Editorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Des enfants, attendant dehors, au cours d’une inauguration d’école

L’année 2017 qui s’achève a été riche en interventions pour l’UNICEF Haïti. Nous avons soutenu les actions du gouvernement haïtien en renforçant ses capacités dans les domaines liés à la survie et au développement de l’enfant.  Car nos actions sont guidées par notre mandat qui est le bien-être de tous les enfants.

C’est le principe d’équité qui nous guide pour permettre aux enfants et aux familles les plus vulnérables et celles vivant dans les endroits les plus reculés de bénéficier d’une intervention humanitaire permettant de sauver leur vie.  L’UNICEF a été sur tous les fronts au cours de cette année 2017.

Entre autres actions :

-La certification des familles d’accueil fait partie de l’une des alternatives au placement des enfants dans les institutions. Nous avons également procédé à la Certification des ‘’Ecoles amies de l’hygiène’’ avec les partenaires. Les enfants pourront évoluer dans un environnement plus sain.

-L’UNICEF a également contribué au renforcement du système de santé en fournissant un appui technique au MSPP et en développant les systèmes de santé communautaires en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le réseau des agents de santé. Ces agents vont contribuer à sauver des vies.

-De janvier à septembre, plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois et 22 000 femmes enceintes et allaitantes ont reçu plusieurs micronutriments pour améliorer leur régime alimentaire et lutter contre l’anémie ferriprive.

Par ailleurs, nous avons continué avec nos interventions dans les départements touchés par Matthew :

  • L’UNICEF a permis à plus de 640 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable depuis le passage de l’ouragan Matthew.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan Matthew ont été réhabilitées, ce qui a facilité le retour en classe de plus de 30 000 élèves. Plus de 10 000 fournitures scolaires ont été distribuées dans 139 écoles et 27 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial.
  • En 2017, un total de 10 628 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et 7 381 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ont été traitées. Plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois, et 22 725 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des micronutriments.

A cause des changements climatiques, les cyclones deviennent de plus en plus dévastateurs. Renforcer la sensibilisation sur la gestion des risques et de désastres est une priorité. Nous avons organisé des consultations avec les jeunes dans le Sud et la Grand’Anse, les deux départements, les plus touchés par l’ouragan Matthew. La sensibilisation passe aussi par nos jeunes et adolescents.

J’aimerais profiter de ce moment, pour remercier nos collègues de l’UNICEF, autant ceux du bureau central que ceux des régions. Beaucoup de défis ont été relevés grâce à eux. Le personnel de l’UNICEF a été sur tous les fronts, au cours de cette année. Son dévouement à la cause des enfants a sauvé des dizaines de milliers de vie.

2017 s’en va et 2018 frappe déjà à la porte. Il y aura de nouveaux défis à relever, car l’important est de capitaliser sur les bons résultats enregistrés mais aussi de corriger ceux qui méritent de l’être. Néanmoins, les objectifs resteront les mêmes, créer un environnement qui permette aux enfants haïtiens de développer leur plein potentiel.

Il faut renforcer la lutte contre le choléra, la victoire est à portée de main, nous pouvons éliminer le choléra.

J’adresse un salut spécial à tous les enfants d’Haïti, à nos partenaires, et je souhaite à tous une bonne période de fête.

 

Marc Vincent

Représentant

 

L’ACAT à Nirva un modèle de continuité

Le comité ACAT en compagnie des partenaires Zanmi Lasante et UNICEF

La localité de Nirva (département du Centre) est l’une des premières à avoir été déclarée ‘’ Fin de défécation à l’air libre ‘’ (FDAL). Depuis le comité ‘’ Approche Communautaire pour l’assainissement total (ACAT) fait tout son possible, entre sensibilisation à l’hygiène et visite domiciliaire, pour permettre à la communauté de continuer sur cette bonne lancée. Le choléra a pratiquement disparu au sein de cette communauté.

« L’ACAT a eu un impact majeur au sein de la communauté. Car avant, le choléra faisait des ravages. Les membres de la communauté se sont mis ensemble afin de saisir le problème à bras-le-corps en aidant les gens à construire des toilettes afin que cela ne se reproduise plus », explique Wilfrid Moise, président du comité ACAT de Nirva, qui s’estime satisfait concernant la situation actuelle.

La localité compte 150 familles, il n’y avait que 66 latrines. Dans le cadre de l’ACAT, les gens ont construit près de 42 latrines. Nirva fait partie de la section communale de Grand Boucan.

André Aimable, membre de la communauté, se souvient encore des moments difficiles de la population, concernant la propagation du choléra. « L’ACAT c’est une expérience extrêmement importante pour nous, car avant les parents avaient beaucoup de tristesse. Lorsque leurs enfants étaient atteints du choléra, en les emmenant au centre de traitement, ils ne savaient pas si les enfants allaient revenir vivants », se souvient-il.

La DINEPA, l’UNICEF et Zanmi Lasante sont venus vers eux en les sensibilisant sur l’importance des latrines et de la promotion à l’hygiène. Ils ont décidé de prendre part au programme.

Des difficultés pour faire accepter le projet 

Une latrine avec son tipitap

Au départ ce n’était pas facile, car les membres de la population s’attendaient à recevoir une aide matérielle ou financière pour construire les latrines. C’était d’autant plus difficile que dans le même moment d’autres organisations construisaient des latrines gratuites. Les membres du comité ont fait preuve de patience et de pédagogie pour qu’ils acceptent de construire les latrines eux-mêmes.

« Nous avons dû leur expliquer qu’ils seront les grands bénéficiaires de ces latrines. Car ce sera un gain considérable pour la santé de leurs enfants et pour eux aussi. Nous avons tous besoin de ces latrines et nous sommes témoins des ravages du choléra, il faut nous mettre ensemble pour y arriver », explique Casséus Mercidieu, un autre membre du comité.

Pour creuser les trous des latrines, il fallait de la volonté et du courage. Les membres se rassemblaient en fin de journée en allant aider les personnes de la communauté. Il y a eu un effet boule de neige et tout le monde voulait avoir une toilette. Les toilettes sont construites avec les moyens du bord, soit en pailles, en toiles, et rarement en béton.

La communauté a été déclarée ‘’Fin de défécation à l’air libre’’ (FDAL) en Février 2015 et il y a une grande fête de témoignage. « Depuis lors nous n’avons jamais eu de cas de choléra au sein de notre communauté », dit Casseus, satisfait.

Une coalition de tous les partenaires pour le suivi

Jean Montas, agent communautaire WASH, au sein de Nirva, est responsable de la sensibilisation à l’hygiène. Il avoue n’avoir aucun temps libre, car il doit rendre des visites régulières dans les foyers afin de s’assurer si certaines règles d’hygiène sont respectées. Par exemple, si les latrines sont propres, si les ouvertures sont couvertes, si les tipitap (sorte de gallon pour laver les mains) sont en bon état de fonctionnement. La sensibilisation à l’hygiène s’effectue, dans les écoles, dans les églises, bref dans tous les lieux de rassemblement. Jean Montas met surtout l’accent sur les mesures à appliquer afin d’éviter d’attraper le choléra.

Il se demande quand il pourra prendre des vacances. « Mais nous appartenons à la localité, il faut aider les gens, c’est la mission que je me suis donnée », lance-t-il.

UNICEF appuie Zanmi Lasante, partenaire pour l’implémentation dans le Plateau central. Elle est mise en œuvre avec le soutien de la Direction Nationale d’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) et du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Equipes de réponse rapide : un véritable rempart contre le choléra

Une équipe de réponse rapide du département du Centre

Les chiffres du choléra se sont considérablement réduits au cours de cette année 2017. Ils n’ont jamais été aussi bas. La nouvelle stratégie de lutte contre le Choléra a porté ses fruits. Au centre de l’attention se trouvent les équipes de réponse rapide, qui sont de véritables guerriers. Les membres vont combattre le choléra dans les départements ciblés, par beau temps ou temps de pluie. Principalement dans le département du Centre, où les distances à couvrir sont parfois immenses. L’UNICEF est l’un des acteurs clés de la lutte contre le choléra dans le pays.

Mirebalais, le 23 novembre 2017-La voiture tout-terrain subit les assauts des roches, la route n’est pas bonne. Il faut zigzaguer entre les crevasses, pour éviter la boue. Il a plu la nuit dernière, mais les conditions sont acceptables pour arriver à Menaj, localité de Laschaobas (Centre).

L’équipe de réponse rapide d’ACTED, partenaire de l’UNICEF, avec leurs T-shirts verts reconnaissables à plusieurs lieues, est sur le pied de guerre. Elles viennent mener une séance de sensibilisation. Mais la communauté est assez calme, car aujourd’hui c’est jour de marché. Cependant se trouvent encore des gens qui pourront écouter les messages et recevoir les kits d’hygiène, au besoin.

Un membre de l’équipe rapide avec un haut-parleur s’est déjà détaché pour rassembler les personnes qui sont présentes. Dans la vallée vide, sa voix est répercutée par l’écho. Il réussit à rassembler une vingtaine de femmes et quelques enfants. Les hommes sont dans les champs.

Important de continuer la sensibilisation

Une séance de sensibilisation

L’équipe commence à faire la sensibilisation à l’hygiène. Aujourd’hui, l’équipe est là pour un renforcement de sensibilisation. Il se déroule généralement suite à la distribution de kits d’hygiène. Ces kits contiennent du savon, des Sérum de réhydratation orale, et des aquatabs et un seau à robinet.

« Il faut vous laver les mains dans les moments cruciaux, avant de manger et après être sorti de la toilette. Il faut utiliser de l’eau traitée pour votre santé et celle de vos enfants ». Après ces messages, l’équipe demande aux riverains qui n’habitent pas trop loin d’apporter l’eau avec laquelle ils se servent pour faire un test sur le taux de chlore résiduel, pour vérifier s’ils ont respecté les instructions.

Les activités des équipes de réponse rapide consistent en trois parties : investigation, réponse, sensibilisation. « Concernant la situation pour le bas-Plateau, c’est assez calme car nous sommes passés de 38 cas par semaine à 14 cas et pour le moment c’est seulement 7 cas », explique Jennyfer Joseph, responsable de projet choléra pour le Bas-Plateau central.

Parcourir de grandes distances

L’une des plus grandes difficultés pour les équipes de réponse rapide, revient aux grandes distances qu’ils doivent parcourir pour atteindre les endroits éloignés. Parfois cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Car ils doivent dormir en chemin, pour continuer leurs activités et s’assurer que tout le monde est sensibilisé aux principes d’hygiène.

« Dans certains endroits montagneux, même les mules ne peuvent pas passer, mais nous sommes obligés d’y aller s’il y a des cas de choléra. Cela fait partie de notre mission. Des fois nous faisons des missions de plusieurs jours dans ces localités pour toucher tout le monde », rappelle Nadia Delmond, chef d’équipe d’urgence pour Acted, rappelant que la réception des gens est toujours positive.

 

152 écoles ont reçu la certification école amie de l’hygiène.

152 écoles amies de l’hygiène ont été certifié le 21 novembre dernier lors d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince.

Cérémonie de certification de 152 écoles amies de l’hygiène à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cérémonie de certification de 152 “Écoles amies de l’hygiène” à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cette activité de certification de 152 écoles était organisée  par  le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle en collaboration avec  le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la DINEPA, l’UNICEF ainsi que plusieurs autres partenaires dont la Banque Interaméricaine de Développement.

Le projet/programme « Certification des Écoles Amies de l’Hygiène », lancé officiellement en novembre 2014, vise la constitution d’un certain nombre d’écoles-modèles, en matière d’hygiène, dans chacun des dix départements du pays. Pour recevoir leur certification, les 152 écoles ont dû, pour cela, respecter un certain nombre de normes et critères liés à l’hygiène, l’eau et l’assainissement.

Toutes les écoles méritantes représentées lors de la cérémonie ont toutes démontré lors des inspections qu’elles avaient des toilettes et des latrines disponibles, des points de lavage des mains à proximité́ des toilettes, de la disponibilité́ de l’eau pour usage courant et qu’une supervision technique était assurée par des inspecteurs scolaires et des ingénieurs. Les directions des écoles ont aussi présenté leur engagement et leur participation dans l’enseignement de l’hygiène et la création d’un club de santé fonctionnel dans leur établissement respectif.

De nouveaux comportements relatifs à l’hygiène

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée écoles de Jeunes Filles de Jérémie.

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie.

« Je trouve qu’il y a beaucoup de différences parce que maintenant nous essayons de créer chez les apprenants de nouveaux comportements relatifs à l’hygiène. » explique Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie, tout juste après avoir reçu sa plaque confirmant la certification de son institution comme École amie de l’hygiène.

« On leur donne des directives mais il leur revient de gérer leurs propres états sanitaires, ce sont des jeunes adolescentes de 11 ans à 12 ans, elles comprennent très bien ce que nous attendons d’elles. On leur demande de créer des comités et on leur donne des consignes sur l’hygiène. On leur apprend à avoir des comportements positifs, à se laver les mains après être allé aux toilettes si non elles vont tomber malade et vont s’absenter de l’école. Si on est pas en bonne santé, on ne va pas rester à l’école non plus affirme la directrice.

« La certification des écoles amies de l’Hygiène relève d’une nécessité absolue. L’analyse de la situation réalisée en 2012 donne les chiffres suivants : 25% des écoles haïtiennes disposent d’installation d’eau potable, 50% de toilettes fonctionnelles, 69% de station de lavage des mains. 52% d’entre elles enseignent l’hygiène ou en font la promotion. » a expliqué M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

13 écoles appuyées par l’UNICEF

Lors de cette première évaluation 2017, sur les 17 écoles certifiées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, 13 sont appuyées par l’UNICEF (9 au Centre et 4 dans l’Artibonite). 8 autres écoles dans l’Artibonite sont prêtes et en attente d’évaluation pour leur certification.

Les écoles que UNICEF a aidé à reconstruire à travers le pays, après le tremblement de terre du 12 janvier, sont toutes équipées de bloc sanitaires. Avec possibilité de collecte d’eau de pluie car la question de l’eau peut être un défi dans certains endroits du pays. UNICEF a également mené des séances de sensibilisation à l’hygiène pour le personnel scolaire et aussi pour les écoliers.

« Cette certification va permettre d’avoir des écoles plus sûres. Car à cause de l’insalubrité de certains établissements, l’école qui devrait être un environnement protecteur, peut devenir une menace pour la santé des enfants. Nous savons qu’ils sont particulièrement vulnérables aux microbes et la santé de nos enfants est une priorité absolue » a ajouté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Encore beaucoup d’efforts

Malgré le succès de ce programme, il y a encore beaucoup d’efforts à accomplir. Selon les dernières statistiques disponibles, le ratio élèves/toilette en Haïti est présentement de 128 alors que les normes prévoient 25 à 50 élèves par cabine. 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. Même si 20% du contrôle de l’eau de boisson dans les écoles est assuré par la DINEPA, 73% des écoles du pays n’ont toujours aucun contrôle sur la la qualité de cette eau.

En ce sens, par la voix du représentant du directeur général Monsieur Guito Edouard, la DINEPA s’est engagée à renforcer sa collaboration dans le projet pour permettre la concrétisation des objectifs communs pour le bien-être des enfants d’Haïti.

Tous les enfants ont les mêmes droits

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance écoles

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

« L’UNICEF mise beaucoup sur l’équité qui prône un accès aux soins et service pour tous les enfants sans aucune distinction. Tous les enfants ont les mêmes droits. Ces écoles certifiées rentrent en droite ligne avec les Objectifs de développement durables 3, 4 et 6 qui respectivement font référence à la ‘’ bonne santé et bien-être, éducation de qualité, eau propre et assainissement. Nous devons faire beaucoup plus, afin que les ODD, plus que des objectifs comptables, deviennent une réalité » a insisté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Le projet « Certification des écoles amies de l’hygiène » porté par la Direction Santé Scolaire (DSS) avait pour objectif de certifier sur 2 ans, un minimum de 100 établissements scolaires, (10 en moyenne par département), du point de vue « eau, assainissement et hygiène », de manière à les proposer comme modèles au niveau national. Avec déjà 152 écoles qui ont reçu la certification « École amie de l’hygiène » le pays est sur la bonne voie.

 

Hygiène, clés du développement

Charles Ernest Chatelier, Directeur Général du FAES a, quant à lui, déclaré devant la salle : «soyons tous amis de l’hygiène car elle est une des clés du développement du pays. »

Les établissements certifiés « amis de l’hygiène » ont reçu une plaque d’honneur. Ce statut sera revu tous les deux ou trois ans, après évaluation. Une nouvelle vignette sera alors apposée sur la plaque en cas de maintien des bonnes pratiques d’hygiène. D’autres institutions s’ajouteront progressivement à la liste, au niveau de chaque département géographique.

« Nous devons aller au-delà d’un simple projet. Il nous faut construire de meilleurs citoyens » a dit M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Éducation Nationale.

Par ce Programme le Ministère de l’Éducation Nationale entend : Faire connaitre et proposer comme modèles, au niveau national, les « Écoles amies de l’hygiène » des dix départements du pays ; encourager les directions d’école, le personnel scolaire, les élèves, les parents et la communauté à assurer l’entretien des établissements scolaires, moyennant un accompagnement de la Direction Santé Scolaire (DSS), des Directions concernées (DGS, DAEPP DPCE…) ainsi que des différents partenaires ; encourager l’inspection régulière de ces écoles tant du point de vue physique que sanitaire et éducatif ; Encourager la création, dans ces établissements, d’un club de santé constitué d’élèves et fonctionnant sous l’égide de la Direction et/ou du Conseil d’école ; montrer, aux décideurs et à la population en général, que, dans l’état actuel des choses, la santé constitue la meilleure porte d’entrée vers l’excellence et la qualité de l’éducation.

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».

Vulgarisation de Savoir pour Sauver à travers les chants populaires

Une choregraphie de savoir pour sauver

Le Samedi 14 octobre, en marge de la célébration de la ‘’Journée mondiale du lavage des mains’’, le gymnasium Vincent de la Rue Romain était en fête pour accueillir un évènement important pour le bien des enfants: le lancement d’un album de chants inspirés du document: Savoir pour sauver (“Konesans pou sove lavi”).

Tenant compte de l’aspect ludique du chant, de sa capacité à rassembler et à sensibiliser les gens, au-delà des différences, ce medium a été privilégié pour véhiculer les pratiques familiales essentielles à un grand nombre de personnes.

Près de 200 enfants, du groupe “ Orchidée”, ont chanté, dansé et mimé les messages clés contenus dans les 14 chapitres du document “ Konesans pou sove lavi” à travers le festival dénommé “  A la bèl bagay se lasante” (La santé est une belle chose).

Le spectacle était divisé en deux parties :

– celle du chant sur les droits de l’enfant a vu défiler près d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs écoles de la place et qui égrenaient un à un les droits de l’enfant en tournant en cercle.

– la deuxième partie a mis en scène un groupe d’enfants vêtus de tenue paysanne et portant des provisions diverses sur la tête tout en dansant au rythme du chant sur la nutrition “Twa kalite mange”. La salle  a vibrée au rythme de la  chorégraphie de la musique tube de l’album “ ala bel bagay se lasante” interprétée par des enfants portant des tenues de style diffèrent.

Cependant, de l’avis de tous, les représentations étaient les unes plus magnifiques que les autres et les acteurs se sont surpassés pour offrir un spectacle haut en couleur qui a soulevé un enthousiasme collectif communicatif.

A noter que l’idée de préparer un album de chants s’inscrit dans une stratégie globale de promotion des pratiques familiales essentielles pour la promotion de la santé et le développement de l’enfant. Ces chants seront utilisés en priorité dans les clubs de santé qui font partie intégrante de cette stratégie et lors de la réalisation d’activités de sensibilisation diverses.

De manière générale, cet album de chants se veut être une importante contribution à la communauté haïtienne dans sa quête d’avoir des enfants haïtiens en bonne santé. Il a été conçu en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin de s’assurer que les messages sur la santé et le Développement de l’enfant qu’il contient soient culturellement accessibles à toutes  les couches de la population. Signalons que l’album a été produit par le groupe “Salut”  grâce à un support financier de l’UNICEF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Santé préventive, environnementale, communautaire (SPEC).

Mobilisation contre le choléra dans les marchés publics

Une équipe de sensibilisation

« L’opération coup de poing » continue à travers les départements de l’Ouest et du Plateau central. Les différentes organisations partenaires ont envoyé leurs agents dans les lieux publics afin de sensibiliser les gens sur le choléra. Les marchés particulièrement se révèlent stratégiques quand on pense à la quantité de gens qui les fréquentent tous les jours.

Il est midi ce jeudi 12 octobre, aux alentours du marché de Gérald Bataille, c’est la grande foule, comme toujours. Les agents de la mairie de Tabarre, sélectionnés pour faire la sensibilisation dans le cadre de l’opération « coup de poing contre le choléra », sont déjà à l’œuvre vêtus de leur T-Shirt et Casquettes de couleur verte avec pour slogan « Yon Ayiti sans Kolera ». Pour cette séance, une équipe de l’UNICEF et de la Croix-Rouge française, les accompagnent.

Les agents, très actifs et expressifs, expliquent aux usagers du marché  les précautions qu’ils doivent prendre afin d’éviter d’attraper le choléra. « Il faut se laver les mains dans les moments clés, laver les fruits et légumes avec de l’eau traitée, couvrir les aliments et boire de l’eau potable », sont entre autres les messages véhiculés. Des dépliants sur le choléra sont également distribués aux gens.

L’une des marchandes n’a pas tari d’éloges sur les agents de terrain. « Je suis très contente d’avoir toutes ces connaissances sur le choléra. Cela va permettre de protéger ma famille et moi-même. De plus les explications des agents sont claires et simples », explique-t-elle.

Le choléra est toujours présent

Distribution de depliant sur le choléra

« Mon travail est de sensibiliser les marchandes, les acheteurs en insistant sur le fait que le choléra est toujours là. Et qu’ils doivent prendre des précautions afin d’éviter d’attraper la maladie en appliquant des principes d’hygiène », indique Rolph Moise, agent de sensibilisation.

Au commencement ce n’était pas facile pour les agents de sensibilisation, à cause d’une certaine réticence des gens qui ne voulaient pas les écouter. Il y avait même de l’hostilité. « Maintenant les gens sont plus réceptifs. Ils écoutent ce qu’on leur dit. Il existe maintenant une certaine familiarité avec eux. Car nous avons été formés pour le travail et nous savons comment les approcher », continue-t-il.

Une stratégie axée sur le changement de comportement

La composante communication de « l’opération coup de poing » met l’accent sur le changement de comportement de la population. Cette stratégie engage et responsabilise les communautés et les réseaux pour influencer ou renforcer les normes sociales ; elle utilise tous les médias (interpersonnel, groupe, masse) pour atteindre son but.

« La Communication Inter Personnelle est un axe stratégique du processus du changement de comportement car elle permet de discuter avec les individus pour comprendre les motifs favorables  au changement. C’est dans ce cadre que cette initiative a été instaurée dans les marches  en vue d’atteindre un grand nombre de personnes. », explique Ghaffar Gomina, Spécialiste  en Communication Pour le Développement (C4D) à l’UNICEF, ajoutant que « l’engagement communautaire, un moyen efficace de renforcer le changement de comportement ».

L’ « opération coup de poing » a pour objectif principal d’atteindre une incidence nationale inférieure à 0,1% d’ici la fin 2017. Des activités  de sensibilisation ont lieu également dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central. Ce projet a reçu le support financier de l’Ambassade du Japon, de l’ambassade du Canada et du Fonds central de réponse d’urgence des Nations Unies.

 

 

 

 

 

1 an après le passage de l’ouragan Matthew, les enfants d’Haïti sont encore vulnérables aux catastrophes naturelles

Une vue aérienne d’une localité devastée par Matthew

Port-au-Prince, le 4 Octobre 2017– Un an après le passage de l’ouragan Matthew de catégorie 4 qui a dévasté le grand Sud d’Haïti, et causé des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts considérables, les enfants et adolescents de ce pays de la Caraïbes sont encore extrêmement vulnérables aux effets des désastres naturels et des évènements climatiques extrêmes, a prévenu l’UNICEF aujourd’hui.

« Des centaines de milliers d’enfants ont vu leurs existences bouleversées par l’ouragan Matthew », a indiqué Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Le courage et la détermination des familles haïtiennes à se relever et de recommencer à reconstruire leur vie est admirable et l’UNICEF est fière d’être l’une des organisations qui continuent à les supporter ».

« Après le passage de Matthew, je croyais qu’il serait pratiquement impossible de continuer à vivre. Tous les arbres étaient arrachés… Mais peu à peu les gens commencent à se reprendre », selon Bernard, 14 ans, originaire de Roche-à-Bateau, une commune du Sud gravement touchée par Matthew.

Une usine de traitement et de filtration d’eau dans la Grand’Anse qui a été supportée par l’UNICEF

Rapidement après le passage du cyclone, l’UNICEF a mobilisé son staff sur le terrain afin de répondre au plus urgent; à savoir une aide d’urgence aux enfants et aux familles affectées, incluant l’eau potable et l’assainissement.

Aux côtés du gouvernement et des partenaires, l’UNICEF a pu réaliser au courant des 12 derniers mois les actions suivantes :

  • Plus de 550 000 personnes ont bénéficié de l’accès à l’eau potable.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan ont été réhabilitées, facilitant le retour en classe pour plus de 30 000 écoliers. 139 écoles ont reçu plus de 10 000 articles de mobilier scolaire et 26 000 enfants ont bénéficié d’un soutien psychosocial.
  • Plus de 28 000 enfants ont bénéficié de soins psychosociaux, l’assistance et la nutrition, la santé et l’éducation à l’hygiène. Plus de 24 000 personnes ont reçu des informations sur la violence, la maltraitance des enfants et la violence basée sur le genre (VBG).
  • Plus de 160 000 enfants ont été dépistés pour la malnutrition dans les départements du Sud et de la Grand’Anse dans un programme de dépistage continue. Les résultats montrent les besoins, avec 7 443 malnutris aigus, les enfants admis dans le Protocole de prise en charge de la malnutrition aigu (PCMA) soutenu par l’UNICEF, dont 2 343 cas de malnutrition aigüe sévère et 5 100 cas de malnutritions aiguës modérées.

En outre, l’UNICEF avait organisé une série de consultations avec des adolescents dans la Grand’Anse et le Sud, afin de leur permettre d’exprimer leurs préoccupations et idées en ce qui concerne la gestion des risques et désastres. Les deux cahiers de charges résultants, ont été transmis aux autorités locales.

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Notes pour les éditeurs :

UReport : Afin de ne pas seulement informer mais d’écouter les jeunes, UNICEF Haïti vient d’intégrer l’initiative globale Ureport. L’accent sera mis sur la protection de l’enfance, en Haïti. Pour plus de détails visitez : https://ureport.in/

Interactive Map : Le vécu des staffs et des communautés dans zones affectées est également visible sur une carte interactive qui donne les détails des actions et besoin sur le terrain. Pour y accéder  http://bit.ly/2yNoYbA

À propos de l’UNICEF
L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous. Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail : www.unicef.org

 

Contacts de presse:

Cornelia Walther, chef de communication à l’UNICEF, cwalther@unicef.org

Joe English, UNICEF New York, +1 917 893 0692, jenglish@unicef.org

 

Cholera: L’UNICEF distribue du matériel dans le cadre de l’opération coup de poing

Les principaux partenaires de l’operation coup de poing

L’opération coup de poing est une nouvelle stratégie de lutte contre le choléra en cours dans les départements  de l’Ouest, du Centre, dans le  Bas plateau Central.  Elle a pour objectif principal « d’atteindre une incidence nationale < 0,1% à fin 2017 » et de manière spécifique  de « réduire la transmission le plus bas possible avant la saison de haute transmission (Septembre à  Décembre) afin de se rapprocher de l’objectif de l’élimination ».

Le Ministère de la Santé publique et de la population (MSPP) avec un appui technique et financier de l’UNICEF, insiste sur la mobilisation communautaire et l’engagement des autorités locales. Pour ce faire, deux stratégies ont été mises en place :

  • L’une avec les mairies au cours de laquelle neuf mairies du département de l’Ouest ont déployés 25 agents sensibilisateurs dans environ 20 marchés de la ville. Par ailleurs, des activités de sensibilisation se font par les agents des mairies dans les Organisations Communautaires de Base (OCB) et avec les responsables des pompes funèbres pour réduire le risque de contamination suite aux décès mal gérés.
  • L’autre avec des organisations locales qui font de la communication itinérante dans les gares routières avec les véhicules de transport en commun et dans les églises a forte concentration de fidèles.

Pour accompagner toutes ces activités de communication, l’UNICEF a distribué du matériel de sensibilisation aux partenaires afin d’intensifier la lutte contre le choléra.

C’est dans l’entrepôt de l’UNICEF du côté de Cazeau que la distribution s’est effectuée en présence de représentants de l’Etat haïtien et d’organisations impliquées dans la lutte contre le choléra. Le matériel contient des flyers, stickers, planches éducatives cholera, des T-shirts, des casquettes, Sacs, des affiches et des mégaphones.

Les partenaires renforcent la lutte

Dans une courte allocution de circonstance, le Dr Nathan Zéphirin, conseiller technique au sein de l’Unité d’appui à la décentralisation sanitaire (UADS), a indiqué que le MSPP, ne peut pas gagner cette lutte, sans la collaboration des partenaires.

un chargement d’une partie du materiel

« Nous comptons sur vous, surtout dans cadre de cette activité, pour arriver à sensibiliser la population, afin qu’on puisse définitivement éliminer le cholera en Haïti, à l’horizon 2022 comme défini dans le plan d’élimination du choléra. », a-t-il insisté. Il a plus loin, adressé un remerciement spécial à l’UNICEF qui « a été un partenaire de toujours dans la lutte contre le choléra ».

Pour sa part, Paul Christian Namphy, coordonnateur national de réponse choléra pour la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), a insisté sur les actions concrètes qu’il faut prendre sur le terrain afin d’en finir avec la maladie. Il a notamment mis l’accent sur l’accompagnement de la population afin qu’ils changent de comportement.

Plus loin, il a insisté sur les gestes qui peuvent aider à éliminer le choléra : se laver les mains dans les moments clés, boire de l’eau traitée, aller à la toilette. « La DINEPA, le MSPP et les instances de tutelle gouvernementales, nous allons ensemble assurer avec vous cette victoire », s’est-il adressé aux organisations présentes.

Une nouvelle stratégie

Le volet communication de cette opération coup de poing contre le choléra poursuit deux objectifs clés : engager les autorités locales; renforcer la participation communautaire aux activités de sensibilisation pour le changement de comportement.

Au-delà de la phase de mobilisation communautaire, l’opération comporte également une phase d’actions.  15 équipes de réponses rapides supplémentaires sont déployées dans le département de l’Ouest et permettent de répondre à plus de 85% des cas suspects et de renforcer la prévention, la  mobilisation et la sensibilisation.

 

Retour à l’école. Retour à la normalité. Presque…

Fort-Liberté. 11 septembre – C’est lundi. Une semaine après que l’année scolaire ait commencé officiellement en Haïti. Les écoles font une fois de plus un effort timide pour rouvrir leurs portes. Tout le monde est impatient de tourner la page d’Irma, mais la réalité est tout autre. Même si 12 des 13 abris ont été évacués hier pour s’assurer que les écoles peuvent rouvrir aujourd’hui, certaines d’entre elles ne sont tout simplement pas prêtes à accueillir leurs écoliers.

Les élèves du Lycée Duty Boukman, reprennent le chemin des classes. Ce lycée a servi d’abri temporaire pendant une courte période.

Avec mon collègue de l’UNICEF, Brice, les inspecteurs de l’école et les ONG partenaires, je fais partie d’une mission d’évaluation commune dont l’objectif est de savoir quelles écoles ont été inondées ou endommagées par Irma. L’ambition est de concentrer les ressources limitées dont elles ont le plus besoin, afin de s’assurer que tous les élèves puissent retourner en classe rapidement.

Mais le défi va bien au-delà des infrastructures scolaires. « Beaucoup de nos enseignants et les familles de nos élèves ont vu leurs maisons inondées pendant Irma. Ils ne sont pas à l’école parce qu’ils sont occupés à récupérer ce qui peut être sauvé », nous explique Maître Jean Baptiste, le directeur de l’école Mebane. En effet, sur les six écoles que mon équipe visite trois n’ont pas eu d’écoliers aujourd’hui, et les autres n’ont qu’une petite partie de leur effectif habituel.

Ce n’est pas l’affluence des jours normaux

L’accès est un autre problème. Déjà difficiles à atteindre en saison sèche, certaines écoles sont entourées par la boue et de petits cours d’eau en raison de fortes précipitations. Dans notre tentative d’atteindre l’école de Beudoux, une priorité sur notre liste, en raison des dommages subis. Notre voiture s’est enlisée deux fois. Et seule l’expertise de Gabrielle, notre chauffeur expérimenté, nous a évités de pousser la voiture jusqu’au rivage.

Irma a levé le voile sur les vulnérabilités existantes. « Je suis arrivé à l’abri parce que l’endroit où je vis était inondé. Mes parents sont morts pendant le tremblement de terre de 2010, alors maintenant je reste avec la femme pour laquelle je travaille. Pour gagner ma vie, je transporte des produits d’Haïti vers la République dominicaine, et vice-versa. Cela fait longtemps que je ne suis pas allé à l’école. C’est trop cher », explique Renel, 14 ans. Il est venu à l’abri et, une fois qu’il a fermé, il est retourné à sa vie en marge de la société …

Les écoles, les routes, les maisons les plus touchées par Irma sont celles étaient déjà dans une situation difficile. À St Martin, l’ouragan était puissant, il a détruit des infrastructures solides. En Haïti, il était beaucoup plus léger et il a affaibli des structures qui étaient déjà fragiles. Mère Nature a attiré notre attention, c’est une autre leçon sur l’importance vitale de l’investissement structurel pour dévoiler le potentiel d’Haïti. Irma aujourd’hui ne concerne pas les secours d’urgence, mais un engagement profond envers les communautés locales. L’UNICEF les soutient sur leur chemin ; retour à l’école, retour à la normalité, retour vers l’avenir.