Antine Legrand raconte le parcours qui l’a menée de la RDC jusqu’en Haïti

En 2014, Antine Legrand a participé au sixième groupe de l’initiative de promotion des nouveaux talents (NETI) en tant que responsable du suivi et de l’évaluation, à Kinshasa. Après obtention du diplôme délivré par ce programme, Antine a commencé à travailler comme responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti, où elle continue à développer ses compétences et à en apprendre toujours plus sur elle-même, sur l’UNICEF et le remarquable travail dont cette organisation est capable, même soumise à une forte pression.

Son histoire reflète celle de nombreux participants NETI et de collègues de l’UNICEF : elle raconte la volonté d’apprendre, encore et toujours, et de développer ses compétences ainsi que de s’engager pleinement dans la défense des droits de chaque enfant.  

 

Quelles sont les raisons à l’origine de votre carrière à l’UNICEF ?

M’engager pour la cause des enfants dans le monde entier, particulièrement en situation d’urgence. L’image très positive que j’avais de l’UNICEF a également joué. Avant de rejoindre l’UNICEF, j’étais spécialiste de l’éducation pour une banque internationale de développement et je travaillais en étroite collaboration avec mes confrères de l’UNICEF. Il s’agissait de personnes intelligentes et gaies, entièrement dévouées à leur travail.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à suivre le programme NETI ?

Un ami, qui faisait partie du deuxième groupe, m’a raconté son expérience. Il a adoré le programme, de bout en bout, et me l’a très bien vendu ! J’avoue que NETI n’était pas le seul programme ciblant de jeunes professionnels pour lequel j’avais postulé, atteignant un stade assez avancé du processus de sélection.  Mais, pour celui-là seulement, je savais réellement comment ça se passait de l’intérieur et c’était l’une des candidatures pour laquelle j’éprouvais le plus d’enthousiasme.

À mon avis, ce programme comporte d’énormes avantages, tels que l’accompagnement personnalisé et le mentorat, la prise de responsabilités et l’expérience directe ainsi que la réputation de l’initiative NETI au sein de l’organisation. Mais c’est une épée à double tranchant : les attentes sont élevées et vos résultats devront être à la hauteur. Le programme NETI est un très bon moyen de développer ses compétences à la fois professionnelles et personnelles.

 

UNICEF Antine ( à droite ) et des collègues du NETI

Antine ( à droite ) et des collègues du NETI © Gabriel Vockel, UNICEF/DRC, 2015

Quel rôle le programme NETI a-t-il joué dans votre progression de carrière ?

L’initiative NETI m’a aidé à la fois pendant et après le programme. Pendant, le programme m’a aidé à me repérer bien plus facilement dans mon nouveau poste et mon nouvel environnement, c’est évident. D’abord, les étudiants NETI bénéficient d’un accompagnement et puis leur seule appartenance à ce programme leur assure un soutien.

 

Je pense également qu’on est perçu différemment par la direction quand on porte l’étiquette NETI. Je travaillais dans un très grand bureau de pays, et faire partie d’un groupe NETI m’a permis de sortir du lot. Après le programme, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour un poste de classe P-4 presque immédiatement après la fin de mon affectation dans le cadre du NETI. Le programme a été un réel accélérateur de carrière, je suis passée d’un poste NETI de classe P-2 à mon poste actuel, de classe P-4, en seulement deux ans : je crois que c’est assez rare.

 

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans le programme NETI ?

Tout d’abord, la phase d’orientation à New York et le sentiment d’appartenir à un groupe, ce qui permet de se faire des amis pour la vie en l’espace de trois semaines, d’avoir un réseau vers lequel se tourner lorsque des problèmes surgissent au travail, de garder le contact et s’entraider. Tous les trimestres, environ, nous organisons une session Skype qui couvre 3 continents. La communication est difficile parce que tout le monde est tellement excité de parler, mais c’est amusant !
Ensuite vient l’accompagnement. Moi, j’ai trouvé que c’était très utile, et ça l’est toujours. Je ne l’aurais jamais fait de moi-même en raison du coût et parce que je pensais que ça ne me plairait pas de parler à un étranger de mes problèmes professionnels. Mais j’ai trouvé ça très intéressant. Ça m’a encouragé à réfléchir et à apprendre à développer un esprit critique. Je ne sais pas trop quelle aurait été mon expérience sans, mais j’ai l’impression que ça m’a beaucoup aidé.

 

Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué au cours du programme NETI ?

La phase d’orientation de trois semaines et demie, à New York, pendant laquelle j’ai appris à connaître les talentueux participants au programme, à apprendre de nouveaux concepts et à passer quelques nuits blanches. Je suis passée par toutes sortes d’émotions, de l’excitation à l’anxiété. Pendant que nous nous préparions à être déployés, nous avons rencontré la haute direction et noué des relations solides avec toutes les personnes appartenant au programme NETI : collègues, étudiants et équipe. Dans le même temps, nous devions également nous rendre dans divers endroits pour nous faire vacciner et obtenir des visas. Cette période de transition s’est révélée intense, stimulante, éducative et enrichissante. Ce sont des moments de vie que j’apprécie vraiment. Ils sont rares et précieux !
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un intéressé par le programme NETI ?

Posez votre candidature. Ne soyez pas effrayés par l’énormité du nombre de candidats qui se présentent : des milliers pour seulement 15 à 20 places. Ça vaut la peine d’essayer.

 

Quel conseil souhaiteriez-vous donner aux participants en train de construire leur carrière ?

Ils n’ont pas besoin de conseils ! Tous ceux que je connais sont parfaitement capables de mener à bien leur projet. Ce sont des gens intelligents, proactifs, rationnels et engagés ; c’est pourquoi je suis très fière d’en faire partie et espère pouvoir en rencontrer davantage au cours de ma carrière à l’UNICEF.

En quoi consistaient vos responsabilités quotidiennes dans le cadre de votre affectation NETI ?

J’occupais un poste de chargé de suivi et évaluation dans le Bureau de pays en République démocratique du Congo (RDC). Cela signifie que je travaillais à la planification et au suivi des programmes, à la définition des indicateurs, à l’amélioration des méthodes de recueil des données et de communication des résultats. C’est loin d’être facile en RDC où les données sont soit inexistantes, partielles ou souvent peu fiables. Mais c’est également très intéressant : la RDC fait la taille de l’Europe occidentale et c’est l’un des plus grands bureaux de pays de l’UNICEF au monde. On y trouve plusieurs niveaux d’organisation à travers les différents bureaux desservant Kinshasa, les zones, les provinces, ainsi que des antennes sous-provinciales. Comme vous pouvez l’imaginer, cela complique singulièrement le travail des planificateurs et des personnes chargées du suivi des résultats.
Ma tâche quotidienne consistait à m’occuper de feuilles de calcul Excel, mais aussi à me rendre dans des centres de santé et à assister à la remise de sacs à dos de l’UNICEF aux enfants en prévision de l’année scolaire. Les occasions d’échanger avec les bureaux extérieurs, de renforcer les capacités et de soutenir le travail de l’UNICEF ne manquaient pas. Je garde de très bons souvenirs des moments passés avec mes collègues dans l’est du Congo. Les missions sur le terrain et le travail avec les partenaires sont des expériences très intéressantes et même passionnantes. À ce titre, le suivi et l’évaluation jouent un rôle très important dans l’amélioration des méthodes de travail de l’UNICEF.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
J’occupe le poste de responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti depuis un peu plus de six mois maintenant. Je suis arrivé alors que le nouveau programme de pays sur 5 ans était en cours de définition. Quelques mois plus tard, nous devions tous faire face à une situation d’urgence majeure suite au passage de l’ouragan Matthew. J’ai donc beaucoup appris sur les capacités de l’organisation à produire des résultats lorsque la situation l’exige.
J’en apprends un peu plus tous les jours sur mes propres capacités à réaliser des tâches que je n’aurais jamais pensé faire, sur la façon de diriger une équipe, sur les participants NETI venus pour soutenir le Bureau de pays d’Haïti après le passage de l’ouragan, sur le dévouement de mes collègues et sur l’incroyable chance qui m’est donnée de travailler avec eux.  Mon avenir consistera à faire de mon mieux pour apporter mon soutien à l’action de l’UNICEF dans ce pays, à mes collègues et à nos partenaires.

UNICEF via ICON

Traduction : Cendrine Strevens

Le Carnaval en Haïti pour les enfants aussi !

Les enfants ont aussi le droit de s’amuser au carnaval ! Jean Jean Roosevelt, chanteur, compositeur et musicien Haïtien le revendique. Voilà pourquoi, il vient de composer et d’enregistrer avec des enfants haïtiens une chanson‘’Kanaval la pou nou tou’’, qui se traduit par ‘’Le carnaval pour nous tous’’. Ecoutez-là

Une chanson pour enfant au carnaval en Haïti

Une chanson pour enfant au carnaval en Haïti

Comme Jean Jean Roosevelt l’explique ’’C’est une méringue carnavalesque destinée aux enfants et chantée par des enfants. J’avais dans l’esprit de faire participer les plus jeunes à cette grande manifestation culturelle, en me référant à l’objectif et au sens du terme carnaval, une fête  populaire sans distinction d’âges, de sexe ni de  classe mettant en valeurs les couleurs locales, nos traditions pour la promotion de notre culture.’’

J’ai pu constater que le carnaval est devenu au fil des années, synonyme de vengeance, de violence physique et verbale. Une période de promotion de l’alcool, de la drogue, de la sexualité et de l’incitation à la violence. Avec pour bilan nombres d’accidents, de blessés, de morts, de viols, de grossesses prématurées.

« Mes amis, au carnaval protégeons les oreilles des enfants' »

Kanaval la pou nou tou est une requête des enfants adressée aux acteurs concernés leur suppliant de les protéger en faisant attention aux sons et aux images qu’ils projettent, de ne pas écarter l’esprit du carnaval, leur demander de prendre conscience de leurs actes  afin que les plus petits puissent participer eux aussi et jouir pleinement de cette fête populaire.

C’est un appel aux artistes de penser aux enfants dans leurs créations pendant cette période du carnaval. Ils ont aussi droit à cet amusement populaire. Protégez-les ! Il est de notre devoir de les protéger!

 

Jean Jean Roosevelt chanteur, musicien et compositeur

Pour écouter la chanson 

En savoir plus sur Jean Jean Roosevelt

Originaire de la Grand-Anse, Sud-Ouest d’Haïti, Jean Jean Roosevelt est un artiste né. Il est le benjamin d’une famille de six enfants. Son père est guitariste. Sa maman défunte était une passionnée de la musique et du théâtre. Sa musique se nourrit d’influences multi-ethniques, marquée par un brassage culturel existant sur l’île. C’est une alliance de rythmes créoles : Nago, Ibo, Yanvalou, Djouba, Kongo, Rabòday, etc. et d’influences reggae, RnB, afro beat.

Jean Jean Roosevelt est socialement très engagé. Son riche répertoire aborde des sujets universels tels que l’amour, l’équité de genre, le civisme, la solidarité, la persévérance, la préservation de l’environnement. Les textes de ses chansons sont majoritairement en français, parfois également en créole. On trouve, dans certaines de ses chansons, quelques bribes de langues africaines et d’anglais.

La situation est pire que prévue

6 octobre 2016, des habitants de Jérémie, Haïti, pataugeant dans une rue du centre-ville. Jeudi 6 octobre 2016. Photo Logan Abassi Nations Unies/MINUSTAH.

6 octobre 2016, des habitants de Jérémie, Haïti, pataugeant dans une rue du centre-ville. Jeudi 6 octobre 2016. Photo Logan Abassi Nations Unies/MINUSTAH.

Port-au-Prince, 6 octobre 2016. Chaque heure qui passe apporte son lot d’information sur les dégâts et les victimes. Chaque message a un impact direct sur la vie et l’avenir des enfants en Haïti. Au fil de la matinée, alors qu’enfin les mises à jour en provenance de nos partenaires sur le terrain arrivent, de plus en plus rapprochées, je me sens sombrer dans le découragement… Jusqu’à ce que je me rappelle que nous avons commencé à acheminer l’aide vers les enfants vivant dans la zone sinistrée.

Une première équipe de l’UNICEF est parvenue à rejoindre les zones touchées du Sud hier après-midi, 24h après le passage de Matthew, et une seconde mission est maintenant en route.  Un camion chargé d’approvisionnement d’urgence est parti ce matin et devrait arriver à Les Cayes aujourd’hui ; il transporte notamment des pastilles de chlore et des bâches en plastique pour garantir un accès à de l’eau propre et prévenir la survenue d’épidémies.  Un de nos collègues rejoint les lieux par hélicoptère.

Pour garantir la complémentarité et l’efficacité de la planification, des collègues, sur le terrain, travaillent en partenariat avec les équipes d’évaluation multisectorielle appartenant à d’autres agences ; il s’agit d’identifier les besoins les plus pressants dans un minimum de temps. Plutôt que de parachuter ce qui nous semble être nécessaire, on vise à fournir aux familles ce dont elles ont réellement besoin dans l’immédiat.

D’après les récits des témoins et des autorités, les dégâts sont pires que nous ne l’avions craint. Dans les départements du Sud et de Grand Anse, 70 à 80 pour cent des foyers sont endommagés ; il est probable que 1,3 million de personnes soient directement touchées, dont une moitié d’enfants. On a dénombré 140 victimes et ce chiffre continue d’augmenter au fur et à mesure que de nouvelles zones deviennent accessibles. 17 000 personnes ont dû chercher refuge, notamment dans des écoles. Alors que c’est l’extrême ouest de l’île qui a été la plus touchée, le sud-est et le nord-est l’ont également été.

Avec la baisse des eaux, de nombreux sujets de préoccupation émergent, tous liés à l’idée que les droits des enfants ne sont pas qu’une « affaire » dont on se soucie uniquement en période de tranquillité. Ils ont tout autant le droit de recevoir une éducation, de jouer, de manger et d’être protégés en situation d’urgence qu’en temps « normal ».  Et pourtant…

Les vents violents (jusqu’à 140 km/h) et les inondations ont endommagé les foyers, les écoles et les centres de santé. Les services sociaux de base, déjà fragile avant Matthew, sont maintenant quasiment rayés de la carte.

Dans beaucoup d’endroits, il n’y a plus ni arbres ni cultures. On était en pleine moisson et Matthew a emporté tout ce qui avait poussé. Après trois années de précipitations insuffisantes, c’est la goutte d’eau qui fait déborder l’océan et qui entraînera probablement une insécurité alimentaire et un pic de malnutrition chez les enfants.

Présent en Haïti depuis 2010, le choléra reste une urgence aujourd’hui. Déjà, avant même Matthew, 27 000 cas de choléra avaient été signalés, dont un tiers d’enfants. Les inondations et la destruction d’infrastructures d’approvisionnement en eau et d’assainissement, déjà insuffisantes, provoqueront probablement une nouvelle augmentation des cas ; d’ailleurs, nous avons déjà appris que leur nombre était à la hausse dans l’Artibonite…

Au moins 156 écoles servent d’abris et de nombreuses autres ont été inondées ou détruites. Il faudra mettre sur pied des écoles provisoires. L’identification des enfants séparés de leurs familles ou partis des institutions qui les avaient recueillis est en cours. Sur les 2 000 enfants qui avaient été évacués des orphelinats à cause de Matthew, beaucoup sont retournés de là où ils venaient, faute d’une autre alternative…

Chaque jour qui passe nous rapproche du retour à la normale. S’efforcer d’accompagner les femmes, les hommes et les enfants d’Haïti sur ce chemin est un privilège.

 

Cornelia Walther

Traduction : Cendrine Strevens

Isolés, mais fin prêts. La nuit précédant l’ouragan

 

Carte du Centre national de prévision d'ouragans

Carte du Centre national de prévision d’ouragans

C’est dans une situation d’urgence qu’on se rend compte à quel point l’UNICEF est une organisation d’envergure mondiale, axée sur la résolution de problèmes. Au cours des dernières 48 heures, en attendant l’arrivée de Matthew, j’ai reçu des e-mails et des appels de mes collègues en poste dans des directions, des bureaux régionaux et à Genève. Tous sont prêts à aider Haïti, aujourd’hui et pendant la période post-Matthew, telle une gigantesque famille dont les ramifications s’étendraient tout autour de la planète et qui s’efforcerait d’offrir un peu d’ombre protectrice et de nourriture aux enfants dans le besoin.

Et l’attente se poursuit… Comme la progression de Matthew s’est ralentie, on prévoit désormais que le plus fort de l’impact ne sera ressenti que demain dans la nuit. Pour l’instant, à Port-au-Prince règne le calme avant la tempête, littéralement. Regarder les enfants jouer au football et les gens vaquer à leurs occupations habituelles, cela semble complètement surréaliste alors que les réseaux d’information et les plateformes internet fourmillent de scénarios apocalyptiques pour demain et les jours d’après.

Selon nos partenaires ONG en attente sur le terrain et suite aux informations fournies par l’unité de protection civile du gouvernement, aucun dégât majeur n’est à déplorer pour l’heure. La situation est suivie de près de façon à garantir une action immédiate adaptée aux besoins engendrés par l’ouragan. Un pêcheur a trouvé la mort ce matin. Il est sorti en mer pour nourrir sa famille malgré les avertissements, car beaucoup ici vivent au jour le jour, et la mer déchaînée ne l’a pas rendu.

Afin de fournir un abri à ceux qui pourraient perdre le peu qu’ils possèdent, le gouvernement a ouvert 234 abris d’urgence dans tout le pays, et l’UNICEF, par l’intermédiaire de ses partenaires, a prévu des réserves pour couvrir les besoins essentiels. Depuis aujourd’hui, toutes les écoles sont fermées, de même que l’aéroport. Jusqu’à mercredi, le territoire haïtien est bouclé, coupé du reste du monde.

Au bureau d’UNICEF Haïti, une équipe de gestion de crise a été mise sur pied et fonctionnera tout au long des prochains jours, quelles que soient les circonstances. Nous nous efforcerons d’assurer la continuité de l’information à destination de nos collègues de l’UNICEF et des médias, ainsi que de préparer le déploiement de nos équipes sur le terrain une fois que Matthew sera passé et que les routes auront rouvert.

Deux camions chargés de fournitures d’urgence sont prêts et, mercredi, il est prévu que trois de nos membres rejoignent les zones les plus durement touchées sur la côte en direction de Jérémie, dans l’extrême ouest d’Haïti. En collaboration avec des membres du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA), ils feront une rapide évaluation des besoins afin de déterminer combien d’enfants sont affectés et quels sont leurs principaux besoins.

S’il vous plaît, ayez une pensée pour les enfants haïtiens. Leurs familles ont le courage de les protéger et nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour les aider.

Merci beaucoup & Mesi anpil

 

 

Cornelia Walther

Traduction : Cendrine Strevens

Les dernières mises à jour et photos satellite de l’ouragan sont disponibles sur le site du Centre national de prévision d’ouragans ici

Priorités parallèles Post-Matthew: Réponse. Évaluation. Coordination ‘Men anpil Chaj pa lou’

Plus d'une centaine d'orphelins ont été abritée au Centre de Transit de l’IBESR Delmas 3, alors que l'ouragan Matthew menaçait leur orphelinat à Cité Soleil. Crédit: Tim Gregory

Plus d’une centaine d’orphelins ont été abrités au Centre de Transit de l’IBESR Delmas 3, alors que l’ouragan Matthew menaçait leur orphelinat à Cité Soleil. Crédit: Tim Gregory

Port-au-Prince, le 7 Octobre – Les dernières 72 heures ont donné lieu à un tourbillon d’action. Les journées commencent à 5 heures et durent en moyenne 16 heures. Les équipes de l’UNICEF sont arrivés sur place 24 heures après la frappe de Matthew dans le Sud, et chaque minute est précieusement utilisée pour répondre aux besoins les plus urgents sur le terrain. Tout en cherchant en parallèle à établir une solide évaluation des besoins des enfants dans le but de lancer une réponse efficace et adéquate, rapide.

Avec chaque heure qui passe  de plus en plus de localités peuvent etre atteintes et de plus amples informations nous parviennent. Chaque nouvelle information  vient avec son lot  de détails sur le nombre de morts et sur les destructions subies, et grave en outre le fait que le présent et l’avenir de centaines de milliers d’enfants et de familles sont en jeu. 5 millions $ (pour Haïti seulement) sont nécessaires pour fournir une réponse immédiate aux enfants; et au fur et à mesure que  l’étendue de l’impact de Matthew sur Haïti devient évident, ce chiffre va augmenter. ( Des témoins oculaires sur le terrain nous disent que des villes entières sont « anéanties ».)

 

Les petits devraient être en mesure de retourner dans leur orphelinat bientôt. Credit: Tim Gregory

Les petits devraient être en mesure de retourner dans leur orphelinat bientôt.
Credit: Tim Gregory

Comme l’urgence et l’ampleur des besoins de l’enfant occupent une place centrale dans notre esprit, la machine de réponse de l’UNICEF est entrée dans son pic de vitesse. Le besoin d’eau propre est essentiel à ce stade, et l’inquiétude au sujet d’un pic de cas de choléra prend place. Six camions prennent la route ce week-end, pour le camionnage de l’eau et le transport de réservoirs d’eau mobiles supplémentaires, et de l’eau potable. Sous la direction générale du Gouvernement, l’UNICEF  est chargé de faciliter la coordination des divers partenaires  qui ont commencé à se déployer dans le Sud et l’Ouest dans les domaines de l’eau et l’assainissement, l’éducation et la nutrition. Aujourd’hui, le défi est de combiner la réponse immédiate pour les enfants qui doit se produire maintenant, et la planification d’un mécanisme complémentaire d’assistance qui tire le meilleur parti des ressources de chacun – en gardant à l’esprit que nous sommes ici à l’appui des familles haïtiennes et du gouvernement. La  tâche n’est pas facile, mais pas elle n’est pas impossible non plus. Des spécialistes de l’UNICEF en matiere de WASH, d’éducation, de  protection de L’Enfant, de  santé et d’urgence sont sur le terrain depuis ces trois derniers jours et travaillent avec les différents acteurs sur le terrain. A l’heure ou  j’ écris, les actions s’enchainent à pleine vitesse . (Un proverbe créole que je viens d’apprendre résume l’esprit « Men anpil, chaj pa fort. » Avec beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde …)

 

Cornelia Walther

 

PS: Bonnes nouvelles – les lignes téléphoniques à Les Cayes et Jeremy ont été rétabli hier soir. Certains de nos employés ont des membres de leurs familles à Jeremy et Dame Marie (situé dans l’extrême ouest) Ils n’avaient plus eu aucun contact avec leurs proches depuis le passage de Matthew et sont enfin en mesure d’entrer en contact avec eux. (Hier matin, un collègue m’a dit: «Je suis inquiète parce que je ne peux personne dans ma ville natale » mais elle gardait son calme et continuait à travailler pour aider les familles qui sont dans le besoin, comme la sienne l’était peut-être.)

 

« Nou anba ouragan » : Matthew est au-dessus de nous !

On 3 October 2016, a woman and her friend’s child eat in a church in Croix des Bouquets, a neighbourhood on the east of Port-au-Prince where they are taking shelter to find some protection from hurricane Matthew.

Le 3 octobre 2016, une femme et un enfant mangent dans une Eglise à Croix des Bouquets, où ils sont abrités pour se protéger de l’ouragan Matthew.

Port-au-Prince, 4 octobre 2016. La pluie s’abat sur nous. Que d’eau! Depuis la nuit dernière, ça n’arrête pas. Même à Port-au-Prince, qui n’est pourtant pas sur le passage de l’ouragan Matthew, des trombes d’eau se sont abattues et ça tombe encore, sans répit. Les écoles, les banques et les magasins restent fermés et les rues sont vides. Matthew est au-dessus de nous (ou «Nou anba ouragan» en Créole).

L’accès à l’information reste sporadique et fragmenté. Selon les bribes éparses transmises par nos partenaires ONG sur le terrain au moyen de téléphones satellites, Matthew a causé de lourds dégâts dans les départements du Sud et de Grand Anse, où des milliers de personnes ont perdu leur foyer. D’après les estimations actuelles, environ 1,2 million d’enfants, de femmes et d’hommes sont directement touchés rien que dans le Sud. À ce stade, il est clair que les trois principales villes de la zone — Les Cayes, Torbek et Aquin — sont sous les eaux, soit une population estimée à 300000 personnes. Nombre d’entre eux ont perdu le peu qu’ils avaient, toutes leurs possessions. Foyer, routes, arbres, troupeaux… Volatilisés. Il est vraisemblable que la situation du département de Grand Anse soit la même, mais nous n’avons pas encore eu confirmation. Sur la base des chiffres actuels, un minimum de 2 millions de dollars sera nécessaire à l’UNICEF pour mettre en place une réponse permettant de sauver des vies en couvrant les besoins immédiats, avant que d’autres besoins ne soient identifiés une fois visibles les conséquences de l’ouragan.

La bonne nouvelle, c’est que tous les approvisionnements que nous avions envoyés en prévision, avant le déclenchement de l’ouragan, sont arrivés à destination et secourent les familles les plus touchées à l’heure où j’écris cet article. C’est une goutte d’eau dans l’étendue des zones inondées, mais c’est un début; en outre, en collaboration avec différents partenaires et sous la direction générale du gouvernement, nous espérons finir par couvrir à terme les besoins de base des familles sinistrées.

À ce stade, nos priorités se concentrent sur l’approvisionnement en eau salubre et la prévention des épidémies. Les fournitures d’urgence acheminées sur le terrain comprennent des poches d’eau et des pastilles de chlores, des trousses d’hygiène et des moustiquaires. Protéger les enfants contre la maladie est maintenant essentiel! Mais il ne s’agit que du début. Cet ouragan menace de se répercuter de multiples façons sur la vie des enfants, notamment en perturbant leur scolarité en raison de la fermeture des écoles (et de l’utilisation de nombre d’entre elles comme abris), en éparpillant les familles et en rendant indisponibles des services sociaux de base, tels que les soins médicaux.

Une évaluation rigoureuse est indispensable pour préparer une réponse adaptée et nous espérons pouvoir envoyer deux équipes dans le Sud demain afin de mieux cerner la situation. Et comme si une situation compliquée ne suffisait pas, il semblerait que le transport par la route n’aille pas de soi… On a appris, il y a dix minutes, que toute la zone sud d’Haïti, qui subit les assauts incessants de l’ouragan Matthew depuis plusieurs heures, a été coupée du reste du pays après l’écroulement d’un pont. Les infrastructures en Haïti sont rares et fragiles : la nationale 2, qui dessert le pont, est la seule route à relier la capitale Port-au-Prince à la zone sud de la péninsule. Il est 17h00 et nous réfléchissons maintenant à utiliser un hélicoptère ou un bateau afin de rejoindre demain Miragoane puis, de là, continuer en voiture vers les Cayes jusqu’à atteindre l’Ouest inondé. En parallèle, une voiture roulera en direction de Miragoane pour évaluer l’état des routes. Il faut à tout prix que nous rejoignions les enfants du Sud; nous trouverons un moyen. Pas question d’attendre!

Il est pour l’instant impossible de se faire une idée du nombre de victimes ou de l’étendue des dégâts dans le sud d’Haïti, car ni les équipes de sécurité gouvernementales ni les ONG ne peuvent aller sur le terrain pour évaluer la situation. Nous espérons en savoir plus demain.

Mes pensées vont à ces enfants actuellement entassés dans des abris sur le toit desquels une pluie battante se déverse…

Merci beaucoup & Mesi anpil

Cornelia

Traduction : Cendrine Strevens

Une tempête n’attend pas l’autre – Deye mon gen mon

 

Des personnes sont regroupées à l’école de Sanot servant d’abri d’urgence.

Des personnes sont regroupées à l’école de Sanot servant d’abri d’urgence.

Port-au-Prince, le 5 octobre 2016 – Matthew est passé. La pluie a cessé. Pourtant, la brèche qu’a laissée l’ouragan est profonde, et il faudra des mois, voire des années, pour la refermer. Les écoles sont encore fermées, mais les boutiques et l’aéroport sont à nouveau ouverts. À Port-au-Prince, la vie reprend lentement son cours.

La situation est radicalement différente dans les départements du sud, Nippes et Grand’Anse. Les télécommunications y ont finalement été rétablies. Les renseignements qui commencent à affluer confirment nos pires craintes. Bien qu’il n’y ait encore aucun bilan officiel des blessés et des dommages, une première estimation indique qu’au moins 11 000 personnes ont cherché refuge après que la tempête a détruit leur maison, en plus de 5 000 autres dans l’ouest du pays. Parmi celles-ci, un trop grand nombre sont des enfants.

La seule route qui relie la capitale à la partie sud est fermée depuis qu’un pont s’est effondré, mardi. Une première équipe de l’UNICEF a quitté Port-au-Prince ce matin vers le sud, a emprunté un pont temporaire et a réussi à traverser la rivière afin de poursuivre sa route vers Les Cayes, l’une des régions les plus durement touchées. Une deuxième équipe suivra demain. Nous sommes en même temps en communication avec des partenaires des Nations Unies qui cherchent à organiser un transport par hélicoptère à compter de demain, à condition de trouver un endroit sec et sûr où atterrir.

Bien que la partie sud et le département de Grand’Anse aient été les plus touchés, l’ouragan Matthew a également laissé sa trace destructrice dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, et dans les départements du nord et du nord-ouest. Des évaluations détaillées doivent encore être effectuées, mais nous savons déjà par l’agence gouvernementale de protection de l’enfance IBESR qu’au moins 2 000 enfants vulnérables, qui ont soit été séparés de leur famille pendant la tempête ou qui vivaient dans des orphelinats fragiles avant le passage de Matthew, ont été évacués vers des abris temporaires. L’une des priorités, dans les prochaines heures, consiste à repérer le plus grand nombre d’enfants qui se trouvent dans une situation similaire. Une équipe multisectorielle circule actuellement dans les quartiers les plus pauvres et les plus touchés de Port-au-Prince afin d’évaluer les besoins. Pendant la tempête, 130 enfants ont été évacués de Cité Soleil, l’un des quartiers les plus pauvres, et l’UNICEF travaille maintenant en collaboration avec l’agence IBESR afin de s’assurer de répondre à leurs besoins en matière de nourriture, d’eau, de couvertures et d’hygiène.

L’accès à de l’eau potable et l’assainissement demeurent en tête de liste des priorités, afin d’éviter l’éclosion de maladies d’origine hydrique et l’aggravation des crises persistantes de choléra, lesquelles causaient déjà chaque semaine de 400 à 500 nouveaux cas de la maladie avant le passage de Matthew. Des réservoirs d’eau souples, des comprimés chlorés et des trousses de produits d’hygiène pour 10 000 personnes avaient préalablement été mis en place avant le passage de l’ouragan. Un autre approvisionnement de ces fournitures sera acheminé dès que l’accès sera possible.

Fort heureusement, les régions qui ont connu le plus grand nombre de cas de choléra en 2016, à savoir Artibonite, les départements du nord et du centre, et Port-au-Prince, ne sont pas celles qui ont été les plus durement touchées par l’ouragan.

Par décret gouvernemental, les écoles resteront fermées jusqu’au 10 octobre. Le retour en classe s’avérera cependant difficile. Des milliers d’enfants qui viennent de commencer leur nouvelle année scolaire font maintenant face à une situation où les écoles sont inondées, détruites ou servent d’abri pour les personnes qui ont perdu leur domicile. La mise en place d’écoles temporaires est une autre tâche à ajouter à notre longue liste de priorités.

À travers tout cela, soutenir la population haïtienne dans ses efforts de reconstruction demeure une attitude profondément ancrée en chaque membre du personnel de l’UNICEF. Les familles haïtiennes ont encore et toujours fait preuve de résilience pour rebâtir leur vie, et trouver des façons et des moyens de protéger leurs enfants malgré les difficultés. Ni le tremblement de terre de 2010 ni l’ouragan Matthew n’ont entamé le courage des femmes, des hommes et des enfants ici. Notre tâche consiste maintenant à les aider à progresser.

 

Le proverbe haïtien Deye mon gen mon se traduit par « derrière les montagnes se cachent d’autres montagnes », ce qui peut être interprété comme une succession de problèmes : une fois qu’un problème est résolu, un autre se présente. Mais cela peut également être perçu comme la vallée qui s’étend derrière chaque obstacle. En prenant cette interprétation en considération, nous ferons de notre mieux pour veiller à ce qu’il y ait une grande vallée verdoyante et à renforcer les capacités de gravir la prochaine montagne.

Merci, mesi anpil.

Cornelia Walther

 

Les petits Haïtiens menacés alors que l’ouragan Matthew s’abat sur le pays

 3 Octobre 2016, un petit garcon et son frere se repose dans une eglise aCroix des Bouquets, attendant l'arrivee de l'ouragan Matthew

3 Octobre 2016, un petit garcon et son frère se reposent dans une église à Croix des Bouquets, attendant l’arrivée de l’ouragan Matthew

 

Haïti, 4 octobre 2016 , un ouragan de catégorie 4 atteint les côtes de l’ île. Tous les Haitiens retiennent leur  souffle et craignent les terribles dommages que pourrait causer Matthew. Parmi eux, 4 millions d’enfants.

« Il s’agit de la pire tempête qu’Haïti ait connue depuis des décennies et les dégâts seront sans aucun doute élevés », a déclaré Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Les maladies transmises par l’eau constituent la première menace qui pèse sur les enfants dans ce genre de situation, notre priorité absolue est de nous assurer que les enfants disposent de suffisamment d’eau sûre. »

Des vents forts et des pluies torrentielles brutalisent l’île et augmentent les risques d’inondations et de glissements de terrain. L’aéroport est fermé et les enfants ont reçu comme instruction de ne pas se rendre à l’école et de rester chez eux, notamment car de nombreuses écoles sont utilisées pour abriter les personnes évacuées.

Haïti se remet encore du tremblement de terre de 2010 et 55 000 personnes vivent toujours dans des abris. La côte méridionale, où l’on prévoit que l’ouragan frappera le plus fort, est l’une des zones les plus pauvres et densément peuplées du pays.

Dans un pays où moins d’une personne sur cinq en zone rurale a accès à un assainissement de qualité et 40 % des personnes s’approvisionnent à des sources d’eau non sûres, on peut craindre que l’ouragan aggrave une situation déjà précaire.

Avec plus de 27 000 suspicions de cas de choléra déjà rapportées cette année, dont un tiers concernerait des enfants, tout dégât aux infrastructures d’eau et d’assainissement ou tout déplacement de population à grande échelle pourrait exposer enfants et familles à un risque de contamination supérieur.

L’UNICEF œuvre pour soutenir la réponse humanitaire du gouvernement. Des fournitures d’importance vitale pour 10 000 personnes sont en place et prêtes à être distribuées aux familles les plus touchées des zones gravement affectées. Elles comprennent des réservoirs souples et des tablettes de chloration, des kits d’hygiène et des moustiquaires.

 

Pensées avant Matthew

prematthew

Dimanche 14 h, heure locale. Je suis à Port-au-Prince, en Haïti, attendant, avec 10 millions de personnes, l’impact d’un nouveau fardeau sur les épaules déjà lourdement chargées de ce pays étonnant.

Il y a 50 ans, le 29 Septembre 1966, le cyclone Inès frappait Haïti. Catégorisées 4 – comme Matthew l’ouragan qui est sur son chemin aujourd’hui – et des vents allant jusqu’à 250 kmh Inès a semé derrière elle, près de 1000 morts, des milliers de blessés et plus de 60.000 personnes sont devenus sans-abri du jour au lendemain. Les dégâts ont été estimés à 20 millions dollars américain, à l’époque.

A l’heure où j’écris, Matthew est situé à environ 335 miles (535 kilomètres) au sud-sud-ouest de Port-au-Prince, voyageant vers le nord-nord-ouest à 5 mph (7 kmh) … Il est l’un des ouragans de l’Atlantique les plus puissants de l’histoire récente. Une fois sur place, il est prévu qu’il déverse jusqu’à 25 pouces (60 centimètres) de pluie dans le sud d’Haïti.

Au cours de ces derniers jours, l’UNICEF a travaillé frénétiquement, main dans la main avec le gouvernement et la communauté humanitaire afin de pré positionner des stocks cruciaux pour 10.000 personnes. L’eau potable est en haut de la liste. Les citernes d’eau prioritaires et les tablettes de chloration ont été livrées aux départements régionaux via la DINEPA (Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’assainissement) du gouvernement.

L’eau potable est le premier produit qui tombe à court en cas d’urgence comme celle-ci. En très peu de temps, cette source de vie peut devenir la cause d’épidémies. Dans un contexte où moins d’une personne sur cinq de la population rurale a accès à un assainissement amélioré, et environ 40 pour cent utilise des sources d’eau non protégées, on peut craindre que l’ouragan aggrave un scénario déjà sombre. Depuis l’épidémie de choléra déclarée en 2010 près de 10.000 personnes sont mortes. Actuellement, il y a plusieurs centaines de nouveaux cas chaque semaine, et un de ces cas sur trois touche un enfant. Des campagnes d’information sur les mesures simples que les individus peuvent prendre pour se protéger contre la maladie (le lavage des mains, chlorer l’eau, etc.) ont été intensifiées et sont en cours dans toutes les zones à risque.

Mis à part la prévention des maladies, les équipes de l’UNICEF sont prêtes à intervenir dans tous les domaines qui touchent au bien-être des enfants. L’objectif est de veiller à ce que les enfants soient protégés contre les dommages. Les droits à l’éducation, la protection, la santé, l’eau et la nutrition ne sont pas suspendu en période de crise, ils pèsent encore plus lourdement.

Il est triste d’anticiper une situation qui est susceptible de causer des souffrances à des milliers de familles, et ne pas être en mesure de faire quoi que ce soit pour l’empêcher. Depuis hier, je reçois mails d’amis qui envoient de l’amour, des pensées et des prières. Ces personnes qui vivent à des milliers de miles d’ici semblent être mieux informées que beaucoup de ceux dont la vie peut changer pour toujours une fois l’Ouragan Matthew passé. Moins d’un Haïtien sur sept accède à l’électricité. Le taux d’alphabétisation varie autour de 60 pour cent. L’accès à l’information reste une denrée rare, et pourtant demain, il peut sauver des vies.

Pour que les gens soient préparés à Matthew, la sensibilisation sur les mesures de protection est en cours, en particulier dans Les Cayes, la zone qui est susceptible d’être la plus touchée. Ici, les agents de protection civile du département (DPC), le personnel du gouvernement et des ONG partenaires de l’UNICEF se promènent dans les rues, exhortant les habitants à préparer des trousses d’urgence, sécuriser leurs maisons et diffusent le message.

En raison de son terrain escarpé Haïti (Ayiti en Taino, la langue des premiers habitants de l’île, se traduit par «terre de hautes montagnes ») est particulièrement vulnérable aux inondations dévastatrices. La déforestation massive au fil des décennies a laissé d’innombrable collines et montagnes dépourvues d’arbres qui retiennent habituellement l’eau. Avec 60 pour cent de la population vivant avec moins de 1,25 $ US par jour, de nombreuses familles vivent dans des maisons qui sont à peine capables de résister à de fortes précipitations. Généralement, elles sont construites en bois avec de l’acier ondulé fragile en guise de toit. Alors que j’entends le vent s’intensifier dehors, mes pensées sont avec les familles qui sentent leurs murs trembler…

Haïti a tant de beauté à partager et tant de courage, que peu importe ses conséquences, Mathieu, ne prendra pas le dessus. Dans les prochains jours et au-delà, nous devons faire tout ce que nous pouvons pour soutenir les enfants haïtiens, les femmes et les hommes, afin qu’ils puissent poursuivre leur chemin.

Merci et mesi anpil

PS: Pour garder l’espoir en cette période d’inquiétude pour Haïti, jeter un œil à notre série Mon Héros, qui présente les forces et le courage des enfants d’Haïti. (Les vidéos sont disponibles en anglais et français)

Par Cornelia Walther

Traduction Julie Harlet

 

 

Renforcer la promotion de l’allaitement maternel est le grand objectif

 

2016-08-07 SMAM 2016- The Rep MV and babies-UNICEF Haiti-Miragoane (18)

Parler de l’allaitement maternel, c’est expliquer ces bienfaits et rappeler comment il peut sauver la vie des enfants.  C’est ensemble que nous pouvons accentuer le plaidoyer pour que les familles, même dans les lieux les plus reculés, soient sensibilisées aux bienfaits de l’allaitement maternel, dans l’objectif d’avoir des enfants en santé et joyeux.

 

2016-08-07 SMAM 2016- Moms and babies-UNICEF Haiti-Miragoane (23)Quel moment plus fort que celui de célébrer la vie ? Car c’est de quoi il s’agit en ces quelques lignes. Parler de l’allaitement maternel, c’est expliquer ces bienfaits et rappeler comment il peut sauver la vie des enfants.

La Semaine mondiale de l’allaitement maternel en 2016 fait le lien entre l’allaitement maternel et les objectifs de développement durable. Comme l’indique le thème mondial « L’allaitement maternel: une clé pour le développement durable ».

L’allaitement maternel est largement reconnu comme étant le meilleur mode d’alimentation des nourrissons.  Tant pour la santé de l’enfant que pour celle de la mère. Car le lait maternel apporte des substances qui sont en termes de nutrition parfaites pour les bébés humains, et qui les protègent des maladies.

Malgré une assez bonne connaissance des bienfaits de la nutrition, cette ressource n’est pas utilisée à son niveau optimal. En effet, selon les  dernières données « d’EMMUS V » bien que 97% des enfants aient été allaités  au sein, seulement 47% d’entre eux ont été mis au sein dans l’heure qui a suivi la naissance et, par ailleurs, pas plus de 40 % ont été allaités exclusivement pendant les six premiers mois.

2016-08-07 SMAM 2016- The Rep MV and babies-UNICEF Haiti-Miragoane (7)La promotion de l’allaitement maternel a donc été retenue comme un axe important de la stratégie de communication pour la nutrition élaborée en 2013, ce dans le souci d’augmenter la mise au sein dans l’heure qui suit la naissance et également le taux d’allaitement exclusif pendant les six premiers mois de vie. Les efforts ont permis d’allaiter près de 500 000 enfants exclusivement au sein entre 2013 et 2016.

Les chiffres sur la nutrition de manière globale nous incitent à redoubler d’efforts : 1 enfant sur 10 de moins de 5 ans souffre d’insuffisance pondérale (11%), 1 enfant sur 5 est affecté par la malnutrition chronique (22%), 1 enfant sur 20 présente les signes de malnutrition aiguë sévère (5%).

L’allaitement maternel peut jouer un rôle considérable dans l’amélioration de ces chiffres. Et une approche intégrée pourra nous permettre d’augmenter le taux de la nutrition.

2016-08-07 SMAM 2016- Moms and babies-UNICEF Haiti-Miragoane (8)L’UNICEF supporte le gouvernement haïtien dans son effort de rendre les enfants d’Haïti beaucoup plus en santé.  Nos actions sur le terrain et aux côtés des différentes instances étatiques vont dans ce sens. Et ces actions pour l’année en cours et celle qui vienne s’appuient sur trois grands axes :

  • Renforcer la stratégie pour l’éradication de la malnutrition avec un focus sur deux départements ; Grande Anse et Sud-Est.
  • Plaidoyer pour l’augmentation du budget du gouvernement sur la nutrition, avec le Ministère de l’Economie et des Finances (MEF).
  • Soutien à l’exploration des possibilités de financement supplémentaires (SUN, REACH, 11ème FED) pour supporter le gouvernement.

Nous voulons que l’impact de la sensibilisation sur l’allaitement maternel soit durable et qu’il soit répercuté à travers tout le pays. Et dans ce sens, le rôle de nos amis de la presse est considérable dans la vulgarisation de ces informations.

C’est ensemble que nous pouvons accentuer le plaidoyer pour que les familles, même dans les lieux les plus reculés, soient sensibilisées aux bienfaits de l’allaitement maternel, dans l’objectif d’avoir des enfants en santé et joyeux.

 

Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti