L’Enquête EMMUS VI officiellement lancée par le gouvernement

 

L’assistance lors de la présentation de l’EMMUS VI

Les nouveaux chiffres de l’enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des services (EMMUS VI) vont permettre au gouvernement de mieux circonscrire leurs actions. Les politiques publiques auront pour base de départ les données de l’enquête. Elles vont également servir aux partenaires locaux et internationaux dans leurs interventions de tous les jours.

Port-au-Prince, le 21 aout 2018- L’EMMUS VI a été lancé en présence des principaux acteurs et bailleurs du secteur santé, le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), l’UNICEF, l’ambassade du Canada, l’ambassade des Etats-Unis, le Fonds des Nations-Unies pour la population, la Banque mondiale, entre autres.

Dans son allocution de circonstance, le Dr. Marie Greta Roy Clément, ministre de la Santé, a rappelé que les données présentées constituent l’épine dorsale de la santé publique. « En effet toutes vos prises de décisions, si elles se veulent rationnelles et porteuses d’espoir pour le peuple haïtien, doivent nécessairement reposer sur des statistiques de services fiables et d’actualités », a-t-elle insisté.

La ministre, a plus loin, indiqué qu’avec la publication de ces résultats, le diagnostic de la situation sanitaire est disponible ce qui va faciliter une meilleure planification et gestion de nos programmes et projets en santé publique. Ce qui va rapprocher d’avantage le pays des Objectifs de développement durables (ODD).

« Beaucoup de chemin reste à parcourir, il nous faut hâter le pas, nous mettre au trot, voire au galop si nous voulons présenter un bilan satisfaisant de nos actions sanitaires à l’horizon 2030 », a-t-elle rappelé.  Le Dr. Roy Clément, a également mis l’accent sur les efforts pour doter le système sanitaire de ressources humaines qualifiées notamment dans le domaine de santé communautaire. Ainsi, le système s’est enrichi de : 1 200 agents en santé communautaire polyvalents, 270 auxiliaires infirmières polyvalents, 270 officiers sanitaires.

Mme Maria Luisa Fornara lors de son discours

L’UNICEF a contribué à l’EMMUS VI

L’UNICEF, aux côtés d’autres partenaires, a fourni un appui technique et financier dans la réalisation de l’enquête. « L’UNICEF est fier d’avoir accompagné le MSSP dans la production de cette enquête primordiale, et souhaite rappeler que cet accompagnement s’inscrit dans la continuité des EMMUS précédentes », a souligné Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

Mme Fornara a salué le leadership du MSPP dans le cadre de cette enquête. « Cette enquête va nous permettre de mieux orienter nos actions, aux côtés du gouvernement et de concert avec nos partenaires et bailleurs, afin de toucher les enfants et les familles les plus vulnérables et ceci dans les endroits les plus reculés du pays », a-t-elle souligné, tout en renouvelant l’engagement de l’UNICEF aux côtés du MSPP.

Une enquête fondamentale

La sixième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services en Haïti 2016-2017 (EMMUS-VI) est une enquête par sondage représentative au niveau national. L’objectif principal de l’EMMUS-VI 2016-2017 est de fournir des estimations actualisées des indicateurs démographiques et de santé de base.

Au cours de l’EMMUS-VI 2016-2017, des données ont été collectées sur les niveaux de fécondité, les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaitement, la mortalité des enfants, la santé infantile et maternelle, la possession et l’utilisation de moustiquaires, l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant.

UNICEF: Renforcer la Nutrition pour le Bien-Etre des enfants

L’infirmière relève le périmètre brachial de l’enfant au centre Communautaire de Delmas 75

L’UNICEF est l’un des partenaires les plus importants du gouvernement haïtien dans le domaine de la Nutrition. Les interventions sur le terrain se font par l’intermédiaire de plusieurs partenaires non gouvernementaux, dont la Fondation pour le développement et l’encadrement de la famille haïtienne (FONDEFH) qui apporte un appui technique au Ministère de la Santé dans la mise en œuvre des services de nutrition.  

Port-au-Prince, le  7 mars 2018-  La voix de Vanessa J., 20 ans, est très faible à la limite inaudible, on doit se pencher pour entendre ce qu’elle dit. Elle tient entre ses mains son petit garçon, Israël âgé de 8 mois, qu’elle a emmené pour recevoir des soins. L’enfant souffre de malnutrition aiguë sévère (MAS), explique l’une des infirmières. Il a été dépisté lors d’une visite de la mère au centre Communautaire de Delmas 75 (Port-au-Prince).

Elle est assise dans la salle d’attente en train de contenir les ardeurs de son enfant. Au loin on peut entendre le bruit des voitures, la clinique communautaire de Delmas 75 est située en plein milieu d’un quartier très fréquenté. Dans l’étage en dessous la voix des patients et les cris des enfants se faisant soigner se fait entendre.

« C’est un jour de rendez-vous pour Israël, je suis donc venue pour assurer le suivi. Je ne savais pas que ce centre existait, on m’en a parlé et j’ai emmené mon fils. Je suis satisfaite du service que j’ai reçu. Et je n’ai rien payé », explique-t-elle. Depuis que l’enfant a été admis au programme, il y a eu des progrès significatifs.

Vanessa ne travaille pas, le père de l’enfant vit en République Dominicaine. Auparavant, elle vivait dans un autre quartier, et elle n’avait pas l’habitude d’emmener son garçon à l’hôpital. Elle est très contente d’avoir cette possibilité maintenant, car là où elle vivait, il n’y avait qu’un programme de vaccination. Pour le moment elle vit chez ses parents près du centre de santé.

Manilande Branchel’homme, infirmière au centre de santé, indique qu’après le dépistage, l’enfant a fait le test de l’appétit afin de déterminer s’il pouvait être soigné en ambulatoire en recevant une ration à consommer à domicile ou s’il devait être hospitalisée, l’anorexie étant une des conséquences fréquentes de la malnutrition.

« Dans notre clinique, nous assurons la prise en charge de la malnutrition à domicile en donnant à l’enfant du PlumpyNut, un aliment prêt-a-l ’emploi formulé pour répondre aux besoins des enfants malnutris et un traitement médical systématique. Les enfants ont un rendez-vous chaque semaine pour le suivi de leur état de santé et de leur croissance, et pour récupérer leur ration de PlumpyNut. Nous faisons aussi des séances d’éducation à la nutrition avec les mères pour qu’elles apprennent à mieux nourrir leurs enfants », ajoute-t-elle.

Une clinique au service de la communauté

les gens attendent leur tour pour consulter leurs enfants

La clinique Communautaire de Delmas 75 est une structure de santé gérée par l’ONG FONDEFH, qui est un partenaire technique important de l’UNICEF. Elle désert une population estimée à près de 63 000 personnes. La fréquentation quotidienne peut atteindre plus de 600 personnes, certaines fois. Les agents de santé communautaire attaché à cette structure de santé font un travail de sensibilisation continu au sein de la population.

Les services disponibles au sein du centre sont inclus dans un paquet de soins qu’on appelle santé communautaire.  Il contient, entre autres, la vaccination, la nutrition. La prise en charge du VIH est également un volet. Il existe aussi un service de maternité, une clinique prénatale, au sein du centre.

Les soins en nutrition sont gratuits, grâce au support des bailleurs dont l’UNICEF, ce qui est vital pour les populations défavorisées fréquentant le centre.

L’UNICEF un partenaire clé de la Nutrition

« La Nutrition représente un élément fondamental dans la survie et le développement de l’enfant. Il est donc essentiel d’assurer ces services aux familles les plus vulnérables et celles qui vivent dans les endroits les plus reculés du pays. Ce que nous voulons c’est avoir des enfants en bonne santé et l’UNICEF travaille avec l’Etat haïtien et les partenaires afin d’assurer ces services », explique Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti.

Parmi les objectifs de l’UNICEF contenus dans le programme pays il convient de rappeler :  dans le cadre du programme « Renforcer la nutrition », l’UNICEF fournira un appui technique pour accroître la capacité de coordination et de direction de l’Unité de coordination du Programme national pour l’alimentation et la nutrition ;  L’UNICEF veillera à ce que les efforts déployés en matière de nutrition accordent la priorité à la période de 1 000 jours comprise entre la conception et le deuxième anniversaire de l’enfant ; dans les communes les plus touchées par la malnutrition, l’UNICEF veillera à ce que les établissements de santé et les acteurs communautaires aient la capacité de fournir aux femmes enceintes et allaitantes et aux enfants de moins de cinq ans un ensemble de services nutritionnels de qualité et peu onéreux.

 

 

 

Editorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Des enfants, attendant dehors, au cours d’une inauguration d’école

L’année 2017 qui s’achève a été riche en interventions pour l’UNICEF Haïti. Nous avons soutenu les actions du gouvernement haïtien en renforçant ses capacités dans les domaines liés à la survie et au développement de l’enfant.  Car nos actions sont guidées par notre mandat qui est le bien-être de tous les enfants.

C’est le principe d’équité qui nous guide pour permettre aux enfants et aux familles les plus vulnérables et celles vivant dans les endroits les plus reculés de bénéficier d’une intervention humanitaire permettant de sauver leur vie.  L’UNICEF a été sur tous les fronts au cours de cette année 2017.

Entre autres actions :

-La certification des familles d’accueil fait partie de l’une des alternatives au placement des enfants dans les institutions. Nous avons également procédé à la Certification des ‘’Ecoles amies de l’hygiène’’ avec les partenaires. Les enfants pourront évoluer dans un environnement plus sain.

-L’UNICEF a également contribué au renforcement du système de santé en fournissant un appui technique au MSPP et en développant les systèmes de santé communautaires en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le réseau des agents de santé. Ces agents vont contribuer à sauver des vies.

-De janvier à septembre, plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois et 22 000 femmes enceintes et allaitantes ont reçu plusieurs micronutriments pour améliorer leur régime alimentaire et lutter contre l’anémie ferriprive.

Par ailleurs, nous avons continué avec nos interventions dans les départements touchés par Matthew :

  • L’UNICEF a permis à plus de 640 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable depuis le passage de l’ouragan Matthew.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan Matthew ont été réhabilitées, ce qui a facilité le retour en classe de plus de 30 000 élèves. Plus de 10 000 fournitures scolaires ont été distribuées dans 139 écoles et 27 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial.
  • En 2017, un total de 10 628 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et 7 381 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ont été traitées. Plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois, et 22 725 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des micronutriments.

A cause des changements climatiques, les cyclones deviennent de plus en plus dévastateurs. Renforcer la sensibilisation sur la gestion des risques et de désastres est une priorité. Nous avons organisé des consultations avec les jeunes dans le Sud et la Grand’Anse, les deux départements, les plus touchés par l’ouragan Matthew. La sensibilisation passe aussi par nos jeunes et adolescents.

J’aimerais profiter de ce moment, pour remercier nos collègues de l’UNICEF, autant ceux du bureau central que ceux des régions. Beaucoup de défis ont été relevés grâce à eux. Le personnel de l’UNICEF a été sur tous les fronts, au cours de cette année. Son dévouement à la cause des enfants a sauvé des dizaines de milliers de vie.

2017 s’en va et 2018 frappe déjà à la porte. Il y aura de nouveaux défis à relever, car l’important est de capitaliser sur les bons résultats enregistrés mais aussi de corriger ceux qui méritent de l’être. Néanmoins, les objectifs resteront les mêmes, créer un environnement qui permette aux enfants haïtiens de développer leur plein potentiel.

Il faut renforcer la lutte contre le choléra, la victoire est à portée de main, nous pouvons éliminer le choléra.

J’adresse un salut spécial à tous les enfants d’Haïti, à nos partenaires, et je souhaite à tous une bonne période de fête.

 

Marc Vincent

Représentant

 

APRES AVOIR ÉTÉ DIAGNOSTIQUÉ POUR LA MALNUTRITION, WISEDARLÈNE, ÂGÉE DE 10 MOIS, SE RELÈVE

Séance d’appui psychosocial au sein du projet

Suite à l’ouragan Matthew qui a dévasté le Département de la Grand’Anse, l’UNICEF, avec un financement de la Commission européenne pour la Protection Civile et Operations d’Aide Humanitaire (ECHO), appuie le Ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), via des organisations locales, pour venir en aide aux enfants souffrant de malnutrition.

D’une part, à travers la Fondation pour le Développement et l’Encadrement des Familles Haïtiennes (FONDEFH), plusieurs centaines d’enfants du Département de la Grand’Anse, âgés de 0 à 59 mois, ont bénéficié des soins nutritionnels divers. Ces soins, variés en fonction des cas diagnostiqués et du contexte communautaire, peuvent soit prendre la forme d’activités communautaires de sensibilisation à l’intention des parents sur les pratiques d’alimentation du nourrisson et du jeune enfant (ANJE), soit consister dans la fourniture de micronutriments pour la prévention de la malnutrition, ou du lait thérapeutique et du plumpy nut pour la prise en charge et le traitement.

D’autre part, avec l’Initiative Départementale contre la Traite et le Trafic des Enfants (IDETTE), un suivi est fait pour fournir une assistance socio-économique aux familles des enfants diagnostiqués, à travers des activités génératrices de revenus (AGR), des visites domiciliaires, et de l’appui psychosocial.

Histoire de Wisedarlène

Formation contre la violence

Lineda Jean habite une petite localité à Bariadelle, première section communale de Dame Marie (Grande Anse). Mère de trois enfants dont la petite Wisedarlène, elle garde encore le souvenir de ce déplacement à l’hôpital communautaire de Dame Marie pour y emmener sa fille, repérée par les agents de santé communautaire polyvalents (ASCP).

Elle se souvient encore de la date de l’hospitalisation de sa petite Wisedarlène née le 23 décembre 2016, alors âgée de 5 mois : « C’était le 19 mai 2017, je suis allée avec elle à l’hôpital parce qu’elle ne se portait pas très bien, elle avait de la fièvre, de la grippe. Les agents qui m’ont référé à l’hôpital m’avaient notifié que l’enfant allait être hospitalisé, car elle faisait seulement 4 kilos, incompatible avec son âge », raconte-t-elle.

Après 12 jours d’hospitalisation, Wisedarlène, qui souffrait de malnutrition aigüe sévère, pesait 5,5 kilos à la sortie de l’hôpital. Poids toujours insuffisant, mais qui réjouissait sa mère à cette époque qui ne souhaite rater aucun des rendez-vous programmés par le staff médical. « Je dois me rendre à l’hôpital tous les huit jours pour suivre les progrès de Wisedarlène (prendre son poids et mesurer son périmètre brachial) et récupérer les 18 paquets de plumpy nut ». Actuellement, « Wisedarlène (10 mois) fait 7,4 kilos », conclut-elle, soit presque le double de ce qu’elle pesait, il y a 5 mois de cela.

Lineda Jean continue de veiller au bien­-être de sa petite fille en allant régulièrement à ses rendez-vous, poursuivant son allaitement, et en suivant les conseils des médecins et infirmières pour sa nutrition. Elle s’estime heureuse et en témoigne : « Je suis très satisfaite d’avoir eu cette opportunité que d’autres parents n’en ont pas ». Avec l’appui fourni par IDETTE à travers son programme d’AGR, Lineda, mère célibataire, dispose maintenant d’une activité financière de vente de boissons gazeuses. Ce qui lui permet de répondre partiellement aux besoins de sa famille.

L’UNICEF, avec le soutien de ses bailleurs y compris ECHO, continue d’apporter sa contribution en vue du respect des droits de l’enfant, et de l’amélioration des conditions de vie des familles, y compris celles vivant en milieu rural, et victimes de catastrophes naturelles.

Vulgarisation de Savoir pour Sauver à travers les chants populaires

Une choregraphie de savoir pour sauver

Le Samedi 14 octobre, en marge de la célébration de la ‘’Journée mondiale du lavage des mains’’, le gymnasium Vincent de la Rue Romain était en fête pour accueillir un évènement important pour le bien des enfants: le lancement d’un album de chants inspirés du document: Savoir pour sauver (“Konesans pou sove lavi”).

Tenant compte de l’aspect ludique du chant, de sa capacité à rassembler et à sensibiliser les gens, au-delà des différences, ce medium a été privilégié pour véhiculer les pratiques familiales essentielles à un grand nombre de personnes.

Près de 200 enfants, du groupe “ Orchidée”, ont chanté, dansé et mimé les messages clés contenus dans les 14 chapitres du document “ Konesans pou sove lavi” à travers le festival dénommé “  A la bèl bagay se lasante” (La santé est une belle chose).

Le spectacle était divisé en deux parties :

– celle du chant sur les droits de l’enfant a vu défiler près d’une cinquantaine d’enfants issus de plusieurs écoles de la place et qui égrenaient un à un les droits de l’enfant en tournant en cercle.

– la deuxième partie a mis en scène un groupe d’enfants vêtus de tenue paysanne et portant des provisions diverses sur la tête tout en dansant au rythme du chant sur la nutrition “Twa kalite mange”. La salle  a vibrée au rythme de la  chorégraphie de la musique tube de l’album “ ala bel bagay se lasante” interprétée par des enfants portant des tenues de style diffèrent.

Cependant, de l’avis de tous, les représentations étaient les unes plus magnifiques que les autres et les acteurs se sont surpassés pour offrir un spectacle haut en couleur qui a soulevé un enthousiasme collectif communicatif.

A noter que l’idée de préparer un album de chants s’inscrit dans une stratégie globale de promotion des pratiques familiales essentielles pour la promotion de la santé et le développement de l’enfant. Ces chants seront utilisés en priorité dans les clubs de santé qui font partie intégrante de cette stratégie et lors de la réalisation d’activités de sensibilisation diverses.

De manière générale, cet album de chants se veut être une importante contribution à la communauté haïtienne dans sa quête d’avoir des enfants haïtiens en bonne santé. Il a été conçu en collaboration avec le ministère de la Santé Publique et de la Population afin de s’assurer que les messages sur la santé et le Développement de l’enfant qu’il contient soient culturellement accessibles à toutes  les couches de la population. Signalons que l’album a été produit par le groupe “Salut”  grâce à un support financier de l’UNICEF dans le cadre d’un partenariat avec l’Institut Santé préventive, environnementale, communautaire (SPEC).

1 an après le passage de l’ouragan Matthew, les enfants d’Haïti sont encore vulnérables aux catastrophes naturelles

Une vue aérienne d’une localité devastée par Matthew

Port-au-Prince, le 4 Octobre 2017– Un an après le passage de l’ouragan Matthew de catégorie 4 qui a dévasté le grand Sud d’Haïti, et causé des pertes en vies humaines ainsi que des dégâts considérables, les enfants et adolescents de ce pays de la Caraïbes sont encore extrêmement vulnérables aux effets des désastres naturels et des évènements climatiques extrêmes, a prévenu l’UNICEF aujourd’hui.

« Des centaines de milliers d’enfants ont vu leurs existences bouleversées par l’ouragan Matthew », a indiqué Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Le courage et la détermination des familles haïtiennes à se relever et de recommencer à reconstruire leur vie est admirable et l’UNICEF est fière d’être l’une des organisations qui continuent à les supporter ».

« Après le passage de Matthew, je croyais qu’il serait pratiquement impossible de continuer à vivre. Tous les arbres étaient arrachés… Mais peu à peu les gens commencent à se reprendre », selon Bernard, 14 ans, originaire de Roche-à-Bateau, une commune du Sud gravement touchée par Matthew.

Une usine de traitement et de filtration d’eau dans la Grand’Anse qui a été supportée par l’UNICEF

Rapidement après le passage du cyclone, l’UNICEF a mobilisé son staff sur le terrain afin de répondre au plus urgent; à savoir une aide d’urgence aux enfants et aux familles affectées, incluant l’eau potable et l’assainissement.

Aux côtés du gouvernement et des partenaires, l’UNICEF a pu réaliser au courant des 12 derniers mois les actions suivantes :

  • Plus de 550 000 personnes ont bénéficié de l’accès à l’eau potable.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan ont été réhabilitées, facilitant le retour en classe pour plus de 30 000 écoliers. 139 écoles ont reçu plus de 10 000 articles de mobilier scolaire et 26 000 enfants ont bénéficié d’un soutien psychosocial.
  • Plus de 28 000 enfants ont bénéficié de soins psychosociaux, l’assistance et la nutrition, la santé et l’éducation à l’hygiène. Plus de 24 000 personnes ont reçu des informations sur la violence, la maltraitance des enfants et la violence basée sur le genre (VBG).
  • Plus de 160 000 enfants ont été dépistés pour la malnutrition dans les départements du Sud et de la Grand’Anse dans un programme de dépistage continue. Les résultats montrent les besoins, avec 7 443 malnutris aigus, les enfants admis dans le Protocole de prise en charge de la malnutrition aigu (PCMA) soutenu par l’UNICEF, dont 2 343 cas de malnutrition aigüe sévère et 5 100 cas de malnutritions aiguës modérées.

En outre, l’UNICEF avait organisé une série de consultations avec des adolescents dans la Grand’Anse et le Sud, afin de leur permettre d’exprimer leurs préoccupations et idées en ce qui concerne la gestion des risques et désastres. Les deux cahiers de charges résultants, ont été transmis aux autorités locales.

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Notes pour les éditeurs :

UReport : Afin de ne pas seulement informer mais d’écouter les jeunes, UNICEF Haïti vient d’intégrer l’initiative globale Ureport. L’accent sera mis sur la protection de l’enfance, en Haïti. Pour plus de détails visitez : https://ureport.in/

Interactive Map : Le vécu des staffs et des communautés dans zones affectées est également visible sur une carte interactive qui donne les détails des actions et besoin sur le terrain. Pour y accéder  http://bit.ly/2yNoYbA

À propos de l’UNICEF
L’UNICEF travaille dans certains des endroits les plus inhospitaliers du monde pour atteindre les enfants les plus défavorisés. Dans 190 pays et territoires, nous travaillons pour chaque enfant, chaque jour, partout, afin de construire un monde meilleur pour tous. Pour plus d’informations sur l’UNICEF et son travail : www.unicef.org

 

Contacts de presse:

Cornelia Walther, chef de communication à l’UNICEF, cwalther@unicef.org

Joe English, UNICEF New York, +1 917 893 0692, jenglish@unicef.org

 

Retour à l’école. Retour à la normalité. Presque…

Fort-Liberté. 11 septembre – C’est lundi. Une semaine après que l’année scolaire ait commencé officiellement en Haïti. Les écoles font une fois de plus un effort timide pour rouvrir leurs portes. Tout le monde est impatient de tourner la page d’Irma, mais la réalité est tout autre. Même si 12 des 13 abris ont été évacués hier pour s’assurer que les écoles peuvent rouvrir aujourd’hui, certaines d’entre elles ne sont tout simplement pas prêtes à accueillir leurs écoliers.

Les élèves du Lycée Duty Boukman, reprennent le chemin des classes. Ce lycée a servi d’abri temporaire pendant une courte période.

Avec mon collègue de l’UNICEF, Brice, les inspecteurs de l’école et les ONG partenaires, je fais partie d’une mission d’évaluation commune dont l’objectif est de savoir quelles écoles ont été inondées ou endommagées par Irma. L’ambition est de concentrer les ressources limitées dont elles ont le plus besoin, afin de s’assurer que tous les élèves puissent retourner en classe rapidement.

Mais le défi va bien au-delà des infrastructures scolaires. « Beaucoup de nos enseignants et les familles de nos élèves ont vu leurs maisons inondées pendant Irma. Ils ne sont pas à l’école parce qu’ils sont occupés à récupérer ce qui peut être sauvé », nous explique Maître Jean Baptiste, le directeur de l’école Mebane. En effet, sur les six écoles que mon équipe visite trois n’ont pas eu d’écoliers aujourd’hui, et les autres n’ont qu’une petite partie de leur effectif habituel.

Ce n’est pas l’affluence des jours normaux

L’accès est un autre problème. Déjà difficiles à atteindre en saison sèche, certaines écoles sont entourées par la boue et de petits cours d’eau en raison de fortes précipitations. Dans notre tentative d’atteindre l’école de Beudoux, une priorité sur notre liste, en raison des dommages subis. Notre voiture s’est enlisée deux fois. Et seule l’expertise de Gabrielle, notre chauffeur expérimenté, nous a évités de pousser la voiture jusqu’au rivage.

Irma a levé le voile sur les vulnérabilités existantes. « Je suis arrivé à l’abri parce que l’endroit où je vis était inondé. Mes parents sont morts pendant le tremblement de terre de 2010, alors maintenant je reste avec la femme pour laquelle je travaille. Pour gagner ma vie, je transporte des produits d’Haïti vers la République dominicaine, et vice-versa. Cela fait longtemps que je ne suis pas allé à l’école. C’est trop cher », explique Renel, 14 ans. Il est venu à l’abri et, une fois qu’il a fermé, il est retourné à sa vie en marge de la société …

Les écoles, les routes, les maisons les plus touchées par Irma sont celles étaient déjà dans une situation difficile. À St Martin, l’ouragan était puissant, il a détruit des infrastructures solides. En Haïti, il était beaucoup plus léger et il a affaibli des structures qui étaient déjà fragiles. Mère Nature a attiré notre attention, c’est une autre leçon sur l’importance vitale de l’investissement structurel pour dévoiler le potentiel d’Haïti. Irma aujourd’hui ne concerne pas les secours d’urgence, mais un engagement profond envers les communautés locales. L’UNICEF les soutient sur leur chemin ; retour à l’école, retour à la normalité, retour vers l’avenir.

 

 

Haïti – Préparations et leçons apprises font la différence

Fort-Liberté, 10 septembre – 48 heures se sont écoulées depuis le passage d’Irma. Selon les mots du directeur départemental de l’Education National dans le Nord-Est, Irma était un «ouragan défaillant». Mais encore, les conséquences peuvent être ressenties. Avec mes collègues Abner et Brice, qui ont été stationnés dans le Nord depuis le milieu de la semaine dernière pour préparer la venue d’Irma, j’ai eu ce dimanche l’occasion de visiter les abris temporaires de Ouanaminthe et de Fort Liberté, les zones les plus touchées.

Une école utilisée comme abri temporaire

Au total, 13 abris avaient été ouverts dans les écoles, les églises et les centres d’enseignement; accueillant plus de 5 000 personnes qui se sont réfugiées dès le début de l’ouragan. Certains trouveront leurs maisons inondées lorsqu’ils rentreront chez eux.

« J’ai huit enfants et ma maison est sous l’eau. Nous avons tout perdu, j’espère vraiment que les autorités nous aideront », se lamente Susanne, 40 ans.

Pourtant, la plupart a eu de la chance, le passage d’Irma était beaucoup plus redoutable que le contact réel qu’elle a eu. En ce qui concerne la situation actuelle, les écoles qui ont servi d’abris seront fermées aujourd’hui. Une fois que tout le monde aura quitté, les salles de classe seront nettoyées.

Pour faciliter leur retour, les familles qui se sont installées dans ces refuges recevront des trousses alimentaires et d’hygiène avant qu’elles ne soient renvoyées chez elles. Dans les communautés les plus touchées, les partenaires de l’UNICEF ont installé des réservoirs d’eau pour s’assurer que l’eau potable soit accessible malgré les puits inondés.

L’objectif partagé du gouvernement, de la société civile et des partenaires des Nations Unies est de s’assurer que les gens puissent redémarrer rapidement leur vie normale. Pour éviter tout autre retard, les écoles devraient rouvrir demain, là où cela est possible.

Des personnes, dans un abri temporaire attendent une distribution

« Nos bancs, nos chaises et nos livres sont sous l’eau. Tout est inondé. La réouverture de l’école nous prendra au moins trois semaines », m’explique le Frère René qui travaille avec CARITAS à Malfety. Son école est un exemple parmi tant d’autres. Et une évaluation conjointe par le gouvernement, l’UNICEF et d’autres partenaires de l’éducation est prévue pour demain afin de s’assurer que l’assistance est fournie là où cela est nécessaire. Malgré le week-end, tout le monde est mobilisé, tirant la corde dans la même direction. De toute évidence, les leçons ont été apprises depuis que Matthew ait frappé Haïti il y a un an.

Irma reste encore un choc. Et bien que cela ait été de faible poids, ses conséquences illustrent encore une fois la vulnérabilité qui existe. Les petits coups de pied peuvent faire tremper l’ensemble de la pile.

Restez connectés.

Se préparer après la tempête, comme avant la tempête.

Port-au-Prince, le 8 septembre 2017 – «Derrière les montagnes, se trouvent des montagnes», un proverbe populaire haïtien, (En créole ‘Dèyè mòn gen mòn’), qui s’applique parfaitement à la situation actuelle.

Sur la route nationale 6, non loin de la ville de Ouanaminthe, plusieurs petits villages ont subi des dommages importants. Les maisons des habitants ont été ionondées et beaucoup ont vu tous leurs biens perdus ou endommagés.

L’ouragan Irma nous a épargné la plus grande partie de sa rage. La nuit était mouillée, mais moins destructrice que prévu. En écrivant ces lignes, les équipes de l’UNICEF sont sur le terrain dans les zones touchées pour évaluer les dommages réels et les besoins, en étroite collaboration avec le gouvernement. Déjà, il semble que l’inondation soit le principal problème.

Comme des centaines d’enfants, des femmes et des hommes ont perdu leurs maisons et ont trouvé refuge dans des abris temporaires, des collègues sur le terrain, donnent leur maximum pour s’assurer qu’ils reçoivent rapidement une assistance. Les fournitures prépositionnées se révèlent être un atout majeur pour faire bouger les choses. Pourtant, l’alerte n’est pas levée. Dans le sillage de Mme Irma vient son successeur …

Selon l’Organisation météorologique mondiale (OMM), il existe actuellement trois ouragans dans le bassin de l’Atlantique, Irma, José et Katia. La dernière fois que cela s’est produite c’était en 2010. Alors qu’Irma continue d’apporter du vent, des tempêtes et des pluies aux îles Turques et Caïques et aux Bahamas, de fortes précipitations restent toujours possibles sur Haïti, la République dominicaine et le nord de Cuba. À partir de demain, de difficiles conditions d’ouragan sont attendues sur certaines parties de la Floride.

une équipe de l’UNICEF en direction de Ouananminthe et de Fort-Liberté.

À mesure que les évaluations se déroulent dans le Nord-Est et le Nord-Ouest d’Haïti, les principales priorités de l’UNICEF sont l’eau, l’assainissement et la promotion de l’hygiène, y compris le risque de maladies diarrhéiques – comme le choléra; la protection des enfants et des adolescents les plus vulnérables et le soutien psychosocial aux personnes les plus touchées.

En même temps, des efforts sont déployés pour rétablir le système éducatif, pour éviter que l’utilisation des écoles, comme abris temporaires, ne retarde encore plus le début de l’année scolaire, qui vient de commencer. Enfin, pour veiller à ce que la violence et les abus soient empêchés et abordés, l’UNICEF soutient le gouvernement dans le suivi et la notification des problèmes dans les zones à haut risque, en particulier dans les abris.

Les prochains jours montreront quel est l’impact réel d’Irma. Ce week-end, je vais voyager dans le Nord pour rencontrer des familles et entendre leurs histoires. Restez branchés.

Merci

Mise à jour : Au moment où nous publions ce poste, Irma a été rétrogradé en tempête tropicale.