Utiliser les précieuses heures avant qu’Irma ne frappe

Port-au-Prince, 7 septembre 2017 – Il règne un calme à l’extérieur. Pendant que les nuages se rassemblent, une étrange tranquillité règne dans les rues. Il y a peu de trafic puisque les écoles ont été fermées par mesure de précaution. Les entreprises étaient ouvertes ce matin mais, vers midi, tout est fermé. Tout le monde attend …

le ciel gris

Dans cette atmosphère d’attente, l’équipe de l’UNICEF travaille à plein régime. Au bureau central de Port-au-Prince où seulement un minimum de personnel qui est au travail aujourd’hui afin de réduire les risques d’exposition, et dans le Nord où les spécialistes du programme soutiennent le gouvernement pour planifier les choses sur le terrain. Tout le monde pousse vers l’avant pour obtenir un maximum autant que cela soit possible; et arriver à une très bonne préparation afin que l’aide aux enfants puisse commencer, immédiatement après le passage d’Irma.

Irma se dirige vers l’Ouest à une vitesse de 24 km / h, avec des pluies torrentielles, des ondes de tempête et des vents menaçants sur son chemin. Les histoires de destruction ont commencé à circuler dans les îles qu’elle a balayées. À Barbuda, quatre-vingt-dix pour cent des bâtiments sont signalés comme détruits ou gravement endommagés; les systèmes de télécommunication de l’île sont en panne et l’alimentation est coupée. Couvrant un espace de la taille de la France, Irma continue de se diriger dans notre direction, se rapprochant de plus en plus.

4 millions de personnes vivent dans les quatre départements les plus à risque sur la trajectoire actuelle, environ 40 pour cent sont des enfants de moins de 18 ans. Étant déjà vulnérables dans des contextes «normaux», les enfants et les femmes sont toujours les plus vulnérables en cas de catastrophe. Ils représentent notre priorité lorsqu’Irma atteindra Haïti, et l’efficacité de no

tre réponse sera la clé pour atteindre un maximum d’enfants, rapidement. Toutes les actions sont exécutées sous la direction du gouvernement, et l’UNICEF soutient activement les mécanismes de coordination qui ont été activés au niveau central et départemental. Notre ambition partagée est d’assurer la concertation et la collaboration des acteurs, en maximisant l’impact des ressources de chacun.

Les stocks d’approvisionnements critiques sont préposés de concert avec les partenaires de la société civile dans le Nord et le Nord-Est, le Nord-Ouest et l’Artibonite, et des stocks supplémentaires sont prêts à être expédiés dans le Sud et dans l’Ouest, susceptibles d’être moins touchés. L’eau potable est une priorité dans les premières heures après la catastrophe. Sur la base de l’expérience passée, les stocks contiennent des aquatabs et du chlore pour la purification de l’eau, ainsi que des kits d’hygiène pour assurer un niveau minimum d’eau potable et d’assainissement – aspects cruciaux pour prévenir l’apparition de maladies. En outre, des couvertures en plastique et des draps sont inclus alors que les familles qui ont perdu leurs maisons et leurs possessions seront exposées aux éléments. Il y a également des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (RUTF) pour le traitement des enfants malnutris; ainsi que des trousses ‘’d’école dans une boîte’’ pour faciliter la réouverture des écoles dès que possible. D’autres priorités incluront la protection des enfants et des adolescents les plus vulnérables et un soutien psychosocial aux enfants et aux adolescents les plus touchés.

Comme constaté pendant Matthew, l’année dernière, ce retour à l’école peut s’avérer être un défi majeur car les familles qui ont perdu leurs maisons chercheront refuge dans les écoles (qui sont souvent les seuls bâtiments solides dans leur région) et n’ont nulle part ailleurs après le passage de la tempête. L’identification d’un autre type d’hébergement, le plus rapidement possible est l’une des tâches que l’UNICEF, le gouvernement et les différents partenaires de l’éducation ont commencé à travailler dans la préparation d’Irma.

Comme j’écris ces lignes, je vais quitter le bureau, la pluie jaillit comme une douche. Restez secs et connectés s’il vous plaît.

 

Irma Haiti, Blog #2

Etudes sur la persistance du Choléra dans les communes

De nouvelles études concernant la persistance du Choléra dans les communes de Hinche, Gonaïves et Mirebalais dont certains quartier sont les plus touchés.

Portrait de Pères – Jean-Ernst St Fleur – UNICEF Haïti

Afin de célébrer la Fête des Pères Haïtienne, le dimanche 25 Juin, et dans la continuation de la série des Portraits de Pères, nous vous présentons aujourd’hui Jean-Ernst St Fleur, membre du staff d’UNICEF Haïti à la section Monitoring & Evaluation. Laissons le nous présenter sa vie de super papa et l’amour qu’il porte à son enfant.  Lire la suite

Nouvelle maternité d’urgence à Gressier : un véritable soulagement pour la population

La mortalité maternelle et néonatale est encore aujourd’hui sujette à une réalité importante en Haïti. En effet, celle-ci est liée directement à l’état de santé de la mère quand celle-ci ne décède pas des suites de l’accouchement. Le besoin de cliniques spécialisées en Soins Obstétriques et Néonataux d’Urgence de Base (SONUB) est donc immense dans une multitude de communes où l’accessibilité des structures de santé pour les patients est mauvaise et l’offre de soin peu prolifique. Lire la suite

Il reste encore des défis à relever 6 mois après l’ouragan Matthew

Six mois après le passage de l’ouragan Matthew, un cyclone de catégorie 4 qui représente la plus grave crise humanitaire depuis le tremblement de terre de 2010 en Haïti, la population, notamment dans la Grand’Anse et le Sud, a encore de grands besoins, en dépit d’une grande mobilisation des acteurs humanitaires sur le terrain, dès les premiers jours.

Rodley,12 ans, originaire de Jérémie

Rodley,12 ans, originaire de Jérémie

A travers le pays, on estime à 1 100 000 enfants et 1 600 000 adultes ayant besoin d’assistance humanitaire. Beaucoup d’entre entre eux peinent encore à se relever des effets du cyclone.

Dans le cadre de sa réponse humanitaire post-Matthew, qui se base sur le principe de la redevabilité envers les communautés, l’UNICEF a organisé début avril, une consultation avec les jeunes dans la Grand’Anse, afin d’avoir leur point de vue sur la réponse. Il s’agit d’un dialogue qui se poursuivra au courant des prochaines semaines dans les deux départements les plus touchés. Les voix des jeunes confirment que beaucoup reste encore à faire afin de permettre aux familles et aux enfants d’avoir de meilleures conditions de vie. Selon les dernières évaluations effectuées dans le Sud et la Grand’Anse :

 

Protection : 125 000 enfants ont besoin de protection contre la violence, l’exploitation et les abus depuis le passage de l’ouragan Matthew. « Quand nous essayons de parler, les adultes nous demandent de nous taire parce que nous sommes des enfants », explique Rodley, originaire de Jérémie. Selon l’Organisation de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), plus de 175 000 personnes ont été contraintes de se déplacer dans des abris temporaires.

Isma, 17 ans, originaire de Marfranc.

Isma, 17 ans, originaire de Marfranc.

Education : On estime à plus de 490 000, le nombre d’enfants dont la scolarité a été interrompue à cause de l’impact de l’ouragan. « J’aurais vraiment aimé aider les gens de ma communauté, leur apporter ce qu’il manque, mais je ne peux pas. Aider les enfants dans le domaine de l’éducation est aussi un objectif », explique Isma, 17 ans, originaire de Marfranc.

 

Eau et assainissement : Selon une enquête de l’ONG Acted pour les Cayes, 60 pour cent des personnes continuent à puiser leur eau de boisson dans des puits et 35 pour cent dans des robinets privés. « Nous avons besoin d’aide et ceci dans tous les domaines », rappelle Chansina, 14 ans, qui vit à Roseaux.

 

« Les gens ont commencé à replanter leur jardin, à réparer les maisons, mais il nous faut encore de l’aide dans certains domaines  »

Rosemène, 17 ans, vivant à Léon, une localité de la Grand’Anse durement touchée par Matthew.

Rosemène, 17 ans, vivant à Léon, une localité de la Grand’Anse durement touchée par Matthew.

Nutrition : Les taux de malnutrition devraient augmenter dans les prochains mois, car les effets réels de la perte déclarée de 70 à 90 pour cent des cultures, dans les zones touchées, commencent à se faire sentir. « Cette rencontre m’a permis de comprendre comment les enfants sont sensés vivre quand on considère leurs droits. Ils doivent pouvoir trouver assez de nourriture, être protégés et bien d’autres choses encore », rappelle Rosemène, 17 ans, vivant à Léon, une localité de la Grand’Anse durement touchée par Matthew.

« Les gens ont commencé à replanter leur jardin, à réparer les maisons, mais il nous faut encore de l’aide dans certains domaines, car il y a beaucoup de personnes qui n’ont rien reçu et ils attendent encore », explique Blaise, 17 ans, originaire de Marfranc.

 

Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti, a insisté sur les efforts qui doivent être entrepris afin de garder une certaine continuité dans la réponse. « Il est vital de fournir une assistance aux personnes touchées, en particulier aux enfants, qui sont toujours les plus vulnérables. L’UNICEF travaille main dans la main avec le Gouvernement, les partenaires et les communautés afin de relever ce défi et d’aider les personnes victimes à pouvoir reprendre leur vie d’avant la catastrophe. Il faut redoubler nos efforts afin de permettre aux plus vulnérables d’avoir accès à des conditions de vie décente. J’en profite pour saluer la résilience des familles haïtiennes », a-t-il indiqué.

 

Chansina, 14 ans, qui vit à Roseaux

Chansina, 14 ans, qui vit à Roseaux

De concert avec les partenaires, l’UNICEF a pu faciliter la réhabilitation de 75 écoles permettant à plus de 20 000 écoliers de reprendre les activités scolaires ; la réhabilitation de 34 autres écoles est cours et celle de 65 autres est planifiée.

Plus de 400 000 personnes ont eu accès à de l’eau potable depuis le passage de Matthew ; plus de 9 000 enfants ont bénéficié des activités psychosociales dans les Espaces Amis des Enfants.

Depuis l’ouragan, l’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes de réponse rapide du choléra de 46 à l’échelle nationale à 88.

Selon le Ministère de la Santé publique et des Populations (MSPP) au cours des 10 semaines écoulées depuis le 1er janvier 2017, environ 3 585 cas suspects de choléra ont été signalés, comparativement à plus de 9 400 pour la même période de 2016, ce qui montre des progrès continus vers l’objectif d’élimination du choléra en Haïti.

Plus de 80 000 personnes ont bénéficié de consultations par le biais de cliniques médicales mobiles que l’UNICEF avec le MSPP a mis en place pour répondre le service aux familles, alors que les installations de santé étaient en cours de réparation.

Les activités de nutrition, avec la détection des enfants malnutris et le soin à leur égard ont démarrées rapidement et se poursuivent aujourd’hui. Le rétablissement de la chaine de froid est en cours.

UNICEF HAITI

Réponse et prévention : une alliance indispensable dans la lutte contre le choléra

Le nombre de cas suspects de choléra en Haïti a diminué – de plus de 350 000 cas suspects en 2011 à un peu plus de 41 000 en 2016. Chaque cas suspect de choléra déclenche une réponse rapide pour protéger contre la propagation de la maladie. Le but ultime? Eliminer le choléra en Haïti d’ici 2022.

Autonomisation des femmes et des filles en Haïti, nos héroïnes montrent la voie

Aujourd’hui, comme tous les autres jours de l’année, nous célébrons les droits des filles et des femmes. L’autonomisation des femmes et des filles rendra Haïti plus forte! Nos petites héroïnes montrent le chemin…

Lutte contre la malnutrition aigüe : dépister et prendre en charge les cas

L’UNICEF soutient les activités de dépistage précoce et de prise en charge de la malnutrition aiguë dans les départements les plus touchées par l’ouragan Matthew. Assistez avec nous à une séance de dépistage avec notre partenaire, la Fondation pour le Développement et l’Encadrement de la Famille Haïtienne (FONDEFH).

Dame Marie est une ville située à l’extrême ouest de l’ile. Je me souviens des premières journées qui ont suivi le passage de l’ouragan. « Dame Marie, Anse d’Hainault, les Irois détruits » rapportait notre première équipe arrivée sur le terrain confirmant les premières reconnaissances effectuées par les hélicoptères des Nations Unies. Depuis Port-au-Prince, la capitale, il est difficile de se rendre compte de la signification que prennent ces mots. Aujourd’hui, presque deux mois et demi après le passage de Matthew, je mesure l’ampleur des dégâts subis et la détresse que ces enfants et leurs familles ont pu ressentir au moment où Matthew a frappé leur terre, leur toit, leur vie.

Acia et sa fille Israéline

Acia et sa fille Israéline. © Maxence Bradley

Lorsque nous arrivons au Lycée de Dame Marie ce 21 novembre 2016, environ 65 familles y sont encore réfugiées. Parmi eux, vivent 130 mineurs.  « Les familles sont venues trouver refuge ici pour échapper à Matthew et pour y vivre une fois leur maison détruite par l’ouragan. Les personnes commencent à se déplacer dans de petites chaumières ou dans des hangars, d’autres reconstruisent leur maison », commence Edouard Aya, 58 ans, animateur de terrain et crieur public pour l’hôpital de Dame Marie. Agriculteur et pécheur devenu coordinateur de l’abri. « Je me suis porté volontaire pour coordonner l’abri», précise-t-il « je voulais me rendre utile

Rachel 16 ans serre sa fille Loica 2 ans dans ses bras.

Rachel 16 ans serre sa fille Loica 2 ans dans ses bras.© Maxence Bradley

Dans cet abri, l’organisation Plan International encadre les enfants et MSF Belgique fournit de l’eau potable trois fois par semaine. FONDEFH, notre partenaire est en train d’effectuer un dépistage rapide de la malnutrition aigüe en mesurant le tour du bras (périmètre brachial) avec un ruban en plastique graduée en centimètres. C’est un outil simple et rapide d’utilisation pour identifier les enfants trop amaigris et à risque de mortalité élevée.

Les enfants attendent leur tour patiemment, ceux qui ont déjà été examinés se baladent une sucette à la main ou sont promenés dans les bras de leurs mères.

Acia a 18 ans et sa fille Israéline 2 ans. Depuis le passage de Matthew, la jeune femme a trouvé abri au lycée avec sa mère, son père et sa grande sœur. Sa maison a été totalement détruite.

Le diagnostic de malnutrition aigüe sévère a été confirmé chez cette petite fille. Cela veut dire qu’elle souffre d’un amaigrissement excessif et dangereux pour sa santé.  Acia se rendra lundi avec les autres mamans, qui sont hébergées provisoirement dans  le Lycée, au Centre de Santé de Dame Marie pour la prise en charge  nutritionnelle de sa fille. Durant 1 à 2  mois, tous les 15 jours, elle recevra des doses d’alimentation thérapeutique prête à l’emploi pour permettre à sa fille de reprendre du poids. L’évolution de son poids sera surveillée de près jusqu’à guérison totale. Acia serre son enfant contre son cœur et me confie que son souhait le plus cher est que sa fille soit en bonne santé.

Guerline, infirmière examine un enfant.

Guerline, infirmière examine un enfant. © Maxence Bradley

Depuis le passage de l’ouragan, on craint maintenant que les cas de malnutrition augmentent rapidement et que la situation nutritionnelle des enfants se dégrade  à cause de plusieurs facteurs. D’une part l’augmentation des maladies infectieuses notamment des diarrhées à cause du manque d’accès à l’eau potable ; et d’autre part, le manque de nourriture à cause de la destruction des récoltes (de 70 à 100% des cultures ont été détruites dans les zones touchées), la perte du bétail et des moyens de subsistance.

Rachel 16 ans serre sa fille Loica 2 ans dans ses bras. La jeune fille habite au lycée de Dame Marie avec son père, sa mère, son mari et sa petite fille. Lundi matin elle se rendra à la clinique à 8 heures car Loica a de la fièvre.

Son amie Belony Celna la rejoint avec son fils âgé de un an. Il s’appelle Numa Wilsherson.  Il souffre de diarrhée. Miss Oscar infirmière chez FONDEFH donne à sa mère  des sels de réhydratation orale (à diluer dans de l’eau), et des micronutriments  (une poudre composée de 15 vitamines et minéraux à ajouter à la bouillie du petit garçon) pour traitement à domicile et lui fixe rendez-vous lundi matin à la première heure à la clinique pour une visite de suivi.

Jameson fabrique des cerfs-volants pour ses camarades.

Jameson fabrique des cerfs-volants pour ses camarades. © Maxence Bradley

« Le dépistage de la malnutrition réalisé  par FONDEFH est aussi l’occasion de dépister d’autres pathologies chez l’enfant comme  les diarrhées, les infections respiratoires ou les dermatoses. Ce sont ces maladies que nous rencontrons fréquemment lors de nos consultations », explique Guerline Dodin, infirmière chez FONDEFH depuis 6 ans.

L’UNICEF apporte un appui technique et financier pour  le dépistage précoce et la  prise en charge de la malnutrition aiguë notamment dans les deux départements les plus affectés par l’ouragan, Sud et Grand’Anse. Dans le département de la Grand’Anse,  16 des 26 centres de nutrition existants avant l’ouragan  sont à nouveau opérationnels, pour le département du Sud, 28 des 38 centres de nutrition  sont à nouveau opérationnels.[1]

Les partenaires de l’UNICEF comme Médecins Du Monde fournissent les services essentiels de santé et de nutrition à la population à l’aide de cliniques mobiles[2] jusqu’à la restauration des services de routine dans les centres de santé étatiques.

UNICEF Haiti - 70th Anniversary video shooting with Jean Jean Roosevelt

© Maxence Bradley

Dans un coin de la cours de l’école, à l’ombre, Jameson14 ans et ses camarades occupent leur après-midi. Il a deux frères et deux sœurs. Ici, il est le « chef de l’atelier cerf-volant ». « J’espère très vite retourner à l’école » me souffle-t-il à l’oreille avant de rejoindre ses camarades dans la cours du lycée qui font voler leur cerf-volant.

 

Julie Harlet

UNICEF Haïti Communication

[1] UNICEF Haïti- Factsheet Nutrition au 5 décembre 2016.

[2] Voir à ce sujet notre article sur l’intervention des cliniques mobiles La clinique 4X4 qui soigne les communautés des zones reculées.

’’L’éducation est un havre d’amour’’

Francesca 6 ans en 1ère année, Elodie 7 ans en 2ème année, Givelore et Ericka, toutes deux 8 ans en 3ème année

Francesca, Elodie, Givelore et Ericka, 4 écolières heureuses d’avoir repris le chemin de l’école. © Maxence Bradley

A l’école Notre Dame de Lourde de Jérémie, nous avons rencontré Francesca, Elodie, Givelore et Ericka. Les 4 écolières sont heureuses d’avoir repris le chemin de l’école. L’établissement scolaire a pu être ré ouvert rapidement grâce à l’UNICEF qui appuie son partenaire la Commission Épiscopale pour l’Education Catholique.

 

Jérémie, le 23 novembre 2016, Sœur Marie Thérèse Germain, directrice de l’école Notre Dame de Lourde sourit en regardant ses élèves sortir des cours. Aujourd’hui, 430 enfants sont  présents. « Ils sont 608 normalement. Nous avons pu accueillir le niveau fondamental il y a deux semaines une fois les travaux dans leur bâtiment terminé. Le préscolaire n’a pas encore recommencé. Les travaux de réhabilitation sont toujours en cours», précise-t-elle satisfaite de cette reprise. « On a du travail ! Beaucoup de travail ! Mathieu est arrivé le 3 octobre, nous n’avons eu qu’un mois de cours ! Il est temps de rattraper le temps perdu et d’apprendre!» lance-t-elle en souriant aux quatre fillettes qui s’attardent dans la cour de l’école.

Francesca 6 ans en 1ère année, Elodie 7 ans en 2ème année, Givelore  et Ericka, toutes deux 8 ans en 3ème année rient et s’enfuient pour jouer. Les 4 écolières sont heureuses d’avoir repris le chemin de l’école. Elodie nous confie ses matières préférées : l’écriture, la lecture et les devoirs. « Moi aussi », renchérit Ericka, « j’aime beaucoup faire mes devoirs ! », le quatuor espiègle prend à nouveau la fuite et rentre à la maison. Les cours sont terminés. L’heure est maintenant aux devoirs.

Cette école a pu être ré ouverte rapidement grâce à l’UNICEF qui appuie son partenaire  CEEC (Commission Épiscopale pour l’Education Catholique).

Selon le ministère de l’Education, 716 écoles[1] ont été endommagées par l’ouragan Matthew. UNICEF  soutient actuellement la réhabilitation de 129 écoles [2]dans les départements de la Grand’Anse, des Nippes, du Sud et du Nord-Ouest.  40 000 écoliers bénéficieront  de cette assistance.

René Fermond, sur les bancs del’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.© Maxence Bradley

René Fermond, sur les bancs del’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.© Maxence Bradley

Il est estimé qu’environ 300,000 enfants en âge scolaire[3] nécessitent un paquet d’interventions pour faciliter leur accès à l’Education. Il s’agit principalement du Grand Sud, de l’Ouest, du Nord-Ouest et du Centre où se concentrent la grande majorité des enfants en âge scolaire affectés par les crises auxquelles fait face le pays.

A l’impact de l’ouragan Matthew s’ajoute  une sécheresse prolongée causée par el-Niño,  des cas de choléra qui persistent, et des mouvements de populations transfrontalières. Tous ces évènements affectent les enfants et leur éducation. C’est pourquoi,  il est nécessaire de mettre en place des interventions portant sur la réhabilitation des écoles et des infrastructures sanitaires, l’équipement des écoles et la distribution de matériels d’apprentissage et d’enseignement ; l’organisation de sessions d’appui psychosocial à l’ intention des enfants et du personnel éducatif affectés  et l’utilisation d’un calendrier scolaire et d’un paquet pédagogique conçu par le ministère de l’Éducation pour aider les étudiants à rattraper le temps perdu en classe. [4] L’éducation est essentielle pour équiper les enfants des compétences qui les aideront à apprendre, à se protéger contre le choléra et d’autres maladies d’origine hydrique, à chercher de l’aide quand ils en ont besoin et à prospérer dans les années à venir.

UNICEF Haiti - 70th Anniversary photo project

René Fermond, directeur fondateur de l’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.© Maxence Bradley

On parle beaucoup des actions des organisations nationales, internationales et de l’État haïtien en faveur de l’éducation. Les membres de la communauté haïtienne ne sont pas en reste ! A l’image de René Fermond, directeur fondateur de l’Ecole Marie Pierre Louis à Desormeaux.

Nous avons rencontré René par hasard, sur la route qui nous mène de Jérémie à Dame Marie, au niveau de Desormeaux, un panneau indique ’’Ecole Marie Pierre Louis L’éducation est un havre d’amour’’. Nous décidons de nous y arrêter et par chance rencontrons René Fermond. Alors que de jeunes membres de la communauté font des travaux dans une école, René, directeur de cette école depuis 1990, accompagne deux petits écoliers. Deux frères Valery 5 ans et Reginald 7 ans.

« L’école a repris timidement  le 7 novembre, à cause de la pluie qui tombent depuis l’ouragan », commence-t-il. L’école  dirigée par René a été détruite par l’ouragan, sa maison aussi.  « Les meubles ont été écrasés, le matériel scolaire s’est envolé, les murs doivent être réparés. C’est pour cela que les jeunes de la communauté s’affairent. »

Rene, Valery et Reginald. © Maxence Bradley

Rene, Valery et Reginald. © Maxence Bradley

En effet, le Directeur départementale de l’Education de la Grand ’Anse, Jean Marcel Jeanty a confirmé qu’environ 60% des écoles affectées [5]ont recommencé à fonctionner ; par contre, peu d’enfants ont repris le chemin de l’école, notamment à cause des pertes subies par les familles.

René accueille depuis 26 ans les élèves sans moyens de sa localité. « J’accueille les démunis. Ceux qui le peuvent donnent un peu d’argent, ’’Un petit kob[6]’’. Ceux qui n’en ont pas les moyens sont accueillis tout de même.  Ici en Haïti, j’estime que mes compatriotes ne reconnaissent pas la valeur des démunis. C’est un pays pauvre certes, des gens viennent de l’extérieur pour nous aider. Mais nous-mêmes, nous pouvons faire beaucoup pour nos communautés. Je veux inviter les personnes à prendre conscience de cela. A jeter un regard sur les plus pauvres, les plus petits, pour encourager la solidarité.»

« Vous savez » poursuit-il « Je consacre ma vie à aider les plus pauvres, c’est mon choix de vivre comme cela et j’en ai souffert mais je ne changerais ma décision pour rien au monde. Si chacun pouvait aider un peu les autres, le monde se porterait mieux. Mais ici lorsque je tiens ces propos, on me traite parfois de fou », éclate-t-il de rire.

Se soucier des plus pauvres et agir pour eux avec bienveillance, un fou ? Je me prends alors à rêver d’un monde peuplé de plus fous comme René et nous reprenons la route direction Dame Marie où notre partenaire FONDEFH (Fondation pour le Développement et l’Encadrement de la Famille Haïtienne) effectue en ce moment un dépistage de la malnutrition.

Julie Harlet UNICEF Haïti Communication

[1] UNICEF Haiti Situation Report #15- 25 Novembre 2016.

[2] UNICEF Haiti Situation Report #15- 25 novembre 2016.

[3] Source UNICEF section Education, groupe sectoriel de l’Education.

[4]  Haiti HNO 2017 Humanitarian Need Assessment Education in Emergency.

 

[5] Déclaration faite le 1er décembre 2016.

[6] ‘’Un peu d’argent’’.

 

Spécial 70 ans! UNICEF et ses partenaires auprès des enfants touchés par Matthew

Nous avons  récemment visité de nombreuses activités soutenues par l’UNICEF, ses partenaires et le gouvernement Haïtien. Suivez nous dans nos activités de réponse à l’urgence Matthew mais aussi dans nos interventions dans les autres régions du pays.

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Et, vous serez avec nous dans l’un nos ’’Espaces Amis des Enfants’’ lors d’une séance de jeux. à Jérémie ©MaxenceBadley

Au fils de ces prochains jours, vous découvrirez à travers nos rencontres, articles et photos comment l’eau potable est fournie à Jérémie de la source au gallon. Vous comprendrez les difficultés rencontrées par les cliniques mobiles de Médecins du Monde France lorsqu’elles accèdent aux communautés reculées. Vous visiterez des écoles en voie de réhabilitation et verrez les sourires poindre sur les visages d’écoliers de retour sur les bancs de l’école. Vous assisterez à un dépistage de la malnutrition mené par notre partenaire FONDEFH dans un abri. Vous visiterez deux Centres de Traitement de la Diarrhée Aigüe. Et, vous serez avec nous dans l’un nos ’’Espaces Amis des Enfants’’ lors d’une séance de jeux.

Un beau programme pour célébrer l’anniversaire de l’UNICEF qui souffle ses 70 bougies ce 11 décembre 2016.

Nous vous avons réservé quelques surprises. Restez attentifs à nos publications ces prochains jours pour découvrir le tout. Mieux ! Abonnez-vous à notre newsletter pour être certain de ne rien manquer.