Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Une chance de survie pour les enfant haïtiens.

Ensemble, nous pouvons donner aux enfants plus d’un jour.

Saviez-vous que chaque année en Haïti, 9600 enfants meurent à la naissance ? Quoique impressionnant et inacceptable, ce chiffre reste malgré tout marginal à l’échelle mondiale. En effet, selon un nouveau rapport sur la mortalité néonatale publié aujourd’hui par UNICEF et disponible ici, il y a dans le monde, 7 000 nouveau-nés qui meurent chaque jour.

« Nous savons qu’il est possible de sauver la grande majorité de ces bébés en offrant des soins de santé abordables et de qualité à chaque mère et chaque nouveau-né. De petits gestes de la part de chacun de nous contribueraient à assurer les premiers pas de ces nouveau-nés dans la vie. » affirme Henrietta H. Fore Directrice générale de l’UNICEF.

En Haïti, à la maternité Isaïe Jeanty tout près de Cité-Soleil, un quartier plutôt difficile de la capitale Port-au-Prince, ce petit miracle se produit chaque jour. Pour Liliane Jean-Charles, une jeune mère habitant la zone de Canapé Vert, cette deuxième expérience universelle de l’accouchement s’est très bien passée pour elle.

Liliane Jean-Charles, une jeune mère habitant la zone de Canapé Vert

Liliane Jean-Charles, une jeune mère habitant la zone de Canapé Vert. Elle aime les enfants.

« Il y avait des douleurs, mais les médecins ont très bien pris soin de moi pendant l’accouchement. » raconte Liliane. Malgré les moyens techniques plutôt réduits de cette maternité, Liliane a vraiment senti qu’il y avait une paire de mains sécures pour accueillir son bébé à la naissance et dans les minutes qui ont suivis. « Ils ont démontré beaucoup de patiente en attendant que le bébé se présente » explique Liliale, déjà debout près de son lit, seulement quelques minutes après l’accouchement.

Son bébé, qui se nomme Christopher est son deuxième : « J’aime les enfants parce que c’est un cadeau de Dieu. C’est un cadeau qui embelli la maison. Parce que sans les enfants, il n’y a pas de fleurs dans la maison. »

Grâce aux soins du personnel médical de la MIJ, Liliane Jean-Charles et son petit Christopher pourront regagner rapidement la maison.

Pour l’année 2017, 3340 accouchements ont été pratiqués et assistés à la Maternité Isaïe Jeanty de Port-au-Prince. UNICEF contribue à sa manière à ce défi en renforçant les capacités techniques et logistiques de la maternité, par la distribution de différents équipements, accessoires et matériaux comme des tables gynécologiques, des instruments et produits médicaux.

Ensemble, nous pouvons donner à chaque enfant plus d’un jour, plus d’un mois, plus que la survie. #PourChaqueEnfant #UneChanceDeVivre

Plus d’information ici https://www.unicef.org/french/every-child-alive/

Editorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Des enfants, attendant dehors, au cours d’une inauguration d’école

L’année 2017 qui s’achève a été riche en interventions pour l’UNICEF Haïti. Nous avons soutenu les actions du gouvernement haïtien en renforçant ses capacités dans les domaines liés à la survie et au développement de l’enfant.  Car nos actions sont guidées par notre mandat qui est le bien-être de tous les enfants.

C’est le principe d’équité qui nous guide pour permettre aux enfants et aux familles les plus vulnérables et celles vivant dans les endroits les plus reculés de bénéficier d’une intervention humanitaire permettant de sauver leur vie.  L’UNICEF a été sur tous les fronts au cours de cette année 2017.

Entre autres actions :

-La certification des familles d’accueil fait partie de l’une des alternatives au placement des enfants dans les institutions. Nous avons également procédé à la Certification des ‘’Ecoles amies de l’hygiène’’ avec les partenaires. Les enfants pourront évoluer dans un environnement plus sain.

-L’UNICEF a également contribué au renforcement du système de santé en fournissant un appui technique au MSPP et en développant les systèmes de santé communautaires en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le réseau des agents de santé. Ces agents vont contribuer à sauver des vies.

-De janvier à septembre, plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois et 22 000 femmes enceintes et allaitantes ont reçu plusieurs micronutriments pour améliorer leur régime alimentaire et lutter contre l’anémie ferriprive.

Par ailleurs, nous avons continué avec nos interventions dans les départements touchés par Matthew :

  • L’UNICEF a permis à plus de 640 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable depuis le passage de l’ouragan Matthew.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan Matthew ont été réhabilitées, ce qui a facilité le retour en classe de plus de 30 000 élèves. Plus de 10 000 fournitures scolaires ont été distribuées dans 139 écoles et 27 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial.
  • En 2017, un total de 10 628 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et 7 381 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ont été traitées. Plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois, et 22 725 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des micronutriments.

A cause des changements climatiques, les cyclones deviennent de plus en plus dévastateurs. Renforcer la sensibilisation sur la gestion des risques et de désastres est une priorité. Nous avons organisé des consultations avec les jeunes dans le Sud et la Grand’Anse, les deux départements, les plus touchés par l’ouragan Matthew. La sensibilisation passe aussi par nos jeunes et adolescents.

J’aimerais profiter de ce moment, pour remercier nos collègues de l’UNICEF, autant ceux du bureau central que ceux des régions. Beaucoup de défis ont été relevés grâce à eux. Le personnel de l’UNICEF a été sur tous les fronts, au cours de cette année. Son dévouement à la cause des enfants a sauvé des dizaines de milliers de vie.

2017 s’en va et 2018 frappe déjà à la porte. Il y aura de nouveaux défis à relever, car l’important est de capitaliser sur les bons résultats enregistrés mais aussi de corriger ceux qui méritent de l’être. Néanmoins, les objectifs resteront les mêmes, créer un environnement qui permette aux enfants haïtiens de développer leur plein potentiel.

Il faut renforcer la lutte contre le choléra, la victoire est à portée de main, nous pouvons éliminer le choléra.

J’adresse un salut spécial à tous les enfants d’Haïti, à nos partenaires, et je souhaite à tous une bonne période de fête.

 

Marc Vincent

Représentant

 

L’ACAT à Nirva un modèle de continuité

Le comité ACAT en compagnie des partenaires Zanmi Lasante et UNICEF

La localité de Nirva (département du Centre) est l’une des premières à avoir été déclarée ‘’ Fin de défécation à l’air libre ‘’ (FDAL). Depuis le comité ‘’ Approche Communautaire pour l’assainissement total (ACAT) fait tout son possible, entre sensibilisation à l’hygiène et visite domiciliaire, pour permettre à la communauté de continuer sur cette bonne lancée. Le choléra a pratiquement disparu au sein de cette communauté.

« L’ACAT a eu un impact majeur au sein de la communauté. Car avant, le choléra faisait des ravages. Les membres de la communauté se sont mis ensemble afin de saisir le problème à bras-le-corps en aidant les gens à construire des toilettes afin que cela ne se reproduise plus », explique Wilfrid Moise, président du comité ACAT de Nirva, qui s’estime satisfait concernant la situation actuelle.

La localité compte 150 familles, il n’y avait que 66 latrines. Dans le cadre de l’ACAT, les gens ont construit près de 42 latrines. Nirva fait partie de la section communale de Grand Boucan.

André Aimable, membre de la communauté, se souvient encore des moments difficiles de la population, concernant la propagation du choléra. « L’ACAT c’est une expérience extrêmement importante pour nous, car avant les parents avaient beaucoup de tristesse. Lorsque leurs enfants étaient atteints du choléra, en les emmenant au centre de traitement, ils ne savaient pas si les enfants allaient revenir vivants », se souvient-il.

La DINEPA, l’UNICEF et Zanmi Lasante sont venus vers eux en les sensibilisant sur l’importance des latrines et de la promotion à l’hygiène. Ils ont décidé de prendre part au programme.

Des difficultés pour faire accepter le projet 

Une latrine avec son tipitap

Au départ ce n’était pas facile, car les membres de la population s’attendaient à recevoir une aide matérielle ou financière pour construire les latrines. C’était d’autant plus difficile que dans le même moment d’autres organisations construisaient des latrines gratuites. Les membres du comité ont fait preuve de patience et de pédagogie pour qu’ils acceptent de construire les latrines eux-mêmes.

« Nous avons dû leur expliquer qu’ils seront les grands bénéficiaires de ces latrines. Car ce sera un gain considérable pour la santé de leurs enfants et pour eux aussi. Nous avons tous besoin de ces latrines et nous sommes témoins des ravages du choléra, il faut nous mettre ensemble pour y arriver », explique Casséus Mercidieu, un autre membre du comité.

Pour creuser les trous des latrines, il fallait de la volonté et du courage. Les membres se rassemblaient en fin de journée en allant aider les personnes de la communauté. Il y a eu un effet boule de neige et tout le monde voulait avoir une toilette. Les toilettes sont construites avec les moyens du bord, soit en pailles, en toiles, et rarement en béton.

La communauté a été déclarée ‘’Fin de défécation à l’air libre’’ (FDAL) en Février 2015 et il y a une grande fête de témoignage. « Depuis lors nous n’avons jamais eu de cas de choléra au sein de notre communauté », dit Casseus, satisfait.

Une coalition de tous les partenaires pour le suivi

Jean Montas, agent communautaire WASH, au sein de Nirva, est responsable de la sensibilisation à l’hygiène. Il avoue n’avoir aucun temps libre, car il doit rendre des visites régulières dans les foyers afin de s’assurer si certaines règles d’hygiène sont respectées. Par exemple, si les latrines sont propres, si les ouvertures sont couvertes, si les tipitap (sorte de gallon pour laver les mains) sont en bon état de fonctionnement. La sensibilisation à l’hygiène s’effectue, dans les écoles, dans les églises, bref dans tous les lieux de rassemblement. Jean Montas met surtout l’accent sur les mesures à appliquer afin d’éviter d’attraper le choléra.

Il se demande quand il pourra prendre des vacances. « Mais nous appartenons à la localité, il faut aider les gens, c’est la mission que je me suis donnée », lance-t-il.

UNICEF appuie Zanmi Lasante, partenaire pour l’implémentation dans le Plateau central. Elle est mise en œuvre avec le soutien de la Direction Nationale d’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) et du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Equipes de réponse rapide : un véritable rempart contre le choléra

Une équipe de réponse rapide du département du Centre

Les chiffres du choléra se sont considérablement réduits au cours de cette année 2017. Ils n’ont jamais été aussi bas. La nouvelle stratégie de lutte contre le Choléra a porté ses fruits. Au centre de l’attention se trouvent les équipes de réponse rapide, qui sont de véritables guerriers. Les membres vont combattre le choléra dans les départements ciblés, par beau temps ou temps de pluie. Principalement dans le département du Centre, où les distances à couvrir sont parfois immenses. L’UNICEF est l’un des acteurs clés de la lutte contre le choléra dans le pays.

Mirebalais, le 23 novembre 2017-La voiture tout-terrain subit les assauts des roches, la route n’est pas bonne. Il faut zigzaguer entre les crevasses, pour éviter la boue. Il a plu la nuit dernière, mais les conditions sont acceptables pour arriver à Menaj, localité de Laschaobas (Centre).

L’équipe de réponse rapide d’ACTED, partenaire de l’UNICEF, avec leurs T-shirts verts reconnaissables à plusieurs lieues, est sur le pied de guerre. Elles viennent mener une séance de sensibilisation. Mais la communauté est assez calme, car aujourd’hui c’est jour de marché. Cependant se trouvent encore des gens qui pourront écouter les messages et recevoir les kits d’hygiène, au besoin.

Un membre de l’équipe rapide avec un haut-parleur s’est déjà détaché pour rassembler les personnes qui sont présentes. Dans la vallée vide, sa voix est répercutée par l’écho. Il réussit à rassembler une vingtaine de femmes et quelques enfants. Les hommes sont dans les champs.

Important de continuer la sensibilisation

Une séance de sensibilisation

L’équipe commence à faire la sensibilisation à l’hygiène. Aujourd’hui, l’équipe est là pour un renforcement de sensibilisation. Il se déroule généralement suite à la distribution de kits d’hygiène. Ces kits contiennent du savon, des Sérum de réhydratation orale, et des aquatabs et un seau à robinet.

« Il faut vous laver les mains dans les moments cruciaux, avant de manger et après être sorti de la toilette. Il faut utiliser de l’eau traitée pour votre santé et celle de vos enfants ». Après ces messages, l’équipe demande aux riverains qui n’habitent pas trop loin d’apporter l’eau avec laquelle ils se servent pour faire un test sur le taux de chlore résiduel, pour vérifier s’ils ont respecté les instructions.

Les activités des équipes de réponse rapide consistent en trois parties : investigation, réponse, sensibilisation. « Concernant la situation pour le bas-Plateau, c’est assez calme car nous sommes passés de 38 cas par semaine à 14 cas et pour le moment c’est seulement 7 cas », explique Jennyfer Joseph, responsable de projet choléra pour le Bas-Plateau central.

Parcourir de grandes distances

L’une des plus grandes difficultés pour les équipes de réponse rapide, revient aux grandes distances qu’ils doivent parcourir pour atteindre les endroits éloignés. Parfois cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Car ils doivent dormir en chemin, pour continuer leurs activités et s’assurer que tout le monde est sensibilisé aux principes d’hygiène.

« Dans certains endroits montagneux, même les mules ne peuvent pas passer, mais nous sommes obligés d’y aller s’il y a des cas de choléra. Cela fait partie de notre mission. Des fois nous faisons des missions de plusieurs jours dans ces localités pour toucher tout le monde », rappelle Nadia Delmond, chef d’équipe d’urgence pour Acted, rappelant que la réception des gens est toujours positive.

 

152 écoles ont reçu la certification école amie de l’hygiène.

152 écoles amies de l’hygiène ont été certifié le 21 novembre dernier lors d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince.

Cérémonie de certification de 152 écoles amies de l’hygiène à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cérémonie de certification de 152 “Écoles amies de l’hygiène” à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cette activité de certification de 152 écoles était organisée  par  le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle en collaboration avec  le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la DINEPA, l’UNICEF ainsi que plusieurs autres partenaires dont la Banque Interaméricaine de Développement.

Le projet/programme « Certification des Écoles Amies de l’Hygiène », lancé officiellement en novembre 2014, vise la constitution d’un certain nombre d’écoles-modèles, en matière d’hygiène, dans chacun des dix départements du pays. Pour recevoir leur certification, les 152 écoles ont dû, pour cela, respecter un certain nombre de normes et critères liés à l’hygiène, l’eau et l’assainissement.

Toutes les écoles méritantes représentées lors de la cérémonie ont toutes démontré lors des inspections qu’elles avaient des toilettes et des latrines disponibles, des points de lavage des mains à proximité́ des toilettes, de la disponibilité́ de l’eau pour usage courant et qu’une supervision technique était assurée par des inspecteurs scolaires et des ingénieurs. Les directions des écoles ont aussi présenté leur engagement et leur participation dans l’enseignement de l’hygiène et la création d’un club de santé fonctionnel dans leur établissement respectif.

De nouveaux comportements relatifs à l’hygiène

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée écoles de Jeunes Filles de Jérémie.

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie.

« Je trouve qu’il y a beaucoup de différences parce que maintenant nous essayons de créer chez les apprenants de nouveaux comportements relatifs à l’hygiène. » explique Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie, tout juste après avoir reçu sa plaque confirmant la certification de son institution comme École amie de l’hygiène.

« On leur donne des directives mais il leur revient de gérer leurs propres états sanitaires, ce sont des jeunes adolescentes de 11 ans à 12 ans, elles comprennent très bien ce que nous attendons d’elles. On leur demande de créer des comités et on leur donne des consignes sur l’hygiène. On leur apprend à avoir des comportements positifs, à se laver les mains après être allé aux toilettes si non elles vont tomber malade et vont s’absenter de l’école. Si on est pas en bonne santé, on ne va pas rester à l’école non plus affirme la directrice.

« La certification des écoles amies de l’Hygiène relève d’une nécessité absolue. L’analyse de la situation réalisée en 2012 donne les chiffres suivants : 25% des écoles haïtiennes disposent d’installation d’eau potable, 50% de toilettes fonctionnelles, 69% de station de lavage des mains. 52% d’entre elles enseignent l’hygiène ou en font la promotion. » a expliqué M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

13 écoles appuyées par l’UNICEF

Lors de cette première évaluation 2017, sur les 17 écoles certifiées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, 13 sont appuyées par l’UNICEF (9 au Centre et 4 dans l’Artibonite). 8 autres écoles dans l’Artibonite sont prêtes et en attente d’évaluation pour leur certification.

Les écoles que UNICEF a aidé à reconstruire à travers le pays, après le tremblement de terre du 12 janvier, sont toutes équipées de bloc sanitaires. Avec possibilité de collecte d’eau de pluie car la question de l’eau peut être un défi dans certains endroits du pays. UNICEF a également mené des séances de sensibilisation à l’hygiène pour le personnel scolaire et aussi pour les écoliers.

« Cette certification va permettre d’avoir des écoles plus sûres. Car à cause de l’insalubrité de certains établissements, l’école qui devrait être un environnement protecteur, peut devenir une menace pour la santé des enfants. Nous savons qu’ils sont particulièrement vulnérables aux microbes et la santé de nos enfants est une priorité absolue » a ajouté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Encore beaucoup d’efforts

Malgré le succès de ce programme, il y a encore beaucoup d’efforts à accomplir. Selon les dernières statistiques disponibles, le ratio élèves/toilette en Haïti est présentement de 128 alors que les normes prévoient 25 à 50 élèves par cabine. 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. Même si 20% du contrôle de l’eau de boisson dans les écoles est assuré par la DINEPA, 73% des écoles du pays n’ont toujours aucun contrôle sur la la qualité de cette eau.

En ce sens, par la voix du représentant du directeur général Monsieur Guito Edouard, la DINEPA s’est engagée à renforcer sa collaboration dans le projet pour permettre la concrétisation des objectifs communs pour le bien-être des enfants d’Haïti.

Tous les enfants ont les mêmes droits

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance écoles

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

« L’UNICEF mise beaucoup sur l’équité qui prône un accès aux soins et service pour tous les enfants sans aucune distinction. Tous les enfants ont les mêmes droits. Ces écoles certifiées rentrent en droite ligne avec les Objectifs de développement durables 3, 4 et 6 qui respectivement font référence à la ‘’ bonne santé et bien-être, éducation de qualité, eau propre et assainissement. Nous devons faire beaucoup plus, afin que les ODD, plus que des objectifs comptables, deviennent une réalité » a insisté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Le projet « Certification des écoles amies de l’hygiène » porté par la Direction Santé Scolaire (DSS) avait pour objectif de certifier sur 2 ans, un minimum de 100 établissements scolaires, (10 en moyenne par département), du point de vue « eau, assainissement et hygiène », de manière à les proposer comme modèles au niveau national. Avec déjà 152 écoles qui ont reçu la certification « École amie de l’hygiène » le pays est sur la bonne voie.

 

Hygiène, clés du développement

Charles Ernest Chatelier, Directeur Général du FAES a, quant à lui, déclaré devant la salle : «soyons tous amis de l’hygiène car elle est une des clés du développement du pays. »

Les établissements certifiés « amis de l’hygiène » ont reçu une plaque d’honneur. Ce statut sera revu tous les deux ou trois ans, après évaluation. Une nouvelle vignette sera alors apposée sur la plaque en cas de maintien des bonnes pratiques d’hygiène. D’autres institutions s’ajouteront progressivement à la liste, au niveau de chaque département géographique.

« Nous devons aller au-delà d’un simple projet. Il nous faut construire de meilleurs citoyens » a dit M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Éducation Nationale.

Par ce Programme le Ministère de l’Éducation Nationale entend : Faire connaitre et proposer comme modèles, au niveau national, les « Écoles amies de l’hygiène » des dix départements du pays ; encourager les directions d’école, le personnel scolaire, les élèves, les parents et la communauté à assurer l’entretien des établissements scolaires, moyennant un accompagnement de la Direction Santé Scolaire (DSS), des Directions concernées (DGS, DAEPP DPCE…) ainsi que des différents partenaires ; encourager l’inspection régulière de ces écoles tant du point de vue physique que sanitaire et éducatif ; Encourager la création, dans ces établissements, d’un club de santé constitué d’élèves et fonctionnant sous l’égide de la Direction et/ou du Conseil d’école ; montrer, aux décideurs et à la population en général, que, dans l’état actuel des choses, la santé constitue la meilleure porte d’entrée vers l’excellence et la qualité de l’éducation.

Le Secrétaire général adjoint de l’ONU et l’Envoyé spécial pour Haïti visitent les équipes de première ligne du Choléra de l’UNICEF

Le DSG visitant une famille dans l’Artibonite

Haïti, Saint-Michel-de-l’Atalaye, 4 novembre 2017 – A l’occasion d’une visite de trois jours en Haïti, la Secrétaire générale adjointe des Nations Unies (DSG), Mme Amina J. Mohammed et l’Envoyée spéciale du Secrétaire général pour Haïti, Mme Josette Sheeran, ont visité les projets d’assainissement et de lutte contre le choléra soutenus par l’UNICEF dans le département de l’Artibonite. Accompagnées du Représentant de l’UNICEF en Haïti, Marc Vincent et d’autres membres du bureau, les visiteuses sont venues assister à une approche combinant une réponse rapide à la prévention dans la lutte contre le choléra. Ce qui a donné des résultats prometteurs au cours de ces deux dernières années. Le pays enregistre actuellement le nombre de cas le plus bas depuis le début de l’épidémie en 2010. Pourtant, beaucoup reste à faire.

Selon les dernières données de la DINEPA, 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. L’un des lieux où l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé reste un défi est Saint-Michel-de-l’Atalaye, l’un des ‘’points chauds’’ actuels de l’épidémie et la destination de la visite de terrain.

Dès son arrivée à Saint-Michel de l’Attalaye, la délégation a d’abord visité un centre de traitement du choléra et de la diarrhée aiguë, où elle a rencontré six patients, dont deux enfants. Les visiteurs ont pu constater de visu la réalité de la transmission continue de cette bactérie, ne laissant aucun doute, et amenant toujours a la meme conclusion : un décès dû au choléra en Haiti est un décès de trop.

Après la visite du centre de traitement, la délégation a suivi une équipe d’intervention rapide, dont le travail est mené sous l’égide de la Coordinatrice des maladies Infectieuses de la Direction Départementale Sanitaire ; cette equipe est gérée par un partenaire de l’UNICEF, Action contre la faim (ACF), et est constituee de personnels experiementes haitien de l’organisation meme, ainsi que d’infirmieres du MSPP. Le processus fonctionne ainsi : au plus tard dans les 48 heures suivant l’identification d’un cas suspect de choléra, les équipes décontaminent la maison affectée et celles qui se trouvent dans son voisinage immédiat, distribuent des kits d’urgence contre le choléra – comprimés de purification de l’eau, Sels de Rehydratation Orale et autres produits d’hygiène -, et organise des sessions de sensibilisation aux methodes de protection contre la maladie avec le menage et le voisinage, voire le quartier ou meme la rue entiere, avec l’appui des acteurs locaux. L’Envoyée spéciale pour Haïti a noté à plusieurs reprises, tout récemment avec le Premier Ministre d’Haïti, que c’est cette approche novatrice a conduit à la réduction spectaculaire de la transmission du choléra. « Ce sont les vrais héros », a applaudi l’Envoyée spéciale.

La visite s’est terminée au village de Peltam, l’une des premières communautés à être déclarée ‘’fin de défécation à l’air libre’’. L’approche communautaire de l’assainissement total (ACAT), soutenue par l’UNICEF, accompagne les familles dans 16 communes à haut risque pour éliminer la défécation à l’air libre. Son succès repose sur l’engagement de la population locale, notamment de son comité d’hygiène. Le comité d’hygiène de Peltam est spécial – non seulement il a un nombre égal de femmes et d’hommes, mais on y trouve également deux enfants comme membres. «Je voulais faire quelque chose pour notre avenir, et le comité d’hygiène me permet de faire avancer les choses», explique Adziz; qui vient d’atteindre ses 14 ans. « Dans quelques années, vous serez considérés comme des héros », a déclaré Mme Mohammed. « Le présent est difficile, mais si vous continuez votre travail acharné, cela sera payant ».

La lutte contre le choléra nécessite un paquet intégré. Surveillance, réponse et prévention, tous trois doivent être en place et leur poids respectif ajusté en fonction de l’évolution de la situation.

« 2018 offre une occasion unique de franchir des étapes décisives dans la lutte contre le choléra », a souligné le Représentant de l’UNICEF, Marc Vincent. La transmission du choléra a considérablement diminué, passant de plus de 18 000 nouveaux cas par semaine au début de l’épidémie à 250 par semaine cette année, mais l’élimination du choléra nécessitera plus de financement

« En moyenne, entre 150 et 250 femmes, enfants et hommes continuent d’être infectés chaque semaine. Nous pouvons et devons arrêter cela », a-t-il poursuivi. Et tous les principaux acteurs sont d’accord sur ce point.

Le premier jour de la visite, une réunion du Comité de haut niveau sur le choléra a été organisée. La réunion a été l’occasion pour le gouvernement haïtien et les représentants de l’ONU d’exprimer conjointement leur détermination à parvenir à zéro transmission du choléra. Ils ont réitéré leur engagement à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030, y compris l’amélioration de l’accès à l’eau, à l’assainissement et aux soins de santé.

A la fin de son voyage, la DSG a noté que «lors de notre visite, nous avons vu des efforts communautaires de femmes, d’hommes et de jeunes – certains très jeunes – qui luttent tous les jours contre le choléra sur les lignes de front. Ils conduisent leurs propres solutions et, ensemble, s’attaquent aux défis de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Nous l’avons vu hier à Saint-Michel-de-L’Atalaye, où la communauté s’est rendue autonome et propose ses propres solutions d’accès à l’assainissement en construisant des toilettes dans de nombreux foyers et espaces communautaires, et en soutenant les personnes victimes du choléra. Quand ils réussissent ensemble, même à petite échelle, cela montre qu’eux et nous, tous ensembles peuvent aussi réussir à grande échelle – pour tous les Haïtiens. Ce sont les vrais héros, et nous devons les soutenir pour en finir avec le choléra en Haïti ».

Vulgarisation de Savoir pour Sauver à travers les chants populaires

Une choregraphie de savoir pour sauver

Le Samedi 14 octobre, en marge de la célébration de la ‘’Journée mondiale du lavage des mains’’, le gymnasium Vincent de la Rue Romain était en fête pour accueillir un évènement important pour le bien des enfants: le lancement d’un album de chants inspirés du document: Savoir pour sauver (“Konesans pou sove lavi”).

Tenant compte de l’aspect ludique du chant, de sa capacité à rassembler et à sensibiliser les gens, au-delà des différences, ce medium a été privilégié pour véhiculer les pratiques familiales essentielles à un grand nombre de personnes.

Près de 200 enfants, du groupe “ Orchidée”, ont chanté, dansé et mimé les messages clés contenus dans les 14 chapitres du document “ Konesans pou sove lavi” à travers le festival dénommé “  A la bèl bagay se lasante” (La santé est une belle chose).

Le spectacle était divisé en deux parties :

– celle du chant sur les droits de l’enfant a vu défiler près d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs écoles de la place et qui égrenaient un à un les droits de l’enfant en tournant en cercle.

– la deuxième partie a mis en scène un groupe d’enfants vêtus de tenue paysanne et portant des provisions diverses sur la tête tout en dansant au rythme du chant sur la nutrition “Twa kalite mange”. La salle  a vibrée au rythme de la  chorégraphie de la musique tube de l’album “ ala bel bagay se lasante” interprétée par des enfants portant des tenues de style diffèrent.

Cependant, de l’avis de tous, les représentations étaient les unes plus magnifiques que les autres et les acteurs se sont surpassés pour offrir un spectacle haut en couleur qui a soulevé un enthousiasme collectif communicatif.

A noter que l’idée de préparer un album de chants s’inscrit dans une stratégie globale de promotion des pratiques familiales essentielles pour la promotion de la santé et le développement de l’enfant. Ces chants seront utilisés en priorité dans les clubs de santé qui font partie intégrante de cette stratégie et lors de la réalisation d’activités de sensibilisation diverses.

De manière générale, cet album de chants se veut être une importante contribution à la communauté haïtienne dans sa quête d’avoir des enfants haïtiens en bonne santé. Il a été conçu en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin de s’assurer que les messages sur la santé et le Développement de l’enfant qu’il contient soient culturellement accessibles à toutes  les couches de la population. Signalons que l’album a été produit par le groupe “Salut”  grâce à un support financier de l’UNICEF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Santé préventive, environnementale, communautaire (SPEC).

Mobilisation contre le choléra dans les marchés publics

Une équipe de sensibilisation

« L’opération coup de poing » continue à travers les départements de l’Ouest et du Plateau central. Les différentes organisations partenaires ont envoyé leurs agents dans les lieux publics afin de sensibiliser les gens sur le choléra. Les marchés particulièrement se révèlent stratégiques quand on pense à la quantité de gens qui les fréquentent tous les jours.

Il est midi ce jeudi 12 octobre, aux alentours du marché de Gérald Bataille, c’est la grande foule, comme toujours. Les agents de la mairie de Tabarre, sélectionnés pour faire la sensibilisation dans le cadre de l’opération « coup de poing contre le choléra », sont déjà à l’œuvre vêtus de leur T-Shirt et Casquettes de couleur verte avec pour slogan « Yon Ayiti sans Kolera ». Pour cette séance, une équipe de l’UNICEF et de la Croix-Rouge française, les accompagnent.

Les agents, très actifs et expressifs, expliquent aux usagers du marché  les précautions qu’ils doivent prendre afin d’éviter d’attraper le choléra. « Il faut se laver les mains dans les moments clés, laver les fruits et légumes avec de l’eau traitée, couvrir les aliments et boire de l’eau potable », sont entre autres les messages véhiculés. Des dépliants sur le choléra sont également distribués aux gens.

L’une des marchandes n’a pas tari d’éloges sur les agents de terrain. « Je suis très contente d’avoir toutes ces connaissances sur le choléra. Cela va permettre de protéger ma famille et moi-même. De plus les explications des agents sont claires et simples », explique-t-elle.

Le choléra est toujours présent

Distribution de depliant sur le choléra

« Mon travail est de sensibiliser les marchandes, les acheteurs en insistant sur le fait que le choléra est toujours là. Et qu’ils doivent prendre des précautions afin d’éviter d’attraper la maladie en appliquant des principes d’hygiène », indique Rolph Moise, agent de sensibilisation.

Au commencement ce n’était pas facile pour les agents de sensibilisation, à cause d’une certaine réticence des gens qui ne voulaient pas les écouter. Il y avait même de l’hostilité. « Maintenant les gens sont plus réceptifs. Ils écoutent ce qu’on leur dit. Il existe maintenant une certaine familiarité avec eux. Car nous avons été formés pour le travail et nous savons comment les approcher », continue-t-il.

Une stratégie axée sur le changement de comportement

La composante communication de « l’opération coup de poing » met l’accent sur le changement de comportement de la population. Cette stratégie engage et responsabilise les communautés et les réseaux pour influencer ou renforcer les normes sociales ; elle utilise tous les médias (interpersonnel, groupe, masse) pour atteindre son but.

« La Communication Inter Personnelle est un axe stratégique du processus du changement de comportement car elle permet de discuter avec les individus pour comprendre les motifs favorables  au changement. C’est dans ce cadre que cette initiative a été instaurée dans les marches  en vue d’atteindre un grand nombre de personnes. », explique Ghaffar Gomina, Spécialiste  en Communication Pour le Développement (C4D) à l’UNICEF, ajoutant que « l’engagement communautaire, un moyen efficace de renforcer le changement de comportement ».

L’ « opération coup de poing » a pour objectif principal d’atteindre une incidence nationale inférieure à 0,1% d’ici la fin 2017. Des activités  de sensibilisation ont lieu également dans les départements de l’Ouest, de l’Artibonite et du Plateau Central. Ce projet a reçu le support financier de l’Ambassade du Japon, de l’ambassade du Canada et du Fonds central de réponse d’urgence des Nations Unies.