Le Conseil Consultatif de Jeunes, l’ambassadeur des plus exclus

IMG_1686  Malgré de nombreuses interventions de l’Etat, d’organisations locales et internationales, les priorités des communautés, particulièrement celles des enfants et jeunes, ne sont pas toujours bien prises en compte. Très souvent, ces derniers ne sont pas parties prenantes dès l’identification et la conception des projets ou activités les concernant.

Comment influencer les décideurs pour que les priorités des plus exclus soient prises en compte???

Le Conseil Consultatif de Jeunes (CCJ) est une entité du réseau des enfants et jeunes défenseurs de leurs droits (REJEDD), responsable de conseiller sur la réalité des communautés. Son objectif est de consulter les différentes couches des communautés pour informer l’Etat et les organisations internationales/nationales des priorités des communautés dans lesquelles ils interviennent, et ainsi, intégrer la participation des plus exclus dans leur propre gouvernance.

IMG_1695L’idée d’avoir un groupe de jeunes conseillés vient de Plan-Haïti, une organisation internationale désireuse d’être plus efficace dans la manière de se connecter et de communiquer avec les jeunes. Créé en 2013 et intervenant au niveau de 3 départements géographiques (Ouest, Sud-est et Nord-est), le Conseil Consultatif de Jeunes (CCJ) travaille à devenir national, autonome et ouvert à toutes les institutions désireuses d’obtenir des informations relatives aux communautés surtout à la situation des enfants et jeunes.

On ne saurait parler de développement durable sans une pleine et entière participation de tous notamment celle des plus exclus. Ainsi, le CCJ se veut être l’AMBASSADEUR des communautés haïtiennes.

Fort Liberté le 27 février 2015

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Faire en sorte que la voix des enfants soit entendue dans le monde entier et en Haïti

Le sommet des jeunes J7

Bien qu’il soit souvent question de la participation des enfants, le passage de la théorie à la pratique se fait rare. Ce décalage entre théorie et pratique, présent à l’échelle mondiale, est néanmoins saisissant en Haïti où, même s’il y a eu de nombreux progrès, le concept des “enfants détenteurs de droits” est relativement nouveau. Afin de changer ce statu quo, nous oeuvrons pour que l’accent soit mis davantage sur le quatrième pilier de la Convention relative aux droits de l’enfant (CDE)- laquelle a été signée par tous les pays hormis les États-Unis et le Soudan du Sud. Après tout, participation va de pair avec Survie, Protection et Éducation.

Ce lien est de plus en plus mondialement reconnu et, au moment même où j’écris ces lignes, l’Allemagne prépare un bel événement. Dans deux mois, elle accueillera, parallèlement au G7, un sommet d’enfants des pays participants- ce qui constitue un rappel du poids de plus en plus important accordé aux enfants sur la scène politique. En effet, avant que les chefs d’État et de gouvernement des sept nations les plus industrialisées (G7) ne discutent des questions politiques mondiales urgentes en mi-juin, ce sera le tour de la nouvelle génération. Des équipes de six jeunes  gens engagés provenant de chacun des États du G7 participeront au sommet du J7 afin de débattre des questions principales qui reflètent l’agenda des adultes. Et même si Haïti ne fait pas partie du G7, et par conséquent du “J7”, la jeunesse et les enfants haïtiens peuvent et doivent faire entendre leur voix par le biais de Facebook et Twitter.

Haïti a signé la Convention relative aux droits de l’enfant il y a 20 ans. Le traité oblige le pays et ses partenaires à faire en sorte que les droits de tout enfant deviennent réalité. Cela ne pourrait se réaliser que si les enfants prennent part à des discussions au sujet du futur. Car ce sera eux les décisionnaires de demain et ce sera encore eux qui subiront les conséquences des décisions d’aujourd’hui.

Dans les pays du G7 comme en Haïti, les enfants sont désireux de relever les défis. Débordant d’énergie et d’espoir, ils perçoivent le monde sans idées préconçues et s’expriment sans intentions cachées. Leur langage est clair et simple. Nous autres adultes devons tirer profit de leurs atouts pour aller de l’avant, tous ensemble. Et sans plus attendre!

Pour en savoir plus sur le sommet et sur les façons et voies à choisir pour faire entendre l’opinion et la voix des enfants autour de vous, visitez le site du J7 www.j7summit.org.

Contexte

À l’initiative de la chancelière fédérale Angela Merkel, le Ministère fédéral des affaires familiales, des personnes âgées, des femmes et de la jeunesse et UNICEF Allemagne invitent les jeunes délégués de tous les pays du G7 à se rendre à Berlin du 6 au 14 mai 2015 afin de participer au sommet des jeunes (J7). Le BMFSFJ a chargé l’IJAB, le Service International pour la Jeunesse de la République Fédérale d’Allemagne, d’organiser l’événement. Le J7 fait officiellement partie du dialogue avec la société civile qui fait lui-même partie du sommet du G7 prévu pour début juin à Schloss Elmau, au sud de l’Allemagne. 

Par Cornélia Walter   

L’UNICEF exhorte le Royaume-Uni à mener la lutte contre la violence envers les enfants

Doreen Lawrence appuie les demandes de nouveaux objectifs de développement pour protéger les enfants et lance un avertissement que l’inaction coûte des vies.

Doreen Lawrence

La baronne Doreen Lawrence est à la tête de la demande de l’Unicef pour que le Royaume-Uni démontre un leadership global en matière de violence contre les enfants. Photographe : Andrew Matthews/AFP/Getty

 

Le gouvernement du Royaume-Uni devrait être au premier plan des efforts pour protéger les enfants d’une «épidémie de violence» globale qui se traduit par la mort d’un garçon ou d’une fille toutes les cinq minutes, selon une suggestion de l’agence de l’ONU pour les enfants.

L’étude, qui a identifié le Salvador, le Guatemala, le Venezuela, Haïti et le Lesotho comme étant les pays avec le taux le plus élevé de meurtre d’enfants, a établie que plus de 75% des morts d’enfants quotidiennes dues à la violence étaient le résultat de violence interpersonnelle, plutôt que de conflits.

Elle a aussi établi que les enfants vivant dans la pauvreté – que les enfants vivant dans la pauvreté – où qu’ils soient dans le monde – sont les plus susceptibles d’être victimes de violence.

Les effets de l’abus, selon l’étude, sont de longue durée : les enfants victimes d’abus physique, sexuel et émotionnel démontrent une activité cérébrale similaire à celle des soldats qui ont connu le combat, un tiers d’entre eux sont susceptibles de développer des symptômes de longue durée du trouble de stress post-traumatique.

Bien que l’UNICEF estime qu’un milliard d’enfants vivent en zones affligées par les combats, sa chef de la protection des enfants, Susan Bissel, a dit que la violence expérimentée par les garçons et les filles étaient loin d’être limitée au champ de bataille, ou aux nations les plus pauvres.

«Nous voyons de la violence associée aux gangs armés – particulièrement en Amérique centrale – mais ce qui est choquant c’est que nous parlons d’acte de violence de tous les jours, incluant la violence sexuelle, la punition corporelle, l’intimidation dans la cour de récréation, la violence de la part des professeurs et la violence de la communauté en ligne » a dit Bissel.

«Cela fait partie de la vie quotidienne des enfants à travers le monde. Mais rien de cela n’est inévitable : c’est évitable. Le signal d’alarme est de dire que cela se passe dans votre proper arrière cour , cela se passe au coin de la rue, cela se passe de l’autre côté de l’océan et nous devons prendre les choses en mains et agir.»

D’après le rapport – Children in danger : act to end violence against children (Enfants en danger : agir pour mettre fin à la violence envers les enfants) – l’échec mondial face au problème a rendu impossible de mener à bien les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), laissant les jeunes victimes et ceux qui ont survécu à la violence socialement et économiquement échoués.

Cela exhorte les gouvernements à prendre un engagement ferme envers la protection des enfants alors qu’ils discutent les objectifs pour le développement durable (ODD) qui remplaceront les OMDs à la fin de l’année prochaine.

Une objectif pour cette problématique a déjà été suggéré dans le cadre de l’objectif proposé pour la promotion de «sociétés paisibles et inclusives pour le développement durable». Le rapport fait appel au monde afin d’«arrêter l’abus, l’exploitation, le trafic et toutes formes de violence et de torture envers les enfants».

Un échec dans l’acceptation et le support d’un tel objectif risque de renverser les gains acquis en termes de santé et d’éducation, a déclaré l’UNICEF. Selon le rapport, seulement 41 pays ont mis en oeuvre une interdiction explicite sur la violence envers les enfants, tandis que seulement 2% des pays ont un cadre juridique compréhensif pour prévenir la violence.

Compte tenu de l’expérience du Royaume-Uni avec les campagnes contre la mutilation génitale féminine, le mariage des enfants et la violence sexuelle en conflit, l’UNICEF exhorte le Royaume-Uni à prendre sa place «au front» du mouvement pour protéger les enfants de la violence.

L’avant-propos du rapport, écrit par la Baronne Doreen Lawrence – dont le fils, Stephen, a été assassiné à Londres il y a 21 ans – exhorte le gouvernement britannique à «démontrer son leadership global en assurant que le nouveau cadre [OOD] inclue un engagement sans équivoque pour mettre fin à la violence envers les enfants» et en assurant que ces engagements soient traduits en actions.

«La violence peut toucher la vie de tous les enfants – que ce soit directement ou indirectement – dans toutes les parties du monde» a dit Lawrence. «L’ ampleur du problème et l’ampleur de sa portée, ne doivent pas conduire à l’inaction. Si nous ne mettons pas fin à l’épidémie de violence, les progrès essentiels dans des domaines tels que la santé et l’éducation – dans le monde entier – seront compromise et des millions d’autres enfants seront mis en péril.»

Le rapport propose six stratégies pour  mettre fin à «un problème global aux proportions épidémiques» : soutenir les parents, les soignants et les familles; aider les enfants à gérer les risques auxquels ils font face; changer les attitudes qui encouragent la violence et la discrimination; faire la promotion et fournir des services de support pour les enfants; réaliser des lois et politiques protégeant les enfants, et mettre en oeuvre des collectes de données et de la recherche pour mettre en avant l’échelle du problème.

Ne pas agir rapidement et multilatéralement, d’après l’UNICEF, pourrait résulter en une augmentation substantielle dans le taux de meurtre d’enfants, tout en augmentant aussi les chances qu’une nouvelle génération grandisse avec la notion que la violence est acceptable.

«Nous vivons dans un  monde où certains enfants sont trop effrayés pour franchir la porte d’entrée ou aller jouer dans les rues» a dit David Bull, directeur général d’UNICEF Royaume-Uni. «Nous voulons que les enfants vivants dans la peur puissent avoir une chance de se sentir en sécurité. Un objectif global pourrait galvaniser des actions pour faire du monde un endroit plus sûr pour les enfants. Nous savons du travail de l’UNICEF sur le terrain que la violence peut être empêchée et les survivants supportés afin qu’ils reconstruisent leurs vies – mais ce travail a besoin d’être exécuté à grande échelle. Avec chaque jour que nous passons sans rien faire, plus d’enfants seront exposés aux effets corrosifs de la violence.»

Un porte-parole du département du développement international (DFID) a dit : «Nous supportons entièrement la campagne de l’UNICEF pour mettre fin à la violence envers les enfants. Une bonne gouvernance, des sociétés paisibles et la primauté du droit sont toutes des priorités clés du Royaume-Uni pour les négociations post 2015 et sont la clé pour protéger les enfants globalement.»

Source : www.theguardian.com

Traduit par Gérard Denis

Éditorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Éditorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

IMG_2Cette année marque le 20ème anniversaire de la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant par Haïti. Egalement, Haïti à l’instar d’autres pays du monde se trouve dans le compte à rebours vers la fin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et la préparation de ce qui suivra. Depuis 1949, l’UNICEF travaille sans cesse aux côtés des familles et enfants haïtiens pour que l’ensemble des droits des enfants soient respectés. À l’heure de ce bilan symbolique, le chemin à parcourir est encore long mais les progrès accomplis vers la paix et le bien-être des enfants sont nombreux. Parmi les avancées majeures, la mortalité infantile a baissé de 112 à 88 morts pour 1 000 naissances vivantes entre 2007 et 2012, tandis que la scolarisation primaire a progressé de 50% à 75% parmi les enfants de ce groupe d’âge.

“UN NOUVEAU PROJET POUR FAIRE CONNAITRE LA SITUATION DES ENFANTS D’HAITI AUTREMENT”

Nous avons voulu créer un nouveau projet qui permet de faire connaitre la situation des enfants d’Haïti autrement. Un projet mettant en lumière leurs avancées, leurs défis, mais également les nombreuses opportunités qui s’offrent à eux. Car s’ils sont encore confrontés à de nombreux problèmes, ils représentent aussi une promesse d’avenir lumineuse dans un pays au potentiel extraordinaire.

“UN ESPACE D’ÉCHANGES ET DE RENCONTRES”

Notre Blog « Timounyo » est la concrétisation de ce projet. Je vous invite à le parcourir, l’enrichir et le partager. Nous l’avons conçu comme un espace d’échanges et de rencontres, un lieu où les enfants d’Haïti pourront dialoguer avec les enfants du monde entier et partager leurs vidéos, articles et dessins. La participation des enfants est un droit fondamental au cœur de la Convention relative aux droits de l’enfant. En tant que titulaires de droits et acteurs, dans leurs familles, dans leurs écoles, dans leurs communautés, ils doivent être consultés, écoutés et pris en compte.

“DES DONNÉES PRECISES SUR LA SITUATION DES ENFANTS EN HAITI”

Ce Blog est également dédié à tous ceux qui, parmi vous, se sentent concernés par la situation des enfants en Haïti et qui sont à la recherche de données précises sur la situation humanitaire et sur notre action. Rapports, chiffres clefs, fiches sur nos programmes, articles thématiques, photos, vidéos, infographiques, vous permettront de mieux appréhender la situation des enfants en Haïti et ce que nous mettons en œuvre avec nos partenaires pour que leurs droits soient respectés.

Notre équipe de bloggeurs partagera avec vous sa vérité du terrain et son engagement pour le respect des droits des enfants d’Haïti.

Bien entendu ce Blog est amené à évoluer et à s’adapter à vos besoins. Une version en créole et en anglais sera disponible prochainement. Nous vous invitons à commenter nos articles et exprimer vos coups de cœurs, inquiétudes et propositions.

Ensemble, construisons un avenir meilleur pour tous les enfants d’Haïti!

Suivez nous sur : Facebook, Twitter et Timounyo

La traite des enfants, youtube

L’objectif général de cette vidéo est de renforcer la prise de conscience sur la traite des enfants dans ses nombreux aspects, promouvoir la compréhension et les capacités d’action concernant les autorités et la société civile. Cette vidéo est basée sur les expériences de l’UNICEF et de l’OIM en termes de renforcement des capacités du gouvernement haïtien dans le domaine des migrations et de la lutte contre la traite des êtres humains.

Le rappeur français Oxmo Puccino visite Haïti

oxmo6Port-au-Prince, HAÏTI, 14-17 Janvier 2015 – Oxmo Puccino est venu en Haïti pour découvrir, témoigner et rendre compte des progrès réalisés par l’UNICEF en faveur des enfants haïtiens, 5 années après le séisme.

Né au Mali en 1974, Oxmo Puccino, rappeur français couronné de deux Victoires de la Musique et d’un disque d’or, est devenu ambassadeur de l’UNICEF afin d’utiliser sa notoriété pour aider les enfants les plus vulnérables du monde. Cet artiste incontournable de la scène rap française, avait d’ailleurs composé une chanson, ‘Naître adulte’, pour les 20 ans de la Convention international des Droits de L’Enfant.

 

Pour sa première journée en Haïti, Oxmo a visité le service de néonatalogie de l’Hôpital de l’Université d’Etat d’Haïti, dans la capitale Port-au-Prince. Il a pu ainsi discuter avec les mères accompagnées de leurs nourrissons, tandis que les professionnels de santé, la direction de l’Hôpital et les membres de l’UNICEF lui ont expliqué les actions mises en place pour sauver ces bébés.

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Le jour suivant, Oxmo Puccino a pu constater que 5 ans après, les sourires persistent malgré les douleurs avec Madame Desrozeaux qui milite pour le développement de familles d’accueil pour les enfants d’Haïti et la reconstruction d’écoles disposant d’infrastructures et matériels adaptés grâce au travail de l’UNICEF.

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Autre fait marquant de la visite, la rencontre du rappeur-poète avec de jeunes Haïtiens qui ont pu témoigner de leur situation quotidienne et des droits des enfants dans leur pays. A travers cet échange, ces jeunes gens courageux et engagés ont partagé leurs réussites et leurs échecs, illustrant le long chemin qu’il reste à parcourir pour qu’eux-mêmes et tous les enfants d’Haïti puissant jouïr pleinement de leurs droits.

Oxmo Puccino a fait savoir qu’il était très heureux d’avoir pu visiter Haïti et des « quelques jours passés aux côtés de ces hommes et femmes qui œuvrent pour les enfants, qui pansent les douleurs du passé en offrant un espoir de lendemain ».

 

Par Juliette Baron

Crédits photo : UNICEF France / M Zumstein

Lancement du manuel sur les Droits des enfants

Dans le cadre de la célébration du 25ème anniversaire de la Convention relative aux Droits de l’enfant (CDE) qui sera célébrée le 20 novembre prochain, L’UNICEF et l’Union Européenne (UE) lancent conjointement un manuel pour « Intégrer les droits de l’enfant dans la coopération pour le développement » en Haïti.

Fruit d’une stratégie globale de collaboration entre les deux organisations, ce manuel vise à rendre les droits des enfants plus tangibles et est destiné à tous les acteurs impliqués dans les politiques de développement. Il offre un ensemble d’instruments et des conseils pratiques sur la manière dont les droits de l’enfant et les initiatives visant à promouvoir le bien-être de tous les enfants peuvent être effectivement intégrés et mis en application dans l’ensemble des programmes d’aide au développement bilatéraux et multilatéraux.

Document holistique, le manuel comprend 8 modules (+ de 500 pages au total) portant sur des domaines clés tels que les droits de l’enfant dans la coopération pour le développement, les droits de l’enfant dans la programmation et les politiques sectorielles, la participation de l’enfant, les droits de l’enfant dans la gouvernance, l’analyse d’impact sur l’enfant, la prise en compte des droits de l’enfant dans le processus budgétaire, les droits de l’enfant dans les situations de crise et les situations de risque ou encore la collaboration avec la société civile sur les droits de l’enfant.

Édouard Beigbeder, le Représentant de l’UNICEF en Haïti, s’est réjoui du lancement du manuel, estimant qu’il contribuera à renforcer la coopération en matière de protection de l’enfance « Le temps est venu de tourner la page des actions d’urgence pour avancer plus avant dans le renforcement institutionnel. Aujourd’hui, à l’aube du 25ème anniversaire de la Convention relative aux droits de l’enfant, Haïti possède tous les atouts pour faire des droits des enfants une réalité.»

De son côté Javier Nino Pérez, l’Ambassadeur de l’UE en Haïti, a déclaré: « L’adoption de ce manuel sera d’abord d’une grande utilité pour la mise en œuvre de nos propres programmes en faveur des enfants. Aujourd’hui, j’ai d’ailleurs le plaisir d’annoncer que nous allons prochainement lancer un nouvel appel à propositions pour soutenir des projets de la société civile en particulier dans ce domaine. »

Télécharger le manuel (Format PDF) : http://www.unicef.org/french/eu/crtoolkit/downloads/Child-Rights-Toolkit-Web-Links_FR.pdf
Note : Il est conseillé de commencer par prendre connaissance des modules 1 et 2 qui définissent des concepts clés et présentent des paramètres indispensables pour l’utilisation des outils et la mise en œuvre des interventions présentées dans les 6 modules suivants.

HL/ HaïtiLibre

Source: http://www.haitilibre.com/article-12491-haiti-justice-lancement-du-manuel-sur-les-droits-des-enfants.html

Les cliniques d’urgence aident à réduire les décès maternels et néonatals

En Haïti, les cliniques offrant des soins obstétricaux et néonatals d’urgence œuvrent pour réduire les taux de mortalité maternelle et néonatale.

MARIGOT, Haïti, le 25 juillet 2013 – Madette Perrique laissa échapper un gémissement déchirant. Elle donnait naissance et avait mal. Quelques minutes seulement après être arrivée à la clinique de Marigot, elle avait été transférée en urgence dans la salle d’accouchement par une équipe d’infirmières habillées en bleu. Quelques instants plus tard, le cri d’un bébé retentit.

Bienvenue au monde!

Dans la salle d’attente, sa belle-sœur, Elmate Jean-Louis a versé des larmes de joie et de soulagement à l’arrivée de sa nièce. Mme Perrique a eu de la chance: Sa famille l’a accompagnée à la clinique, la sauvant d’une naissance potentiellement mortelle à la maison.

Un projet pilote étend rend plus accessibles les soins obstétricaux d’urgence en Haïti.

 

Des taux élevés de mortalité

Selon les conclusions de l’Enquête Haïtienne Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services 2012, moins de 36 pour cent des naissances ont lieu dans les établissements de santé dans le pays.

En conséquence, les taux de mortalité maternelle et néonatale en Haïti sont élevés. La mortalité maternelle était estimée à 35 pour 1000 en 2010, et, à partir de 2012, les statistiques indiquent que 3.1 pour cent des nouveau-nés meurent sous un mois.

Ces chiffres ont considérablement baissés par rapport aux années précédentes, mais aucune mère ne devrait mourir en donnant la vie et aucun enfant ne devrait mourir en la découvrant- d’autant plus que cinq des principales causes de mortalité maternelle peuvent être traitées dans une structure de santé bien encadrée et équipée.

Initiative

Quatre cliniques pilotes à travers Haïti oeuvrent pour réduire les taux de mortalité maternelle et néonatale en fournissant des soins obstétricaux d’urgence de base. Ces cliniques ont été créées à travers un partenariat entre le Ministère de la Santé Publique et de la Population, le Bureau des Nations unies pour les services d’appui aux projets (UNOPS), le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA) et l’UNICEF.

Cette initiative a occasionné la création d’autres centres dans des zones urbaines comme Port-au-Prince, mais elle reste particulièrement importante dans les zones rurales où l’accès aux soins de santé est très limité.

Marigot en est l’exemple parfait. Cette communauté se situe à 80 kilomètres au sud de Port-au-Prince, par-delà des montagnes, près de la mer des Caraïbes.

La clinique a ouvert ses portes à Marigot en Octobre 2012 aux côtés d’un centre de santé déjà établi. La clinique offre des soins 24h/24. Ses murs verts et blancs sont garnis de fleurs éclatantes, et le drapeau haïtien y est hissé haut et fier.

Selon le Directeur de la clinique, Dr André Misnick, 89 naissances y ont eu lieu entre Octobre 2012 et mai 2013, et les mères et les bébés ont tous quitté la clinique en bonne santé. Mme Perrique et sa fille ne font pas exception.

Transport et tradition

En plus d’offrir des soins obstétricaux et néonatals, la clinique de Marigot organise des rencontres avec  les dirigeants communautaires pour expliquer l’importance des soins de qualité, et offre une formation pour les matrones – des accoucheuses traditionnelles haïtiennes qui n’ont généralement pas de formation formelle.

Bien que les services de la clinique soient gratuits, Johanne Guillaume, infirmière, explique que de nombreuses femmes donnent naissance à la maison avec l’aide d’une matrone, car elles n’ont pas les moyens de se rendre à la clinique.

Sans l’aide de sa belle-sœur, il est probable que Mme Perrique aurait fait la même chose.

Le Dr Misnick relate que les pratiques culturelles traditionnelles du pays expliquent le taux élevé de naissances hors-clinique du pays.

« Les gens font confiance aux matrones locales dont les pratiques d’accouchement sont transmises de génération en génération, et préfèrent souvent leurs services à ceux des sages-femmes formées professionnellement », dit-elle.

D’une part, les matrones peuvent offrir une aide utile, en particulier dans les régions éloignées où l’accès aux transports est limité. Mais d’autre part, les vies de la mère et de l’enfant peuvent être mises en danger si une matrone n’est pas formée à reconnaître les signes de complications – d’où l’importance de la formation.

Sauver des vies

Le Dr Francine Kimanuka, Chef de santé pour l’UNICEF, explique que l’UNICEF espère prochainement étendre l’initiative.

« La combinaison de soins obstétricaux et néonatals dans la clinique et l’offre de formation de matrones dans les régions éloignées devrait fortement contribuer à réduire les taux de mortalité néonatale et maternelle », dit-elle.

En effet, grâce à la clinique de Marigot, Mme Perrique a donné naissance à une petite fille en bonne santé.

Par Chloe Sydney

Source: http://www.unicef.org/french/infobycountry/haiti_69951.html

Atteindre les régions les plus isolées d’Haïti pour éliminer le tétanos maternel et néonatal

Haïti ne recule pas devant le défi d’atteindre les zones les plus difficiles d’accès avec le vaccin contre le tétanos. Près de 1,3 million de femmes doivent être vaccinées pour que le pays réalise son objectif de mettre fin au tétanos maternel et néonatal une bonne fois pour toutes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
Marlène Jean fait partie des dizaines de femmes de la communauté isolée de Milord ayant reçu leur troisième vaccin contre le tétanos dans le cadre d’une campagne nationale contre le tétanos maternel et néonatal.

MILORD, Haïti, le 7 mars 2014 – Marlène Jean reste stoïque en recevant sa piqûre. Elle fait partie des dizaines de femmes recevant leur troisième vaccin. Haïti mène une campagne nationale contre le tétanos maternel et néonatal. Le village de Marlène Jean, Milord, est situé dans le département du Sud-Est d’Haïti.

Après son vaccin, Marlène participe à une session de sensibilisation animée par l’un des vaccinateurs. « J’ai toujours vécu à Milord, avec mon mari et mes deux enfants », explique-t-elle. « J’ai fini par apprendre que le vaccin contre le tétanos était important à la fois pour la santé de la mère et pour celle de l’enfant. »

Marlène Jean a 32 ans. L’objectif est d’atteindre les presque 1,3 millions de femmes qui, comme elle, sont âgées de 15 à 49 ans – l’âge de procréation – dans tous les départements.

Une maladie mortelle

Le tétanos maternel et néonatal est une maladie grave, avec un taux de mortalité élevé chez les nouveau-nés. Il peut être évité si les femmes sont vaccinées contre le tétanos.

Près de 50 pour cent des cas de tétanos des Caraïbes sont situés en Haïti.

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© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
La campagne cible les femmes en âge de procréer dans le pays. Les agents de vaccination doivent parcourir de longues distances, parfois à pieds, pour couvrir toutes les régions.

Un village isolé

Milord est à trois heures de route de Jacmel, la ville principale du département du Sud-Est. La route reliant Jacmel à Milord est à flanc de montagne. Les crevasses et les falaises ne sont jamais loin.

La région est isolée, et il n’existe pas de centre de santé ni d’école. Les services publics font défaut; il n’y a pas d’électricité. Les maisons sont dispersées ça et là, distantes les unes des autres

Un objectif ferme



L’UNICEF appuie le Ministère de la santé publique et de la population dans l’élimination du tétanos maternel et néonatal dans le pays d’ici 2015. Il est crucial d’atteindre les zones les plus difficiles d’accès, comme Milord, et la municipalité de Bainet, également située dans le Sud-Est.

Mercedes Marie Alexis est infirmière-chef à Bainet depuis près de 23 ans. Elle coordonne toutes les activités de vaccination. « Les centres de santé sont très loin d’ici, explique-t-elle. La plupart du temps, les gens ne reçoivent pas toutes les doses du vaccin, parce qu’il faut beaucoup marcher. Il est donc essentiel d’organiser les postes de vaccination de manière à pouvoir atteindre toutes les femmes en âge de procréer et les enfants pour les protéger du tétanos. »

Des crieurs publics annoncent les vaccins. Mercedes Marie Alexis demande aux femmes qui viennent se faire vacciner de passer le message à celles qui n’auraient pas entendu les alertes.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2014/Fanfan
Un poste de vaccination dans une école de la municipalité de Bainet. Dans les Caraïbes, près de 50 pour cent des cas de tétanos sont situés en Haïti. Il est essentiel d’assurer la couverture vaccinale pour éradiquer cette maladie évitable, souvent mortelle chez les nouveau-nés.

Dans le cadre de la troisième phase de la campagne, les vaccinateurs et les agents de mobilisation du Ministère de la santé publique et de la population parcourent de longues distances, parfois à pied. Il est arrivé qu’ils marchent pendant six heures sous le soleil et par des vents violents et persistants pour atteindre toutes les femmes.

« Si nous n’allons pas à elles, à cause de la distance, elles ne viendront pas à nous, » explique Mercedes Marie Alexis.

Une mère vaccinée



Marlène Jean a de la chance. Elle vit à moins de dix minutes du site de vaccination, les déplacements pour se faire vacciner ont donc été rapides. De nombreuses femmes de cette région ont dû marcher plus de deux heures pour se faire vacciner.

Les deux premières étapes de la campagne ont permis d’atteindre plus de 100 % de l’objectif. Le spécialiste en vaccination de l’UNICEF Jackson Ernsly explique que la campagne actuelle est menée dans les 65 communes à risque élevé, tandis que la campagne de l’année prochaine sera portée sur les 75 communes restantes.

En savoir plus sur les programmes de l’UNICEF en Haïti

Consulter le Facebook de l’UNICEF Haïti

Parcourir le site de l’UNICEF Haïti sur Internet

Par Jean Panel Fanfan

Source: http://www.unicef.org/french/infobycountry/haiti_72803.html