Protection de l’enfance : entre défis et bonnes pratiques.

La protection de l’enfance fait face à de nombreux défis. Des mesures sont mises en place pour les contourner, et aider les enfants à atteindre leur plein potentiel. Il est donc important de réaliser un état des lieux des différentes problématiques de la protection de l’enfance ainsi que des solutions qui sont apportées pour les résoudre.

Cet article a été réalisé avec le concours d’Inah Fatoumata Kaloga, responsable de la section Protection de l’Enfance à UNICEF Haïti.

La protection de l’enfance constitue l’essence même de l’UNICEF lors de sa création le 11 décembre 1946. Sa garantie constitue un des principaux piliers du mandat que l’agence se doit de remplir au sein de ses différents programmes. La Convention des Nations Unies Relative aux Droits de l’Enfant de 1989 rappelle que cette protection doit aboutir à ce que « […] l’enfant, pour l’épanouissement harmonieux de sa personnalité, doit grandir dans le milieu familial, dans un climat de bonheur, d’amour et de compréhension […] ». La République d’Haïti ayant ratifié cette convention en 1995 se doit, avec l’aide de ses partenaires, de la respecter et de garantir la protection de l’enfance.

Aujourd’hui de nombreux progrès ont été réalisés depuis cette ratification. Ainsi de nouvelles lois ont été adoptées concernant la paternité, la maternité et la filiation (2012), l’adoption (2013) ou bien la loi interdisant la vente et la traite des personnes (2014). De plus la fréquentation scolaire des enfants de 6 à 11 ans a augmenté de 50 à 84% entre 2005 et 2012 et le taux de mortalité infantile a diminué de 52% depuis 1990 en Haïti. Cependant de nombreux défis restent encore d’actualités.

« Il est très difficile de trouver des solutions pour tout le monde, tout de suite »

Le premier, le plus évident, concerne l’ampleur des besoins auxquelles une organisation comme l’UNICEF doit faire face en Haïti. En effet, il y a un niveau de vulnérabilité extrêmement important avec un nombre d’enfants présents dans les orphelinats estimé à 30.000 dont 80% serait des placements familiaux et donc non-orphelins.  « Il est très difficile de trouver des solutions pour tout le monde, tout de suite », rappelle Inah Kaloga, chef de la Protection de l’enfant à l’UNICEF.

Le deuxième défi est celui de l’accès aux services pour les familles vulnérables. Ce dernier conditionne grandement l’ampleur des besoins car les familles qui ne pourront accéder de façon rapide et efficace aux services sociaux, de santé ou bien scolaire n’auront d’autres choix que de placer leurs enfants ailleurs. Il devient dès lors primordial qu’elles puissent trouver les ressources nécessaires à la garde et à l’épanouissement de leurs enfants.

Le travail doit se faire en collaboration avec les autres sections par la mise en place de programmes intégrés comme cela a été le cas avec l’éducation et la protection après l’ouragan Matthew. Inah Fatoumata Kaloga indique ainsi que « travailler le plus possible à partir de ce que font les autres secteurs, voilà notre programme pour les prochaines années à venir ». C’est dans cette optique qu’un programme alliant protection et nutrition va voir le jour afin d’identifier les familles les plus vulnérables à travers le prisme de la malnutrition. Les approches multisectorielles représentent ainsi le parfait exemple de bonnes pratiques pour que les programmes soient mis en place le plus efficacement possible, promouvant une résilience rapide.

« Les réseaux communautaires sont les plus à même de ressentir le pouls de leur communauté »

La coopération avec les réseaux communautaires est également primordiale et fait office de bonnes pratiques. Pour ce faire, la section protection est en train de développer un système d’alerte grâce à la technologie mobile. Il s’agirait, grâce à la mise en réseau, d’identifier les cas de vulnérabilité et de les signaler en temps réel à moindre coût. Le taux de pénétration mobile en Haïti étant de 60%, cela est tout à fait faisable. Les réseaux communautaires sont constitués aussi bien de personnes ayant une influence particulière comme le prêtre ou bien le maire mais également d’individu possédant une certaine proximité et une confiance sociale avec les populations vulnérables comme les chauffeurs de taxis ou bien les voisins. Comme le dit Inah Fatoumata Kaloga « les réseaux communautaires sont les plus à même de ressentir le pouls de leur communauté ». Même si des améliorations sont encore à réaliser, cette coopération a déjà permis de nombreux progrès en termes de remontée de cas.

Six mois plus tard : l’ouragan Matthew a bouleversé la vie de 1,1 million d’enfants en Haïti

Haïti, Les Cayes, 26 avril 2017 – Le 4 octobre 2016, Matthew, un ouragan de catégorie 4, a frappé Haïti. Depuis, les enfants des départements les plus touchés par l’ouragan, la Grand’Anse et le Sud, vivent dans une situation de douleur et de destruction que personne ne devrait avoir à supporter. Nombre d’entre eux ont assisté à la destruction de leurs maisons et de leurs écoles, et comme leurs familles ont perdu tout moyen de subsistance, la faim et la maladie s’invitent régulièrement chez eux. Pourtant, une lueur d’espoir a éclairé leur chemin : le courage de leurs parents et des personnes qui étaient là pour les aider.

UNICEF PORT SALUT Wilson et Bradley avec leur futur jardin

Wilson et Bradley avec leur futur jardin

Sous la direction du gouvernement haïtien, l’UNICEF et ses partenaires sont engagés dans une course contre la montre depuis le début de la catastrophe pour fournir aux familles de l’eau propre et rétablir, peu à peu, l’accès à l’éducation, aux services de santé et de protection. L’ouragan Matthew a rendu 2,7 millions de personnes tributaires d’une assistance : autant que l’ensemble de la population jamaïcaine ![1] La tâche est titanesque. Les donateurs du monde entier se sont empressés d’apporter une aide rapide et généreuse à l’urgence ; Malheureusement, au vu des énormes besoins et de la longue liste des crises qui touchent la planète, notamment en Syrie, au Sud-Soudan, au Yémen et dans tant d’autres pays, les contributions n’ont pas tardé à diminuer.

Au début du mois d’avril, six mois après le passage de Matthew, je suis retournée dans certains des endroits les plus durement touchés. L’espoir et la tristesse, la colère et la curiosité m’envahissent alors que je constate ce qui a ou n’a pas changé.

 

« Tous les enfants devraient avoir suffisamment à manger, recevoir une protection et tout le reste »

Matthew a détruit les jardins et le bétail de plusieurs milliers de familles. Alors que les conséquences réelles de la perte de 70 à 90 % des récoltes commencent à se faire sentir, on s’attend à une augmentation du taux de malnutrition au cours des prochains mois. Depuis le passage de l’ouragan Matthew, 80 000 enfants ont fait l’objet d’un dépistage de la malnutrition dans les départements du Sud et de la Grand’Anse ; les enfants diagnostiqués ont reçu des aliments thérapeutiques dans les centres de traitement financés par l’UNICEF. « Tous les enfants devraient avoir suffisamment à manger, recevoir une protection et tout le reste », déclare Rosemène, 17 ans, une habitante de Léon, communauté de la Grand’Anse durement touchée par Matthew. « Pourtant, ce n’est pas le cas. »

UNICEF MATTHEW Palmiers détruits par Matthew

Palmiers détruits par Matthew

Dans un contexte d’urgence, les enfants sont encore plus vulnérables aux maladies que dans des conditions normales. Pour les protéger, l’UNICEF a organisé des campagnes de vaccination à grande échelle contre le choléra, la rougeole et la rubéole, maladies les plus fréquentes et mortelles. Des cliniques médicales mobiles ont réalisé plus de 80 000 consultations, à la fois dans les zones où les installations étaient trop endommagées pour fournir des services aux habitants et dans celles éloignées et difficiles d’accès. Cependant, l’urgence immédiate est maintenant passée et ces cliniques ont fermé ; les familles dépendent à nouveau des centres de santé locaux, où soins et médicaments sont payants alors que beaucoup d’entre elles n’ont pas d’argent. L’UNICEF se trouve dans une situation rendue encore plus compliquée en raison des dégâts subis par l’unité d’entreposage réfrigérée des vaccins lors de l’ouragan : cet entrepôt desservait les deux départements et n’a pas encore été remplacé.

Selon une étude menée aux Cayes par l’ONG Acted, 60 % des personnes vivant dans les zones touchées utilisent encore un puits pour s’approvisionner en eau destinée à la consommation ; 35 % disposent de robinets privés. À la suite d’une catastrophe, l’eau propre est essentielle à la prévention des épidémies, notamment du choléra. Depuis l’ouragan, l’UNICEF et ses partenaires ont permis à 400 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable tous les jours. Avec l’amélioration de la situation globale, le nombre de réservoirs d’eau traditionnels et souples a été réduit et les efforts se concentrent désormais sur les régions éloignées qui continuent de souffrir d’un accès limité à l’eau potable. « Nous avons besoin d’aide dans tous les endroits du pays, » déclare Chansina, 14 ans, une habitante de Roseaux, dans le département de la Grand’Anse.

90 000 enfants ont dû interrompre l’école en raison  de l’ouragan

Depuis l’ouragan, l’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes d’intervention rapide de choléra de 46 à 88 à l’échelle nationale. Selon le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), au cours des dix premières semaines de l’année 2017, environ 3 585 cas suspects de choléra ont été signalés, contre plus de 9 400 pour la même période en 2016, ce qui indique des progrès significatifs vers l’objectif d’élimination du choléra en Haïti.  Cependant, bien que le nombre de cas suspects de choléra dans le Sud et la Grand’Anse soit passé de 49 %, en octobre 2016, à 4 %, en mars 2017, le risque posé par l’épidémie reste bien réel. Pour l’éliminer, l’UNICEF et ses partenaires allient une augmentation des équipes d’intervention rapide à une surveillance épidémiologique et à une vaccination ciblée dans les zones à haut risque.

Selon les estimations, 490 000 enfants ont dû interrompre l’école en raison des répercussions de l’ouragan. Avec ses partenaires, l’UNICEF a rendu possible la remise en état de 75 écoles et permis à plus de 20 000 écoliers de reprendre l’école ; la remise en état de 34 écoles supplémentaires est en cours et celle de 65 autres est prévue. Des centaines de salles de classe ont été équipées de pupitres et tableaux noirs. Cependant, sur les 150 000 enfants ciblés par le secteur de l’éducation, plus de 100 000 n’ont toujours pas la possibilité d’accéder au système éducatif aujourd’hui. « J’aurais vraiment aimé pouvoir aider les gens de ma communauté, leur apporter ce dont ils ont besoin, mais je n’en ai pas les moyens. Un enfant a besoin de recevoir une éducation, » déclare Isma, 17 ans, originaire de Marcfranc, dans le département de Grand’Anse.

« Quand on essaie de parler, les adultes nous disent de nous taire parce qu’on est des enfants, »

La situation créée par Matthew a augmenté le risque de violence, d’exploitation et d’abus pour environ 125 000 enfants. Aujourd’hui, malgré les progrès en cours, plus de 7 000 personnes vivent encore dans des logements provisoires. « Quand on essaie de parler, les adultes nous disent de nous taire parce qu’on est des enfants, » explique Rodley, 12 ans, originaire de Jérémie, département de la Grand’Anse. 6 000 mineurs non accompagnés ou séparés de leurs familles ont été accueillis dans des structures provisoires et ont bénéficié d’une aide au regroupement familial, alors que 4 600 parents ont reçu l’assistance de travailleurs sociaux afin d’éviter l’éclatement des familles. Près de 9 000 enfants ont eu accès à des activités de loisir et de soutien psychosocial dans des espaces amis des enfants. Par manque de ressources et de perspectives, les familles choisissent souvent d’envoyer leurs enfants chez des parents plus aisés, ou même chez des étrangers, afin qu’ils y travaillent comme domestiques, dans l’espoir qu’ils puissent gagner leur vie et aller à l’école. Déjà avant le passage de l’ouragan, la pauvreté et le manque de services sociaux de base poussaient de nombreuses familles à emprunter cette voie (d’après les estimations, un enfant sur cinq ne vit avec ses parents biologiques en Haïti) et l’ouragan a aggravé cette sombre réalité…

Un quartier de Coteaux 

Un quartier de Coteaux

Des améliorations bien réelles sont perceptibles, mais il reste tant de défis à relever. Près de 700 000 hommes, femmes et enfants ont bénéficié d’au moins une des interventions de l’UNICEF au cours des six derniers mois. Un résultat qui pourrait inspirer, sinon de la fierté, du moins une satisfaction ; oui, mais voilà, ces chiffres semblent bien dérisoires face à l’immensité des besoins persistants.

Avant Matthew, certaines familles survivaient avec 2 $ par jour, achetant et vendant des produits de base ou cultivant leurs terres. Aujourd’hui, elles se débrouillent grâce à l’aide de leurs amis ou de leur famille et vivent au jour le jour, dans la plus grande précarité.

 

Chacun d’entre nous, à son niveau, peut apporter sa contribution

« Je n’ai jamais été sans travail, mais j’espérais mieux réussir pour pouvoir offrir une vie meilleure à mon fils. Je voulais qu’il devienne médecin », me raconte Nelsi Kechni, 26 ans, qui vit avec sa femme Luma, 24 ans, à Arnique, à environ 20 minutes de route des Cayes. Leur fils est né un mois après que l’ouragan Matthew a emporté leur maison. Ils ont trouvé refuge chez un voisin. C’est toujours là qu’ils vivent aujourd’hui, logés sous le même toit que 20 autres personnes qui ont également tout perdu. Tout le monde apporte sa contribution, agriculteurs ou conducteurs de taxi, et quand il y a de la nourriture, tout le monde en profite. À Port-Salut, je m’entretiens avec Wildel Pierre, 65 ans. Après la destruction de sa maison par l’ouragan, lui et ses quatre enfants et quatre petits-enfants ont trouvé refuge dans le quartier. Comme ses terres ont été ravagées et ses animaux tués, aujourd’hui il survit de la charité de ses amis et d’un homme politique local. « C’est terminé, maintenant », dit-il tristement. À ses petits-enfants, Wilson et Bradley, 5 et 6 ans respectivement, reste l’espoir du jeu. Entre les décombres de leur maison, ils ont commencé à planter. « Je veux un grand jardin avec beaucoup d’arbres », explique Bradley.

Les histoires comme celles de Wildel et Nelsi ou de Wilson et Bradley, se perdent dans la masse, telles les grains de sable qui recouvrent cette magnifique côte dont l’absurde beauté tranche avec la souffrance quotidienne. Elles illustrent la nécessité vitale de s’engager à long terme dans le développement. Aujourd’hui, pour répondre aux besoins, il faut investir dans les infrastructures et l’agriculture, et donner accès à des services sociaux durables. Pour y parvenir, l’engagement de tout un chacun est nécessaire. Il appartient au gouvernement haïtien, épaulé par les familles haïtiennes, de trouver une solution à ce problème. Chacun d’entre nous, à son niveau, peut apporter sa contribution pour concrétiser cet objectif.

Cornelia Walther, Chef Communication UNICEF Haïti

Traduction : Cendrine Strevens

[1] 2,81 millions – Source : http://www.worldometers.info/world-populatioan/population-by-country/

 

5 questions avec Schola en Haïti

Scholastica Madowo, la Présidente de l’Association Globale du Personnel de l’UNICEF s’est rendue en Haïti du 11 avril au 13 avril. Nous avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions à la fin de sa visite.

UNICEF HAITI: Schola, c’est la première fois que vous vous rendez en Haïti. Que pensez-vous de votre visite de trois jours dans le pays?

Schola: C’est ma première fois en Haïti. Avant cela, la seule expérience que j’avais était celles des images que j’avais vues sur la destruction du pays … Depuis que je suis  ici,  je vois que c’est un pays qui se débrouille bien malgré cette destruction. Je vois que les Haïtiens sont très résilients.

UNICEF HAITI: Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marquée lors de vos rencontres et réunions avec le personnel d’UNICEF Haïti et  dont vous souhaitez parler aujourd’hui?

Schola: Ces trois jours ont été très intenses. J’ai rencontré autant de personnes que mon agenda l’a permis. Si je dois choisir un moment en particulier, je pense à ce matin. Nous étions en réunion et l’assistante de programme allaitait son bébé dans la salle de conférence. La réunion se déroulait sans problème. C’est formidable de  voir cela à l’UNICEF. Comme il est agréable pour cet enfant de grandir dans cet environnement! Et qui sait, il pourrait être le prochain Tony Lake ?

«Quand il y a beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde»

UNICEF HAITI: Un proverbe haïtien que nous aimons particulièrement ici au bureau souligne l’importance de travailler main dans la main avec nos partenaires, avec le gouvernement et avec l’ensemble du bureau de l’UNICEF. Il dit  « Men anpil, chaj pa lou» qui pourrait être traduit par «Quand il y a beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde». Schola, vous avez 21 ans d’expérience professionnelle avec l’UNICEF dans le bureau de pays du Kenya ainsi que dans le bureau régional de l’Afrique orientale et australe. Est-ce que ce proverbe vous parle ?

 UNICEF Haiti/2017/JulieHarlet Schola rencontre l’équipe de chauffeurs du bureau de l’UNICEF en Haïti

UNICEF Haiti/2017/JulieHarlet
Schola rencontre l’équipe de chauffeurs du bureau de l’UNICEF en Haïti

Schola: Nous avons le même proverbe dans mon pays. Il est très vrai. À l’UNICEF aussi, ce proverbe est juste. Chaque bureau de pays a des objectifs et des résultats pour le pays. Tous ces résultats pour les pays sont mis ensemble pour les résultats régionaux. Même si nous ne le voyons pas, chaque action, même celle qui semble la plus petite, a sa place dans la chaîne de résultats. Chaque action faite ici aux Cayes ou à Jérémie contribue aux résultats du pays, aux résultats régionaux et devient une partie des résultats globaux de l’UNICEF. Nous ne le voyions peut-être pas, mais nous devons nous rappeler que ces grands résultats de l’UNICEF viennent de toutes ces personnes dans le monde qui travaillent ensemble.

 

«Un enfant est un trésor»

UNICEF HAITI: Un autre proverbe haïtien que nous aimons particulièrement citer est «timoun se richès», qui pourrait être traduit par «un enfant est un trésor». En tant que Président de l’Association Globale du Personnel de l’UNICEF, avez- vous un commentaire?

Schola: Encore une fois, ce proverbe dit vrai. Les enfants sont notre héritage. Tout ce que vous chérissez  et dont vous prenez bien soin peut devenir de l’or. Les enfants sont la ressource la plus importante au monde. Nous devons prendre soin de tous les enfants du monde car ils sont notre meilleur espoir pour l’avenir.

Nous étions des enfants autrefois. Nous sommes ici aujourd’hui parce que quelqu’un a pris soin de nous, quelqu’un s’est assuré que nous avions assez de nourriture,  nous a emmené à l’école, quelqu’un  s’est préoccupé de notre bien-être. Maintenant, nous sommes en mesure de changer le monde et de construire une société meilleure. Nous sommes en mesure de prendre soin des enfants et de leur assurer de bonnes conditions pour prospérer. Si nous voulons un Haïti meilleur, alors nous devons prendre soin des enfants.

Siéger à l’Association Globale du Personnel a élargi mon point de vue. Désormais, je  vois chaque membre du personnel comme l’un de mes enfants. Ma mission est d’écouter et de prendre soin de tous.

«Derrière les montagnes, il y a d’autres montagnes»

UNICEF HAITI: Dernière question et dernière occasion de vous proposer l’un de nos proverbes haïtiens, « dèyè mòn gen mòn» ou « derrière les montagnes, il y a d’autres montagnes», qui fait référence à la succession de défis que nous rencontrons dans la vie. Dès que l’un est résolu, un autre apparaît. Il y a toujours un nouveau défi. Cela vous inspire-t-il dans votre travail quotidien en tant que présidente de l’Association Globale du Personnel ? Si oui, pouvez-vous nous dire comment?

 UNICEF Haiti//MarcVincent GSA Chair Schola Madowo 2017with Haiti Staff Association Chair Fabienne Bertrand

UNICEF Haiti//MarcVincent
GSA Chair Schola Madowo 2017with Haiti Staff Association Chair Fabienne Bertrand

Schola: En fait, oui! Pour moi, s’il n’y a pas de défis, il n’y a pas de valeur ajoutée. Les challenges ne finiront pas, ils se succèderont. Dans mon travail, j’en suis satisfaite car s’il n’y a plus de challenges,  je n’ai pas de travail.

D’après mon expérience, à  l’UNICEF, les défis ne cessent jamais parce que nous avons des objectifs, des cibles et que nous planifions beaucoup d’activités. Dès qu’un objectif est atteint, c’est un autre que nous visons et que nous devons atteindre. Le monde bouge, change et évolue. Notre vie et notre travail aussi.

Une fois assis à nos bureaux, nous devons pouvoir trouver une satisfaction dans ce que nous devons faire dans l’instant présent et éviter de vivre dans le passé. Une fois que quelque chose est atteint, passons aux autres choses. À l’Association Globale du Personnel, je fais de mon mieux chaque jour. Quand je réponds à tous mes e-mails, je suis satisfaite, mais je sais que cette boîte de réception sera à nouveau remplie le lendemain et j’apprécie cela.

J’ai beaucoup apprécié entendre parler de l’initiative « Poze » que le bureau de pays d’Haïti est en train de tester et développer  pour aider les membres du  personnel à faire face au stress dans leur vie en construisant leur Pleine Conscience, leur motivation et leur bien-être. La Pleine Conscience  n’est pas seulement un excellent moyen d’apprécier le moment présent, c’est aussi un moyen de travailler sur l’intention. Il est bon de prendre un moment pour reconnaître que vous avez fait du bon travail (même si personne ne vous le dit). Il est bon de reconnaître que vous faites un excellent travail. Il est bon de prendre le temps de vous remercier et d’apprécier votre travail et vos résultats. Ce moment d’appréciation peut vous aider à apprécier encore plus le prochain défi, cette prochaine «montagne» qui vous attend.

Propos recueillis par  Julie Harlet,

Officier  de Communication UNICEF Haïti

Antine Legrand raconte le parcours qui l’a menée de la RDC jusqu’en Haïti

En 2014, Antine Legrand a participé au sixième groupe de l’initiative de promotion des nouveaux talents (NETI) en tant que responsable du suivi et de l’évaluation, à Kinshasa. Après obtention du diplôme délivré par ce programme, Antine a commencé à travailler comme responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti, où elle continue à développer ses compétences et à en apprendre toujours plus sur elle-même, sur l’UNICEF et le remarquable travail dont cette organisation est capable, même soumise à une forte pression.

Son histoire reflète celle de nombreux participants NETI et de collègues de l’UNICEF : elle raconte la volonté d’apprendre, encore et toujours, et de développer ses compétences ainsi que de s’engager pleinement dans la défense des droits de chaque enfant.  

 

Quelles sont les raisons à l’origine de votre carrière à l’UNICEF ?

M’engager pour la cause des enfants dans le monde entier, particulièrement en situation d’urgence. L’image très positive que j’avais de l’UNICEF a également joué. Avant de rejoindre l’UNICEF, j’étais spécialiste de l’éducation pour une banque internationale de développement et je travaillais en étroite collaboration avec mes confrères de l’UNICEF. Il s’agissait de personnes intelligentes et gaies, entièrement dévouées à leur travail.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à suivre le programme NETI ?

Un ami, qui faisait partie du deuxième groupe, m’a raconté son expérience. Il a adoré le programme, de bout en bout, et me l’a très bien vendu ! J’avoue que NETI n’était pas le seul programme ciblant de jeunes professionnels pour lequel j’avais postulé, atteignant un stade assez avancé du processus de sélection.  Mais, pour celui-là seulement, je savais réellement comment ça se passait de l’intérieur et c’était l’une des candidatures pour laquelle j’éprouvais le plus d’enthousiasme.

À mon avis, ce programme comporte d’énormes avantages, tels que l’accompagnement personnalisé et le mentorat, la prise de responsabilités et l’expérience directe ainsi que la réputation de l’initiative NETI au sein de l’organisation. Mais c’est une épée à double tranchant : les attentes sont élevées et vos résultats devront être à la hauteur. Le programme NETI est un très bon moyen de développer ses compétences à la fois professionnelles et personnelles.

 

UNICEF Antine ( à droite ) et des collègues du NETI

Antine ( à droite ) et des collègues du NETI © Gabriel Vockel, UNICEF/DRC, 2015

Quel rôle le programme NETI a-t-il joué dans votre progression de carrière ?

L’initiative NETI m’a aidé à la fois pendant et après le programme. Pendant, le programme m’a aidé à me repérer bien plus facilement dans mon nouveau poste et mon nouvel environnement, c’est évident. D’abord, les étudiants NETI bénéficient d’un accompagnement et puis leur seule appartenance à ce programme leur assure un soutien.

 

Je pense également qu’on est perçu différemment par la direction quand on porte l’étiquette NETI. Je travaillais dans un très grand bureau de pays, et faire partie d’un groupe NETI m’a permis de sortir du lot. Après le programme, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour un poste de classe P-4 presque immédiatement après la fin de mon affectation dans le cadre du NETI. Le programme a été un réel accélérateur de carrière, je suis passée d’un poste NETI de classe P-2 à mon poste actuel, de classe P-4, en seulement deux ans : je crois que c’est assez rare.

 

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans le programme NETI ?

Tout d’abord, la phase d’orientation à New York et le sentiment d’appartenir à un groupe, ce qui permet de se faire des amis pour la vie en l’espace de trois semaines, d’avoir un réseau vers lequel se tourner lorsque des problèmes surgissent au travail, de garder le contact et s’entraider. Tous les trimestres, environ, nous organisons une session Skype qui couvre 3 continents. La communication est difficile parce que tout le monde est tellement excité de parler, mais c’est amusant !
Ensuite vient l’accompagnement. Moi, j’ai trouvé que c’était très utile, et ça l’est toujours. Je ne l’aurais jamais fait de moi-même en raison du coût et parce que je pensais que ça ne me plairait pas de parler à un étranger de mes problèmes professionnels. Mais j’ai trouvé ça très intéressant. Ça m’a encouragé à réfléchir et à apprendre à développer un esprit critique. Je ne sais pas trop quelle aurait été mon expérience sans, mais j’ai l’impression que ça m’a beaucoup aidé.

 

Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué au cours du programme NETI ?

La phase d’orientation de trois semaines et demie, à New York, pendant laquelle j’ai appris à connaître les talentueux participants au programme, à apprendre de nouveaux concepts et à passer quelques nuits blanches. Je suis passée par toutes sortes d’émotions, de l’excitation à l’anxiété. Pendant que nous nous préparions à être déployés, nous avons rencontré la haute direction et noué des relations solides avec toutes les personnes appartenant au programme NETI : collègues, étudiants et équipe. Dans le même temps, nous devions également nous rendre dans divers endroits pour nous faire vacciner et obtenir des visas. Cette période de transition s’est révélée intense, stimulante, éducative et enrichissante. Ce sont des moments de vie que j’apprécie vraiment. Ils sont rares et précieux !
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un intéressé par le programme NETI ?

Posez votre candidature. Ne soyez pas effrayés par l’énormité du nombre de candidats qui se présentent : des milliers pour seulement 15 à 20 places. Ça vaut la peine d’essayer.

 

Quel conseil souhaiteriez-vous donner aux participants en train de construire leur carrière ?

Ils n’ont pas besoin de conseils ! Tous ceux que je connais sont parfaitement capables de mener à bien leur projet. Ce sont des gens intelligents, proactifs, rationnels et engagés ; c’est pourquoi je suis très fière d’en faire partie et espère pouvoir en rencontrer davantage au cours de ma carrière à l’UNICEF.

En quoi consistaient vos responsabilités quotidiennes dans le cadre de votre affectation NETI ?

J’occupais un poste de chargé de suivi et évaluation dans le Bureau de pays en République démocratique du Congo (RDC). Cela signifie que je travaillais à la planification et au suivi des programmes, à la définition des indicateurs, à l’amélioration des méthodes de recueil des données et de communication des résultats. C’est loin d’être facile en RDC où les données sont soit inexistantes, partielles ou souvent peu fiables. Mais c’est également très intéressant : la RDC fait la taille de l’Europe occidentale et c’est l’un des plus grands bureaux de pays de l’UNICEF au monde. On y trouve plusieurs niveaux d’organisation à travers les différents bureaux desservant Kinshasa, les zones, les provinces, ainsi que des antennes sous-provinciales. Comme vous pouvez l’imaginer, cela complique singulièrement le travail des planificateurs et des personnes chargées du suivi des résultats.
Ma tâche quotidienne consistait à m’occuper de feuilles de calcul Excel, mais aussi à me rendre dans des centres de santé et à assister à la remise de sacs à dos de l’UNICEF aux enfants en prévision de l’année scolaire. Les occasions d’échanger avec les bureaux extérieurs, de renforcer les capacités et de soutenir le travail de l’UNICEF ne manquaient pas. Je garde de très bons souvenirs des moments passés avec mes collègues dans l’est du Congo. Les missions sur le terrain et le travail avec les partenaires sont des expériences très intéressantes et même passionnantes. À ce titre, le suivi et l’évaluation jouent un rôle très important dans l’amélioration des méthodes de travail de l’UNICEF.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
J’occupe le poste de responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti depuis un peu plus de six mois maintenant. Je suis arrivé alors que le nouveau programme de pays sur 5 ans était en cours de définition. Quelques mois plus tard, nous devions tous faire face à une situation d’urgence majeure suite au passage de l’ouragan Matthew. J’ai donc beaucoup appris sur les capacités de l’organisation à produire des résultats lorsque la situation l’exige.
J’en apprends un peu plus tous les jours sur mes propres capacités à réaliser des tâches que je n’aurais jamais pensé faire, sur la façon de diriger une équipe, sur les participants NETI venus pour soutenir le Bureau de pays d’Haïti après le passage de l’ouragan, sur le dévouement de mes collègues et sur l’incroyable chance qui m’est donnée de travailler avec eux.  Mon avenir consistera à faire de mon mieux pour apporter mon soutien à l’action de l’UNICEF dans ce pays, à mes collègues et à nos partenaires.

UNICEF via ICON

Traduction : Cendrine Strevens

Il reste encore des défis à relever 6 mois après l’ouragan Matthew

Six mois après le passage de l’ouragan Matthew, un cyclone de catégorie 4 qui représente la plus grave crise humanitaire depuis le tremblement de terre de 2010 en Haïti, la population, notamment dans la Grand’Anse et le Sud, a encore de grands besoins, en dépit d’une grande mobilisation des acteurs humanitaires sur le terrain, dès les premiers jours.

Rodley,12 ans, originaire de Jérémie

Rodley,12 ans, originaire de Jérémie

A travers le pays, on estime à 1 100 000 enfants et 1 600 000 adultes ayant besoin d’assistance humanitaire. Beaucoup d’entre entre eux peinent encore à se relever des effets du cyclone.

Dans le cadre de sa réponse humanitaire post-Matthew, qui se base sur le principe de la redevabilité envers les communautés, l’UNICEF a organisé début avril, une consultation avec les jeunes dans la Grand’Anse, afin d’avoir leur point de vue sur la réponse. Il s’agit d’un dialogue qui se poursuivra au courant des prochaines semaines dans les deux départements les plus touchés. Les voix des jeunes confirment que beaucoup reste encore à faire afin de permettre aux familles et aux enfants d’avoir de meilleures conditions de vie. Selon les dernières évaluations effectuées dans le Sud et la Grand’Anse :

 

Protection : 125 000 enfants ont besoin de protection contre la violence, l’exploitation et les abus depuis le passage de l’ouragan Matthew. « Quand nous essayons de parler, les adultes nous demandent de nous taire parce que nous sommes des enfants », explique Rodley, originaire de Jérémie. Selon l’Organisation de la Coordination des Affaires humanitaires (OCHA), plus de 175 000 personnes ont été contraintes de se déplacer dans des abris temporaires.

Isma, 17 ans, originaire de Marfranc.

Isma, 17 ans, originaire de Marfranc.

Education : On estime à plus de 490 000, le nombre d’enfants dont la scolarité a été interrompue à cause de l’impact de l’ouragan. « J’aurais vraiment aimé aider les gens de ma communauté, leur apporter ce qu’il manque, mais je ne peux pas. Aider les enfants dans le domaine de l’éducation est aussi un objectif », explique Isma, 17 ans, originaire de Marfranc.

 

Eau et assainissement : Selon une enquête de l’ONG Acted pour les Cayes, 60 pour cent des personnes continuent à puiser leur eau de boisson dans des puits et 35 pour cent dans des robinets privés. « Nous avons besoin d’aide et ceci dans tous les domaines », rappelle Chansina, 14 ans, qui vit à Roseaux.

 

« Les gens ont commencé à replanter leur jardin, à réparer les maisons, mais il nous faut encore de l’aide dans certains domaines  »

Rosemène, 17 ans, vivant à Léon, une localité de la Grand’Anse durement touchée par Matthew.

Rosemène, 17 ans, vivant à Léon, une localité de la Grand’Anse durement touchée par Matthew.

Nutrition : Les taux de malnutrition devraient augmenter dans les prochains mois, car les effets réels de la perte déclarée de 70 à 90 pour cent des cultures, dans les zones touchées, commencent à se faire sentir. « Cette rencontre m’a permis de comprendre comment les enfants sont sensés vivre quand on considère leurs droits. Ils doivent pouvoir trouver assez de nourriture, être protégés et bien d’autres choses encore », rappelle Rosemène, 17 ans, vivant à Léon, une localité de la Grand’Anse durement touchée par Matthew.

« Les gens ont commencé à replanter leur jardin, à réparer les maisons, mais il nous faut encore de l’aide dans certains domaines, car il y a beaucoup de personnes qui n’ont rien reçu et ils attendent encore », explique Blaise, 17 ans, originaire de Marfranc.

 

Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti, a insisté sur les efforts qui doivent être entrepris afin de garder une certaine continuité dans la réponse. « Il est vital de fournir une assistance aux personnes touchées, en particulier aux enfants, qui sont toujours les plus vulnérables. L’UNICEF travaille main dans la main avec le Gouvernement, les partenaires et les communautés afin de relever ce défi et d’aider les personnes victimes à pouvoir reprendre leur vie d’avant la catastrophe. Il faut redoubler nos efforts afin de permettre aux plus vulnérables d’avoir accès à des conditions de vie décente. J’en profite pour saluer la résilience des familles haïtiennes », a-t-il indiqué.

 

Chansina, 14 ans, qui vit à Roseaux

Chansina, 14 ans, qui vit à Roseaux

De concert avec les partenaires, l’UNICEF a pu faciliter la réhabilitation de 75 écoles permettant à plus de 20 000 écoliers de reprendre les activités scolaires ; la réhabilitation de 34 autres écoles est cours et celle de 65 autres est planifiée.

Plus de 400 000 personnes ont eu accès à de l’eau potable depuis le passage de Matthew ; plus de 9 000 enfants ont bénéficié des activités psychosociales dans les Espaces Amis des Enfants.

Depuis l’ouragan, l’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes de réponse rapide du choléra de 46 à l’échelle nationale à 88.

Selon le Ministère de la Santé publique et des Populations (MSPP) au cours des 10 semaines écoulées depuis le 1er janvier 2017, environ 3 585 cas suspects de choléra ont été signalés, comparativement à plus de 9 400 pour la même période de 2016, ce qui montre des progrès continus vers l’objectif d’élimination du choléra en Haïti.

Plus de 80 000 personnes ont bénéficié de consultations par le biais de cliniques médicales mobiles que l’UNICEF avec le MSPP a mis en place pour répondre le service aux familles, alors que les installations de santé étaient en cours de réparation.

Les activités de nutrition, avec la détection des enfants malnutris et le soin à leur égard ont démarrées rapidement et se poursuivent aujourd’hui. Le rétablissement de la chaine de froid est en cours.

UNICEF HAITI

L’ouragan Matthew vu par Liam 11 ans de Cuba

Six mois après  Matthew,  Liam Manuel, 11 ans, nous livre son récit sur le passage de l’ouragan  à Cuba.

Les filles d'une école secondaire de Tercer Frente, Santiago de Cuba, expliquent leur procédure d'évacuation.

Les filles d’une école secondaire de Tercer Frente, Santiago de Cuba, expliquent leur procédure d’évacuation.

Je vais vous raconter comment notre village, Yateritas (San Antonio del Sur), à Guantanamo, a vécu le passage de l’ouragan Matthew. Une fois averti, tout le village a suivi de près les bulletins météo et lorsque nous avons appris la possibilité du passage de l’ouragan chez nous, nous nous sommes mis à adopter les mesures indispensables à la protection des vies humaines et des biens matériels.    Une semaine avant la date prévue de son arrivée, nous, les enfants, avons également aidé à mettre les choses à l’abri.      Nous avons aidé nos familles et nos voisins à protéger la vaisselle, les vêtements, les chaussures ; nous étions aussi affairés que des abeilles, enchaînant les allers-retours.    J’ai rangé dans un endroit sûr mes cannes à pêche et mes hameçons : j’adore pêcher et je ne voulais pas les perdre.    Ma mère a également remisé toutes nos possessions et elle nous a tous aidés ; elle s’est également occupée de protéger les papiers importants.    Nous avons aidé ma sœur, alors enceinte de six mois, a mettre en lieu sûr les affaires du bébé.

«Nous avons accueilli 25 personnes chez moi»

Un garçon d'une école rurale à Santiago de Cuba passe par les différents risques dans sa communauté, représenté dans un modèle fait avec ses camarades de classe.

Un garçon d’une école rurale à Santiago de Cuba passe par les différents risques dans sa communauté, représenté dans un modèle fait avec ses camarades de classe.

Durant ces quelques jours, j’ai accompagné ma mère, qui est la directrice de mon école, lors de ses déplacements chez les familles du village visant à identifier celles qui ne seraient pas en mesure de résister à l’ouragan.  Ma mère est membre du Conseil de Défense et il lui appartient de fournir une assistance préalable à sa communauté.  Ma mère a indiqué à ces familles l’endroit où elles devraient trouver refuge et leur a offert d’utiliser l’école pour mettre leurs affaires à l’abri : le labo de physique-chimie s’est transformé en espace de rangement pour toutes sortes de choses !

Nous avons accueilli 25 personnes chez moi, y compris des personnes âgées, des enfants et des femmes enceintes. La Défense civile a désigné ma maison comme centre d’évacuation.  Tous ces gens ont commencé à arriver chez nous à partir du 4 octobre de bonne heure.  Nous nous connaissions et nous entraidions tous : c’était comme une grande famille.  Tout au long de la journée, nous les avons aidés à ranger leurs affaires chez nous : des sacs de vêtements, des télés, etc. Mon voisin Carlos et moi-même, nous avons fait ce que nous avons pu pour aider.  Nous avions fait des réserves d’eau potable en prévision pour que personne n’en manque.  Nous avons préparé à manger pour tout le monde, comme dans un refuge.

«Cette nuit-là, j’ai cru que c’était la fin du monde»

Les enfants d'âge préscolaire apprennent également les mesures de réduction des risques de catastrophe, par le biais du contenu des programmes.

Les enfants d’âge préscolaire apprennent également les mesures de réduction des risques de catastrophe, par le biais du contenu des programmes.

Cette nuit-là, des vents forts et la pluie sont arrivés sur nous, j’ai cru que c’était la fin du monde.  À minuit, l’eau de la rivière coulait sous nos yeux, dans l’arrière-cour. J’étais terrifié.  Quelques heures plus tard, la tempête s’est calmée et certaines personnes installées dans notre maison sont rentrées chez elles en voyant que Matthew était apparemment parti.   Mais, à environ une heure du matin, l’eau s’est mise à monter à nouveau, la situation était épouvantable.  Nous nous sommes dépêchés de secourir une nouvelle fois les animaux.  Nous n’avons pu sauver que six des sept chiots de ma chienne Blanquita. Nous avons également essayé de conserver au chaud les œufs de poules en les enveloppant dans des couvertures, mais nous les avons perdus.  Il n’y a que les poules qui peuvent y arriver.

«J’espère vraiment que nous n’aurons plus jamais à revivre ça»

Dans le cadre des efforts visant à rendre le contenu de réduction des risques de catastrophe attrayant et dynamique, certaines écoles développent leurs propres jeux de société à thème.

Dans le cadre des efforts visant à rendre le contenu de réduction des risques de catastrophe attrayant et dynamique, certaines écoles développent leurs propres jeux de société à thème.

À environ deux heures du matin, une fois Matthew passé, nous sommes sortis sur la route.  Nous entendions le bruit de la mer agitée et celui de l’eau de la rivière s’y jetant. Dans la rue, une foule de gens discutaient pour voir ce qu’il fallait faire maintenant.  Nous sommes retournés chez nous et, très sincèrement, je peux vous dire que cette expérience restera toujours en moi.  J’espère vraiment que nous n’aurons plus jamais à revivre ça parce que c’est affreusement triste de voir des dégâts partout, les livres tout mouillés et notre école endommagée.  Le toit et les murs de notre école ont été abîmés, la rivière a atteint un mètre de hauteur, déversant des flots de boue.  Heureusement, les personnes qui s’y étaient abritées étaient saines et sauves, par contre, leurs maisons avaient souffert de gros dégâts car elles sont situées dans la partie basse du village, là où les eaux étaient montées le plus. Les enfants vivant dans cette zone ont perdu tous leurs livres et leurs jeux.

Le lendemain, après une longue nuit sans sommeil pratiquement, nous nous sommes rendus à l’école et avons aidé à nettoyer avec les autres enfants et leurs familles.  Il fallait enlever la boue et brosser les murs.  Nous avons aidé à remettre l’école en état pendant trois jours au cours desquels nous n’avons pas eu classe.  Lorsque nous avons repris l’école, l’ambiance y était différente : beaucoup de nos camarades n’étaient plus les mêmes, ils étaient tristes.  L’emploi du temps et les salles avaient été modifiés, même si on nous a dit que c’était temporaire.  Les jours suivants, nous avons beaucoup joué.

«Chaque nouvelle catastrophe nous apprend à être un peu mieux préparé»

La créativité et la créativité des enseignants pour intégrer le contenu de réduction des risques de catastrophe dans le programme d'études est la clé. Les aides visuelles, les jeux ou les clubs ne sont que quelques-unes des façons d'y parvenir.

La créativité et la créativité des enseignants pour intégrer le contenu de réduction des risques de catastrophe dans le programme d’études est la clé. Les aides visuelles, les jeux ou les clubs ne sont que quelques-unes des façons d’y parvenir.

J’ai pu préserver mes cannes à pêche et mes hameçons, heureusement ma maison est solide.  Mais beaucoup de mes amis ont vu le toit et les fenêtres de leur maison détruits et ont perdu leurs biens les plus précieux.  Tout le monde disait que le plus important c’est que nous soyons tous sains et saufs.  C’est vrai, tous mes amis allaient bien et nous pouvions à nouveau nous voir et parler de ce qui s’était passé : nous avions tous vécu des expériences différentes.  Nous avons vu à la télé qu’en Haïti (à quelques kilomètres à peine de nos côtes) Matthew avait balayé des villes et des villages, et tué de nombreuses personnes, y compris des enfants.  C’est tellement triste et injuste.

Ça fait six mois maintenant et je me rends compte à quel point il est important d’être prêt du mieux qu’on peut et de suivre les recommandations de la défense civile.  On perd toujours quelque chose et on souffre, mais chaque nouvelle catastrophe nous apprend à être un peu mieux préparé et à être plus fort pour la prochaine.

Liam Manuel Morega 11 ans,

de Guantanamo, Cuba

Traduction : Cendrine Strevens

 

 

 

Hommage aux femmes

A l’occasion du 8 mars 2017,  Brice Saintil, notre collègue spécialiste en éducation et poète propose un texte sur l’autonomisation et les droits des femmes et des filles. Une ode à l’égalité à lire sans modération.

 

L’infirmière Deliazar se tient devant des patients atteints de choléra qui reçoivent leur traitement au Centre de Traitement de la Diarrhée Aiguë de Cap-Haïtien en Haïti le 8 novembre 2016. © Maxence Bradley

Os de Tes os ! Chair de Ta chair !

Fruit authentique de tes entrailles

Nous T’appelons Fanm vanyan !

Femme ! Woman ! Mujer !

Mulher ! Donna,  et j’en passe !

Peu importe le concept employé pour te designer !

Peu importe ta grosseur, la couleur de ta peau,

La longueur de tes cheveux,

Ta condition sociale, économique et physique !

Je viens m’incliner devant toi

En signe d’hommage en cette Journée Internationale

Qui t’est consacrée, toi le symbole de la vie

Le symbole de l’amour et de la tendresse,

Le symbole du courage et de la patience !

 

Copyright Frank Dejongh

Je viens, en ce jour, déposer à tes pieds,

Une gerbe de roses extraites

Du jardin de mon cœur

Pour toi cultivé au printemps comme en été,

En automne comme en hiver

En signe d’amour et de fierté de ton existence

Femme, mère de toutes les reines et tous les rois de la terre,

Mère de toutes les présidentes et de tous les Présidents

Mère de tous les dirigeants et de tous les peuples

Faisant de toi, un être inestimable et irremplaçable.

Je viens en ce jour partager tes joies de même que tes peines,

Tes rêves sans cesse caressés,

Tes succès aussi bien que tes échecs,

Tes espoirs au milieu des désespoirs de l’existence.

 

En ce jour spécial, je ne puis m’empêcher

De  déposer un bouquet symbolique

Sur ta tombe virtuelle,

Toi qui as péri dans la fumée et les flammes criminelles

Parmi les 140 femmes vaillantes dans l’usine textile

Sirtwoot Cotton de New York ce 8 mars 1908 ;

Toi qui as trouvé la mort pour avoir osé réclamer

Ton droit à une journée de travail de 8 heures,

Ton droit légitime à un salaire égal à celui des hommes,

Ton droit à de meilleures conditions d’hygiène au travail !

Oui tu es partie pour avoir eu le courage de défendre

Tes droits inaliénables, tes droits de vivre

Dans  la dignité de ton être.

 

copyright Maxence Bradley

En ce jour mémorable, je ne peux que penser

A toi, Femme vaillante, qui, les 2/3 de travaux, réalises

Pour ne recevoir que le 1/10 de salaire mondial ;

Toi qui continues à être victime  de violence multiforme,

Physique, verbale, économique et psychologique ;

Toi qui affrontes les préjugés de toute sorte,

Les stigmatisations, de l’exclusion et de l’excision

Ou « genital feminine mutilation » ;

Je salue aussi ton courage de femme battante,

Toi qui luttes pour faire avancer la cause des femmes

Lutte s’inscrivant, au reste, dans la lutte de tous les hommes.

 

Protection de l'enfant famille d'accueil

Notre collègue Géraldine Alferis et une partenaire de Terre Des Hommes en visite dans une famille d’accueil

Oui aujourd’hui peut marquer une journée historique,

Si hommes et femmes, nous nous donnons la main

Pour ensemble cheminer sur le chemin de l’amour,

Le chemin de la collaboration, le chemin du respect

De la différence et de la complémentarité.

Oui aujourd’hui peut être une journée historique,

Si hommes et femmes nous nous unissons

Pour dire non à la violence faite aux filles et aux femmes !

Non à la guerre ! Non aux préjugés  et aux stigmatisations !

Vive la collaboration  pour bâtir dans l’harmonie parfaite

Un monde meilleur, un monde où femmes et hommes,

Filles et garçons puissent réaliser leur plein potentiel !

Une lutte à laquelle, toutes et tous sont invités !

 

Saintil Brice

Spécialiste en Education UNICEF Haïti

 

 

 

 

Autonomisation des femmes et des filles en Haïti, nos héroïnes montrent la voie

Aujourd’hui, comme tous les autres jours de l’année, nous célébrons les droits des filles et des femmes. L’autonomisation des femmes et des filles rendra Haïti plus forte! Nos petites héroïnes montrent le chemin…

Ketchna, une poétesse retourne à l’école

Plus de 170 000  personnes ont été déplacées, des enfants inclus, suite au passage de Matthew en Haïti, selon le rapport d’OCHA publié en novembre 2016. Certaines ont perdu tout ce qu’elles possédaient, y compris leurs maisons et leurs récoltes, notamment dans le Sud du pays. Pas moyen d’envoyer les enfants à l’école, dans ces conditions. D’autant plus que l’ouragan aurait endommagé 774 établissements scolaires sur le territoire haïtien, selon l’évaluation du Ministère de l’Education Nationale et de la Formation Professionnelle en fin octobre dernier. Ketchna est l’une des enfants du Sud à avoir bénéficié de l’appui de l’UNICEF pour pouvoir retourner à l’école.

Ketchna

Ketchna

C’est dans un quartier de Melon, une section communale de Maniche, que nous rencontrons Ketchna. Fraichement rentrée de l’école, la fillette de huit ans nous accueille chez elle avec un sourire timide. Elle porte encore son uniforme d’écolière bleu et blanc, avec de jolis rubans assortis dans les cheveux.

Ketchna aime chanter, sauter à la corde, déclamer des poèmes. Ses yeux se mettent à briller lorsqu’on lui réclame quelques vers. Elle se lance volontiers d’une voix enjouée : « Cocorico, il chante si tôt notre coq Figaro, c’est le gardien de la bassecour. Dès que le jour se lève, il réveille la bassecour : quatre dindes, quatorze canards, quinze lapins et quarante poules. Quelle grâce, oh ! Qu’il est beau avec sa belle queue verte et bleue»

Ketchna et sa famille possédaient une bassecour avant le passage de l’ouragan en Haïti en octobre dernier. Matthew a tout emporté, jusqu’à leur maison. Aujourd’hui, ils louent une chambre dans le village de Melon, neuf mètres carrés pour les abriter tous les six. Ils disposent d’un seul lit et de quelques ustensiles de cuisine. Ketchna passe ses après-midi sur la gallérie à étudier et à jouer :

« C’est là que je vis, depuis le passage de Matthew, avec ma mère, mon père, mes trois frères et sœurs, explique la fillette. La nuit, ma mère nous aménage un lit avec des draps sur le sol pour dormir. Ce n’est pas là que je vivais avant l’ouragan. Nous avions notre propre maison. Matthew l’a complètement détruite».

La solidarité communautaire en réponse  à Matthew

Ketchna nous conduit à l’emplacement de son ancienne maison, au sommet d’une colline rocheuse de Melon, à une trentaine de minutes de marche du village. On s’arrête devant une clôture faite de branches d’arbre. La fillette nous invite à l’enjamber : « C’est là que j’habitais avant l’ouragan ». Par-delà la clôture, on trouve juste un amas de décombres, quelques morceaux de tôles et des débris de meubles. C’est tout ce qui reste de sa maison. L’ouragan Matthew leur a tout pris, leur toit, leurs récoltes, leurs bétails. Tout est parti en une nuit. Une nuit que Ketchna raconte avec une pointe de tristesse :

Ce qu’il reste de l’ancienne maison de Ketchna

Ce qu’il reste de l’ancienne maison de Ketchna

« Cette nuit-là, je dormais avec ma mère, mon père et mes frères et sœurs. Je me suis réveillée en sursaut. Mon lit s’était effondré. Il y avait un vacarme à l’extérieur. J’ai regardé autour de moi. Un arbre était tombé sur la maison. Il y avait de l’eau partout. Mon frère pleurait. Il s’est blessé au genou.  Moi aussi je me suis blessée, à la cheville. J’avais peur, tellement que je suis tombée malade. J’ai vomis, et après j’ai eu la fièvre. Mon père m’a portée sur son dos, et nous avons couru chez la voisine. Dehors, j’ai vu d’autres gens courir pour se mettre à l’abri. Des morceaux de tôles volaient dans tous les sens. Quand nous sommes arrivés chez la voisine, sa maison aussi s’est effondrée. Alors nous sommes tous repartis chercher refuge chez quelqu’un d’autre.

                »J’aimerais que tout redevienne comme avant »

 

La mère de Ketchna sur les décombres de leur ancienne maison

La mère de Ketchna sur les décombres de leur ancienne maison

Lorsque le temps s’est calmé, Ketchna et sa famille n’avaient plus rien. Pas même de vêtements de rechange. La fillette se souvient de la générosité des villageois. Une autre famille les a accueillis sous son toit pour quelques jours. Elle a partagé avec eux le peu de nourriture qu’elle avait. D’autres leur ont fait don de nouveaux vêtements et d’un lit. Plus tard, les parents de Ketchna ont pu louer leur nouvelle demeure. Son père a trouvé du travail, il est gardien de bétail. Sa mère avait un petit commerce avant l’ouragan,  maintenant elle n’a plus aucune source de revenu. Du haut de ses huit ans, Ketchna comprend la situation : « On n’arrive plus à payer le loyer. J’aimerais que tout redevienne comme avant. Que nous ayons notre propre maison».

Projet d’avenir : Aider les autres

La solidarité communautaire dont sa famille a bénéficié après le passage de l’ouragan a marqué le jeune esprit de Ketchna : « Quand je serai grande, et que j’aurai fini mes études, Je souhaite devenir une infirmière. J’aimerais trouver un travail, pour pouvoir aider les autres».

Cependant, les parents de la fillette n’ont pas toujours les moyens de subvenir aux frais scolaires. Ketchna s’investit dans leurs efforts : «  Avant Matthew, j’avais deux cabris. J’en prenais soin tous les jours. Je projetais de les vendre pour pouvoir aider mes parents à payer l’école. Maintenant, je n’ai plus rien. L’ouragan les a emporté.»

Ketchna prend ses études très au sérieux. Elle assure faire régulièrement ses devoirs et obtenir de bonnes notes à l’école : « Apprendre, c’est ce que je préfère ». Mais cela aussi, Matthew a failli le lui enlever.

Un des réservoirs d’eau de l’école nationale de Melon

Un des réservoirs d’eau de l’école nationale de Melon

L’école Nationale de Melon avait dû suspendre ses cours, car ses toitures avaient été emportées et son mobilier scolaire saccagé par l’ouragan.  Les cours ont pu reprendre un mois plus tard, après la réparation des toitures, avec l’appui financier de l’UNICEF. Ketchna nous montre les toitures neuves des bâtiments de son école. Elle nous emmène, jusqu’au fond de la grande cour de récréation, voir les deux réservoirs d’eau traitée et le savon disposés près des toilettes par l’Office Régional de l’Eau Potable et de l’Assainissement. Sous les réservoirs, une inscription rappelle aux élèves un principe d’hygiène crucial : Lavons-nous les mains après l’utilisation des toilettes et des urinoirs.

 

L’école, un pilier du relèvement post-Matthew 

L’école Nationale de Melon accueille aujourd’hui 416 élèves, dont 5 nouveaux depuis la réouverture des classes. Les nouveaux sont des enfants dont les écoles n’ont pas encore pu rouvrir leurs portes, explique le directeur, Elisma Prenor : « Ces enfants sont traumatisés par leur situation post-Matthew, la plupart n’ont plus de toit pour les abriter, leurs parents peinent à leur trouver à manger. Certains n’ont plus de livres, ni d’uniforme. Ces conditions affectent leurs résultats scolaires. Cependant, ils ne ratent pas même un jour de classe. Et on les comprend. L’espace scolaire est un peu leur refuge. Il les aide à reprendre une vie normale. » Dix professeurs de l’école le nationale de Melon ont reçu une formation en appui psychosocial en ce sens, en février 2017, avec le support de l’Unicef et de ses partenaires.

Ketchna sautant à la corde dans la cour de son école

Ketchna sautant à la corde dans la cour de son école

Sur les 521 écoles évaluées par le ministère de l’Education Nationale de la Formation Professionnelle dans le département du sud, 466 ont été endommagées par l’ouragan Matthew. Celles qui n’ont subi que de légers dommages ont servi d’abris provisoires aux familles déplacées.

Pour elle, l’école passe avant tout

Pour la période d’octobre 2016 à février 2017, l’UNICEF a financé la réhabilitation de 121 écoles et l’appui en termes d’assainissement pour 71 écoles dans le Sud. L’UNICEF prévoit aussi un support en mobilier scolaire pour ces établissements. Le Fonds des Nations Unies ur l’Enfance a aussi distribué des kits scolaires dans ce département, pour faciliter le retour en classe des enfants dont les familles ont été touchées par le sinistre.

Ketchna fait partie de ces enfants qui ont bénéficié de l’appui de l’UNICEF et de ses partenaires pour reprendre le chemin de l’école après l’ouragan Matthew. Forte et motivée, la fillette pose un regard plein de maturité sur la situation actuelle de sa famille. Pour elle, l’école passe avant tout.

Au moment de nous dire au revoir, Ketchna nous accompagne sur le pas de sa porte et nous dédie encore quelques derniers vers, comme pour nous confier une mission : « C’est le jour de la rentrée. Voici Remy et Sandra. Regarde ! Ils sont là-bas sous les arbres… » .

Bettina PERONO,

UNICEF Communication-Sud, Haïti

Une nouvelle page s’ouvre pour UNICEF en Haïti

Le programme de pays 2017-2021 d’UNICEF Haïti s’appuie sur les progrès déjà accomplis et regarde vers l’avenir. 

© Bradley Maxence

Le 7 février était une journée particulière pour Haïti : Marita Perceval, directrice régionale Amériques et Caraïbes, présentait le nouveau Programme de Pays au conseil d’administration. Une coïncidence symbolique illustrant parfaitement les principes fondamentaux de l’UNICEF basés sur la solidarité et le partenariat avec le pays.

Le nouveau programme de pays est un projet ambitieux qui cherche à tirer profit des progrès réalisés en faveur des enfants au cours des dernières années. Guidée par le principe de résilience, l’équipe de l’UNICEF s’efforce de poursuivre son partenariat avec le gouvernement haïtien, les familles, la société civile, les jeunes et avec ONG internationales et nationales partenaires.

Dans le cadre des objectifs de développement durable des Nations Unies et en appui au plan stratégique pour le développement d’Haïti, le programme de pays vise à travailler au niveau central, mais également sur le terrain, en renforçant les capacités des principaux acteurs. Matérialiser l’aide apportée aux enfants, voilà l’objectif principal.

Matérialiser l’aide apportée aux enfants

Le nouveau programme est centré sur les départements haïtiens particulièrement vulnérables en raison, soit des répercussions de l’ouragan Matthew (octobre 2016/Sud, Grand’Anse), soit de leur fragilité face au choléra. Il contribuera à réduire la mortalité évitable chez les mères, les enfants de moins de cinq ans et les adolescents (en lien avec le VIH, souvent).

Aussi, ce programme permettra de  prévenir et traiter la malnutrition chronique, notamment chez les enfants de moins de deux ans. Il vise  à améliorer les systèmes d’assainissement durable et l’accès à l’eau. Il a pour objectif de renforcer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage dans les écoles, y compris pour les plus démunis qui bénéficieront d’un meilleur accès.

En outre, le programme pays ambitionne de  protéger les enfants de la maltraitance, en particulier  ceux qui résident dans des institutions, avec l’ambition générale de renforcer la résilience des familles vulnérables en leur fournissant un cadre légal et des services sociaux suffisants.

L’équipe de l’UNICEF continuera, dans le cadre général du programme de pays, à répondre à toutes les urgences, nouvelles ou en cours, tout en cherchant à mettre en place des conditions favorables au redressement et au développement durables.

Nous vous invitons à regarder la vidéo résumant l’axe de l’action de l’UNICEF en Haïti : Togetherness

Cornelia Walther

Traduction : Cendrine Strevens.