Participation des Jeunes: L’UNICEF rencontre les enfants de la Grand’Anse

 

Les enfants faisant la restitution de leur séance de consultation

 

Participation des jeunes: Les 8 et 9 avril, une trentaine de jeunes adolescents et enfants venus de certaines communes, dans le département de la Grand’Anse, touchées par le cyclone Matthew – Jérémie, Roseau, Bonbon, Chambellan, Marfranc-  ont participé à une séance de consultation sur la gestion des risques et désastres. Le séminaire était organisé à l’initiative de l’UNICEF avec pour partenaires de mise en œuvre, IDETTE et Méthodes sans frontières.

L’objectif principal, à la base de cette consultation, était de permettre aux adolescents d’exprimer leur point de vue sur la façon dont les acteurs gèrent les réponses aux catastrophes et leur volonté à s’impliquer dans la préparation et la réponse aux désastres éventuels dans leur communauté.

Dès le premier jour, les jeunes ont montré leur intérêt à participer à cette activité de grande importance pour l’avenir de leur communauté. Les formateurs ont commencé par une sensibilisation sur les droits des enfants, ce qui leur a permis de se faire une idée sur l’état de leurs connaissances en la matière. La grande majorité des enfants ignorait l’existence de la Convention relative aux droits des enfants. « Nous sommes contents de savoir qu’il existe un tel texte pour protéger les droits des enfants », ont indiqué certains d’entre eux.

Comme dans tout groupe, il y en a qui sont plus actifs et plus intéressés que d’autres. Comme Rodley Beauchamp, 12 ans, en classe de 5ème année, «  Si tous les adultes respectaient les droits des enfants, le pays seraient beaucoup plus développé », lance-t-il, la voix pleine d’innocence sous les applaudissements des autres jeunes participants.

Les différentes interventions des enfants ont permis de mesurer leur niveau de connaissance sur la question des risques et désastres. « Avant l’arrivée de Matthew, j’ai demandé à mes parents d’évacuer la maison, car j’avais entendu l’alerte à la radio, mais ils ne voulaient pas m’écouter. Je me suis rendu seul dans l’abri provisoire », raconte l’un d’entre eux.

Des thèmes liés au domaine de la gestion des risques et adaptés à leur niveau ont été abordés comme : la menace, la réponse, la préparation, le risque. Ils ont également été sensibilisés sur la préservation de l’environnement.

Une méthode pour la participation des jeunes 

Toute la consultation s’est déroulée avec la participation effective des adolescents et des enfants. Ils recevaient les informations et ils partageaient comment ils comprenaient la question de la gestion des risques et désastres. Ils se sont consultés entre eux afin de voir en quoi, ils peuvent participer dans la gestion des risques et désastres de leurs communautés respectives.  Les jeux interactifs et informatifs de basaient sur leurs capacités à comprendre ces thématiques qui peuvent paraitre complexes, dans un premier temps, mais qui sont cruciales pour sauver leurs vies.

 

un photo souvenir avec tous les enfants et accompagnateurs

Les jeunes ont pu exprimer leurs opinions et leurs craintes quant à leur avenir et aussi ils se ont raconté leur expérience, immédiatement après l’ouragan Matthew, comment ils se considèrent après cette catastrophe et le rôle qu’ils auront à jouer auprès des membres de leur communauté respective.

Une volonté de partager les connaissances

« J’accueille cette formation avec beaucoup de plaisir car le sujet est vraiment important pour moi. J’ai retenu deux choses importantes à savoir comment les enfants sont supposés vivre et aussi comment se comporter à l’approche d’une catastrophe pour éviter d’être victime. Je vais partager ce que j’ai appris avec les membres de ma localité et les autres jeunes », explique Rosemène François, 17 ans, l’une des participantes.

Pour sa part Rodley Beauchamps, ne cache pas son intention de sensibiliser tout le monde, spécialement les jeunes et les enfants. « Je vais faire un partage de connaissances avec les gens qui viennent me visiter pour qu’ils expliquent à leur enfants quels sont leurs droits », explique-t-il.

Le plus important c’est la résilience de leur communauté et comment à travers eux, ils peuvent être des acteurs de changements. D’autres formations ce de type sont prévus dans les zones touchés par Matthew, notamment dans le Sud.

 

Raphael, petit bonhomme du Nord-Est s’épanouit et grandit

Protection UNICEF-Raphael avait 10 mois sur cette photo

Raphael avait 10 mois sur cette photo

Dès qu’elle part en mission à Ouanaminthe, dans le Nord-Est, notre collègue de la section Protection de l’Enfance, Géraldine Alferis en profite pour visiter Raphael. Elle vous explique aujourd’hui l’histoire de cet enfant.

Raphael est un petit garçon âgé d’un an qui a été récupéré par les Sœurs de Saint Jean l’Evangéliste, notre partenaire dans le Nord-Est du pays dans la ville frontalière de Ouanaminthe lorsqu’il était âgé d’à peine 2 mois.

Le tout-petit a été  abandonné par sa mère car il était à l’époque  très malade.

Un projet financé par l’UNICEF permet aux  Sœurs de Saint Jean d’accueillir des enfants non accompagnés retournés de la République Dominicaine.

 »Raphael est un vrai petit ange’’

Protection UNICEF-Raphael, un an pose lors de la dernière visite de Geraldine en mars dernier.

Raphael, un an pose lors de la dernière visite de Geraldine en mars dernier.

Lorsque les Sœurs ont recueilli l’enfant, elles l’ont prénommé Raphael et ont fait tous les suivis médicaux avec lui afin qu’il devienne cet enfant épanoui que vous pouvez aujourd’hui observer sur ces photos.

Les Sœurs de Saint Jean ont inauguré en décembre 2016, un nouvel espace de transit pour les enfants et les femmes vulnérables, avec le support de l’église Catholique Colombienne et d’autres bailleurs, dont l’UNICEF qui a contribué à l’aménagement du dortoir et de l’espace pour les enfants.

‘’ Sa santé est toujours très fragile, il faut être attentif tout le temps ‘’, explique l’une des sœurs. ‘’Raphael porte une joie de vivre qu’il communique à tous ceux et celles qui le rencontre. C’est un vrai petit ange.’’

859[1] enfants non-accompagnés  en provenance de République Dominicaine ont été identifiés aux différents points de frontière en 2016. Ils ont été pris en charge par l’UNICEF et ses partenaires et placés en centre de transit en attendant une réunification familiale.

 

Géraldine Alféris

Spécialiste en Protection de l’Enfant,

UNICEF Haïti

[1] Source : Section Protection de l’Enfance-UNICEF Haïti, 6 avril 2017

Protection UNICEF- Le centre d'accueil pour enfants des Soeurs de Saint Jean à Ouanaminthe

Le centre d’accueil pour enfants des Soeurs de Saint Jean à Ouanaminthe

Sur la côte sud, de petits rien pour s’accrocher ?

Elisabeth Augustin, Officier de Communication Point focal Genre / Adolescents au bureau de l’UNICEF en Haïti est de retour de mission dans le département de la Grand ’Anse. Six mois après le passage de Matthew sur l’ile, c’est la première fois qu’Elisabeth partait dans cette zone très affectée par l’ouragan. Elle partage avec nous son ressenti.

Coteaux et ses habitants

Coteaux et ses habitants

Visiter la côte sud 6 mois après le passage de l’Ouragan Matthew ne peut laisser l’idéaliste que je suis, indifférente. Ma frustration avait, jusqu’ici, été grande car la nature de mon travail n’avait pas encore justifié ma présence dans les régions dévastées. Seuls les photographies aériennes, les rapports officiels et les témoignages de collègues contribuaient à alimenter mon imagination sur l’ampleur de la catastrophe.

Notre majestueuse côte sud est ravagée et sa population erre encore, se contentant de petits riens qui la ramènent très lentement vers une certaine normalité. Les hôtels éventrés, les cimetières de cocotiers çà et là et les toits encore recouverts de plastique, n’empêchent cependant pas certains habitants de se réinstaller à même les plages, que l’on s’imagine avoir reçu des vagues de plus de 8 mètres… Sans doute à l’affut d’un regain de vie ou encore se disant que le Bon Dieu ne permettra pas qu’un monstre similaire à Matthew revienne cette année.

Alors qu’est-ce qui permet à cette population de se reconstruire ?

Reconstruction à Coteaux

Reconstruction à Coteaux

Plus on se rapproche des régions où est passé l’œil du cyclone et plus on sent la destruction. Nous n’avons pas dépassé Port-à-Piment, délicieuse petite ville ; néanmoins morte avec le toit de la cathédrale en lambeau, le marché se contentant d’exposer de timides petits lots de denrées et des rues désertes, au point que même les familles endimanchées ne sont pas visibles en plein Dimanche.

Alors qu’est-ce qui permet à cette population de se reconstruire ? Comme ce jeune agriculteur de vingt-six ans vivant avec 19 autres personnes dans la maisonnette d’un parent ? Ou ce veuf sextagénaire qui ne peut plus vaquer à ses occupations à cause d’une douleur au genou ? Ou encore cette jeune femme qui a vécu l’enfer de la nuit du 3 au 4 octobre 2016 avec son ventre de huitième mois de grossesse ? Est-ce le paysage insaisissable de la superbe côte, les bananeraies qui renaissent gentiment ? Ou simplement le sourire édenté et insouciant des bébés, avides d’espoir ?

Le bord de plage de Port-Salut

Le bord de plage de Port-Salut

Les enfants de la côte sud n’oublieront pas de sitôt les affreux grondements du vent et de la mer de cette nuit noire. Les cocotiers effeuillés et tordus les forcent à comprendre qu’il ne s’agissait pas d’un mauvais rêve. Avec un peu de chance, leur innocence sera préservée par la nature luxuriante qui les entoure ; cette même nature qui a frappé mais qui semble être la seule chose qui permettra à la région de renaître de ses cendres.

Elisabeth Augustin

Officier de Communication, 

Point focal Genre / Adolescents

UNICEF Haïti

 

L’ouragan Matthew vu par Liam 11 ans de Cuba

Six mois après  Matthew,  Liam Manuel, 11 ans, nous livre son récit sur le passage de l’ouragan  à Cuba.

Les filles d'une école secondaire de Tercer Frente, Santiago de Cuba, expliquent leur procédure d'évacuation.

Les filles d’une école secondaire de Tercer Frente, Santiago de Cuba, expliquent leur procédure d’évacuation.

Je vais vous raconter comment notre village, Yateritas (San Antonio del Sur), à Guantanamo, a vécu le passage de l’ouragan Matthew. Une fois averti, tout le village a suivi de près les bulletins météo et lorsque nous avons appris la possibilité du passage de l’ouragan chez nous, nous nous sommes mis à adopter les mesures indispensables à la protection des vies humaines et des biens matériels.    Une semaine avant la date prévue de son arrivée, nous, les enfants, avons également aidé à mettre les choses à l’abri.      Nous avons aidé nos familles et nos voisins à protéger la vaisselle, les vêtements, les chaussures ; nous étions aussi affairés que des abeilles, enchaînant les allers-retours.    J’ai rangé dans un endroit sûr mes cannes à pêche et mes hameçons : j’adore pêcher et je ne voulais pas les perdre.    Ma mère a également remisé toutes nos possessions et elle nous a tous aidés ; elle s’est également occupée de protéger les papiers importants.    Nous avons aidé ma sœur, alors enceinte de six mois, a mettre en lieu sûr les affaires du bébé.

«Nous avons accueilli 25 personnes chez moi»

Un garçon d'une école rurale à Santiago de Cuba passe par les différents risques dans sa communauté, représenté dans un modèle fait avec ses camarades de classe.

Un garçon d’une école rurale à Santiago de Cuba passe par les différents risques dans sa communauté, représenté dans un modèle fait avec ses camarades de classe.

Durant ces quelques jours, j’ai accompagné ma mère, qui est la directrice de mon école, lors de ses déplacements chez les familles du village visant à identifier celles qui ne seraient pas en mesure de résister à l’ouragan.  Ma mère est membre du Conseil de Défense et il lui appartient de fournir une assistance préalable à sa communauté.  Ma mère a indiqué à ces familles l’endroit où elles devraient trouver refuge et leur a offert d’utiliser l’école pour mettre leurs affaires à l’abri : le labo de physique-chimie s’est transformé en espace de rangement pour toutes sortes de choses !

Nous avons accueilli 25 personnes chez moi, y compris des personnes âgées, des enfants et des femmes enceintes. La Défense civile a désigné ma maison comme centre d’évacuation.  Tous ces gens ont commencé à arriver chez nous à partir du 4 octobre de bonne heure.  Nous nous connaissions et nous entraidions tous : c’était comme une grande famille.  Tout au long de la journée, nous les avons aidés à ranger leurs affaires chez nous : des sacs de vêtements, des télés, etc. Mon voisin Carlos et moi-même, nous avons fait ce que nous avons pu pour aider.  Nous avions fait des réserves d’eau potable en prévision pour que personne n’en manque.  Nous avons préparé à manger pour tout le monde, comme dans un refuge.

«Cette nuit-là, j’ai cru que c’était la fin du monde»

Les enfants d'âge préscolaire apprennent également les mesures de réduction des risques de catastrophe, par le biais du contenu des programmes.

Les enfants d’âge préscolaire apprennent également les mesures de réduction des risques de catastrophe, par le biais du contenu des programmes.

Cette nuit-là, des vents forts et la pluie sont arrivés sur nous, j’ai cru que c’était la fin du monde.  À minuit, l’eau de la rivière coulait sous nos yeux, dans l’arrière-cour. J’étais terrifié.  Quelques heures plus tard, la tempête s’est calmée et certaines personnes installées dans notre maison sont rentrées chez elles en voyant que Matthew était apparemment parti.   Mais, à environ une heure du matin, l’eau s’est mise à monter à nouveau, la situation était épouvantable.  Nous nous sommes dépêchés de secourir une nouvelle fois les animaux.  Nous n’avons pu sauver que six des sept chiots de ma chienne Blanquita. Nous avons également essayé de conserver au chaud les œufs de poules en les enveloppant dans des couvertures, mais nous les avons perdus.  Il n’y a que les poules qui peuvent y arriver.

«J’espère vraiment que nous n’aurons plus jamais à revivre ça»

Dans le cadre des efforts visant à rendre le contenu de réduction des risques de catastrophe attrayant et dynamique, certaines écoles développent leurs propres jeux de société à thème.

Dans le cadre des efforts visant à rendre le contenu de réduction des risques de catastrophe attrayant et dynamique, certaines écoles développent leurs propres jeux de société à thème.

À environ deux heures du matin, une fois Matthew passé, nous sommes sortis sur la route.  Nous entendions le bruit de la mer agitée et celui de l’eau de la rivière s’y jetant. Dans la rue, une foule de gens discutaient pour voir ce qu’il fallait faire maintenant.  Nous sommes retournés chez nous et, très sincèrement, je peux vous dire que cette expérience restera toujours en moi.  J’espère vraiment que nous n’aurons plus jamais à revivre ça parce que c’est affreusement triste de voir des dégâts partout, les livres tout mouillés et notre école endommagée.  Le toit et les murs de notre école ont été abîmés, la rivière a atteint un mètre de hauteur, déversant des flots de boue.  Heureusement, les personnes qui s’y étaient abritées étaient saines et sauves, par contre, leurs maisons avaient souffert de gros dégâts car elles sont situées dans la partie basse du village, là où les eaux étaient montées le plus. Les enfants vivant dans cette zone ont perdu tous leurs livres et leurs jeux.

Le lendemain, après une longue nuit sans sommeil pratiquement, nous nous sommes rendus à l’école et avons aidé à nettoyer avec les autres enfants et leurs familles.  Il fallait enlever la boue et brosser les murs.  Nous avons aidé à remettre l’école en état pendant trois jours au cours desquels nous n’avons pas eu classe.  Lorsque nous avons repris l’école, l’ambiance y était différente : beaucoup de nos camarades n’étaient plus les mêmes, ils étaient tristes.  L’emploi du temps et les salles avaient été modifiés, même si on nous a dit que c’était temporaire.  Les jours suivants, nous avons beaucoup joué.

«Chaque nouvelle catastrophe nous apprend à être un peu mieux préparé»

La créativité et la créativité des enseignants pour intégrer le contenu de réduction des risques de catastrophe dans le programme d'études est la clé. Les aides visuelles, les jeux ou les clubs ne sont que quelques-unes des façons d'y parvenir.

La créativité et la créativité des enseignants pour intégrer le contenu de réduction des risques de catastrophe dans le programme d’études est la clé. Les aides visuelles, les jeux ou les clubs ne sont que quelques-unes des façons d’y parvenir.

J’ai pu préserver mes cannes à pêche et mes hameçons, heureusement ma maison est solide.  Mais beaucoup de mes amis ont vu le toit et les fenêtres de leur maison détruits et ont perdu leurs biens les plus précieux.  Tout le monde disait que le plus important c’est que nous soyons tous sains et saufs.  C’est vrai, tous mes amis allaient bien et nous pouvions à nouveau nous voir et parler de ce qui s’était passé : nous avions tous vécu des expériences différentes.  Nous avons vu à la télé qu’en Haïti (à quelques kilomètres à peine de nos côtes) Matthew avait balayé des villes et des villages, et tué de nombreuses personnes, y compris des enfants.  C’est tellement triste et injuste.

Ça fait six mois maintenant et je me rends compte à quel point il est important d’être prêt du mieux qu’on peut et de suivre les recommandations de la défense civile.  On perd toujours quelque chose et on souffre, mais chaque nouvelle catastrophe nous apprend à être un peu mieux préparé et à être plus fort pour la prochaine.

Liam Manuel Morega 11 ans,

de Guantanamo, Cuba

Traduction : Cendrine Strevens

 

 

 

Mettre fin au travail des enfants en Haïti

En Haïti, un enfant sur quatre ne vit pas avec ses parents biologiques. Beaucoup de ces enfants ont été confiés à une famille plus aisée par leurs parents. Ils espèrent que la famille d’accueil prendra bien soin de leurs enfants et les inscrira dans une école en échange de quelques petits services. C’est avant tout dans l’espoir de donner à ces enfants une vie meilleure.

Ce fut le cas pour Joël. Quand il avait 14 ans, ses parents ne pouvaient plus payer ses frais de scolarité. Il a donc été placé chez sa tante et a pu, en conciliant tâches ménagères et école, poursuivre son rêve d’étudier. Persévérant, Joël a travaillé de longues heures pour y arriver.

Malheureusement, la réalité est souvent bien plus sombre. Plus de 400 000 enfants haïtiens âgés de cinq à 17 ans travaillent comme domestiques. De ce nombre, environ 207 000 enfants de moins de 15 ans se trouveraient en situation de travail domestiques innacceptables travaillant plus de 14 heures par semaine. Ces enfants doivent souvent travailler du matin au soir sans être payés, beaucoup ne peuvent pas aller à l’école et ils peuvent être victimes de maltraitance. Une vaste étude réalisée il y a deux ans par des organisations nationales et internationales (dont l’UNICEF) avait même découvert qu’un quart de ces enfants travaillent parfois la nuit.

Exploitée et maltraitée

L’histoire de Larissa (nom fictif) est emblématique de ce problème.

travail des enfants Haiti UNICEF

Marie Yolene Milord, 9 ans, est travailleuse domestique. Elle discute avec une bénévole dans un hôpital de Port-au-Prince. © UNICEF/UNI78171/LeMoyne

À l’âge de 10 ans, ses parents ont décidé de l’envoyer loin de chez elle, dans une famille de Port-au-Prince qui devait prendre soin d’elle et l’envoyer à l’école. Or, pendant trois ans, elle a été exploitée et maltraitée. Chaque jour, elle commençait son travail à 4 heures du matin : elle lavait le plancher, faisait les lits, allait chercher de l’eau, faisait la vaisselle et aidait à préparer le déjeuner. L’après-midi, elle lavait la vaisselle, allait au marché et faisait la lessive. S’il venait à manquer d’eau dans la maison, elle était fouettée. Sa journée ne finissait qu’après que la famille soit partie se coucher. C’était alors à son tour de pouvoir se reposer, à même le sol.

Un jour, elle a demandé si elle pouvait retourner chez ses parents. Pour toute réponse, elle a été fouettée.

Au bout de trois ans, Larissa a finalement trouvé le courage de partir au beau milieu de la nuit.

C’est la police qui l’a mise en contact avec l’Institut du bien-être social et de la recherche, un organe gouvernemental qui, avec l’appui de l’UNICEF, aide à la réintégration des enfants dans leur famille.

Larissa dit penser encore souvent à ces années de souffrance. Elle en rêve la nuit.

Malheureusement, la destruction causée par l’ouragan Matthew en octobre 2016 a accru la vulnérabilité de familles déjà démunies qui n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leurs enfants.

L’histoire de Larissa est celle de trop d’enfants en Haïti. Malheureusement, la destruction causée par l’ouragan Matthew en octobre 2016 a accru la vulnérabilité de familles déjà démunies qui n’arrivent plus à subvenir aux besoins de leurs enfants.

En finir avec le travail des enfants en Haïti

La famille est la première ligne de protection pour les enfants, c’est pourquoi l’UNICEF et le gouvernement haïtien s’efforcent de sensibiliser les communautés et d’aider les parents à créer un milieu de familial où l’enfant pourra s’épanouir. L’UNICEF œuvre aussi à la formation de travailleuses et de travailleurs sociaux et communautaires pour les aider à protéger les enfants.

En février 2017, le gouvernement canadien s’est engagé à fournir un appui de 11,9 millions de dollars sur cinq ans qui nous permettra de protéger plus de 20 000 enfants victimes ou à risque d’exploitation par le travail domestique, en leur offrant de meilleures conditions de vie et un accès accru à l’éducation.

Ces efforts portent fruit. On note par exemple, une augmentation des inscriptions scolaires des enfants travailleurs domestiques. Malgré cela, il nous reste encore beaucoup de travail à faire pour les enfants d’Haïti.

Grâce à votre soutien, l’UNICEF œuvre à mettre fin au travail des enfants, ainsi qu’à leur donner accès à l’éducation et à la protection, pour leur permettre d’atteindre leur plein potentiel.

Karine Morin est spécialiste des communications pour UNICEF Canada.

Autonomisation des femmes et des filles en Haïti, nos héroïnes montrent la voie

Aujourd’hui, comme tous les autres jours de l’année, nous célébrons les droits des filles et des femmes. L’autonomisation des femmes et des filles rendra Haïti plus forte! Nos petites héroïnes montrent le chemin…

Une nouvelle page s’ouvre pour UNICEF en Haïti

Le programme de pays 2017-2021 d’UNICEF Haïti s’appuie sur les progrès déjà accomplis et regarde vers l’avenir. 

© Bradley Maxence

Le 7 février était une journée particulière pour Haïti : Marita Perceval, directrice régionale Amériques et Caraïbes, présentait le nouveau Programme de Pays au conseil d’administration. Une coïncidence symbolique illustrant parfaitement les principes fondamentaux de l’UNICEF basés sur la solidarité et le partenariat avec le pays.

Le nouveau programme de pays est un projet ambitieux qui cherche à tirer profit des progrès réalisés en faveur des enfants au cours des dernières années. Guidée par le principe de résilience, l’équipe de l’UNICEF s’efforce de poursuivre son partenariat avec le gouvernement haïtien, les familles, la société civile, les jeunes et avec ONG internationales et nationales partenaires.

Dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations Unies et en appui au plan stratégique pour le développement d’Haïti, le programme de pays vise à travailler au niveau central, mais également sur le terrain, en renforçant les capacités des principaux acteurs. Matérialiser l’aide apportée aux enfants, voilà l’objectif principal.

Matérialiser l’aide apportée aux enfants

Le nouveau programme est centré sur les départements haïtiens particulièrement vulnérables en raison, soit des répercussions de l’ouragan Matthew (octobre 2016/Sud, Grand’Anse), soit de leur fragilité face au choléra. Il contribuera à réduire la mortalité évitable chez les mères, les enfants de moins de cinq ans et les adolescents (en lien avec le VIH, souvent).

Aussi, ce programme permettra de  prévenir et traiter la malnutrition chronique, notamment chez les enfants de moins de deux ans. Il vise  à améliorer les systèmes d’assainissement durable et l’accès à l’eau. Il a pour objectif de renforcer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage dans les écoles, y compris pour les plus démunis qui bénéficieront d’un meilleur accès.

En outre, le programme pays ambitionne de  protéger les enfants de la maltraitance, en particulier  ceux qui résident dans des institutions, avec l’ambition générale de renforcer la résilience des familles vulnérables en leur fournissant un cadre légal et des services sociaux suffisants.

L’équipe de l’UNICEF continuera, dans le cadre général du programme de pays, à répondre à toutes les urgences, nouvelles ou en cours, tout en cherchant à mettre en place des conditions favorables au redressement et au développement durables.

Nous vous invitons à regarder la vidéo résumant l’axe de l’action de l’UNICEF en Haïti : Togetherness

Cornelia Walther

Traduction : Cendrine Strevens.

Un jouet et une histoire : La ’’tabourette’’ de Guerlin

Jérémie Action Humanitaire Haiti UNICEF Réponse Matthew

Jeux en plein air ce jour-là dans la banlieue de Jérémie © Maxence Bradley

A Jérémie, au fil de nos missions et de nos actions sur le terrain, nous rencontrons des enfants qui, l’espace de quelques minutes ou de quelques heures, partagent avec nous leur quotidien et leur histoire. Aujourd’hui,  Guerlin vous présente son jouet favori ’’une tabourette’’ construite de ses mains.

Nous revenons d’une longue journée passée à suivre les cliniques médicales mobiles de notre partenaire Médecins du Monde France[1]. Nous sommes éreintés. Les pneus de la voiture sont maculés de boue, nos chaussures et pantalons aussi. En cette fin d’après-midi, des bruits de roues et de rires résonnent dans une banlieue de Jérémie (Département de la Grand’Anse). Un petit groupe d’enfants a pris possession de la rue et y joue. Certains avec des vélos, d’autres avec des toupies. Nous nous arrêtons pour les saluer.

Au milieu de ce groupe d’enfants, un jeune garçon, appelé Guerlin roule, assis sur sa ’’tabourette’’, aidé d’un camarade qui lui pousse le dos, un énorme sourire éclaire leurs deux petits visages.

« Cette tabourette, je l’ai faite moi-même»

Jérémie Action Humanitaire Haiti UNICEF Réponse Matthew

Guerlin et un ami pilotent la  »tabourette » © Maxence Bradley

Guerlin manœuvre comme un pilote de Formule 1, ce véhicule que l’on pourrait décrire comme une combinaison entre un skateboard et une ’’caisse à savon d’antan’’.

Il prend un peu de vitesse, maintient le cap, les roues crissent et boum ! Il s’écrase, sans dommage, au milieu d’éclats de rires !

C’est lui qui a fabriqué cette ’’tabourette’’ qui suscite tant de regards admiratifs de la part de ses copains et copines. Il se relève en riant et vient à notre rencontre

« Je l’ai fait moi-même», indique-il fièrement en me tendant l’objet pour que je puisse l’observer de plus prêt.

La course dont nous venons d’être témoin a coûté deux roues au jouet. Aussitôt, Guerlin sort un petit couteau et répare son bolide tandis qu’il m’en dit plus sur sa vie.

«Ma demeure tient encore debout ce qui n’est pas le cas de toutes les maisons»

Jérémie Action Humanitaire Haiti UNICEF Réponse Matthew

Le bolide a besoin de réparation © Maxence Bradley

Guerlin a 10 ans, il est en quatrième année. Son école a été complètement détruite par l’ouragan Matthew. Sa maison s’en est mieux sortie mais il y a tout de même des réparations  à effectuer « La ’’tabourette’’, je l’ai fabriquée avec des chutes de bois que nous utilisons pour réparer la maison. L’ouragan a frappé durement ma demeure, mais elle tient encore debout ce qui n’est pas le cas de toutes les maisons.»

Guerlin a 5 frères et une sœur. Son père vit et travaille à Port-au-Prince. Nous nous dirigeons ensemble vers la demeure familiale et rencontrons sa sœur Sarah qui a 12 ans.

Jérémie Action Humanitaire Haiti UNICEF Réponse Matthew

Sarah 12 ans, Elsina et Guerlin 10 ans devant la maison familiale © Maxence Bradley

Les deux enfants ont déjà des préoccupations de grands. Guerlin rêve de devenir policier car il a envie de bien gagner sa vie, de « faire de l’argent vite afin de pouvoir aider mon père et ma mère ». Sarah, quant à elle, souhaite devenir infirmière « pour pouvoir aider ma famille », explique-t-elle.

Leur mère, Elsina les couve du regard. Il est l’heure de faire un brin de toilette après ces aventures poussiéreuses en ’’tabourette’’. Elsina les invite à rentrer dans un foyer qui, malgré Matthew, tient encore debout.

Julie Harlet, UNICEF Haiti Communication

[1] Lire notre article sur les cliniques Mobiles de MDM France financées par UNICEF  » La clinique 4X4 qui soigne les communautés des zones reculées  »

Le Carnaval en Haïti pour les enfants aussi !

Les enfants ont aussi le droit de s’amuser au carnaval ! Jean Jean Roosevelt, chanteur, compositeur et musicien Haïtien le revendique. Voilà pourquoi, il vient de composer et d’enregistrer avec des enfants haïtiens une chanson‘’Kanaval la pou nou tou’’, qui se traduit par ‘’Le carnaval pour nous tous’’. Ecoutez-là

Une chanson pour enfant au carnaval en Haïti

Une chanson pour enfant au carnaval en Haïti

Comme Jean Jean Roosevelt l’explique ’’C’est une méringue carnavalesque destinée aux enfants et chantée par des enfants. J’avais dans l’esprit de faire participer les plus jeunes à cette grande manifestation culturelle, en me référant à l’objectif et au sens du terme carnaval, une fête  populaire sans distinction d’âges, de sexe ni de  classe mettant en valeurs les couleurs locales, nos traditions pour la promotion de notre culture.’’

J’ai pu constater que le carnaval est devenu au fil des années, synonyme de vengeance, de violence physique et verbale. Une période de promotion de l’alcool, de la drogue, de la sexualité et de l’incitation à la violence. Avec pour bilan nombres d’accidents, de blessés, de morts, de viols, de grossesses prématurées.

« Mes amis, au carnaval protégeons les oreilles des enfants' »

Kanaval la pou nou tou est une requête des enfants adressée aux acteurs concernés leur suppliant de les protéger en faisant attention aux sons et aux images qu’ils projettent, de ne pas écarter l’esprit du carnaval, leur demander de prendre conscience de leurs actes  afin que les plus petits puissent participer eux aussi et jouir pleinement de cette fête populaire.

C’est un appel aux artistes de penser aux enfants dans leurs créations pendant cette période du carnaval. Ils ont aussi droit à cet amusement populaire. Protégez-les ! Il est de notre devoir de les protéger!

 

Jean Jean Roosevelt chanteur, musicien et compositeur

Pour écouter la chanson 

En savoir plus sur Jean Jean Roosevelt

Originaire de la Grand-Anse, Sud-Ouest d’Haïti, Jean Jean Roosevelt est un artiste né. Il est le benjamin d’une famille de six enfants. Son père est guitariste. Sa maman défunte était une passionnée de la musique et du théâtre. Sa musique se nourrit d’influences multi-ethniques, marquée par un brassage culturel existant sur l’île. C’est une alliance de rythmes créoles : Nago, Ibo, Yanvalou, Djouba, Kongo, Rabòday, etc. et d’influences reggae, RnB, afro beat.

Jean Jean Roosevelt est socialement très engagé. Son riche répertoire aborde des sujets universels tels que l’amour, l’équité de genre, le civisme, la solidarité, la persévérance, la préservation de l’environnement. Les textes de ses chansons sont majoritairement en français, parfois également en créole. On trouve, dans certaines de ses chansons, quelques bribes de langues africaines et d’anglais.

Seul on va plus vite, ensemble, on va plus loin

VIDEO: Vue d’ensemble en images sur le travail de l’UNICEF en Haïti. Les enfants expliquent en quoi et comment UNICEF et ses partenaires les ont aidé.