En cartographiant les risques d’une ville, de jeunes Haïtiens acquièrent des connaissances sur la santé et la technologie

Equipés de smartphones, 24 adolescents Haïtiens apportent des changements positifs à leur communauté.  Regarder dans RealPlayer

 

A travers un projet innovant de cartographie, des jeunes Haïtiens contribuent à bâtir des collectivités plus sûres et plus saines tout en acquérant des connaissances et des compétences précieuses.

PORT -AU- PRINCE, Haïti, 28 août 2013 – Carl Dorceus en connait long sur le VIH : comment la maladie se transmet, comment se protéger et l’importance de partager ses connaissances avec ses amis.

Carl a 17 ans et est l’un des 24 adolescents venant des quartiers de Cité Plus et Village de Dieu à Port-au-Prince qui ont participé à l’initiative de cartographie organisée par La Voix des Jeunes en Juillet 2012.

Le projet, un partenariat entre l’UNICEF, le ministère haïtien Ministère de la Santé Publique et de la Population, et l’organisation locale de santé GHESKIO, a cartographié les facteurs de vulnérabilité dans les communautés, y compris les risques de VIH et d’autres maladies.

Les participants ont utilisé des smartphones pour enregistrer les emplacements de zones à risque ou dangereuses pour la santé et l’assainissement, ainsi que ceux d’installations médicales. En enregistrant des photos et vidéos taguées géographiquement, un portrait des facteurs de risques dans ces quartiers a pu être établi en temps réel.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti /2012/DORMINO
Les participants de l’initiative Cartes de la Voix des Jeunes portant des T-shirts avec le slogan « MAP PAP » (« Carte Port-au-Prince ») dans une rue quartier Village de Dieu.

Un projet pour les jeunes, par les jeunes

Les mauvaises conditions d’hygiène et le manque d’infrastructures médicales adéquates sont parmi les principaux facteurs facilitant les risques  d’exposition des jeunes des quartiers défavorisés aux maladies infectieuses. L’insécurité et la violence exacerbent également leur vulnérabilité, ainsi que celle des enfants.

«Les adolescentes en particulier sont exposées à des risques d’abus sexuels et d’agression physique», explique le coordinateur du projet, Gael St. Fleur, de l’Observatoire National de la Violence et de la Criminalité (ONAVC).

Grâce à l’initiative de cartographie, des mesures concrètes peuvent être prises pour minimiser les nombreux facteurs de risque identifiés.

« Les données fournies par la cartographie numérique des risques guideront les efforts visant à améliorer la santé des jeunes», explique le Dr Guirlaine Raymond Charité, Directrice générale du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

La courbe d’apprentissage

Daniela, une jeune fille extravertie et dynamique de 17 ans qui a participé à l’initiative, a identifié une maison abandonnée jonchée de déchets et de préservatifs usagés.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti /2012/DORMINO
Billy Costacuta Dominique, 16 ans, utilise un téléphone portable pour faire une photo géolocalisée d’un passage souterrain sombre dans le quartier Cité plus de Port-au-Prince.

«Les filles de notre communauté sont particulièrement à risque d’agression sexuelle quand elles doivent parcourir de longs chemins à travers des couloirs sombres pour aller aux toilettes», explique-t-elle.

Les adolescents ont aussi reçu des cours sur les risques du VIH, sa transmission et sa prévention, et sur l’utilisation de la plateforme de cartographie numérique UNICEF-GIS, développée par le Massachusetts Institute of Technology (MIT) et l’ONG internationale Innovative Support to Emergencies, Diseases and Disasters (InSTEDD).

Daniela dit que la formation dispensée n’a pas seulement amélioré ses connaissances du VIH, mais lui a aussi conféré des compétences qu’elle peut utiliser pour aider d’autres jeunes et amener des changements positifs dans sa communauté.

«J’ai appris beaucoup de choses sur le VIH et les différents facteurs de risque, dit-elle. J’ai aussi appris à me servir d’un GPS et de la technologie mobile pour faire des rapports sur les questions qui touchent notre communauté. Je peux aussi maintenant représenter d’autres jeunes».

Edouard Beigbeder, Représentant de l’UNICEF en Haïti, dit: « Ce type d’outil numérique permet aux jeunes, en particulier aux plus vulnérables, de se faire mieux entendre dans les débats publics et, ainsi, de promouvoir des changements sociaux positifs ».

Port-au-Prince est la troisième ville au monde à participer à l’initiative de cartographie numérique, après Nairobi et Rio de Janeiro. D’autres pays suivront, et l’UNICEF espère aussi étendre le projet à d’autres régions en Haïti.

Ce projet d’engagement numérique fait partie des initiatives de La Voix des Jeunes, la plateforme mondiale de l’UNICEF pour la jeunesse. Avec la montée de la technologie numérique, l’UNICEF fournit aux jeunes des ressources et des outils tels que la formation sur les médias sociaux et des applications de cartographie pour encourager le plaidoyer et l’activisme des jeunes.

Pour en savoir plus, visitez http://www.voicesofyouth.org/fr

 

Par Rhazi Koné et Chloe Sydney

Source: http://www.unicef.org/french/infobycountry/haiti_70264.html

Petit à petit Haïti se libère du choléra

© UNICEF Haiti/2014/Walther. – Stéphanie et sa mère au centre de traitement du choléra à Petite Rivière de l’Artibonite.

Le 9 octobre, au cours des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, la Banque mondiale accueille la réunion Haïti : eau propre, installations sanitaires améliorées, santé meilleure, en collaboration avec le Gouvernement d’Haïti, les Nations Unies et les partenaires de développement. Cet événement rassemble la communauté internationale pour lutter contre les maladies d’origine hydrique comme le choléra qui sévissent  en Haïti et investir dans l’eau, l’assainissement et la santé dans les zones du pays les plus vulnérables aux maladies d’origine hydrique et celles qui ont donc le plus besoin d’amélioration dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement.

Des mesures d’intervention efficaces ont permis une réduction importante du nombre de cas de choléra en Haïti entre 2011 et 2013. L’UNICEF continue de soutenir les efforts de prévention et de traitement menés par le gouvernement avec pour objectif d’éliminer la maladie d’ici à une décennie.

Artibonite, Haïti, le 7 octobre 2014 – Stephanie a la diarrhée depuis trois jours. Sa mère Asseline Jean-Louis a amené sa petite fille de 22 mois au centre de santé de Petite-Rivière de l’Artibonite. Cela a été une longue marche dans la poussière par 35 degrés à l’ombre depuis leur domicile, dans la commune de Dessalines.

« J’avais six enfants, dit Mme Jean-Louis. Mais un de mes fils est mort en 2010, il avait la diarrhée et vomissait. Nous ne savions pas ce qui l’avait rendu malade. »

Un diagnostic rapide, un traitement rapide

Quand Asseline et sa petite sont arrivées au centre de santé, un test de diagnostic rapide a confirmé que le choléra était la cause de la diarrhée aqueuse aiguë de Stéphanie. La petite fille a été immédiatement placée dans le centre de traitement du choléra sis au centre de santé. On a procédé à un traitement intraveineux et elle a reçu une solution de réhydratation orale.

Stephanie n’aime pas vraiment le goût de la solution. Mais elle l’avale vers le bas, sentant bien quelque part qu’il l’aide à sentir mieux.

« Je suis heureuse que ma petite aille mieux, dit Mme Jean-Louis. Hier, elle était tellement faible qu’elle ne pouvait pas s’asseoir. »


Au milieu de la flambée, une raison d’être optimiste

Depuis le début de l’épidémie de choléra en octobre 2010, on a recensé  706 089 cas présumés de choléra en Haïti, et quelque 8 592 décès liés au choléra signalés, au 30 août 2014. À l’heure actuelle, on enregistre 250 nouveaux cas chaque semaine – toutes les heures une personne tombe malade.

Les départements du Centre, du Nord et de l’Artibonite continuent d’afficher les taux les plus élevés de choléra. Ils représentent 68 pour cent de tous les cas présumés de choléra recensés à ce jour en 2014.

Il existe toutefois des raisons d’être optimiste. Des efforts nationaux et internationaux menés de concert ont abouti à une réduction constante du nombre de personnes touchées par le choléra, et qui en meurent, au cours des trois dernières années. Le nombre de cas présumés de choléra a diminué, passant de 352 033 en 2011 à 101 722 cas en 2012 et à 56 174 cas en 2013.

De janvier à août 2014, on a constaté une réduction de 76 cent du nombre de cas présumés par rapport à la même période en 2013.

La détection précoce, le traitement précoce – et de l’eau propre

Lorsqu’il est détecté et traité rapidement, le choléra n’est pas une condamnation à mort. Le traitement rapide, simple et efficace que Stéphanie a subi l’a remise sur pied assez rapidement.

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© UNICEF Haiti/2014/Walther. – Une travailleuse de proximité d’Action contre la Faim explique comment utiliser des pastilles pour purifier l’eau aux résidents de la Petite Rivière de l’Artibonite.

Outre un accès rapide à un traitement, une bonne hygiène et de l’eau salubre jouent un rôle essentiel contre la maladie.

Bien que l’on disposât d’assez d’eau en Haïti, on estime qu’un peu plus d’une personne sur trois personnes (la moitié des Haïtiens des régions rurales) n’a pas accès à l’eau potable. De plus, on estime que près de deux personnes sur cinq vivant dans les zones rurales défèquent à l’air libre.

Face à l’épidémie, en 2013, le Gouvernement haïtien a lancé un plan de 10 ans pour l’élimination du choléra. Le plan comprend des interventions de lutte contre la maladie et, à plus long terme, pour son élimination, en renforçant les infrastructures d’eau d’assainissement dans les zones rurales.

En juillet 2014, le Premier ministre d’Haïti a lancé une campagne nationale d’assainissement de cinq ans, en compagnie du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, visant à aider les communautés des zones à haut risque à construire des latrines simples et efficaces.

Unis pour éliminer le choléra

Dès le début, l’UNICEF a travaillé main dans la main avec le Gouvernement et les communautés pour réaliser le droit de chaque enfant haïtien à la santé. L’objectif est de répondre à tous les cas présumés de choléra dans les 48 heures grâce à des équipes mobiles à même de fournir un kit d’hygiène d’urgence, de mener des campagnes de sensibilisation et des visites de décontamination des foyers. L’organisation apporte un soutien technique et financier au Ministère de la santé publique et de la population (MSPP). Six ONG partenaires sont déployées dans les départements du pays pour soutenir le MSPP et l’UNICEF facilite la coordination et le suivi constant dans ces domaines d’importance.

En outre, l’UNICEF a aidé le Gouvernement haïtien à vacciner plus de 100 000 personnes en 2013 et environ 184 500 personnes en 2014. Un comité technique national, dirigé par le MSPP et soutenu par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) / Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et les Centres des Etats-Unis de contrôle des maladies (CDC), a été créé à la fin mai 2014 pour concevoir et coordonner la campagne. La campagne a ciblé les zones de choléra à haut risque pour tenter de perturber la chaîne de transmission au cours de la prochaine saison sèche, ce qui aidera à réduire le nombre de cas, en particulier pendant la saison humide, une période d’importance critique.

Par Cornelia Walther

Source: http://www.unicef.org/french/infobycountry/haiti_76198.html

Atteindre les régions les plus isolées d’Haïti pour éliminer le tétanos maternel et néonatal

Haïti ne recule pas devant le défi d’atteindre les zones les plus difficiles d’accès avec le vaccin contre le tétanos. Près de 1,3 million de femmes doivent être vaccinées pour que le pays réalise son objectif de mettre fin au tétanos maternel et néonatal une bonne fois pour toutes.

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© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
Marlène Jean fait partie des dizaines de femmes de la communauté isolée de Milord ayant reçu leur troisième vaccin contre le tétanos dans le cadre d’une campagne nationale contre le tétanos maternel et néonatal.

MILORD, Haïti, le 7 mars 2014 – Marlène Jean reste stoïque en recevant sa piqûre. Elle fait partie des dizaines de femmes recevant leur troisième vaccin. Haïti mène une campagne nationale contre le tétanos maternel et néonatal. Le village de Marlène Jean, Milord, est situé dans le département du Sud-Est d’Haïti.

Après son vaccin, Marlène participe à une session de sensibilisation animée par l’un des vaccinateurs. « J’ai toujours vécu à Milord, avec mon mari et mes deux enfants », explique-t-elle. « J’ai fini par apprendre que le vaccin contre le tétanos était important à la fois pour la santé de la mère et pour celle de l’enfant. »

Marlène Jean a 32 ans. L’objectif est d’atteindre les presque 1,3 millions de femmes qui, comme elle, sont âgées de 15 à 49 ans – l’âge de procréation – dans tous les départements.

Une maladie mortelle

Le tétanos maternel et néonatal est une maladie grave, avec un taux de mortalité élevé chez les nouveau-nés. Il peut être évité si les femmes sont vaccinées contre le tétanos.

Près de 50 pour cent des cas de tétanos des Caraïbes sont situés en Haïti.

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© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
La campagne cible les femmes en âge de procréer dans le pays. Les agents de vaccination doivent parcourir de longues distances, parfois à pieds, pour couvrir toutes les régions.

Un village isolé

Milord est à trois heures de route de Jacmel, la ville principale du département du Sud-Est. La route reliant Jacmel à Milord est à flanc de montagne. Les crevasses et les falaises ne sont jamais loin.

La région est isolée, et il n’existe pas de centre de santé ni d’école. Les services publics font défaut; il n’y a pas d’électricité. Les maisons sont dispersées ça et là, distantes les unes des autres

Un objectif ferme



L’UNICEF appuie le Ministère de la santé publique et de la population dans l’élimination du tétanos maternel et néonatal dans le pays d’ici 2015. Il est crucial d’atteindre les zones les plus difficiles d’accès, comme Milord, et la municipalité de Bainet, également située dans le Sud-Est.

Mercedes Marie Alexis est infirmière-chef à Bainet depuis près de 23 ans. Elle coordonne toutes les activités de vaccination. « Les centres de santé sont très loin d’ici, explique-t-elle. La plupart du temps, les gens ne reçoivent pas toutes les doses du vaccin, parce qu’il faut beaucoup marcher. Il est donc essentiel d’organiser les postes de vaccination de manière à pouvoir atteindre toutes les femmes en âge de procréer et les enfants pour les protéger du tétanos. »

Des crieurs publics annoncent les vaccins. Mercedes Marie Alexis demande aux femmes qui viennent se faire vacciner de passer le message à celles qui n’auraient pas entendu les alertes.

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© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
Un poste de vaccination dans une école de la municipalité de Bainet. Dans les Caraïbes, près de 50 pour cent des cas de tétanos sont situés en Haïti. Il est essentiel d’assurer la couverture vaccinale pour éradiquer cette maladie évitable, souvent mortelle chez les nouveau-nés.

Dans le cadre de la troisième phase de la campagne, les vaccinateurs et les agents de mobilisation du Ministère de la santé publique et de la population parcourent de longues distances, parfois à pied. Il est arrivé qu’ils marchent pendant six heures sous le soleil et par des vents violents et persistants pour atteindre toutes les femmes.

« Si nous n’allons pas à elles, à cause de la distance, elles ne viendront pas à nous, » explique Mercedes Marie Alexis.

Une mère vaccinée



Marlène Jean a de la chance. Elle vit à moins de dix minutes du site de vaccination, les déplacements pour se faire vacciner ont donc été rapides. De nombreuses femmes de cette région ont dû marcher plus de deux heures pour se faire vacciner.

Les deux premières étapes de la campagne ont permis d’atteindre plus de 100 % de l’objectif. Le spécialiste en vaccination de l’UNICEF Jackson Ernsly explique que la campagne actuelle est menée dans les 65 communes à risque élevé, tandis que la campagne de l’année prochaine sera portée sur les 75 communes restantes.

En savoir plus sur les programmes de l’UNICEF en Haïti

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Par Jean Panel Fanfan

Source: http://www.unicef.org/french/infobycountry/haiti_72803.html

Une longue marche pour éliminer le choléra en plein cœur d’Haïti

Une aide sociale d’Action contre la faim explique à des habitants d’Artibonite comment utiliser les Aquatabs pendant une séance de sensibilisation. (c) UNICEF Haiti/2014/Walther

En 2013, le Gouvernement haïtien s’est engagé à éliminer le choléra d’ici dix ans. Mais il ne s’agit pas d’une tâche facile : actuellement, 250 nouveaux cas sont enregistrés chaque semaine ce qui signifie qu’une personne tombe malade toutes les heures. Les régions touchées par le choléra peuvent être quasiment inaccessibles et par conséquent l’UNICEF et son partenaire sont à pied d’œuvre dans tout le pays pour aider Haïti à parvenir à réaliser son objectif d’élimination de cette maladie.

Un des secteurs qui, en Haïti, reste problématique, est celui d’Artibonite. Je me suis donc récemment rendu là-bas pour apporter de l’aide à l’un de nos partenaires, Action contre la faim (ACF).

À la chasse aux informations

Notre première halte se fait au Centre de traitement du choléra de Verrettes. Au centre, nous nous entretenons avec des patients pour savoir quel est leur secteur d’origine et pour connaître la chaîne possible de contamination. En bref, nous sommes à la recherche des détails qui nous permettront de trouver les endroits où est confinée la maladie.

Munis des informations que nous a données un des patients, nous nous mettons en route pour un petit village.

Notre voiture s’arrête où se termine la route. Nous sommes face à une montagne. Les habitations sont peu nombreuses et seules deux vaches sont en train de paître tranquillement, nous observant, notre groupe étant équipé de tous les outils nécessaires pour décontaminer les maisons, s’occuper des personnes infectées et, bien sûr, traiter l’eau. À partir de cet endroit, seul les gens et les animaux peuvent passer.

Sous le soleil tropical, nous suivons un sentier qui monte dans la montagne. Nous dépassons quelques habitants du secteur ; ils  nous assurent que nous allons bien dans la bonne direction mais le sommet semble hors d’atteinte.

La longue marche vers le village. (c) UNICEF Haiti/2014/Walther

À chaque kilomètre, il devient de plus en plus difficile d’avancer mais notre solidarité est évidente. Nous sommes ici pour mettre fin à une maladie. Nous marchons lentement mais avec le sourire et quelques rires.

Nous tombons sur un vieil homme assis sous un arbre. Il nous dit que nous sommes proches du village et que, oui, il y a un problème de choléra. Lui et sa famille ont tous été touchés par le choléra quelques semaines plus tôt. Nous passons un virage et j’aperçois un petit village accroché au flanc de la montagne. Encore seulement une centaine de mètres à faire et finalement, nous voilà arrivés.

Il nous a fallu trois heures pour parvenir à pied au village. Il se trouve à plus de cinq heures du dispensaire.

Jerome Kouachi en train de tester la javellisation du matériel permettant de se laver les mains, au Centre de traitement du choléra. (c) UNICEF Haiti/2014/Walther

Prise de mesures au niveau de la communauté

L’équipe se divise. Une partie va dans le village pour trouver la maison du patient avec qui nous avons parlé à Verrettes. Pour créer un cordon sanitaire, la maison devra être décontaminée ainsi que les maisons adjacentes.

Pendant ce temps, les habitants du village se sont rassemblés. Un autre membre de l’équipe mène une opération de sensibilisation pour donner des informations aux habitants sur le choléra et distribue des Aquatabs (pour désinfecter l’eau afin qu’elle soit propre à la consommation), des sels de réhydratation par voie orale (à donner aux personnes qui sont atteintes de diarrhée sévère, spécialement les enfants) et du savon (pour se laver les mains une mesure préventive importante).

Au bout d’une heure environ, notre travail est achevé. Nous laissons des stocks de matériel aux habitants du village pour faire en sorte que la communauté puisse faire rapidement face à une réapparition possible de la maladie.

Et commence ensuite le long périple pour le retour.

Par

Jerome Kouachi est un expert chargé de la lutte contre le choléra auprès d’UNICEF Haiti.

Source: linkis.com

Une communauté d’Haïti s’efforce de protéger ses sources d’eau et d’améliorer l’assainissement

La Journée mondiale de l’eau a lieu chaque année le 22 mars pour attirer l’attention de la communauté internationale sur l’importance de l’eau douce et d’une gestion sur le long terme des ressources en eau douce. Le thème de cette année est la “coopération pour l’eau”.

Ici, les membres d’une petite communauté d’Haïti travaillent ensemble pour que tout le monde ait accès à de l’eau salubre.

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© UNICEF Haiti/2013/Dormino
Un enfant se lave les mains à une fontaine construite par l’ONG haïtienne Concert-Action en collaboration avec la communauté locale et grâce au financement de l’UNICEF à Petit Bourg du Borgne. Petit Bourg du Borgne est un village isolé dans le département du Nord, une région montagneuse d’Haïti.

 
PETIT BOURG DU BORGNE, Haïti, 21 mars 2013 – Celianne Jean et sa petite fille de 5 ans, Wislaine, avaient l’habitude de se joindre aux autres membres de la communauté tous les jours à la source d’eau locale. Les villageois positionnaient leurs seaux pour recueillir l’eau de la source, de l’eau qui coulait sur une feuille que quelqu’un avait placée soigneusement pour recueillir et canaliser ce filet d’eau non protégée qui coulait de la montagne.

«Nous avions beaucoup de problèmes avec l’eau, explique Mme Jean, le choléra a frappé la région, et nous buvions l’eau d’où qu’elle vienne sans la traiter. Les gens tombaient malades. »

Le stress hydrique du pays

Haïti est considéré comme un pays souffrant de stress hydrique. Seulement 64,5 pour cent de sa population a accès à de l’eau potable.

Petit Bourg du Borgne, le village de Mme Jean, est niché dans les montagnes du département du Nord en Haïti. La plupart des gens de la région dépendent de sources telles que les ruisseaux, les rivières et les sources souterraines pour l’ensemble de leurs besoins quotidiens en eau.

Ces sources sont exposées à de nombreux polluants et bactéries préjudiciables à la santé car les gens les traversent à pied et en véhicule et les utilisent pour se laver, laver leurs vêtements, faire boire leurs animaux, et toute une série d’autres usages.

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© UNICEF Haiti/2013/Dormino
Celianne Jean verse de l’eau traitée sur les mains de sa fille après qu’elle soit allée aux toilettes. La communauté a construit plusieurs de ces latrines après que les habitant eurent suivi une formation sur les bonnes pratiques en matière d’hygiène et sur l’importance de la construction et de l’utilisation de latrines pour prévenir la contamination des eaux.

«La présence de matière fécale dans l’eau est l’une des principales causes de la contamination des sources d’eau en Haïti », explique Jean-Marie Joinvil, gestionnaire de programme pour l’ONG Concert-Action.

Systèmes d’eau salubre
Concert-Action est une organisation locale qui, de concert avec l’UNICEF, construit des systèmes d’eau salubre à Petit Bourg Borgne. Les deux principales composantes de l’initiative sont : la sensibilisation des communautés aux questions d’’hygiène de l’eau et d’assainissement, et le développement des systèmes d’eau.

Cela va ensemble, affirme M. Joinvil : « Pour avoir accès à de l’eau potable de bonne qualité, la communauté doit éliminer le besoin de déféquer à l’air libre et cesser de boire de l’eau des sources non protégées. »

Pour cette raison, l’initiative offre une formation à la communauté sur la façon de construire des latrines. En outre, les mobilisateurs de la communauté sont formés pour poursuivre les campagnes de sensibilisation et aider à changer les comportements. Les membres de la communauté se réunissent chaque mois et chaque famille contribue à un fonds pour les réparations futures des systèmes d’eau et la construction de latrines familiales.

Des activités sous l’égide de la communauté

« La création de latrines familiales et l’entretien des systèmes d’eau est une activité placée sous l’égide  de la communauté », dit M. Joinvil.

« Nous sommes allés un peu partout dans les environs pour sensibiliser tout le monde à ces problèmes, dit Mme Jean. J’ai participé à la construction de nombreuses latrines. Nous nous sommes réunis et, mus par notre propre énergie, nous avons construit 20 latrines en trois mois et mis en place des systèmes de lavage des mains pour que les gens ne rentrent pas chez eux les mains pleines de microbes.»

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© UNICEF Haiti/2013/Dormino
Un homme travaille sur une canalisation d’eau pour protéger une source d’eau et faciliter l’accès des villageois à de l’eau salubre. Pour bâtir ces structures d’alimentation en eau, les membres de la communauté feront une chaîne.

Une chaîne de travailleurs

L’UNICEF fournit un soutien financier à Concert-Action pour localiser les sources d’eau de la région et les protéger de la pollution. « Nous le faisons en installant des systèmes de fontaine d’eau qui apportent l’eau tout près de là où habite la communauté de sorte que les gens n’ont pas besoin d’aller loin pour s’approvisionner en eau à des sources peu sûres, comme les rivières », déclare Rony Bayard, Spécialiste à l’UNICEF- Haïti de l’eau et de l’assainissement.

Jusqu’à présent, 25 systèmes d’eau ont été mis en œuvre dans trois communautés rurales du département du Nord. Maintenant que presque toutes les familles de sa communauté ont une latrine familiale qui peut empêcher les microbes de circuler facilement, Mme Jean participe à la construction du nouveau réseau de canalisations. Sa contribution consiste à passer au crible  un tas de pierres et d’en sélectionner les meilleures pour la construction de la structure.

L’ensemble du processus de construction de la structure implique plusieurs membres de la communauté dans la création d’une chaîne, dont elle est un maillon. Ensemble, ils construisent une structure pour canaliser la source d’eau qui protégera leurs vies.

Par Michelle Marion

Source : www.unicef.org

Stratégie choléra youtube

 

 

Stratégie Choléra de UNICEF Haïti: Coordination, Réponse, Prévention Mars 2014.

Source: www.youtube.com

Les mesures prises contre le choléra en Haïti

Le 21 février, l’Unicef lance son Action humanitaire pour les enfants 2014 (Humanitarian Action for Children, HAC 2014). Cet appel mondial recense l’ensemble des besoins identifiés chez les personnes vivant dans des conditions difficiles, qu’il s’agisse de situations d’urgence à grande échelle, dont tous les médias de la planète se font l’écho, ou de crises qui, pour être moins visibles, n’en sont pas moins urgentes au vu des dangers qu’elles représentent pour la vie et le bien-être des enfants et des femmes.

L’Action humanitaire pour les enfants 2014 se donne pour objectif d’apporter une aide vitale à 85 millions de personnes, dont 59 millions d’enfants. D’un montant total de 2,2 milliards de dollars, reflétant l’aggravation des conséquences liées aux catastrophes et aux situations d’urgence sur les enfants à travers le monde, c’est l’appel humanitaire le plus important jamais réalisé par l’UNICEF.

10 mois à peine s’étaient écoulés depuis le tremblement de terre dévastateur qui avait secoué la capitale du pays en janvier 2010, qu’Haïti était confrontée à une grave épidémie de choléra responsable d’un millier de nouveaux cas quotidiens et affectant plus de 600 000 personnes. La réponse aux besoins humanitaires continue à mesure que le pays se relève de la destruction et de l’épidémie.

Au cours de l’année écoulée, le département du Sud, en Haïti, a vu le nombre de cas de choléra baisser de façon spectaculaire. A qui et à quoi peut-on attribuer ce succès ?

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© UNICEF Haiti/2013/Fanfan Devant la maison d’un patient suspecté de choléra, dans le département du Sud, en Haïti, Exile Sylveus junior explique à la foule rassemblée l’importance d’utiliser de l’eau traitée

 

PORT-AU-PRINCE, Haïti, le 27 décembre 2013. – Le centre de traitement du Choléra de Camp Perrin héberge un jeune patient suspecté de choléra. Exile Sylveus Junior et son équipe se précipitent sur les lieux, aux Cayes, au sud de Port-au-Prince.

Exile est le chef d’une équipe d’intervention d’urgence auprès de l’Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED). Il lutte contre le choléra pour le compte de cette organisation depuis trois ans, dans différents endroits d’Haïti. Il fait partie des responsables chargés de répondre aux alertes choléra dans le département du Sud.

Un effort coordonné

ACTED est l’un des partenaires clés de l’Unicef dans la mise en œuvre de la stratégie de soutien au Plan national d’élimination du choléra du gouvernement haïtien. L’organisation appartient à un réseau d’ONG créé par l’Unicef en vue de lutter contre le choléra. La mise en place de ce réseau permet une meilleure coordination de toutes les parties prenantes et, par ricochet, entraîne une réponse plus rapide et des activités de préventions plus étendues.

Selon la coordinatrice en charge du choléra auprès de l’Unicef, Claudia Evers, « les acteurs clés actuellement impliqués dans la lutte contre le choléra – et ils ne se limitent pas à ceux soutenus par l’Unicef – coordonnent leurs actions, communiquent et partagent les responsabilités. »

La population mérite qu’on lui consacre tous nos efforts », a-t-elle ajoutée. « Nous sommes sur la bonne voie. »

Une stratégie reposant sur trois piliers

Samuel Beaulieu, responsable du programme ACTED pour la partie sud d’Haïti, précise que la lutte contre le choléra repose sur trois piliers : la surveillance épidémiologique, les enquêtes et une réponse rapide.

Grâce à la surveillance en place, les interventions peuvent se concentrer sur des zones où le choléra persiste. Nous disposons de trois équipes mobiles qui peuvent être envoyées sur le terrain à tout moment lorsqu’une alerte a été lancée. ACTED organise des activités de sensibilisation dans les écoles, sur les marchés et dans les églises ainsi que par le biais d’associations locales. Concrètement, ACTED et la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) ont mené 135 campagnes de sensibilisation auprès de 68 000 personnes à travers le département du Sud.

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Exile et son équipe décontaminent la maison du patient dans ses moindres recoins. Apporter une réponse rapide et coordonnée fait partie des efforts mis en œuvre par Haïti afin d’éliminer la maladie une fois pour toute. © UNICEF Haiti/2013/Fanfan

 

Selon Samuel, ce sont des actions de ce type, menées par les partenaires présents sur le terrain, qui ont rendu possible une baisse spectaculaire des cas de choléra – 71,5% au cours de l’année passée – dans le département du Sud. « Il ne faut cependant pas oublier le facteur climatique, » ajoute-t-il. « La saison des pluies a été beaucoup plus tardive. »

L’intervention d’Exile

A Camp-Perrin, Exile réussit à persuader la tante du patient, âgé de 16 ans, de ne pas l’emmener à Port-au-Prince, distante d’environ quatre heures. Il ne survivra pas au voyage, explique Exile.

Puis, Exile et son équipe se rendent à la maison du patient, à La Roche aux Ponts. La maison se trouve dans une zone éloignée, au fond d’une vallée verte, seulement accessible aux véhicules tout-terrain. Il a plu pendant la nuit et la progression est difficile.

L’équipe d’Exile est composée d’agents communautaires et de techniciens en eau potable et en assainissement qui travaillent pour la DINEPA

Un crieur avertit les familles locales qu’un important message va être communiqué. Un rassemblement commence à se former autour de la maison du patient. 40 personnes sont déjà réunies et d’autres continuent à arriver. Exile commence à parler au milieu du silence que seuls les cris perçants des oiseaux nichant dans les arbres dérangent. Les gens rassemblés sont informés de l’importance d’utiliser de l’eau traitée et apprennent à préparer le sérum oral.

Ensuite, Exile et son équipe repartent.

Pas le temps de dormir

Le réseau des partenaires ONG, telles qu’ACTED, est essentiel pour soutenir la lutte contre le choléra entreprise par le gouvernement haïtien. Le défi qui attend Haïti au cours des prochains mois consistera à profiter de la saison sèche, pendant laquelle le nombre de cas est réduit. Ces conditions favorables devraient permettre de mettre en place des mesures de prévention.

En attendant, Exile et son équipe sont fin prêts et occupés. « Au-delà de l’aspect professionnel, » confie-t-il, « la partie la plus importante de mon travail, c’est le côté humain. Il me permet de me rapprocher de la population. »

Et de continuer : « Lorsque des vies sont sauvées, on a l’impression d’être utile à la communauté. On n’a pas le temps de dormir. On doit être prêt à intervenir à tout moment. Lorsque survient une alerte, il faut se rendre sur les lieux le plus tôt possible pour empêcher la propagation de la maladie »

Par Jean Panel Fanfan

Source: www.unicef.org