’hygiène et l’assainissement et de la lutte contre le choléra. L’objectif principal était de comprendre les différents défis et les avancées dans ces domaines. Mme Fornara a eu des discussions très fructueuses avec le Dr. Jasmin Paul Menahel, l’un des responsables de la lutte contre le choléra dans le département du Centre pour le MSPP.

Mirebalais, le 13 Septembre 2018- Tôt le matin la voiture de l’UNICEF a pris la route. A son bord l’ancien et le nouveau chef de la section urgence de l’UNICEF, Gregory Bulit et Antonio Marro. Après avoir traversé le trafic, la route et les montagnes du Centre s’offraient à la délégation.

Mme Fornara a visité un Centre de traitement de diarrhée aigue (CTDA) à Mirebalais et a pu s’entretenir avec les infirmières responsables du Centre. Elles ont fait part de leur détermination de tous les jours d’apporter les soins nécessaires à leurs compatriotes et de sauver des vies.

La Représentante de l’UNICEF a rencontré l’organisation ‘’ Zanmi Lasante’’ (Partner in health) qui est un partenaire de l’UNICEF dans le domaine de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. L’organisation s’occupe de la gestion du CTDA et est en train de construire, avec un financement d’autres bailleurs, une CTDA moderne avec une plus grande capacité d’accueil.  La Représentante de l’UNICEF s’est aussi rendue sur le chantier.

« Zanmi Lasante évolue essentiellement dans la prise en charge, selon les attributions que nous a octroyées le MSPP. Il faut continuer en faisant les cordons sanitaires autour des maisons avec des cas suspects, cependant se sont des partenaires comme ACTED, UNICEF et d’autres organisations qui font la prise en charge communautaire. Il existe donc une coordination continue entre nous. Il faut maintenir le pont afin de donner le maximum à la communauté », a indiqué le Dr Kenia Vissières, coordonnatrice de programmes au sein de Zanmi Lasante.

Selon elle, les visites de hauts responsables, comme celle de la Représentante de l’UNICEF sont toujours très importantes afin de voir par eux-mêmes les défis afin qu’ils apportent leur contribution.

Une séance de sensibilisation contre le choléra dans une localité du Centre

Constater les progrès dans la lutte contre le choléra

Pierre Davidson, coordonnateur technique du projet choléra à ACTED pour tout le pays, explique que la visite est importante car elle peut voir par elle-même l’évolution de la réponse.

« Cela va lui permettre de comprendre ce que la lutte contre le choléra implique. Il y a certes beaucoup de progrès, mais il reste beaucoup à faire pour arriver à l’éradication de l’épidémie à travers tout le pays. Elle pourra aussi constater l’engagement des différents acteurs dans la lutte contre le choléra », a-t-il rappelé.

Comprendre mieux la stratégie de réponse rapide

Mme Fornara a également suivi une équipe de réponse rapide sur le terrain. Composée de membre d’ACTED et du MSSP, leur principale tâche est de combattre et de contenir le choléra. Ces équipes se déploient rapidement lorsqu’il y a des cas suspects, pour établir un cordon sanitaire autour du foyer intéressé. Elles se chargent de la sensibilisation à l’eau, l’hygiène et l’assainissement ; elles procèdent à la décontamination des maisons ; elles distribuent un kit contenant du savon, des tablettes pour la chloration de l’eau, des sels de réhydrations oral.

« J’ai beaucoup appris de cette visite. Il est important de constater par soi-même, car on apprend beaucoup plus de choses que derrière un bureau. L’engagement des différents acteurs de la lutte contre choléra sous le leadership du gouvernement haïtien a permis de grandes avancées. Mais nous devons maintenir l’effort pour arriver à son élimination », a-t- elle souligné.

 

 

L’Enquête EMMUS VI officiellement lancée par le gouvernement

 

L’assistance lors de la présentation de l’EMMUS VI

Les nouveaux chiffres de l’enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des services (EMMUS VI) vont permettre au gouvernement de mieux circonscrire leurs actions. Les politiques publiques auront pour base de départ les données de l’enquête. Elles vont également servir aux partenaires locaux et internationaux dans leurs interventions de tous les jours.

Port-au-Prince, le 21 aout 2018- L’EMMUS VI a été lancé en présence des principaux acteurs et bailleurs du secteur santé, le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), l’UNICEF, l’ambassade du Canada, l’ambassade des Etats-Unis, le Fonds des Nations-Unies pour la population, la Banque mondiale, entre autres.

Dans son allocution de circonstance, le Dr. Marie Greta Roy Clément, ministre de la Santé, a rappelé que les données présentées constituent l’épine dorsale de la santé publique. « En effet toutes vos prises de décisions, si elles se veulent rationnelles et porteuses d’espoir pour le peuple haïtien, doivent nécessairement reposer sur des statistiques de services fiables et d’actualités », a-t-elle insisté.

La ministre, a plus loin, indiqué qu’avec la publication de ces résultats, le diagnostic de la situation sanitaire est disponible ce qui va faciliter une meilleure planification et gestion de nos programmes et projets en santé publique. Ce qui va rapprocher d’avantage le pays des Objectifs de développement durables (ODD).

« Beaucoup de chemin reste à parcourir, il nous faut hâter le pas, nous mettre au trot, voire au galop si nous voulons présenter un bilan satisfaisant de nos actions sanitaires à l’horizon 2030 », a-t-elle rappelé.  Le Dr. Roy Clément, a également mis l’accent sur les efforts pour doter le système sanitaire de ressources humaines qualifiées notamment dans le domaine de santé communautaire. Ainsi, le système s’est enrichi de : 1 200 agents en santé communautaire polyvalents, 270 auxiliaires infirmières polyvalents, 270 officiers sanitaires.

Mme Maria Luisa Fornara lors de son discours

L’UNICEF a contribué à l’EMMUS VI

L’UNICEF, aux côtés d’autres partenaires, a fourni un appui technique et financier dans la réalisation de l’enquête. « L’UNICEF est fier d’avoir accompagné le MSSP dans la production de cette enquête primordiale, et souhaite rappeler que cet accompagnement s’inscrit dans la continuité des EMMUS précédentes », a souligné Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

Mme Fornara a salué le leadership du MSPP dans le cadre de cette enquête. « Cette enquête va nous permettre de mieux orienter nos actions, aux côtés du gouvernement et de concert avec nos partenaires et bailleurs, afin de toucher les enfants et les familles les plus vulnérables et ceci dans les endroits les plus reculés du pays », a-t-elle souligné, tout en renouvelant l’engagement de l’UNICEF aux côtés du MSPP.

Une enquête fondamentale

La sixième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services en Haïti 2016-2017 (EMMUS-VI) est une enquête par sondage représentative au niveau national. L’objectif principal de l’EMMUS-VI 2016-2017 est de fournir des estimations actualisées des indicateurs démographiques et de santé de base.

Au cours de l’EMMUS-VI 2016-2017, des données ont été collectées sur les niveaux de fécondité, les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaitement, la mortalité des enfants, la santé infantile et maternelle, la possession et l’utilisation de moustiquaires, l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant.

Le SIMEX pour se préparer aux situations d’urgence

Des brigadiers de la DPC et des Gardes-cotes en train de participer au Simex

La Direction de la Protection civile (DPC) du Ministère de l’intérieur et des collectivités territoriales, de concert avec différentes instances gouvernementales et avec la collaboration des organisations partenaires, a réalisé les 2 et 3 aout, un exercice de simulation nationale hydrométéorologique (SIMEX) en vue d’évaluer le niveau de préparation des structures de protection civile et leur capacité d’intervenir en cas d’urgence ou de désastre. L’UNICEF a participé activement à ce SIMEX dans son rôle de partenaire et agence co-lead de quatre secteurs clés (WASH, Education, Nutrition et Protection de l’Enfance) et comme évaluateur.

Cayes, le 23 aout 2018-Cette année, les exercices ont porté sur la simulation du passage du cyclone Peter de catégorie 4 notamment dans le Grand Sud du pays. Le SIMEX s’est déroulé sur plusieurs sites dans les départements des Nippes, du Sud. Des actions de recherche et de sauvetage maritime ont été menées dans le canal de l’Est (Cayes et l’Ile-à-Vache), en simulant également l’évacuation des rescapés vers la grande terre.

L’un des objectifs du Simex dans le Sud, était d’évaluer la capacité de coordination départementale de cette région et des structures de protection Civile des Cayes et de l’Ile-à-Vache, à gérer conjointement une situation d’urgence et à porter assistance aux victimes.

Toutes les principales structures gouvernementales concernées étaient mises en branle ; la Police nationale d’Haïti (PNH), le Corps des sapeurs-Pompiers, le Centre ambulancier national, les mairies, les collectivités territoriales, entre autres. La Croix-Rouge Haïtienne était également présente au cours de cet exercice.

Tenir compte des leçons apprises

L’exercice de table du SIMEX au Coud du Sud

Boutin Pierre-Marie, cadre d’appui opérationnel à la DPC au niveau du Sud, explique que le Simex a été planifié de concert avec la mairie des Cayes et la coordination centrale. La simulation s’est basée sur la recherche d’une trentaine de victimes d’un naufrage et en situation de détresse en haute mer.

« Les brigadiers volontaires de la Protection civile avaient pour rôle de faire le triage des victimes, les mettre sur un brancard, en les mettant dans un point de rassemblement. Là, les membres de la Croix-Rouge ont procédé à la prise en charge des victimes. Cette simulation va nous permettre de découvrir nos forces et nos faiblesses au niveau de nos interventions », a-t-il indiqué.

Pour sa part, l’agronome Joseph Felix, coordonnateur national de la Réponse pour la DPC a mis l’accent sur le fait que cette année, ils ont changé de thème, sortant de la question traditionnelle de la mise en abri provisoire, ou inondation pour se concentrer sur le sauvetage et la recherche en mer.

« Le bilan du Simex est très satisfaisant, en tenant compte que c’est une expérience nouvelle. Je ne peux pas dire qu’il n’y a pas eu d’erreurs, car la raison d’être d’une simulation est de dépister ce qui ne va pas et les corriger. Dans le prochain Simex, nous voulons donner une autre dimension à l’exercice », a-t-il souligné.

L’UNICEF un partenaire clé dans les situations d’urgence

Jean Stenio Pierre, responsable du sous-bureau des Cayes de l’UNICEF, l’un des évaluateurs du SIMEX, a souligné les points forts du SIMEX : la bonne coordination au niveau du Centre Opération d’Urgence Départemental (COUD) et de l’équipe de gestion du SIMEX, la bonne présence des acteurs non-étatique et une bonne représentation des agences UN présentes dans le Sud (UNFPA-OIM-WFP-UNICEF-OCHA etc…) ; les bons résultats de la Simulation sur le Wharf.

« Il nous faut tenir compte de ce qui n’a pas bien fonctionné afin de prendre des bonnes décisions dans le cadre de la gestion des risques. L’UNICEF supporte le gouvernement à travers tout le pays dans le cadre de la gestion des risques des désastres, la préparation et la réponse aux urgences. Nous félicitons tous les acteurs de ce Simex », a-t-il dit.