Lancement du ‘’Guide pratique journalistique : promouvoir les droits des enfants dans les médias haïtiens’’

Jacques Desrosiers, faisant la présentation du guide.  ( Crédit photo, J.J. Augustin ) 

Les journalistes ont la capacité de susciter des débats autour des thématiques qui agitent la société. Ils peuvent faire bouger les lignes. Pour ce qui a trait à l’enfance, les problématiques sont nombreuses, nous pouvons parler des enfants qui ne vont pas à l’école, l’accès aux soins de santé, les enfants en conflit avec la loi. C’est pour cette raison que les principaux partenaires de la Protection de l’enfance ont élaboré un guide journalistique afin de faciliter le travail des journalistes dans le cadre du traitement des informations liées à l’enfance.

Port-au-Prince, le 10 mai 2018- L’UNICEF, le Bureau international du travail (BIT), la MINUJUSTH de concert avec l’Association des journalistes haïtiens (AJH) et l’Institut du Bien-Etre social et de Recherches (IBESR) ont lancé ce jeudi 10 mai, le ‘’Guide pratique journalistique : promouvoir les Droits des enfants dans les médias haïtiens’’.  Les journalistes étaient présents en grand nombre, car étant les principaux intéressés.

Entre autres objectifs ; mettre à la disposition des journalistes haïtiens des outils pratiques dans le cadre du traitement des informations liées à l’enfance ; assurer une promotion effective et continue des droits de l’enfant au sein de la presse haïtienne.

Jacques Desrosiers, secrétaire général de l’AJH, a présenté les principales catégories du guide, conçu de manière pratique, et d’une utilisation facile. Le guide est ainsi divisé en cinq grandes parties : déontologie, cadre légal, fiches pratiques, fiches thématiques, principaux contacts pour permettre aux journalistes de trouver les personnes ressources dans le traitement des informations liées à l’enfance. « Cet ouvrage soulève la question des droits de l’enfant pour parvenir à leur respect et de fournir les repères nécessaires, les connaissances utiles à ceux qui sont les mieux placés pour faire la promotion de ces droits : les journalistes », a-t-il insisté.

Promouvoir les droits des enfants

Pour sa part, Mme Claudine François, coordonnateur a.i. du BIT a salué les démarches visant à « …l’harmonisation des documents de référence pour l’implication des médias dans les questions autour de la promotion et du respect des droits de l’enfant. Le guide permettra de toucher efficacement l’opinion publique et rallier le plus grand nombre à l’amélioration de la santé, du bien-être et de la protection des enfants haïtiens ».

« Par ma voix, le BIT en Haïti espère que ce guide vous aidera à renforcer le respect pour le droit de nos enfants, et qu’il fournira les outils adéquats pour un engagement plus poussé de chacun de vous dans votre institution d’attache dans votre communauté », s’est-elle adressé aux journalistes.

Mme Arielle Jeanty Villdrouin, lors de son allocution. (Crédit photo, J.J. Augustin)

Mme Arielle Jeanty Villedrouin, directrice générale de l’IBESR, a souligné que ce « guide journalistique marque l’espoir dans l’avenir. L’espoir qu’avec cet outil un pas en avant est franchi pour le respect des normes constitutionnelles et légales de la protection de l’enfance en Haïti ».

« Ce guide doit constituer pour vous une boussole devant vous accompagner dans votre métier de journaliste aujourd’hui et demain. De l’attention et de la compréhension que nous accordons aux enfants dépendent notre avenir, l’avenir du pays », a-t-elle martelé, lançant un appel solennel aux médias, à l’occasion de la journée nationale de l’enfance le 10 juin 2018, pour une participation plus active en donnant la priorité à la voix des enfants.

Raoul de Torcy, Représentant adjoint de l’UNICEF, a souligné que le « guide met l’accent sur ce qui implique l’enfance et le journalisme. Nous avons jugé importants de rappeler certaines règles. Les règles journalistiques destinées à protéger les droits de l’enfant. Elles ne sont pas toujours connues de la profession, elles sont pourtant universelles ; droit à l’image, au respect de la vie privée, entre autres ».

Le Représentant adjoint de l’UNICEF a plus loin indiqué que l’UNICEF veut engager un dialogue franc et constructif afin de placer le droit des enfants dans divers secteurs de la société, notamment au sein de la presse et dans le domaine de la culture. Le but est d’utiliser tous les canaux possibles pour la promotion des droits de l’enfant, notamment la presse et l’art. « Nous voulons créer une synergie autour de la défense du droit des enfants, en mobilisant tous les acteurs de la société. La défense des Droits de l’enfant, concerne tout le monde », a-t-il dit.

A la fin de la cérémonie, l’artiste haïtien de renom Jean Jean Roosevelt a présenté l’album ‘’ Jean Jean des petits : Formons les citoyens de demain’’. Cet album a été réalisé avec la collaboration de l’UNICEF, les chansons font la promotion du respect des droits des enfants.

L’UNICEF renforce les capacités des cadres du MENFP

Les participants avec leur certificat en main pour une photo souvenir

L’UNICEF accompagne le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) dans la mise en œuvre des politiques publiques d’Education. Ce support passe également par un renforcement des capacités des hauts cadres du MENFP afin d’assurer une meilleure efficacité dans leurs interventions. C’est dans ce contexte, que l’UNICEF a répondu positivement à la demande de l’Inspection Générale pour un appui technique et financier à l’organisation d’une séance de formation de 4 jours sur ‘’ La gestion axée sur les résultats’’ (GAR).

Port-au-Prince, le 27 avril 2018- La formation s’est tenue du 15 au 18 avril. Au nombre des participants on pouvait compter le Directeur général, les inspecteurs généraux, les directeurs techniques et les directeurs départementaux, les coordonnateurs de pôles, les cadres de la direction générale, entre autres.

Ce séminaire visait plusieurs objectifs : promouvoir une vue d’ensemble de la politique et des principes de la GAR ; aider les cadres du ministère à s’approprier les concepts et outils-clés relatifs à la gestion axée sur les résultats ; contribuer à l’amélioration de la gestion tant administrative que technique du ministère, dans son ensemble ; développer une culture de reddition de compte et de recherche de résultats concrets. Les échanges ont été très instructives et la méthode participative a été privilégiée.

Assurer un suivi efficace

Dans son allocution, M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Education nationale, a mis l’accent sur les interactions qui ont été fructueuses tout en souhaitant que les éléments appris aient été bien retenus. Plus loin, il a voulu dire « un grand merci en lettres de diamant à l’UNICEF qui nous a accompagné dans cette activité de manière très ferme ».

« Nous espérons qu’avec l’appui de nos amis et de tous ceux qui souhaitent, comme l’UNICEF une amélioration de la question éducative en Haïti, que le MENFP pourra organiser d’autres séances du même genre », a-t-il dit, félicitant les participants pour leur enthousiasme.

Jackson Pléteau, chef de cabinet du Ministre et inspecteur général au sein du MENFP, a insisté sur le suivi du séminaire. « Ce qu’on attend c’est un changement dans la mentalité, un changement dans la conduite des opérations, un changement dans le leadership. Quand on met l’accent sur l’équité et la justice, c’est sûr qu’on arrivera à bon port. Il faut montrer, à partir de votre leadership, qu’on a capté quelque chose de cette formation. », s’est-il adressé aux cadres.

Améliorer le système éducatif

Les participants lors d’une séance de travail

Le Représentant de l’UNICEF en Haïti, M. Marc Vincent, a profité de cette occasion pour féliciter le Gouvernement Haïtien et le MENFP pour ce virage décisif vers une Gestion Axée sur les Résultats. « L’UNICEF applaudit cette initiative et est heureux de pouvoir y contribuer », a-t-il dit.

« La gestion axée sur les résultats, nous conduira vers une amélioration de l’efficacité du secteur, vers plus de transparence et vers des pratiques de reddition des comptes au sein du MENFP et finalement à produire des résultats tangibles pour les filles, les garçons, d’Haïti sans distinction aucune », a-t-il rappelé, ajoutant que la GAR contribuera à améliorer la gestion des programmes du MENFP à tous les niveaux et durant toutes les étapes, depuis la planification et la mise en œuvre, jusqu’au suivi et l’évaluation. Justement, dans le cadre de l’élaboration du plan décennal, la GAR représente un outil pour assurer que ce dernier puisse suivre les étapes de l’analyse, de l’établissement de priorités claires et la définition de résultats réalistes, de l’élaboration d’une théorie de changement qui montrera clairement le cheminement vers les résultats escomptés et enfin, un cadre de résultats robuste afin d’assurer un bon suivi de sa mise en œuvre.

« La finalité de tout ce que nous faisons dans le secteur de l’éducation est d’arriver à créer un environnement propice au processus enseignement-apprentissage, un climat favorable au développement et au bien-être des enfants, de la communauté éducative et du pays », -a-t-il, plus loin insisté.

L’UNICEF est engagé aux côtés de l’Etat haïtien dans la mise en œuvre de la scolarisation universelle de tous les enfants d’Haïti. Cet appui s’est concentré sur plusieurs axes : les constructions ou les réhabilitations d’écoles en vue d’améliorer l’accès, les interventions pour l’amélioration des compétences en lecture-écriture des enfants du premier cycle fondamental, l’appui au renforcement institutionnel au niveau central et local, le développement intégral de la petite enfance, l’action contre la violence scolaire, la prévention et la gestion des risques liés aux catastrophes.

Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Renforcer la coopération dans la lutte contre le travail domestique des enfants

 

Une séance de présentation lors de la réunion au local de l’UNICEF

Les principaux partenaires impliqués dans la lutte contre le travail domestique des enfants, redoublent d’efforts, aux côtés du gouvernement haïtien, pour réduire l’incidence de ce phénomène sur les enfants en vue de leur plein épanouissement. Pour rendre le combat plus efficace, beaucoup d’initiatives sont prises parmi lesquelles le projet de lutte contre le travail domestique des enfants. Le Comité directeur conjoint de ce projet fait partie de ces mécanismes de coordination. La Coopération Canadienne et le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) co-président cette structure dont les membres sont issus des organisations internationales comme l’UNICEF, l’Organisation Internationale du travail (OIT), l’OIM et des organismes gouvernementaux.

Port-au-Prince, le 29 mars 2018– Les membres du Comité directeur conjoint se sont réunis dans la salle de conférence de l’UNICEF afin de faire le point sur les avancées du projet ‘’ Lutte contre le travail domestique des enfants en Haïti’’, de discuter des défis et des prochaines étapes dans la mise en œuvre du projet.

Dans son allocution de circonstance, Mme Stéphanie Auguste, Ministre des Affaires Sociales et du Travail a mis l’accent sur l’importance qu’accorde le gouvernement haïtien dans la lutte contre le travail des enfants au regard de ses conséquences dramatiques. « Les conséquences désastreuses des pires formes de travail des enfants ne sont plus à démontrer. Elles engendrent des effets irréversibles sur leur santé, leur éducation, et leur épanouissement psycho-affectif qui constituent leurs droits les plus élémentaires », a-t-elle indiqué.

Plus loin, la ministre a souligné la nécessite de développer des actions synergiques contre le travail domestique des enfants « Il nous faut donc sans délai dégager les voies et moyens pour entreprendre les actions qui doivent faire date et qui ne permettent pas d’attendre », a-t-elle ajouté. Elle a également salué la coopération, dans ce domaine, entre le gouvernement haïtien, le Canada, et les Nations-Unies particulièrement l’UNICEF.

Une coopération fructueuse

La ministre Stéphanie Auguste au cours d’une présentation, le Représentant de l’UNICEF à Droite et le chef de coopération du Canada à gauche

Pour sa part, M. Carlos Rojas-Arbulu, Chef de coopération à l’ambassade du Canada a salué les efforts du gouvernement Haïtien qui a ratifié plusieurs conventions internationales sur les droits humains dont la Convention relative aux droits de l’enfant. Il a également remercié l’UNICEF et ses partenaires pour les efforts qui ont permis d’obtenir des avancées dans la mise en œuvre du projet de lutte contre le travail domestique des enfants notamment à travers les résultats présentés dans le premier rapport annuel.

Il a enfin encouragé l’UNICEF et les partenaires à renforcer la stratégie d’égalité femme/Homme et le mécanisme de coordination en saluant le leadership de la Ministre des Affaires sociales et du travail.

  1. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti, a tenu à rappeler « l’engagement soutenu du Gouvernement haïtien en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’enfant », mettant l’accent sur le leadership du MAST dans le secteur.

Il a plus loin rappelé certains résultats importants depuis le début de la mise en œuvre du projet en avril 2017 parmi lesquels : le déclenchement de la dynamique pour soutenir la révision du Code du travail et la voie vers l’adoption des autres textes juridiques tels que le Code de protection de l’Enfant et la liste des travaux dangereux ; l’identification et la prise en charge de 336 enfants travailleurs domestiques dont 60% de filles ; l’identification et l’appui à 2,357 familles à risque de séparation familiale afin de prévenir le travail des enfants ; l’identification et le soutien à 1,215 enfants à risque ou victimes de violences y compris les VBG dont 765 sont actuellement scolarisés.

Des chiffres qui interpellent

Ce projet qui se déroule dans trois départements dont le Sud, la Grand ’Anse et l’Ouest fait suite à l’étude sur le placement et le travail domestique des enfants réalisée en 2014. Selon cette étude réalisée par le Gouvernement haïtien avec le support de l’UNICEF et 28 ONG nationales et internationales, il a été révélé la situation suivante :

  • 25% des enfants haïtiens de 5 à 17 ans vivent séparés de leurs parents biologiques ;
  • Plus de 400 000 enfants dont 52% des filles sont impliqués dans le travail domestique ;
  • 207 000 enfants de 5 à 14 ans sont dans des formes inacceptables de travail domestique ;
  • Près de 60% des enfants dans des conditions inacceptables de travail seraient des filles essentiellement employées en milieu urbain ;
  • Une forte précarité socio-économique des ménages explique cette pratique dans la plupart des cas.

La tenue de ce comité directeur conjoint vient rappeler la nécessité de renforcer les synergies entre acteurs pour apporter une réponse plurisectorielle au problème de précarité qui conduit à l’exploitation des enfants à travers les pires formes de travail d’où l’insistance de Madame la Ministre pour :

  • une grande mobilisation des acteurs au niveau des autres Ministères et des ONG concernées dans toutes les étapes du projet.
  • Le développement d’action de plaidoyer envers le parlement pour l’adoption de la Convention 189 de l’OIT sur les travailleurs domestiques et la loi portant code de protection de l’enfant, et la révision du Code du travail;
  • La mise en place d’un groupe sectoriel sur la protection de l’enfant qui permettra de regrouper les acteurs au niveau stratégique concernant la protection de l’enfant.

Avec une tel engagement au sommet et une telle mobilisation des acteurs de développement, l’espoir est permis quand a la réduction de l’exposition au travail domestique des filles et garçons en Haïti.

 

 

Éliminer le cholera en Haïti par la réponse rapide.

UNICEF Haïti travaille avec ses partenaires tels Solidarités International afin de soutenir la stratégie de réponse rapide du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le but d’éliminer le choléra avec ses équipes mobiles.Voici l’histoire de Michel Ange.

UNICEF: Renforcer la Nutrition pour le Bien-Etre des enfants

L’infirmière relève le périmètre brachial de l’enfant au centre Communautaire de Delmas 75

L’UNICEF est l’un des partenaires les plus importants du gouvernement haïtien dans le domaine de la Nutrition. Les interventions sur le terrain se font par l’intermédiaire de plusieurs partenaires non gouvernementaux, dont la Fondation pour le développement et l’encadrement de la famille haïtienne (FONDEFH) qui apporte un appui technique au Ministère de la Santé dans la mise en œuvre des services de nutrition.  

Port-au-Prince, le  7 mars 2018-  La voix de Vanessa J., 20 ans, est très faible à la limite inaudible, on doit se pencher pour entendre ce qu’elle dit. Elle tient entre ses mains son petit garçon, Israël âgé de 8 mois, qu’elle a emmené pour recevoir des soins. L’enfant souffre de malnutrition aiguë sévère (MAS), explique l’une des infirmières. Il a été dépisté lors d’une visite de la mère au centre Communautaire de Delmas 75 (Port-au-Prince).

Elle est assise dans la salle d’attente en train de contenir les ardeurs de son enfant. Au loin on peut entendre le bruit des voitures, la clinique communautaire de Delmas 75 est située en plein milieu d’un quartier très fréquenté. Dans l’étage en dessous la voix des patients et les cris des enfants se faisant soigner se fait entendre.

« C’est un jour de rendez-vous pour Israël, je suis donc venue pour assurer le suivi. Je ne savais pas que ce centre existait, on m’en a parlé et j’ai emmené mon fils. Je suis satisfaite du service que j’ai reçu. Et je n’ai rien payé », explique-t-elle. Depuis que l’enfant a été admis au programme, il y a eu des progrès significatifs.

Vanessa ne travaille pas, le père de l’enfant vit en République Dominicaine. Auparavant, elle vivait dans un autre quartier, et elle n’avait pas l’habitude d’emmener son garçon à l’hôpital. Elle est très contente d’avoir cette possibilité maintenant, car là où elle vivait, il n’y avait qu’un programme de vaccination. Pour le moment elle vit chez ses parents près du centre de santé.

Manilande Branchel’homme, infirmière au centre de santé, indique qu’après le dépistage, l’enfant a fait le test de l’appétit afin de déterminer s’il pouvait être soigné en ambulatoire en recevant une ration à consommer à domicile ou s’il devait être hospitalisée, l’anorexie étant une des conséquences fréquentes de la malnutrition.

« Dans notre clinique, nous assurons la prise en charge de la malnutrition à domicile en donnant à l’enfant du PlumpyNut, un aliment prêt-a-l ’emploi formulé pour répondre aux besoins des enfants malnutris et un traitement médical systématique. Les enfants ont un rendez-vous chaque semaine pour le suivi de leur état de santé et de leur croissance, et pour récupérer leur ration de PlumpyNut. Nous faisons aussi des séances d’éducation à la nutrition avec les mères pour qu’elles apprennent à mieux nourrir leurs enfants », ajoute-t-elle.

Une clinique au service de la communauté

les gens attendent leur tour pour consulter leurs enfants

La clinique Communautaire de Delmas 75 est une structure de santé gérée par l’ONG FONDEFH, qui est un partenaire technique important de l’UNICEF. Elle désert une population estimée à près de 63 000 personnes. La fréquentation quotidienne peut atteindre plus de 600 personnes, certaines fois. Les agents de santé communautaire attaché à cette structure de santé font un travail de sensibilisation continu au sein de la population.

Les services disponibles au sein du centre sont inclus dans un paquet de soins qu’on appelle santé communautaire.  Il contient, entre autres, la vaccination, la nutrition. La prise en charge du VIH est également un volet. Il existe aussi un service de maternité, une clinique prénatale, au sein du centre.

Les soins en nutrition sont gratuits, grâce au support des bailleurs dont l’UNICEF, ce qui est vital pour les populations défavorisées fréquentant le centre.

L’UNICEF un partenaire clé de la Nutrition

« La Nutrition représente un élément fondamental dans la survie et le développement de l’enfant. Il est donc essentiel d’assurer ces services aux familles les plus vulnérables et celles qui vivent dans les endroits les plus reculés du pays. Ce que nous voulons c’est avoir des enfants en bonne santé et l’UNICEF travaille avec l’Etat haïtien et les partenaires afin d’assurer ces services », explique Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti.

Parmi les objectifs de l’UNICEF contenus dans le programme pays il convient de rappeler :  dans le cadre du programme « Renforcer la nutrition », l’UNICEF fournira un appui technique pour accroître la capacité de coordination et de direction de l’Unité de coordination du Programme national pour l’alimentation et la nutrition ;  L’UNICEF veillera à ce que les efforts déployés en matière de nutrition accordent la priorité à la période de 1 000 jours comprise entre la conception et le deuxième anniversaire de l’enfant ; dans les communes les plus touchées par la malnutrition, l’UNICEF veillera à ce que les établissements de santé et les acteurs communautaires aient la capacité de fournir aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de moins de cinq ans un ensemble de services nutritionnels de qualité et peu onéreux.

 

 

 

Camille Lacourt en visite en Haïti.

Ici en Haïti, plus de 4,8 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau potable. 4,8 millions de personnes, c’est 36% de la population, une statistique que Camille Lacourt souhaite changer par son implication humanitaire.

Arrivé sur l’île d’Hispaniola le 19 février pour un séjour de 5 jours, le quintuple Champion du Monde de Natation Camille Lacourt, a pu voir de ses yeux le travail colossal accompli sur le terrain par UNICEF et ses différents partenaires.

« On voit qu’il y a beaucoup de travail et que ça bosse rapidement » affirme la célébrité française, parrain de la nuit de l’Eau. Cette présence en Haïti de Camille Lacourt visait à constater et témoigner de l’action de l’UNICEF sur le terrain et voir à quoi servent les fonds collectés grâce à la Nuit de l’Eau.

« Tous les dons sont utiles. Il y a eu beaucoup de travail de fait mais il en reste encore beaucoup. Haïti ce n’est pas que les tremblements de terre et les ouragans. Il ne faut pas qu’aider à ces moments mais un petit peu tout le temps » explique Camille.

Accompagné de Julie Barrat, responsable WASH UNICEF, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite le réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma

Dans le département du Centre, Camille a pu voir tout ce qui était fait et toutes les difficultés rencontrées pour ramener l’eau potable des sources jusqu’aux populations. À La Chapelle il a visité un réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma. Grâce aux nombreux dons, ce système d’approvisionnement a été réhabilité et de nombreux points d’eau sont maintenant assainis. En totalité, 910 000 personnes ont maintenant accès à un point d’eau potable.

Toujours dans le Centre, il a aussi pu rencontrer les élèves de l’école nationale de Trianon à Mirebalais, une des 152 écoles amies de l’hygiène. Là-bas, grâce au soutien de l’UNICEF, des enfants peuvent se laver les mains et peuvent accéder à des toilettes séparées. Ces programmes ont été en partie financée par la générosité publique lors de la Nuit de l’Eau 2017.

« Pour nous quand on la chance de venir sur le terrain, on voit que vraiment le travail a été fait et en train d’être fait. C’est le message que j’essaie de faire passer : les dons, c’est utile, c’est vraiment utile. » affirme Camille Lecours

Accompagné du médecin Karine Sévère, responsable du CTC de Port au Prince, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite les installations et les malades atteints de cholera ou de diarrhée aïgues.

Finalement à Port au Prince dans l’Ouest, accompagné du médecin Karine Sévère, médecin responsable, il a visité le Centre de Traitement du Choléra et de Diarrhée Aigüe Gheskio et un point de chloration d’eau dans le quartier Bristou à Petionville.

« C’est très loin de ce que nous on peut connaître mais oui je relativise beaucoup en disant que moi j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir faire mon sport dans des bassins rempli d’eau et qu’ici il n’y en a pas assez, donc voilà ça me donne encore plus envie de parler de ça » termine Camille Lacourt.

Une chance de survie pour les enfant haïtiens.

Ensemble, nous pouvons donner aux enfants plus d’un jour.

Saviez-vous que chaque année en Haïti, 9600 enfants meurent à la naissance ? Quoique impressionnant et inacceptable, ce chiffre reste malgré tout marginal à l’échelle mondiale. En effet, selon un nouveau rapport sur la mortalité néonatale publié aujourd’hui par UNICEF et disponible ici, il y a dans le monde, 7 000 nouveau-nés qui meurent chaque jour.

« Nous savons qu’il est possible de sauver la grande majorité de ces bébés en offrant des soins de santé abordables et de qualité à chaque mère et chaque nouveau-né. De petits gestes de la part de chacun de nous contribueraient à assurer les premiers pas de ces nouveau-nés dans la vie. » affirme Henrietta H. Fore Directrice générale de l’UNICEF.

En Haïti, à la maternité Isaïe Jeanty tout près de Cité-Soleil, un quartier plutôt difficile de la capitale Port-au-Prince, ce petit miracle se produit chaque jour. Pour Liliane Jean-Charles, une jeune mère habitant la zone de Canapé Vert, cette deuxième expérience universelle de l’accouchement s’est très bien passée pour elle.

Liliane Jean-Charles, une jeune mère habitant la zone de Canapé Vert

Liliane Jean-Charles, une jeune mère habitant la zone de Canapé Vert. Elle aime les enfants.

« Il y avait des douleurs, mais les médecins ont très bien pris soin de moi pendant l’accouchement. » raconte Liliane. Malgré les moyens techniques plutôt réduits de cette maternité, Liliane a vraiment senti qu’il y avait une paire de mains sécures pour accueillir son bébé à la naissance et dans les minutes qui ont suivis. « Ils ont démontré beaucoup de patiente en attendant que le bébé se présente » explique Liliale, déjà debout près de son lit, seulement quelques minutes après l’accouchement.

Son bébé, qui se nomme Christopher est son deuxième : « J’aime les enfants parce que c’est un cadeau de Dieu. C’est un cadeau qui embelli la maison. Parce que sans les enfants, il n’y a pas de fleurs dans la maison. »

Grâce aux soins du personnel médical de la MIJ, Liliane Jean-Charles et son petit Christopher pourront regagner rapidement la maison.

Pour l’année 2017, 3340 accouchements ont été pratiqués et assistés à la Maternité Isaïe Jeanty de Port-au-Prince. UNICEF contribue à sa manière à ce défi en renforçant les capacités techniques et logistiques de la maternité, par la distribution de différents équipements, accessoires et matériaux comme des tables gynécologiques, des instruments et produits médicaux.

Ensemble, nous pouvons donner à chaque enfant plus d’un jour, plus d’un mois, plus que la survie. #PourChaqueEnfant #UneChanceDeVivre

Plus d’information ici https://www.unicef.org/french/every-child-alive/

Editorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Des enfants, attendant dehors, au cours d’une inauguration d’école

L’année 2017 qui s’achève a été riche en interventions pour l’UNICEF Haïti. Nous avons soutenu les actions du gouvernement haïtien en renforçant ses capacités dans les domaines liés à la survie et au développement de l’enfant.  Car nos actions sont guidées par notre mandat qui est le bien-être de tous les enfants.

C’est le principe d’équité qui nous guide pour permettre aux enfants et aux familles les plus vulnérables et celles vivant dans les endroits les plus reculés de bénéficier d’une intervention humanitaire permettant de sauver leur vie.  L’UNICEF a été sur tous les fronts au cours de cette année 2017.

Entre autres actions :

-La certification des familles d’accueil fait partie de l’une des alternatives au placement des enfants dans les institutions. Nous avons également procédé à la Certification des ‘’Ecoles amies de l’hygiène’’ avec les partenaires. Les enfants pourront évoluer dans un environnement plus sain.

-L’UNICEF a également contribué au renforcement du système de santé en fournissant un appui technique au MSPP et en développant les systèmes de santé communautaires en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le réseau des agents de santé. Ces agents vont contribuer à sauver des vies.

-De janvier à septembre, plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois et 22 000 femmes enceintes et allaitantes ont reçu plusieurs micronutriments pour améliorer leur régime alimentaire et lutter contre l’anémie ferriprive.

Par ailleurs, nous avons continué avec nos interventions dans les départements touchés par Matthew :

  • L’UNICEF a permis à plus de 640 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable depuis le passage de l’ouragan Matthew.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan Matthew ont été réhabilitées, ce qui a facilité le retour en classe de plus de 30 000 élèves. Plus de 10 000 fournitures scolaires ont été distribuées dans 139 écoles et 27 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial.
  • En 2017, un total de 10 628 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et 7 381 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ont été traitées. Plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois, et 22 725 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des micronutriments.

A cause des changements climatiques, les cyclones deviennent de plus en plus dévastateurs. Renforcer la sensibilisation sur la gestion des risques et de désastres est une priorité. Nous avons organisé des consultations avec les jeunes dans le Sud et la Grand’Anse, les deux départements, les plus touchés par l’ouragan Matthew. La sensibilisation passe aussi par nos jeunes et adolescents.

J’aimerais profiter de ce moment, pour remercier nos collègues de l’UNICEF, autant ceux du bureau central que ceux des régions. Beaucoup de défis ont été relevés grâce à eux. Le personnel de l’UNICEF a été sur tous les fronts, au cours de cette année. Son dévouement à la cause des enfants a sauvé des dizaines de milliers de vie.

2017 s’en va et 2018 frappe déjà à la porte. Il y aura de nouveaux défis à relever, car l’important est de capitaliser sur les bons résultats enregistrés mais aussi de corriger ceux qui méritent de l’être. Néanmoins, les objectifs resteront les mêmes, créer un environnement qui permette aux enfants haïtiens de développer leur plein potentiel.

Il faut renforcer la lutte contre le choléra, la victoire est à portée de main, nous pouvons éliminer le choléra.

J’adresse un salut spécial à tous les enfants d’Haïti, à nos partenaires, et je souhaite à tous une bonne période de fête.

 

Marc Vincent

Représentant