Kontem tankou tout sitwayen

Les enfants s’amusant au palais municipal de Delmas

Ce dimanche 10 juin, près de 3 000 enfants venus de tout le pays ont célébré ‘’ Le jour national de l’enfant haïtien’’. Tous ont convergé vers le Palais municipal de Delmas pour prendre part aux festivités. Tôt le matin, des dizaines de bus déposaient les enfants, on pouvait lire l’impatience dans leur regard, ils ne voulaient pas rester dans les rangs. Le droit au loisir est un droit garanti par la Convention des droits de l’enfant.

Cette journée est le point d’orgue de la Semaine de l’enfant, organisée par l’Institut du Bien-Etre social et de recherches (IBESR), avec le support de partenaires dont l’UNICEF.

Port-au-Prince, le 11 juin 2018- Le palais municipal de Delmas, était paré de ses plus beaux habits pour recevoir les enfants : châteaux gonflables, trampolines, glissoires, balanciers ; un grand stand pour recevoir la performance des enfants, le tout décoré de ballons multicolores. Les enfants de tout âge avec, les t-Shirts arborant le thème de la journée, couraient dans tous les sens. Un match de football improvisé a eu beaucoup de succès.

Les enfants dansaient, sautaient et jouaient ensemble. Ils entendaient bien profiter de ce jour qui leur était consacré. Des haut-parleurs diffusaient des musiques sur les droits des enfants. Sur le stand, il y avait des concours de talents, plusieurs enfants, ont entonné des musiques qui ont fait vibrer les assistants.

« Je suis très content d’être présent. Je pense qu’il est important de célébrer les droits des enfants en les faisant participer. Ces enfants s’amusent et courent dans tous les sens, beaucoup n’ont pas l’habitude d’utiliser ces jeux. Car leur situation familiale est très difficile », explique un jeune de 16 ans.

Renforcer les droits des enfants

Une jeune enfant dans un chant

Mme Arielle Jeanty Villedrouin, directrice générale de l’IBESR, la voix enrouée tant elle a chanté, a remercié tous ceux qui sont venus participer à cette célébration, principalement les enfants. « C’est une journée porteur d’espoir et de promesse en conformité avec le thème choisi : Comptez-moi, comme n’importe quel citoyen. Par ce thème les enfants revendiquent leurs droits, ils demandent qu’ils soient valorisés au sein de la société, qu’ils ont une place au sein de la construction du pays », a-t-elle dit.

Elle a souligné l’importance de permettre aux enfants de célébrer et d’avoir un moment qui leur est dédié. « Ce moment leur permet d’oublier, pour un moment, les chagrins et les problèmes qu’ils vivent au quotidien », a-t-elle rappelé.

Mme Villedrouin a lancé un appel solennel à tous les secteurs de la société : parents, responsables gouvernementaux, politiciens, éducateurs, à réfléchir et à travailler pour que tous ces enfants aient une chance de réussite dans la vie.

La Semaine nationale de l’enfant haïtien a été riche en évènement faisant la promotion des droits de l’enfant. Une conférence de presse avec des adolescents a inauguré la semaine, il y a eu un salon de l’enfance avec des expositions des principaux partenaires de l’IBESR, des conférences-débat au local de l’institution. La Journée nationale de l’enfant haïtien a été instituée en 1960.

 

Réhabiliter le réseau d’eau pour combattre la sécheresse

Le Tepac de Jacmel et un staff de l’UNICEF en train de discuter devant un réservoir sur le captage de la source Domingue

Les périodes de sécheresse qu’ont connues plusieurs départements du pays, ont mis à rude épreuve, la situation des personnes, en termes d’accès à l’eau potable. Spécialement dans le département du Sud-Est où les communautés sont souvent éloignées et vivent retirées dans les montagnes. Pour faciliter l’accès à l’eau dans ces contrées, l’UNICEF a entrepris un programme de réhabilitation de source et du captage d’eau, en coopération avec la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). Un financement de l’USAID a permis d’entreprendre ces activités dans plusieurs départements du pays comme : le Nord-Ouest, le Sud-Est, le Sud et la Grand’Anse.

Jacmel le 31 mai 2018-  Les communes de Jacmel, de la Vallée de Jacmel et Bainet font partie des bénéficiaires, car plusieurs les systèmes d’approvisionnement en potable (SAEP) et de pompes à motricités humaine (PMH) présentaient un état de dégradation avancé. Par exemple, le système d’adduction d’eau potable de Domingue, dans la section communale de Bas Cap Rouge, 1ème section de la commune de Jacmel a bénéficié des travaux de réhabilitation. Maintenant, plus de 8500 personnes ont accès à une eau potable.

Les TEPAC, agents de la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), représentent les fers de lance dans le suivi de la gestion des Systèmes d’adduction d’eau potable (SAEP) dans les communautés reculées. De concert avec les comités locaux de gestion d’eau, ils mettent en place un mécanisme, qui permette la gestion transparente et efficace des systèmes, en faisant le lien entre la population et les comités de gestion d’eau.

Une situation qui était grave

L’ancien réservoir de la source…

A Bas Cap Rouge, la situation était très difficile, car le débit trop faible de la source de captage, ne pouvait pas alimenter tout le réseau. Les gens avaient de la difficulté à s’approvisionner en eau. « La localité a fait face avec un grave problème de sécheresse, la source s’est tarie. La population n’avait d’autres choix que d’aller puiser de l’eau dans le lit de la rivière », explique Anel Colin, TEPAC pour la commune de Jacmel.

Le SAEP confrontait des problèmes techniques sérieux en ce qui concerne l’eau, la ligne d’adduction était coupée, il y avait plusieurs fuites sur la ligne de distribution. Beaucoup de perte d’eau était constatée. Il y avait 12 bornes fontaines qui ne fonctionnaient pas.

« Avant, les gens puisaient de l’eau dans la rivière. La majorité des personnes qui avaient l’habitude de se baigner dans la rivière, déféquaient à même le sol. Ce qui représentait un problème de santé publique, et les gens qui consommaient l’eau tombaient malades, sans oublier le choléra », explique-t-il.

Fleurant Louissaint, secrétaire du Comité d’Approvisionnement en Eau Potable et d’assainissement (CAEPA), explique l’importance vitale du réseau et les changements sur la vie des habitants. Il se rappelle de la période difficile de la sècheresse où les lits des rivières étaient à sec, les arbres périssaient, les têtes de bétails mourraient, c’était vraiment une catastrophe.

« Par le passé, les gens devaient parcourir plusieurs kilomètres pour trouver l’eau, maintenant ce n’est plus le cas. Les riverains sont contents de cette amélioration, cela a amélioré les conditions de vie des gens. Le captage est une initiative louable », indique-t-il, ajoutant qu’il souhaite un accompagnement de l’Etat en ce qui concerne le reboisement autour des sources d’eau de la zone.

Gérer la distribution de l’eau

Un jeune collectant de l’eau sur le réseau

La DINEPA, l’UNICEF, Solidarités International, avec un financement de l’USAID, ont entrepris des travaux qui ont pratiquement changé, la vie de la population en facilitant l’accès à l’eau. Anel Colin, se dit satisfait à ce niveau car cela à apporter un grand changement au sein de la communauté.

Il déplore la coupe des arbres qui se trouvaient dans la source de la rivière, ce qui a pour conséquence une diminution de la source.

Pour assurer la gestion efficace et la maintenance du système, un CAEPA a été formé avec les membres de la communauté afin garantir la continuité et la pérennité du service d’eau. « Le comité de concert avec la population élaborent un horaire de distribution. Mon rôle est de recueillir les doléances de la population et trouver des solutions aux problèmes », rappelle-t-il.

Garantir les objectifs de développement durable

L’ODD 6 stipule qu’il faut ‘’ garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau’’.

Hamidou Maiga, responsable WASH à l’UNICEF met l’accent sur l’importance de respecter cet ODD. « Notre mandat à l’UNICEF est de protéger la vie des enfants et des adolescents. Une eau potable signifie moins de risque d’attraper des maladies. Nous nous tenons aux cotés de la DINEPA dans la réalisation des politiques publiques en ce qui a trait à l’accès à l’eau et l’assainissement », ajoute-t-il.

 

Lancement officiel de la semaine Nationale de l’enfant

Les adolescents et Mme Villedrouin au cours de la conférence de presse

Dans le cadre de la Journée Nationale de l’enfant qui se tiendra le 10 juin prochain, les responsables de l’Institut du Bien-Etre social et de Recherches (IBESR) ont lancé la semaine de l’enfance. Cette année, la célébration sera organisée par et pour les enfants. Ils ont, logiquement, participé à la conférence de lancement en faisant passer leurs aspirations. Au nombre des participants, l’UNICEF, qui est un partenaire-clé du secteur de la Protection de l’enfance.

‘’ Konte m tankou tout sitwayen’’ (Comptez-moi comme les autres citoyens) tel est le thème principal de cette semaine. Les enfants se sont mis ensemble pour le choisir. Les adultes n’ont pas influencé ce choix, selon la directrice générale de l’IBESR, Mme Arielle Jeanty Villedrouin.

« Konte m tankou tout sitwayen est plus qu’un thème, c’est un rappel à l’obligation faite à l’Etat haïtien et aux parents de garantir à chaque enfant, dès sa naissance, son droit à l’identité à une nationalité et donc à une citoyenneté. Conformément à l’article 7 de la Convention des droits de l’enfant », a indiqué Marley-Gnuelia M., âge de 14 ans.

Elle a rappelé que l’enfant est un sujet de droit et mérite toute la protection à laquelle il a droit. « Nous sommes des Haïtiens car l’Etat nous reconnait comme un groupe de personnes au sein de la société et il est le garant de nos droits. Car en tant qu’être humain nous sommes nés avec tous nos droits », a-t-elle ajouté.

Pour sa part Dawoodly D., 14 ans, a salué le fait que les enfants soient impliqués dans toutes les activités commémoratives de la Semaine de l’enfant. « C’est une opportunité de jouir de notre droit à la participation, mais aussi d’inviter les décideurs à prendre leurs responsabilités quant aux droits de chaque enfant », a-t-il insisté.

« C’est une obligation pour l’Etat de fournir immédiatement des papiers d’identité à un nouveau-né. Les enfants ont droit à des actes de naissance qui prouvent qu’ils sont des citoyens du pays, conformément à la loi », a souligné Dawoodly. Selon lui, l’Etat doit mettre sur pied un système qui permette un enregistrement efficace des informations afin d’éviter des problèmes d’identité à l’avenir. « Pour que l’Etat puisse garantir nos droits, il doit être au courant de notre existence et reconnaitre qu’il a des obligations envers nous », a-t-il martelé.

« Il faut me compter comme tous les citoyens car nous sommes tous nés égaux en droit. Nous avons les mêmes droits, selon l’article premier de la Déclaration Universels des Droits de l’homme », a indiqué Ronide L., 17 ans.

La Constitution haïtienne ne fait aucune distinction en termes de droits entre les personnes majeures et les mineurs. « Bien que nous comprenions que pour certains droits, il y a des conditions qui ont rapport avec l’âge, les capacités physiques et intellectuelles… », a-t-elle dit, ajoutant que l’Etat à l’obligation de garantir les droits de tous les enfants, vivant dans le pays.

Une semaine riche en activités centrées sur les enfants  

Mme Villedrouin a fait part de son émotion en entendant les discours de ces jeunes adolescents. « Cela indique leur volonté pour que l’on puisse reconnaitre leur place au sein de la société. Ils représentent l’avenir du pays. Au niveau de l’IBESR, nous voulions vraiment mettre les enfants en lumière afin qu’ils puissent s’exprimer », a-t-elle dit. Elle en a profité pour saluer les différents partenaires présents dont l’UNICEF, « le partenaire au quotidien de l’IBESR ».

Entre autres activités : le Salon de protection de l’enfance, avec la participation des partenaires ; des causeries dans différentes écoles, il y aura des activités récréatives tout au long de la semaine ; le point culminant sera le 10 juin avec plus de 2000 enfants, avec la participation d’artistes importants comme Jean Jean Roosevelt, il y aura des clowns, des jeux pour les enfants. La grande majorité des activités se dérouleront au local de l’IBESR.

La Journée nationale de l’enfant a été instituée par l’Etat haïtien en 1960. Elle vise à promouvoir les droits des enfants haïtiens.

L’engagement communautaire à la base de l’accès à l’eau potable

 

Un riverain puisant de l’eau dans la source

Dans les endroits reculés du pays, l’accès à l’eau potable peut s’avérer un défi de taille, tenant compte de la configuration du relief et de la disponibilité des sources naturelles en eau. L’UNICEF, avec un financement de l’USAID, met en place des projets de captage de source et d’adduction d’eau potable. Souvent l’engagement communautaire est incontournable pour la réussite de ces projets. La localité de La Vallette, dans le département du Sud-Est est un exemple frappant.

Jacmel, le 31 mai 2018– Dans le cadre de la lutte contre la sècheresse qui a frappé plusieurs départements du pays dont le Sud-Est, l’UNICEF de concert avec l’USAID a entrepris des travaux de réhabilitation de sources d’eau dans plusieurs localités. La source Lavalette dans la section Montagne La Voûte, 6e section de la commune de Jacmel, en bénéficie.

Alma Oplan, le regard vif, la démarche droite et décidée est le coordonnateur de Casec de la Section La Montagne. Il a été l’un des grands artisans, au niveau communautaire de la réhabilitation de la source de la Montagne. « En tant qu’agent de développement, notre rôle est de travailler au profit de notre section communale pour le bien-être de la communauté », explique-t-il.

Des problèmes qui étaient récurrents

Le relief accidenté a favorisé l’érosion des sols de la zone ; l’augmentation de la population a entrainé une surexploitation du système ; les catastrophes naturelles telles que les ouragans (le tremblement de terre, les cyclones Emilie et Katrina ainsi que l’Ouragan Matthew…) ont accéléré la dégradation des ouvrages. En ce qui a trait au captage : il y avait des fissures sur la superstructure, la trappe était endommagée, l’environnement proche dégradé. Ainsi le reste du réseau ne pouvait être alimenté.

Le manque d’appropriation de la source par la communauté a induit un manque de suivi des ouvrages. Les gens ne prenaient pas soin de l’ancien captage et y jetaient des immondices, il n’y avait aucune propreté. « La situation était très difficile, car les gens puisaient de l’eau, tout près de l’endroit où les animaux s’abreuvaient », raconte-t-il.

La communauté a été partie prenante

Une pompe à bras dans une section communale du Sud-Est

Les membres de la communauté ont vu la nécessité de réparer la source d’eau, ils ont ainsi fait la demande auprès de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). L’USAID avait donné un financement à l’UNICEF pour la réalisation du projet. Solidarités International a été choisi comme maitre d’ouvrage.

Lorsqu’il parle de la réalisation de ce projet, un large sourire illumine le visage d’Oplan. « Les gens se sont appropriés le projet dès le commencement. Ils ont participé en donnant et en apportant sur les lieux des matériaux de constructions ; sable, roches, blocs, entre autres », se réjouit-il.

Alma Oplan a été l’un des moteurs de la mobilisation. Il a sensibilisé les habitants sur l’importance de la réhabilitation de la source. Il a contribué à la nourriture des travailleurs. Il s’est dit satisfait du résultat final, même s’il pense qu’il peut y avoir de l’amélioration.

Le gros des travaux a consisté en : la réhabilitation, le captage à travers le colmatage de la fuite et le nettoyage de l’environnement proche du système ; la réfection de l’étanchéité intérieure et extérieure du réservoir ; la réhabilitation partielle de la maçonnerie et la plomberie ; le colmatage et la protection des canalisations au niveau du captage ; la réalisation d’un mur de soutènement pour la protection de l’ouvrage.

Pour Jacques Touchard Adia, spécialiste WASH à l’UNICEF, la réhabilitation de la source va changer la vie de la population. Car l’impact dans leur vie est réel et palpable. « C’est une grande différence pour les gens de La Montagne, car avant il était difficile de trouver l’eau potable. Les populations avaient de l’eau en quantité mais qui n’était pas potable. Le captage et le réservoir étaient contaminés par les coliformes. L’UNICEF, en soutien au gouvernement haïtien, a permis à ces communautés reculées d’avoir accès à l’eau. Cela va sauver la vie des enfants. Nous remercions l’USAID pour son soutien important à la réalisation de ce projet. », conclut-il.

 

Lancement du ‘’Guide pratique journalistique : promouvoir les droits des enfants dans les médias haïtiens’’

Jacques Desrosiers, faisant la présentation du guide.  ( Crédit photo, J.J. Augustin ) 

Les journalistes ont la capacité de susciter des débats autour des thématiques qui agitent la société. Ils peuvent faire bouger les lignes. Pour ce qui a trait à l’enfance, les problématiques sont nombreuses, nous pouvons parler des enfants qui ne vont pas à l’école, l’accès aux soins de santé, les enfants en conflit avec la loi. C’est pour cette raison que les principaux partenaires de la Protection de l’enfance ont élaboré un guide journalistique afin de faciliter le travail des journalistes dans le cadre du traitement des informations liées à l’enfance.

Port-au-Prince, le 10 mai 2018- L’UNICEF, le Bureau international du travail (BIT), la MINUJUSTH de concert avec l’Association des journalistes haïtiens (AJH) et l’Institut du Bien-Etre social et de Recherches (IBESR) ont lancé ce jeudi 10 mai, le ‘’Guide pratique journalistique : promouvoir les Droits des enfants dans les médias haïtiens’’.  Les journalistes étaient présents en grand nombre, car étant les principaux intéressés.

Entre autres objectifs ; mettre à la disposition des journalistes haïtiens des outils pratiques dans le cadre du traitement des informations liées à l’enfance ; assurer une promotion effective et continue des droits de l’enfant au sein de la presse haïtienne.

Jacques Desrosiers, secrétaire général de l’AJH, a présenté les principales catégories du guide, conçu de manière pratique, et d’une utilisation facile. Le guide est ainsi divisé en cinq grandes parties : déontologie, cadre légal, fiches pratiques, fiches thématiques, principaux contacts pour permettre aux journalistes de trouver les personnes ressources dans le traitement des informations liées à l’enfance. « Cet ouvrage soulève la question des droits de l’enfant pour parvenir à leur respect et de fournir les repères nécessaires, les connaissances utiles à ceux qui sont les mieux placés pour faire la promotion de ces droits : les journalistes », a-t-il insisté.

Promouvoir les droits des enfants

Pour sa part, Mme Claudine François, coordonnateur a.i. du BIT a salué les démarches visant à « …l’harmonisation des documents de référence pour l’implication des médias dans les questions autour de la promotion et du respect des droits de l’enfant. Le guide permettra de toucher efficacement l’opinion publique et rallier le plus grand nombre à l’amélioration de la santé, du bien-être et de la protection des enfants haïtiens ».

« Par ma voix, le BIT en Haïti espère que ce guide vous aidera à renforcer le respect pour le droit de nos enfants, et qu’il fournira les outils adéquats pour un engagement plus poussé de chacun de vous dans votre institution d’attache dans votre communauté », s’est-elle adressé aux journalistes.

Mme Arielle Jeanty Villdrouin, lors de son allocution. (Crédit photo, J.J. Augustin)

Mme Arielle Jeanty Villedrouin, directrice générale de l’IBESR, a souligné que ce « guide journalistique marque l’espoir dans l’avenir. L’espoir qu’avec cet outil un pas en avant est franchi pour le respect des normes constitutionnelles et légales de la protection de l’enfance en Haïti ».

« Ce guide doit constituer pour vous une boussole devant vous accompagner dans votre métier de journaliste aujourd’hui et demain. De l’attention et de la compréhension que nous accordons aux enfants dépendent notre avenir, l’avenir du pays », a-t-elle martelé, lançant un appel solennel aux médias, à l’occasion de la journée nationale de l’enfance le 10 juin 2018, pour une participation plus active en donnant la priorité à la voix des enfants.

Raoul de Torcy, Représentant adjoint de l’UNICEF, a souligné que le « guide met l’accent sur ce qui implique l’enfance et le journalisme. Nous avons jugé importants de rappeler certaines règles. Les règles journalistiques destinées à protéger les droits de l’enfant. Elles ne sont pas toujours connues de la profession, elles sont pourtant universelles ; droit à l’image, au respect de la vie privée, entre autres ».

Le Représentant adjoint de l’UNICEF a plus loin indiqué que l’UNICEF veut engager un dialogue franc et constructif afin de placer le droit des enfants dans divers secteurs de la société, notamment au sein de la presse et dans le domaine de la culture. Le but est d’utiliser tous les canaux possibles pour la promotion des droits de l’enfant, notamment la presse et l’art. « Nous voulons créer une synergie autour de la défense du droit des enfants, en mobilisant tous les acteurs de la société. La défense des Droits de l’enfant, concerne tout le monde », a-t-il dit.

A la fin de la cérémonie, l’artiste haïtien de renom Jean Jean Roosevelt a présenté l’album ‘’ Jean Jean des petits : Formons les citoyens de demain’’. Cet album a été réalisé avec la collaboration de l’UNICEF, les chansons font la promotion du respect des droits des enfants.

L’UNICEF renforce les capacités des cadres du MENFP

Les participants avec leur certificat en main pour une photo souvenir

L’UNICEF accompagne le Ministère de l’éducation nationale et de la formation professionnelle (MENFP) dans la mise en œuvre des politiques publiques d’Education. Ce support passe également par un renforcement des capacités des hauts cadres du MENFP afin d’assurer une meilleure efficacité dans leurs interventions. C’est dans ce contexte, que l’UNICEF a répondu positivement à la demande de l’Inspection Générale pour un appui technique et financier à l’organisation d’une séance de formation de 4 jours sur ‘’ La gestion axée sur les résultats’’ (GAR).

Port-au-Prince, le 27 avril 2018- La formation s’est tenue du 15 au 18 avril. Au nombre des participants on pouvait compter le Directeur général, les inspecteurs généraux, les directeurs techniques et les directeurs départementaux, les coordonnateurs de pôles, les cadres de la direction générale, entre autres.

Ce séminaire visait plusieurs objectifs : promouvoir une vue d’ensemble de la politique et des principes de la GAR ; aider les cadres du ministère à s’approprier les concepts et outils-clés relatifs à la gestion axée sur les résultats ; contribuer à l’amélioration de la gestion tant administrative que technique du ministère, dans son ensemble ; développer une culture de reddition de compte et de recherche de résultats concrets. Les échanges ont été très instructives et la méthode participative a été privilégiée.

Assurer un suivi efficace

Dans son allocution, M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Education nationale, a mis l’accent sur les interactions qui ont été fructueuses tout en souhaitant que les éléments appris aient été bien retenus. Plus loin, il a voulu dire « un grand merci en lettres de diamant à l’UNICEF qui nous a accompagné dans cette activité de manière très ferme ».

« Nous espérons qu’avec l’appui de nos amis et de tous ceux qui souhaitent, comme l’UNICEF une amélioration de la question éducative en Haïti, que le MENFP pourra organiser d’autres séances du même genre », a-t-il dit, félicitant les participants pour leur enthousiasme.

Jackson Pléteau, chef de cabinet du Ministre et inspecteur général au sein du MENFP, a insisté sur le suivi du séminaire. « Ce qu’on attend c’est un changement dans la mentalité, un changement dans la conduite des opérations, un changement dans le leadership. Quand on met l’accent sur l’équité et la justice, c’est sûr qu’on arrivera à bon port. Il faut montrer, à partir de votre leadership, qu’on a capté quelque chose de cette formation. », s’est-il adressé aux cadres.

Améliorer le système éducatif

Les participants lors d’une séance de travail

Le Représentant de l’UNICEF en Haïti, M. Marc Vincent, a profité de cette occasion pour féliciter le Gouvernement Haïtien et le MENFP pour ce virage décisif vers une Gestion Axée sur les Résultats. « L’UNICEF applaudit cette initiative et est heureux de pouvoir y contribuer », a-t-il dit.

« La gestion axée sur les résultats, nous conduira vers une amélioration de l’efficacité du secteur, vers plus de transparence et vers des pratiques de reddition des comptes au sein du MENFP et finalement à produire des résultats tangibles pour les filles, les garçons, d’Haïti sans distinction aucune », a-t-il rappelé, ajoutant que la GAR contribuera à améliorer la gestion des programmes du MENFP à tous les niveaux et durant toutes les étapes, depuis la planification et la mise en œuvre, jusqu’au suivi et l’évaluation. Justement, dans le cadre de l’élaboration du plan décennal, la GAR représente un outil pour assurer que ce dernier puisse suivre les étapes de l’analyse, de l’établissement de priorités claires et la définition de résultats réalistes, de l’élaboration d’une théorie de changement qui montrera clairement le cheminement vers les résultats escomptés et enfin, un cadre de résultats robuste afin d’assurer un bon suivi de sa mise en œuvre.

« La finalité de tout ce que nous faisons dans le secteur de l’éducation est d’arriver à créer un environnement propice au processus enseignement-apprentissage, un climat favorable au développement et au bien-être des enfants, de la communauté éducative et du pays », -a-t-il, plus loin insisté.

L’UNICEF est engagé aux côtés de l’Etat haïtien dans la mise en œuvre de la scolarisation universelle de tous les enfants d’Haïti. Cet appui s’est concentré sur plusieurs axes : les constructions ou les réhabilitations d’écoles en vue d’améliorer l’accès, les interventions pour l’amélioration des compétences en lecture-écriture des enfants du premier cycle fondamental, l’appui au renforcement institutionnel au niveau central et local, le développement intégral de la petite enfance, l’action contre la violence scolaire, la prévention et la gestion des risques liés aux catastrophes.

Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Renforcer la coopération dans la lutte contre le travail domestique des enfants

 

Une séance de présentation lors de la réunion au local de l’UNICEF

Les principaux partenaires impliqués dans la lutte contre le travail domestique des enfants, redoublent d’efforts, aux côtés du gouvernement haïtien, pour réduire l’incidence de ce phénomène sur les enfants en vue de leur plein épanouissement. Pour rendre le combat plus efficace, beaucoup d’initiatives sont prises parmi lesquelles le projet de lutte contre le travail domestique des enfants. Le Comité directeur conjoint de ce projet fait partie de ces mécanismes de coordination. La Coopération Canadienne et le Ministère des Affaires Sociales et du Travail (MAST) co-président cette structure dont les membres sont issus des organisations internationales comme l’UNICEF, l’Organisation Internationale du travail (OIT), l’OIM et des organismes gouvernementaux.

Port-au-Prince, le 29 mars 2018– Les membres du Comité directeur conjoint se sont réunis dans la salle de conférence de l’UNICEF afin de faire le point sur les avancées du projet ‘’ Lutte contre le travail domestique des enfants en Haïti’’, de discuter des défis et des prochaines étapes dans la mise en œuvre du projet.

Dans son allocution de circonstance, Mme Stéphanie Auguste, Ministre des Affaires Sociales et du Travail a mis l’accent sur l’importance qu’accorde le gouvernement haïtien dans la lutte contre le travail des enfants au regard de ses conséquences dramatiques. « Les conséquences désastreuses des pires formes de travail des enfants ne sont plus à démontrer. Elles engendrent des effets irréversibles sur leur santé, leur éducation, et leur épanouissement psycho-affectif qui constituent leurs droits les plus élémentaires », a-t-elle indiqué.

Plus loin, la ministre a souligné la nécessite de développer des actions synergiques contre le travail domestique des enfants « Il nous faut donc sans délai dégager les voies et moyens pour entreprendre les actions qui doivent faire date et qui ne permettent pas d’attendre », a-t-elle ajouté. Elle a également salué la coopération, dans ce domaine, entre le gouvernement haïtien, le Canada, et les Nations-Unies particulièrement l’UNICEF.

Une coopération fructueuse

La ministre Stéphanie Auguste au cours d’une présentation, le Représentant de l’UNICEF à Droite et le chef de coopération du Canada à gauche

Pour sa part, M. Carlos Rojas-Arbulu, Chef de coopération à l’ambassade du Canada a salué les efforts du gouvernement Haïtien qui a ratifié plusieurs conventions internationales sur les droits humains dont la Convention relative aux droits de l’enfant. Il a également remercié l’UNICEF et ses partenaires pour les efforts qui ont permis d’obtenir des avancées dans la mise en œuvre du projet de lutte contre le travail domestique des enfants notamment à travers les résultats présentés dans le premier rapport annuel.

Il a enfin encouragé l’UNICEF et les partenaires à renforcer la stratégie d’égalité femme/Homme et le mécanisme de coordination en saluant le leadership de la Ministre des Affaires sociales et du travail.

  1. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti, a tenu à rappeler « l’engagement soutenu du Gouvernement haïtien en faveur de la promotion et de la protection des droits de l’enfant », mettant l’accent sur le leadership du MAST dans le secteur.

Il a plus loin rappelé certains résultats importants depuis le début de la mise en œuvre du projet en avril 2017 parmi lesquels : le déclenchement de la dynamique pour soutenir la révision du Code du travail et la voie vers l’adoption des autres textes juridiques tels que le Code de protection de l’Enfant et la liste des travaux dangereux ; l’identification et la prise en charge de 336 enfants travailleurs domestiques dont 60% de filles ; l’identification et l’appui à 2,357 familles à risque de séparation familiale afin de prévenir le travail des enfants ; l’identification et le soutien à 1,215 enfants à risque ou victimes de violences y compris les VBG dont 765 sont actuellement scolarisés.

Des chiffres qui interpellent

Ce projet qui se déroule dans trois départements dont le Sud, la Grand ’Anse et l’Ouest fait suite à l’étude sur le placement et le travail domestique des enfants réalisée en 2014. Selon cette étude réalisée par le Gouvernement haïtien avec le support de l’UNICEF et 28 ONG nationales et internationales, il a été révélé la situation suivante :

  • 25% des enfants haïtiens de 5 à 17 ans vivent séparés de leurs parents biologiques ;
  • Plus de 400 000 enfants dont 52% des filles sont impliqués dans le travail domestique ;
  • 207 000 enfants de 5 à 14 ans sont dans des formes inacceptables de travail domestique ;
  • Près de 60% des enfants dans des conditions inacceptables de travail seraient des filles essentiellement employées en milieu urbain ;
  • Une forte précarité socio-économique des ménages explique cette pratique dans la plupart des cas.

La tenue de ce comité directeur conjoint vient rappeler la nécessité de renforcer les synergies entre acteurs pour apporter une réponse plurisectorielle au problème de précarité qui conduit à l’exploitation des enfants à travers les pires formes de travail d’où l’insistance de Madame la Ministre pour :

  • une grande mobilisation des acteurs au niveau des autres Ministères et des ONG concernées dans toutes les étapes du projet.
  • Le développement d’action de plaidoyer envers le parlement pour l’adoption de la Convention 189 de l’OIT sur les travailleurs domestiques et la loi portant code de protection de l’enfant, et la révision du Code du travail;
  • La mise en place d’un groupe sectoriel sur la protection de l’enfant qui permettra de regrouper les acteurs au niveau stratégique concernant la protection de l’enfant.

Avec une tel engagement au sommet et une telle mobilisation des acteurs de développement, l’espoir est permis quand a la réduction de l’exposition au travail domestique des filles et garçons en Haïti.

 

 

Éliminer le cholera en Haïti par la réponse rapide.

UNICEF Haïti travaille avec ses partenaires tels Solidarités International afin de soutenir la stratégie de réponse rapide du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le but d’éliminer le choléra avec ses équipes mobiles.Voici l’histoire de Michel Ange.