Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».

Vulgarisation de Savoir pour Sauver à travers les chants populaires

Une choregraphie de savoir pour sauver

Le Samedi 14 octobre, en marge de la célébration de la ‘’Journée mondiale du lavage des mains’’, le gymnasium Vincent de la Rue Romain était en fête pour accueillir un évènement important pour le bien des enfants: le lancement d’un album de chants inspirés du document: Savoir pour sauver (“Konesans pou sove lavi”).

Tenant compte de l’aspect ludique du chant, de sa capacité à rassembler et à sensibiliser les gens, au-delà des différences, ce medium a été privilégié pour véhiculer les pratiques familiales essentielles à un grand nombre de personnes.

Près de 200 enfants, du groupe “ Orchidée”, ont chanté, dansé et mimé les messages clés contenus dans les 14 chapitres du document “ Konesans pou sove lavi” à travers le festival dénommé “  A la bèl bagay se lasante” (La santé est une belle chose).

Le spectacle était divisé en deux parties :

– celle du chant sur les droits de l’enfant a vu défiler près d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs écoles de la place et qui égrenaient un à un les droits de l’enfant en tournant en cercle.

– la deuxième partie a mis en scène un groupe d’enfants vêtus de tenue paysanne et portant des provisions diverses sur la tête tout en dansant au rythme du chant sur la nutrition “Twa kalite mange”. La salle  a vibrée au rythme de la  chorégraphie de la musique tube de l’album “ ala bel bagay se lasante” interprétée par des enfants portant des tenues de style diffèrent.

Cependant, de l’avis de tous, les représentations étaient les unes plus magnifiques que les autres et les acteurs se sont surpassés pour offrir un spectacle haut en couleur qui a soulevé un enthousiasme collectif communicatif.

A noter que l’idée de préparer un album de chants s’inscrit dans une stratégie globale de promotion des pratiques familiales essentielles pour la promotion de la santé et le développement de l’enfant. Ces chants seront utilisés en priorité dans les clubs de santé qui font partie intégrante de cette stratégie et lors de la réalisation d’activités de sensibilisation diverses.

De manière générale, cet album de chants se veut être une importante contribution à la communauté haïtienne dans sa quête d’avoir des enfants haïtiens en bonne santé. Il a été conçu en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin de s’assurer que les messages sur la santé et le Développement de l’enfant qu’il contient soient culturellement accessibles à toutes  les couches de la population. Signalons que l’album a été produit par le groupe “Salut”  grâce à un support financier de l’UNICEF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Santé préventive, environnementale, communautaire (SPEC).

Mobilisation contre le choléra dans les marchés publics

Une équipe de sensibilisation

« L’opération coup de poing » continue à travers les départements de l’Ouest et du Plateau central. Les différentes organisations partenaires ont envoyé leurs agents dans les lieux publics afin de sensibiliser les gens sur le choléra. Les marchés particulièrement se révèlent stratégiques quand on pense à la quantité de gens qui les fréquentent tous les jours.

Il est midi ce jeudi 12 octobre, aux alentours du marché de Gérald Bataille, c’est la grande foule, comme toujours. Les agents de la mairie de Tabarre, sélectionnés pour faire la sensibilisation dans le cadre de l’opération « coup de poing contre le choléra », sont déjà à l’œuvre vêtus de leur T-Shirt et Casquettes de couleur verte avec pour slogan « Yon Ayiti sans Kolera ». Pour cette séance, une équipe de l’UNICEF et de la Croix-Rouge française, les accompagnent.

Les agents, très actifs et expressifs, expliquent aux usagers du marché  les précautions qu’ils doivent prendre afin d’éviter d’attraper le choléra. « Il faut se laver les mains dans les moments clés, laver les fruits et légumes avec de l’eau traitée, couvrir les aliments et boire de l’eau potable », sont entre autres les messages véhiculés. Des dépliants sur le choléra sont également distribués aux gens.

L’une des marchandes n’a pas tari d’éloges sur les agents de terrain. « Je suis très contente d’avoir toutes ces connaissances sur le choléra. Cela va permettre de protéger ma famille et moi-même. De plus les explications des agents sont claires et simples », explique-t-elle.

Le choléra est toujours présent

Distribution de depliant sur le choléra

« Mon travail est de sensibiliser les marchandes, les acheteurs en insistant sur le fait que le choléra est toujours là. Et qu’ils doivent prendre des précautions afin d’éviter d’attraper la maladie en appliquant des principes d’hygiène », indique Rolph Moise, agent de sensibilisation.

Au commencement ce n’était pas facile pour les agents de sensibilisation, à cause d’une certaine réticence des gens qui ne voulaient pas les écouter. Il y avait même de l’hostilité. « Maintenant les gens sont plus réceptifs. Ils écoutent ce qu’on leur dit. Il existe maintenant une certaine familiarité avec eux. Car nous avons été formés pour le travail et nous savons comment les approcher », continue-t-il.

Une stratégie axée sur le changement de comportement

La composante communication de « l’opération coup de poing » met l’accent sur le changement de comportement de la population. Cette stratégie engage et responsabilise les communautés et les réseaux pour influencer ou renforcer les normes sociales ; elle utilise tous les médias (interpersonnel, groupe, masse) pour atteindre son but.

« La Communication Inter Personnelle est un axe stratégique du processus du changement de comportement car elle permet de discuter avec les individus pour comprendre les motifs favorables  au changement. C’est dans ce cadre que cette initiative a été instaurée dans les marches  en vue d’atteindre un grand nombre de personnes. », explique Ghaffar Gomina, Spécialiste  en Communication Pour le Développement (C4D) à l’UNICEF, ajoutant que « l’engagement communautaire, un moyen efficace de renforcer le changement de comportement ».

L’ « opération coup de poing » a pour objectif principal d’atteindre une incidence nationale inférieure à 0,1% d’ici la fin 2017. Des activités  de sensibilisation ont lieu également dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central. Ce projet a reçu le support financier de l’Ambassade du Japon, de l’ambassade du Canada et du Fonds central de réponse d’urgence des Nations Unies.

 

 

 

 

 

1 an après le passage de l’ouragan Matthew, les enfants d’Haïti sont encore vulnérables aux catastrophes naturelles

Une vue aérienne d’une localité devastée par Matthew

Port-au-Prince, le 4 Octobre 2017– Un an après le passage de l’ouragan Matthew de catégorie 4 qui a dévasté le grand Sud d’Haïti, et causé des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts considérables, les enfants et adolescents de ce pays de la Caraïbes sont encore extrêmement vulnérables aux effets des désastres naturels et des évènements climatiques extrêmes, a prévenu l’UNICEF aujourd’hui.

« Des centaines de milliers d’enfants ont vu leurs existences bouleversées par l’ouragan Matthew », a indiqué Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Le courage et la détermination des familles haïtiennes à se relever et de recommencer à reconstruire leur vie est admirable et l’UNICEF est fière d’être l’une des organisations qui continuent à les supporter ».

« Après le passage de Matthew, je croyais qu’il serait pratiquement impossible de continuer à vivre. Tous les arbres étaient arrachés… Mais peu à peu les gens commencent à se reprendre », selon Bernard, 14 ans, originaire de Roche-à-Bateau, une commune du Sud gravement touchée par Matthew.

Une usine de traitement et de filtration d’eau dans la Grand’Anse qui a été supportée par l’UNICEF

Rapidement après le passage du cyclone, l’UNICEF a mobilisé son staff sur le terrain afin de répondre au plus urgent; à savoir une aide d’urgence aux enfants et aux familles affectées, incluant l’eau potable et l’assainissement.

Aux côtés du gouvernement et des partenaires, l’UNICEF a pu réaliser au courant des 12 derniers mois les actions suivantes :

  • Plus de 550 000 personnes ont bénéficié de l’accès à l’eau potable.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan ont été réhabilitées, facilitant le retour en classe pour plus de 30 000 écoliers. 139 écoles ont reçu plus de 10 000 articles de mobilier scolaire et 26 000 enfants ont bénéficié d’un soutien psychosocial.
  • Plus de 28 000 enfants ont bénéficié de soins psychosociaux, l’assistance et la nutrition, la santé et l’éducation à l’hygiène. Plus de 24 000 personnes ont reçu des informations sur la violence, la maltraitance des enfants et la violence basée sur le genre (VBG).
  • Plus de 160 000 enfants ont été dépistés pour la malnutrition dans les départements du Sud et de la Grand’Anse dans un programme de dépistage continue. Les résultats montrent les besoins, avec 7 443 malnutris aigus, les enfants admis dans le Protocole de prise en charge de la malnutrition aigu (PCMA) soutenu par l’UNICEF, dont 2 343 cas de malnutrition aigüe sévère et 5 100 cas de malnutritions aiguës modérées.

En outre, l’UNICEF avait organisé une série de consultations avec des adolescents dans la Grand’Anse et le Sud, afin de leur permettre d’exprimer leurs préoccupations et idées en ce qui concerne la gestion des risques et désastres. Les deux cahiers de charges résultants, ont été transmis aux autorités locales.

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Notes pour les éditeurs :

UReport : Afin de ne pas seulement informer mais d’écouter les jeunes, UNICEF Haïti vient d’intégrer l’initiative globale Ureport. L’accent sera mis sur la protection de l’enfance, en Haïti. Pour plus de détails visitez : https://ureport.in/

Interactive Map : Le vécu des staffs et des communautés dans zones affectées est également visible sur une carte interactive qui donne les détails des actions et besoin sur le terrain. Pour y accéder  http://bit.ly/2yNoYbA

À propos de l’UNICEF
L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous. Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail : www.unicef.org

 

Contacts de presse:

Cornelia Walther, chef de communication à l’UNICEF, cwalther@unicef.org

Joe English, UNICEF New York, +1 917 893 0692, jenglish@unicef.org

 

Cholera: L’UNICEF distribue du matériel dans le cadre de l’opération coup de poing

Les principaux partenaires de l’operation coup de poing

L’opération coup de poing est une nouvelle stratégie de lutte contre le choléra en cours dans les départements  de l’Ouest, du Centre, dans le  Bas plateau Central.  Elle a pour objectif principal « d’atteindre une incidence nationale < 0,1% à fin 2017 » et de manière spécifique  de « réduire la transmission le plus bas possible avant la saison de haute transmission (Septembre à  Décembre) afin de se rapprocher de l’objectif de l’élimination ».

Le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) avec un appui technique et financier de l’UNICEF, insiste sur la mobilisation communautaire et l’engagement des autorités locales. Pour ce faire, deux stratégies ont été mises en place :

  • L’une avec les mairies au cours de laquelle neuf mairies du département de l’Ouest ont déployés 25 agents sensibilisateurs dans environ 20 marchés de la ville. Par ailleurs, des activités de sensibilisation se font par les agents des mairies dans les Organisations Communautaires de Base (OCB) et avec les responsables des pompes funèbres pour réduire le risque de contamination suite aux décès mal gérés.
  • L’autre avec des organisations locales qui font de la communication itinérante dans les gares routières avec les véhicules de transport en commun et dans les églises a forte concentration de fidèles.

Pour accompagner toutes ces activités de communication, l’UNICEF a distribué du matériel de sensibilisation aux partenaires afin d’intensifier la lutte contre le choléra.

C’est dans l’entrepôt de l’UNICEF du côté de Cazeau que la distribution s’est effectuée en présence de représentants de l’Etat haïtien et d’organisations impliquées dans la lutte contre le choléra. Le matériel contient des flyers, stickers, planches éducatives cholera, des T-shirts, des casquettes, Sacs, des affiches et des mégaphones.

Les partenaires renforcent la lutte

Dans une courte allocution de circonstance, le Dr Nathan Zéphirin, conseiller technique au sein de l’Unité d’appui à la décentralisation sanitaire (UADS), a indiqué que le MSPP, ne peut pas gagner cette lutte, sans la collaboration des partenaires.

un chargement d’une partie du materiel

« Nous comptons sur vous, surtout dans cadre de cette activité, pour arriver à sensibiliser la population, afin qu’on puisse définitivement éliminer le cholera en Haïti, à l’horizon 2022 comme défini dans le plan d’élimination du choléra. », a-t-il insisté. Il a plus loin, adressé un remerciement spécial à l’UNICEF qui « a été un partenaire de toujours dans la lutte contre le choléra ».

Pour sa part, Paul Christian Namphy, coordonnateur national de réponse choléra pour la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), a insisté sur les actions concrètes qu’il faut prendre sur le terrain afin d’en finir avec la maladie. Il a notamment mis l’accent sur l’accompagnement de la population afin qu’ils changent de comportement.

Plus loin, il a insisté sur les gestes qui peuvent aider à éliminer le choléra : se laver les mains dans les moments clés, boire de l’eau traitée, aller à la toilette. « La DINEPA, le MSPP et les instances de tutelle gouvernementales, nous allons ensemble assurer avec vous cette victoire », s’est-il adressé aux organisations présentes.

Une nouvelle stratégie

Le volet communication de cette opération coup de poing contre le choléra poursuit deux objectifs clés : engager les autorités locales; renforcer la participation communautaire aux activités de sensibilisation pour le changement de comportement.

Au-delà de la phase de mobilisation communautaire, l’opération comporte également une phase d’actions.  15 équipes de réponses rapides supplémentaires sont déployées dans le département de l’Ouest et permettent de répondre à plus de 85% des cas suspects et de renforcer la prévention, la  mobilisation et la sensibilisation.

 

Retour à l’école. Retour à la normalité. Presque…

Fort-Liberté. 11 septembre – C’est lundi. Une semaine après que l’année scolaire ait commencé officiellement en Haïti. Les écoles font une fois de plus un effort timide pour rouvrir leurs portes. Tout le monde est impatient de tourner la page d’Irma, mais la réalité est tout autre. Même si 12 des 13 abris ont été évacués hier pour s’assurer que les écoles peuvent rouvrir aujourd’hui, certaines d’entre elles ne sont tout simplement pas prêtes à accueillir leurs écoliers.

Les élèves du Lycée Duty Boukman, reprennent le chemin des classes. Ce lycée a servi d’abri temporaire pendant une courte période.

Avec mon collègue de l’UNICEF, Brice, les inspecteurs de l’école et les ONG partenaires, je fais partie d’une mission d’évaluation commune dont l’objectif est de savoir quelles écoles ont été inondées ou endommagées par Irma. L’ambition est de concentrer les ressources limitées dont elles ont le plus besoin, afin de s’assurer que tous les élèves puissent retourner en classe rapidement.

Mais le défi va bien au-delà des infrastructures scolaires. « Beaucoup de nos enseignants et les familles de nos élèves ont vu leurs maisons inondées pendant Irma. Ils ne sont pas à l’école parce qu’ils sont occupés à récupérer ce qui peut être sauvé », nous explique Maître Jean Baptiste, le directeur de l’école Mebane. En effet, sur les six écoles que mon équipe visite trois n’ont pas eu d’écoliers aujourd’hui, et les autres n’ont qu’une petite partie de leur effectif habituel.

Ce n’est pas l’affluence des jours normaux

L’accès est un autre problème. Déjà difficiles à atteindre en saison sèche, certaines écoles sont entourées par la boue et de petits cours d’eau en raison de fortes précipitations. Dans notre tentative d’atteindre l’école de Beudoux, une priorité sur notre liste, en raison des dommages subis. Notre voiture s’est enlisée deux fois. Et seule l’expertise de Gabrielle, notre chauffeur expérimenté, nous a évités de pousser la voiture jusqu’au rivage.

Irma a levé le voile sur les vulnérabilités existantes. « Je suis arrivé à l’abri parce que l’endroit où je vis était inondé. Mes parents sont morts pendant le tremblement de terre de 2010, alors maintenant je reste avec la femme pour laquelle je travaille. Pour gagner ma vie, je transporte des produits d’Haïti vers la République dominicaine, et vice-versa. Cela fait longtemps que je ne suis pas allé à l’école. C’est trop cher », explique Renel, 14 ans. Il est venu à l’abri et, une fois qu’il a fermé, il est retourné à sa vie en marge de la société …

Les écoles, les routes, les maisons les plus touchées par Irma sont celles étaient déjà dans une situation difficile. À St Martin, l’ouragan était puissant, il a détruit des infrastructures solides. En Haïti, il était beaucoup plus léger et il a affaibli des structures qui étaient déjà fragiles. Mère Nature a attiré notre attention, c’est une autre leçon sur l’importance vitale de l’investissement structurel pour dévoiler le potentiel d’Haïti. Irma aujourd’hui ne concerne pas les secours d’urgence, mais un engagement profond envers les communautés locales. L’UNICEF les soutient sur leur chemin ; retour à l’école, retour à la normalité, retour vers l’avenir.

 

 

Haïti – Préparations et leçons apprises font la différence

Fort-Liberté, 10 septembre – 48 heures se sont écoulées depuis le passage d’Irma. Selon les mots du directeur départemental de l’Education National dans le Nord-Est, Irma était un «ouragan défaillant». Mais encore, les conséquences peuvent être ressenties. Avec mes collègues Abner et Brice, qui ont été stationnés dans le Nord depuis le milieu de la semaine dernière pour préparer la venue d’Irma, j’ai eu ce dimanche l’occasion de visiter les abris temporaires de Ouanaminthe et de Fort Liberté, les zones les plus touchées.

Une école utilisée comme abri temporaire

Au total, 13 abris avaient été ouverts dans les écoles, les églises et les centres d’enseignement; accueillant plus de 5 000 personnes qui se sont réfugiées dès le début de l’ouragan. Certains trouveront leurs maisons inondées lorsqu’ils rentreront chez eux.

« J’ai huit enfants et ma maison est sous l’eau. Nous avons tout perdu, j’espère vraiment que les autorités nous aideront », se lamente Susanne, 40 ans.

Pourtant, la plupart a eu de la chance, le passage d’Irma était beaucoup plus redoutable que le contact réel qu’elle a eu. En ce qui concerne la situation actuelle, les écoles qui ont servi d’abris seront fermées aujourd’hui. Une fois que tout le monde aura quitté, les salles de classe seront nettoyées.

Pour faciliter leur retour, les familles qui se sont installées dans ces refuges recevront des trousses alimentaires et d’hygiène avant qu’elles ne soient renvoyées chez elles. Dans les communautés les plus touchées, les partenaires de l’UNICEF ont installé des réservoirs d’eau pour s’assurer que l’eau potable soit accessible malgré les puits inondés.

L’objectif partagé du gouvernement, de la société civile et des partenaires des Nations Unies est de s’assurer que les gens puissent redémarrer rapidement leur vie normale. Pour éviter tout autre retard, les écoles devraient rouvrir demain, là où cela est possible.

Des personnes, dans un abri temporaire attendent une distribution

« Nos bancs, nos chaises et nos livres sont sous l’eau. Tout est inondé. La réouverture de l’école nous prendra au moins trois semaines », m’explique le Frère René qui travaille avec CARITAS à Malfety. Son école est un exemple parmi tant d’autres. Et une évaluation conjointe par le gouvernement, l’UNICEF et d’autres partenaires de l’éducation est prévue pour demain afin de s’assurer que l’assistance est fournie là où cela est nécessaire. Malgré le week-end, tout le monde est mobilisé, tirant la corde dans la même direction. De toute évidence, les leçons ont été apprises depuis que Matthew ait frappé Haïti il y a un an.

Irma reste encore un choc. Et bien que cela ait été de faible poids, ses conséquences illustrent encore une fois la vulnérabilité qui existe. Les petits coups de pied peuvent faire tremper l’ensemble de la pile.

Restez connectés.

Se préparer après la tempête, comme avant la tempête.

Port-au-Prince, le 8 septembre 2017 – «Derrière les montagnes, se trouvent des montagnes», un proverbe populaire haïtien, (En créole ‘Dèyè mòn gen mòn’), qui s’applique parfaitement à la situation actuelle.

Sur la route nationale 6, non loin de la ville de Ouanaminthe, plusieurs petits villages ont subi des dommages importants. Les maisons des habitants ont été ionondées et beaucoup ont vu tous leurs biens perdus ou endommagés.

L’ouragan Irma nous a épargné la plus grande partie de sa rage. La nuit était mouillée, mais moins destructrice que prévu. En écrivant ces lignes, les équipes de l’UNICEF sont sur le terrain dans les zones touchées pour évaluer les dommages réels et les besoins, en étroite collaboration avec le gouvernement. Déjà, il semble que l’inondation soit le principal problème.

Comme des centaines d’enfants, des femmes et des hommes ont perdu leurs maisons et ont trouvé refuge dans des abris temporaires, des collègues sur le terrain, donnent leur maximum pour s’assurer qu’ils reçoivent rapidement une assistance. Les fournitures prépositionnées se révèlent être un atout majeur pour faire bouger les choses. Pourtant, l’alerte n’est pas levée. Dans le sillage de Mme Irma vient son successeur …

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il existe actuellement trois ouragans dans le bassin de l’Atlantique, Irma, José et Katia. La dernière fois que cela s’est produite c’était en 2010. Alors qu’Irma continue d’apporter du vent, des tempêtes et des pluies aux îles Turques et Caïques et aux Bahamas, de fortes précipitations restent toujours possibles sur Haïti, la République dominicaine et le nord de Cuba. À partir de demain, de difficiles conditions d’ouragan sont attendues sur certaines parties de la Floride.

une équipe de l’UNICEF en direction de Ouananminthe et de Fort-Liberté.

À mesure que les évaluations se déroulent dans le Nord-Est et le Nord-Ouest d’Haïti, les principales priorités de l’UNICEF sont l’eau, l’assainissement et la promotion de l’hygiène, y compris le risque de maladies diarrhéiques – comme le choléra; la protection des enfants et des adolescents les plus vulnérables et le soutien psychosocial aux personnes les plus touchées.

En même temps, des efforts sont déployés pour rétablir le système éducatif, pour éviter que l’utilisation des écoles, comme abris temporaires, ne retarde encore plus le début de l’année scolaire, qui vient de commencer. Enfin, pour veiller à ce que la violence et les abus soient empêchés et abordés, l’UNICEF soutient le gouvernement dans le suivi et la notification des problèmes dans les zones à haut risque, en particulier dans les abris.

Les prochains jours montreront quel est l’impact réel d’Irma. Ce week-end, je vais voyager dans le Nord pour rencontrer des familles et entendre leurs histoires. Restez branchés.

Merci

Mise à jour : Au moment où nous publions ce poste, Irma a été rétrogradé en tempête tropicale.

Utiliser les précieuses heures avant qu’Irma ne frappe

Port-au-Prince, 7 septembre 2017 – Il règne un calme à l’extérieur. Pendant que les nuages se rassemblent, une étrange tranquillité règne dans les rues. Il y a peu de trafic puisque les écoles ont été fermées par mesure de précaution. Les entreprises étaient ouvertes ce matin mais, vers midi, tout est fermé. Tout le monde attend …

le ciel gris

Dans cette atmosphère d’attente, l’équipe de l’UNICEF travaille à plein régime. Au bureau central de Port-au-Prince où seulement un minimum de personnel qui est au travail aujourd’hui afin de réduire les risques d’exposition, et dans le Nord où les spécialistes du programme soutiennent le gouvernement pour planifier les choses sur le terrain. Tout le monde pousse vers l’avant pour obtenir un maximum autant que cela soit possible; et arriver à une très bonne préparation afin que l’aide aux enfants puisse commencer, immédiatement après le passage d’Irma.

Irma se dirige vers l’Ouest à une vitesse de 24 km / h, avec des pluies torrentielles, des ondes de tempête et des vents menaçants sur son chemin. Les histoires de destruction ont commencé à circuler dans les îles qu’elle a balayées. À Barbuda, quatre-vingt-dix pour cent des bâtiments sont signalés comme détruits ou gravement endommagés; les systèmes de télécommunication de l’île sont en panne et l’alimentation est coupée. Couvrant un espace de la taille de la France, Irma continue de se diriger dans notre direction, se rapprochant de plus en plus.

4 millions de personnes vivent dans les quatre départements les plus à risque sur la trajectoire actuelle, environ 40 pour cent sont des enfants de moins de 18 ans. Étant déjà vulnérables dans des contextes «normaux», les enfants et les femmes sont toujours les plus vulnérables en cas de catastrophe. Ils représentent notre priorité lorsqu’Irma atteindra Haïti, et l’efficacité de no

tre réponse sera la clé pour atteindre un maximum d’enfants, rapidement. Toutes les actions sont exécutées sous la direction du gouvernement, et l’UNICEF soutient activement les mécanismes de coordination qui ont été activés au niveau central et départemental. Notre ambition partagée est d’assurer la concertation et la collaboration des acteurs, en maximisant l’impact des ressources de chacun.

Les stocks d’approvisionnements critiques sont préposés de concert avec les partenaires de la société civile dans le Nord et le Nord-Est, le Nord-Ouest et l’Artibonite, et des stocks supplémentaires sont prêts à être expédiés dans le Sud et dans l’Ouest, susceptibles d’être moins touchés. L’eau potable est une priorité dans les premières heures après la catastrophe. Sur la base de l’expérience passée, les stocks contiennent des aquatabs et du chlore pour la purification de l’eau, ainsi que des kits d’hygiène pour assurer un niveau minimum d’eau potable et d’assainissement – aspects cruciaux pour prévenir l’apparition de maladies. En outre, des couvertures en plastique et des draps sont inclus alors que les familles qui ont perdu leurs maisons et leurs possessions seront exposées aux éléments. Il y a également des aliments thérapeutiques prêts à l’emploi (RUTF) pour le traitement des enfants malnutris; ainsi que des trousses ‘’d’école dans une boîte’’ pour faciliter la réouverture des écoles dès que possible. D’autres priorités incluront la protection des enfants et des adolescents les plus vulnérables et un soutien psychosocial aux enfants et aux adolescents les plus touchés.

Comme constaté pendant Matthew, l’année dernière, ce retour à l’école peut s’avérer être un défi majeur car les familles qui ont perdu leurs maisons chercheront refuge dans les écoles (qui sont souvent les seuls bâtiments solides dans leur région) et n’ont nulle part ailleurs après le passage de la tempête. L’identification d’un autre type d’hébergement, le plus rapidement possible est l’une des tâches que l’UNICEF, le gouvernement et les différents partenaires de l’éducation ont commencé à travailler dans la préparation d’Irma.

Comme j’écris ces lignes, je vais quitter le bureau, la pluie jaillit comme une douche. Restez secs et connectés s’il vous plaît.

 

Irma Haiti, Blog #2

Préparation pour le passage d’Irma : L’équipe d’UNICEF Haïti déployée sur la ligne de front

Port-Salut , six mois apres le passage de Matthew

Port-au-Prince, le 6 septembre 2017 – Je me réveille en écoutant la pluie battante. Irma s’approche. Avec des vents dépassant plus de 300 km/h, Irma est l’ouragan le plus puissant jamais enregistré dans l’Atlantique.

En dépassant le niveau d’échelle de mesure disponible 1-5, Irma est beaucoup plus puissante que l’ouragan Matthew, un ouragan de catégorie 4 qui a dévasté les départements du Sud et de la Grand’Anse d’Haïti, il y a un an. Irma se dirige vers les Caraïbes et de nombreux groupes d’îles et des millions de personnes sur son chemin. Ceux qui courent le plus de risques dans les îles des Caraïbes sont les moins bien lotis qui vivent dans des maisons assez fragiles. Ils sont confrontés à des conséquences potentiellement catastrophiques. Des millions ont été encouragés à se préparer, et certains se sont réfugiés dans les abris d’urgence. En écoutant la pluie tambouriner dans ma tête, je pense à ces familles qui vivent dans des maisons de fortune qui ne se tiennent guère en temps normal. À quoi ressemblera leur vie dans les prochaines 48 heures.

un staff de l’UNICEF dans le Nord, pour la formation des enseignants, 3 semaines de cela

Hier, l’UNICEF a commencé à déployer des équipes dans les endroits les plus susceptibles d’être les plus durement touchés une fois qu’Irma atteindra les rives haïtiennes. Leur expertise couvre les besoins cruciaux des enfants: l’eau et l’assainissement, la santé et la nutrition, l’éducation et la protection de l’enfance. Dès le début de la semaine, des stocks d’urgence ont été pré positionnées via le gouvernement et les partenaires de la société civile dans les zones à risque. Ces stocks comprennent les fournitures qui seront les plus nécessaires lors de la réponse immédiate quand l’accès à l’eau potable, au logement et aux services sociaux de base devient rare.

Il est difficile d’imaginer qu’il y a seulement trois semaines, j’ai visité le Cap- Haïtien. Trois semaines qui deviennent comme un chapitre fermé du passé. Je me demande si les écoles et les sourires que j’ai eu la chance de voir seront toujours là lors de ma prochaine visite.

Pour rappel – en octobre 2017, l’ouragan Matthew a affecté 2,1 millions de personnes, dont 1,3 million d’enfants. Les interventions d’urgence de l’UNICEF, menées en étroit partenariat avec le gouvernement national, ont débuté immédiatement, avec des actions clés axées sur l’eau, l’hygiène, l’éducation, la protection, la nutrition et la santé, tout en répondant à la propagation du choléra. Ce travail se poursuit alors que les populations affectées sont en phase de transition vers la normalité. Parmi les autres résultats, les efforts réalisés au cours des 11 derniers mois ont permis la réhabilitation de 75 écoles avec 25 000 écoliers en classe, l’accès à l’eau potable pour 400 000 personnes et l’accès à des soins médicaux pour 80 000 personnes dans les zones touchées sans aucun centre santé opérationnel.

Notre bureau est entré en mode d’urgence. Tous les efforts sont concentrés pour s’assurer que les enfants obtiendront l’aide vitale dont ils auront besoin une fois qu’Irma soit partie. Restez connectés.