La protection de l’environnement par Malena 17 ans de Cuba

 Malena Beltran Puebla nous fait part de son ressenti quant à la prévention du réchauffement climatiques et ses effets destructeurs.

Lire la suite

Jean Jean Roosevelt sensibilise les plus jeunes en rythme

En cette Semaine de l’Enfant Haïtien, UNICEF Haïti est heureux d’être aux côtés de Jean Jean Roosevelt pour la sortie de son album « Jean Jean des Petits : Formons les citoyens de demain ». Cet album, contenant 10 titres, a pour but de sensibiliser les plus jeunes au regard de thématiques comme la citoyenneté, la protection de l’environnement ou bien la santé. Dans les prochains jours nous allons publier gratuitement progressivement l’intégralité de l’album. Commençons dès aujourd’hui avec « Ne Gaspillez pas l’eau ! ».

Lire la suite

Besoin de soutien à long terme pour les victimes de Matthew

Yoon Jeong Na, Spécialiste des rapports et de la mobilisation des ressources à UNICEF Haïti, nous raconte avec émotions sa visite des départements touchés par l’Ouragan Matthew en Octobre dernier.  Lire la suite

Sensibilisation dans les écoles pour combattre le choléra

En réponse aux flambées de choléra, beaucoup d’actions ont été menées au sein des communautés. Les actions de sensibilisation des différents agents de terrain, la prise en charge des cas suspects de choléra, le cordon sanitaire autour des maisons contaminées, la diffusion en masse de message surtout aux moments critiques, permettent de lutter contre la maladie au sein de la population. Lire la suite

Flambée de Choléra à Titanyen

Le comité d’investigation de l’Ouest, composé de membres de la DINEPA, du MSPP, d’UNICEF, de l’OMS et de plusieurs ONG, nous rapporte une flambée de choléra ayant eu lieu début Mai touchant la localité de Titanyen et ses alentours.

Lire la suite

2ème édition du concours de dessins Sûrtab Education

Pour la deuxième année consécutive, Sûrtab Education participe à la réalisation d’un concours de dessins réunissant des élèves de 6 à 14 ans afin de sensibiliser la société sur des thématiques bien spécifiques concernant l’avenir de leur communauté. UNICEF Haïti est très heureux de pouvoir compter parmi les partenaires de cette initiative très enrichissante. Lire la suite

Renforcer la prévention du Choléra Après Matthew

400 000 personnes[1], dont des enfants, ont bénéficié de l’accès à l’eau potable, avec l’appui de l’UNICEF et de ces partenaires dans le cadre de la réponse post-Matthew, d’octobre 2016 au mois d’avril 2017. Ces projets sont implémentés dans les départements du Sud et de la Grand’Anse, grâce au aux financements de bailleurs tels que le Département du Royaume-Uni pour le Développement International DFID et la Commission Européenne d’Aide Humanitaire et de Protection Civile (ECHO) ainsi que les gouvernements japonais, australiens, norvégiens et suédois.

Le système de distribution d’eau potable à la Savanne

 

Il est 11 h du matin. Le soleil est presqu’à son zénith. Quelques habitants de La Savanne défilent devant son unité de traitement d’eau alignant leurs gallons et seaux vides. Pas de bousculade, chacun attend son tour dans la discipline. L’ambiance est conviviale, meublée de discussions sympathiques et de rires.

Les femmes et les adolescentes sont majoritaires à venir s’approvisionner aux robinets de l’unité de traitement d’eau de la Savanne. On retrouve aussi plusieurs hommes, qui se mêlent aux conversations.

« Je viens puiser l’eau à ces robinets tous les jours, parce qu’elle est traitée. Après l’ouragan Matthew, plusieurs personnes du quartier ont contracté le choléra. Heureusement, ils ont pu bénéficier des soins médicaux nécessaires à temps. », explique Blaise, un riverain.

Le quartier la Savanne fait effectivement partie des communautés qui ont connu une résurgence des cas de choléra, suite au passage de l’ouragan Matthew le 3 et 4 octobre 2016.  Le nombre de cas de choléra enregistrés, dans le Sud, s’élevait à 500  au cours de la semaine du 9 au 15 octobre[1], selon le ministère de la Santé Publique et de la Population. Ce nombre a considérablement diminuer pour passer à 37 pour le même département au cours de la semaine du 25 au 31 décembre 2016[2].

 

les riverains venant puiser de l’eau

Le réservoir du Centre Technique d’Exploitation CTE des Cayes à la Savanne est dysfonctionnel depuis une quinzaine d’années

 2000 gallons d’eau distribués par jour 

La Savanne est l’un des plus grands quartiers de la ville des Cayes, qui compte 70 000 habitants selon les estimations de l’Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatique IHSI en 2015[3].

Les techniciens de l’unité de traitement d’eau témoignent d’une affluence considérable de bénéficiaires aux robinets de l’Unité de traitement d’eau : « Nous nous assurons que l’eau soit disponible dès 8 heures du matin, c’est à ce moment-là que les gens commencent à venir, généralement. Ils s’approvisionnent pendant toute la journée, avec une plus grande affluence le matin et le soir. Nous distribuons 2000 gallons d’eau par jour. L’eau est toujours traitée avant la distribution. », explique l’un des techniciens.

Ce projet d’unité de traitement d’eau est implémenté dans le quartier la Savanne par l’ONG Water Mission avec l’appui de l’UNICEF, à travers un financement, accordé par la Commission Européenne d’Aide Humanitaire et de Protection Civile (ECHO).

Il a permis d’installer d’autres unités de traitements d’eau dans les communautés affectées par l’ouragan Matthew dans les départements du Sud et de la Grand’Anse, notamment dans les villes de Port Salut et Les Anglais (11 800 habitants[4]), ainsi que sur la zone côtière de la ville des Cayes (Plage de Gelée) et d’autres encore.

Ce projet a également favorisé des activités de sensibilisation et de promotion à l’hygiène, ainsi que des suivis continus pour maintenir la qualité de l’eau desservie quotidiennement aux bénéficiaires.

 

[1] Profil statistique Cholera 2016 – SE52 : http://mspp.gouv.ht/site/downloads

[2] Profil statistique Cholera 2016 – SE41 : http://mspp.gouv.ht/site/downloads

[3] 2015, IHSI Institut Haïtien de Statistiques et d’Informatiques : http://www.ihsi.ht/pdf/projection/Estimat_PopTotal_18ans_Menag2015.pdf

[4] Idem

 

[1] https://www.unicef.org/appeals/files/UNICEF_Haiti_Humanitarian_Situation_Report_April_2017.pdf

Six mois plus tard : l’ouragan Matthew a bouleversé la vie de 1,1 million d’enfants en Haïti

Haïti, Les Cayes, 26 avril 2017 – Le 4 octobre 2016, Matthew, un ouragan de catégorie 4, a frappé Haïti. Depuis, les enfants des départements les plus touchés par l’ouragan, la Grand’Anse et le Sud, vivent dans une situation de douleur et de destruction que personne ne devrait avoir à supporter. Nombre d’entre eux ont assisté à la destruction de leurs maisons et de leurs écoles, et comme leurs familles ont perdu tout moyen de subsistance, la faim et la maladie s’invitent régulièrement chez eux. Pourtant, une lueur d’espoir a éclairé leur chemin : le courage de leurs parents et des personnes qui étaient là pour les aider.

UNICEF PORT SALUT Wilson et Bradley avec leur futur jardin

Wilson et Bradley avec leur futur jardin

Sous la direction du gouvernement haïtien, l’UNICEF et ses partenaires sont engagés dans une course contre la montre depuis le début de la catastrophe pour fournir aux familles de l’eau propre et rétablir, peu à peu, l’accès à l’éducation, aux services de santé et de protection. L’ouragan Matthew a rendu 2,7 millions de personnes tributaires d’une assistance : autant que l’ensemble de la population jamaïcaine ![1] La tâche est titanesque. Les donateurs du monde entier se sont empressés d’apporter une aide rapide et généreuse à l’urgence ; Malheureusement, au vu des énormes besoins et de la longue liste des crises qui touchent la planète, notamment en Syrie, au Sud-Soudan, au Yémen et dans tant d’autres pays, les contributions n’ont pas tardé à diminuer.

Au début du mois d’avril, six mois après le passage de Matthew, je suis retournée dans certains des endroits les plus durement touchés. L’espoir et la tristesse, la colère et la curiosité m’envahissent alors que je constate ce qui a ou n’a pas changé.

 

« Tous les enfants devraient avoir suffisamment à manger, recevoir une protection et tout le reste »

Matthew a détruit les jardins et le bétail de plusieurs milliers de familles. Alors que les conséquences réelles de la perte de 70 à 90 % des récoltes commencent à se faire sentir, on s’attend à une augmentation du taux de malnutrition au cours des prochains mois. Depuis le passage de l’ouragan Matthew, 80 000 enfants ont fait l’objet d’un dépistage de la malnutrition dans les départements du Sud et de la Grand’Anse ; les enfants diagnostiqués ont reçu des aliments thérapeutiques dans les centres de traitement financés par l’UNICEF. « Tous les enfants devraient avoir suffisamment à manger, recevoir une protection et tout le reste », déclare Rosemène, 17 ans, une habitante de Léon, communauté de la Grand’Anse durement touchée par Matthew. « Pourtant, ce n’est pas le cas. »

UNICEF MATTHEW Palmiers détruits par Matthew

Palmiers détruits par Matthew

Dans un contexte d’urgence, les enfants sont encore plus vulnérables aux maladies que dans des conditions normales. Pour les protéger, l’UNICEF a organisé des campagnes de vaccination à grande échelle contre le choléra, la rougeole et la rubéole, maladies les plus fréquentes et mortelles. Des cliniques médicales mobiles ont réalisé plus de 80 000 consultations, à la fois dans les zones où les installations étaient trop endommagées pour fournir des services aux habitants et dans celles éloignées et difficiles d’accès. Cependant, l’urgence immédiate est maintenant passée et ces cliniques ont fermé ; les familles dépendent à nouveau des centres de santé locaux, où soins et médicaments sont payants alors que beaucoup d’entre elles n’ont pas d’argent. L’UNICEF se trouve dans une situation rendue encore plus compliquée en raison des dégâts subis par l’unité d’entreposage réfrigérée des vaccins lors de l’ouragan : cet entrepôt desservait les deux départements et n’a pas encore été remplacé.

Selon une étude menée aux Cayes par l’ONG Acted, 60 % des personnes vivant dans les zones touchées utilisent encore un puits pour s’approvisionner en eau destinée à la consommation ; 35 % disposent de robinets privés. À la suite d’une catastrophe, l’eau propre est essentielle à la prévention des épidémies, notamment du choléra. Depuis l’ouragan, l’UNICEF et ses partenaires ont permis à 400 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable tous les jours. Avec l’amélioration de la situation globale, le nombre de réservoirs d’eau traditionnels et souples a été réduit et les efforts se concentrent désormais sur les régions éloignées qui continuent de souffrir d’un accès limité à l’eau potable. « Nous avons besoin d’aide dans tous les endroits du pays, » déclare Chansina, 14 ans, une habitante de Roseaux, dans le département de la Grand’Anse.

90 000 enfants ont dû interrompre l’école en raison  de l’ouragan

Depuis l’ouragan, l’UNICEF a augmenté le nombre d’équipes d’intervention rapide de choléra de 46 à 88 à l’échelle nationale. Selon le ministère de la Santé publique et de la Population (MSPP), au cours des dix premières semaines de l’année 2017, environ 3 585 cas suspects de choléra ont été signalés, contre plus de 9 400 pour la même période en 2016, ce qui indique des progrès significatifs vers l’objectif d’élimination du choléra en Haïti.  Cependant, bien que le nombre de cas suspects de choléra dans le Sud et la Grand’Anse soit passé de 49 %, en octobre 2016, à 4 %, en mars 2017, le risque posé par l’épidémie reste bien réel. Pour l’éliminer, l’UNICEF et ses partenaires allient une augmentation des équipes d’intervention rapide à une surveillance épidémiologique et à une vaccination ciblée dans les zones à haut risque.

Selon les estimations, 490 000 enfants ont dû interrompre l’école en raison des répercussions de l’ouragan. Avec ses partenaires, l’UNICEF a rendu possible la remise en état de 75 écoles et permis à plus de 20 000 écoliers de reprendre l’école ; la remise en état de 34 écoles supplémentaires est en cours et celle de 65 autres est prévue. Des centaines de salles de classe ont été équipées de pupitres et tableaux noirs. Cependant, sur les 150 000 enfants ciblés par le secteur de l’éducation, plus de 100 000 n’ont toujours pas la possibilité d’accéder au système éducatif aujourd’hui. « J’aurais vraiment aimé pouvoir aider les gens de ma communauté, leur apporter ce dont ils ont besoin, mais je n’en ai pas les moyens. Un enfant a besoin de recevoir une éducation, » déclare Isma, 17 ans, originaire de Marcfranc, dans le département de Grand’Anse.

« Quand on essaie de parler, les adultes nous disent de nous taire parce qu’on est des enfants, »

La situation créée par Matthew a augmenté le risque de violence, d’exploitation et d’abus pour environ 125 000 enfants. Aujourd’hui, malgré les progrès en cours, plus de 7 000 personnes vivent encore dans des logements provisoires. « Quand on essaie de parler, les adultes nous disent de nous taire parce qu’on est des enfants, » explique Rodley, 12 ans, originaire de Jérémie, département de la Grand’Anse. 6 000 mineurs non accompagnés ou séparés de leurs familles ont été accueillis dans des structures provisoires et ont bénéficié d’une aide au regroupement familial, alors que 4 600 parents ont reçu l’assistance de travailleurs sociaux afin d’éviter l’éclatement des familles. Près de 9 000 enfants ont eu accès à des activités de loisir et de soutien psychosocial dans des espaces amis des enfants. Par manque de ressources et de perspectives, les familles choisissent souvent d’envoyer leurs enfants chez des parents plus aisés, ou même chez des étrangers, afin qu’ils y travaillent comme domestiques, dans l’espoir qu’ils puissent gagner leur vie et aller à l’école. Déjà avant le passage de l’ouragan, la pauvreté et le manque de services sociaux de base poussaient de nombreuses familles à emprunter cette voie (d’après les estimations, un enfant sur cinq ne vit avec ses parents biologiques en Haïti) et l’ouragan a aggravé cette sombre réalité…

Un quartier de Coteaux 

Un quartier de Coteaux

Des améliorations bien réelles sont perceptibles, mais il reste tant de défis à relever. Près de 700 000 hommes, femmes et enfants ont bénéficié d’au moins une des interventions de l’UNICEF au cours des six derniers mois. Un résultat qui pourrait inspirer, sinon de la fierté, du moins une satisfaction ; oui, mais voilà, ces chiffres semblent bien dérisoires face à l’immensité des besoins persistants.

Avant Matthew, certaines familles survivaient avec 2 $ par jour, achetant et vendant des produits de base ou cultivant leurs terres. Aujourd’hui, elles se débrouillent grâce à l’aide de leurs amis ou de leur famille et vivent au jour le jour, dans la plus grande précarité.

 

Chacun d’entre nous, à son niveau, peut apporter sa contribution

« Je n’ai jamais été sans travail, mais j’espérais mieux réussir pour pouvoir offrir une vie meilleure à mon fils. Je voulais qu’il devienne médecin », me raconte Nelsi Kechni, 26 ans, qui vit avec sa femme Luma, 24 ans, à Arnique, à environ 20 minutes de route des Cayes. Leur fils est né un mois après que l’ouragan Matthew a emporté leur maison. Ils ont trouvé refuge chez un voisin. C’est toujours là qu’ils vivent aujourd’hui, logés sous le même toit que 20 autres personnes qui ont également tout perdu. Tout le monde apporte sa contribution, agriculteurs ou conducteurs de taxi, et quand il y a de la nourriture, tout le monde en profite. À Port-Salut, je m’entretiens avec Wildel Pierre, 65 ans. Après la destruction de sa maison par l’ouragan, lui et ses quatre enfants et quatre petits-enfants ont trouvé refuge dans le quartier. Comme ses terres ont été ravagées et ses animaux tués, aujourd’hui il survit de la charité de ses amis et d’un homme politique local. « C’est terminé, maintenant », dit-il tristement. À ses petits-enfants, Wilson et Bradley, 5 et 6 ans respectivement, reste l’espoir du jeu. Entre les décombres de leur maison, ils ont commencé à planter. « Je veux un grand jardin avec beaucoup d’arbres », explique Bradley.

Les histoires comme celles de Wildel et Nelsi ou de Wilson et Bradley, se perdent dans la masse, telles les grains de sable qui recouvrent cette magnifique côte dont l’absurde beauté tranche avec la souffrance quotidienne. Elles illustrent la nécessité vitale de s’engager à long terme dans le développement. Aujourd’hui, pour répondre aux besoins, il faut investir dans les infrastructures et l’agriculture, et donner accès à des services sociaux durables. Pour y parvenir, l’engagement de tout un chacun est nécessaire. Il appartient au gouvernement haïtien, épaulé par les familles haïtiennes, de trouver une solution à ce problème. Chacun d’entre nous, à son niveau, peut apporter sa contribution pour concrétiser cet objectif.

Cornelia Walther, Chef Communication UNICEF Haïti

Traduction : Cendrine Strevens

[1] 2,81 millions – Source : http://www.worldometers.info/world-populatioan/population-by-country/

 

5 questions avec Schola en Haïti

Scholastica Madowo, la Présidente de l’Association Globale du Personnel de l’UNICEF s’est rendue en Haïti du 11 avril au 13 avril. Nous avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions à la fin de sa visite.

UNICEF HAITI: Schola, c’est la première fois que vous vous rendez en Haïti. Que pensez-vous de votre visite de trois jours dans le pays?

Schola: C’est ma première fois en Haïti. Avant cela, la seule expérience que j’avais était celles des images que j’avais vues sur la destruction du pays … Depuis que je suis  ici,  je vois que c’est un pays qui se débrouille bien malgré cette destruction. Je vois que les Haïtiens sont très résilients.

UNICEF HAITI: Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marquée lors de vos rencontres et réunions avec le personnel d’UNICEF Haïti et  dont vous souhaitez parler aujourd’hui?

Schola: Ces trois jours ont été très intenses. J’ai rencontré autant de personnes que mon agenda l’a permis. Si je dois choisir un moment en particulier, je pense à ce matin. Nous étions en réunion et l’assistante de programme allaitait son bébé dans la salle de conférence. La réunion se déroulait sans problème. C’est formidable de  voir cela à l’UNICEF. Comme il est agréable pour cet enfant de grandir dans cet environnement! Et qui sait, il pourrait être le prochain Tony Lake ?

«Quand il y a beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde»

UNICEF HAITI: Un proverbe haïtien que nous aimons particulièrement ici au bureau souligne l’importance de travailler main dans la main avec nos partenaires, avec le gouvernement et avec l’ensemble du bureau de l’UNICEF. Il dit  « Men anpil, chaj pa lou» qui pourrait être traduit par «Quand il y a beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde». Schola, vous avez 21 ans d’expérience professionnelle avec l’UNICEF dans le bureau de pays du Kenya ainsi que dans le bureau régional de l’Afrique orientale et australe. Est-ce que ce proverbe vous parle ?

 UNICEF Haiti/2017/JulieHarlet Schola rencontre l’équipe de chauffeurs du bureau de l’UNICEF en Haïti

UNICEF Haiti/2017/JulieHarlet
Schola rencontre l’équipe de chauffeurs du bureau de l’UNICEF en Haïti

Schola: Nous avons le même proverbe dans mon pays. Il est très vrai. À l’UNICEF aussi, ce proverbe est juste. Chaque bureau de pays a des objectifs et des résultats pour le pays. Tous ces résultats pour les pays sont mis ensemble pour les résultats régionaux. Même si nous ne le voyons pas, chaque action, même celle qui semble la plus petite, a sa place dans la chaîne de résultats. Chaque action faite ici aux Cayes ou à Jérémie contribue aux résultats du pays, aux résultats régionaux et devient une partie des résultats globaux de l’UNICEF. Nous ne le voyions peut-être pas, mais nous devons nous rappeler que ces grands résultats de l’UNICEF viennent de toutes ces personnes dans le monde qui travaillent ensemble.

 

«Un enfant est un trésor»

UNICEF HAITI: Un autre proverbe haïtien que nous aimons particulièrement citer est «timoun se richès», qui pourrait être traduit par «un enfant est un trésor». En tant que Président de l’Association Globale du Personnel de l’UNICEF, avez- vous un commentaire?

Schola: Encore une fois, ce proverbe dit vrai. Les enfants sont notre héritage. Tout ce que vous chérissez  et dont vous prenez bien soin peut devenir de l’or. Les enfants sont la ressource la plus importante au monde. Nous devons prendre soin de tous les enfants du monde car ils sont notre meilleur espoir pour l’avenir.

Nous étions des enfants autrefois. Nous sommes ici aujourd’hui parce que quelqu’un a pris soin de nous, quelqu’un s’est assuré que nous avions assez de nourriture,  nous a emmené à l’école, quelqu’un  s’est préoccupé de notre bien-être. Maintenant, nous sommes en mesure de changer le monde et de construire une société meilleure. Nous sommes en mesure de prendre soin des enfants et de leur assurer de bonnes conditions pour prospérer. Si nous voulons un Haïti meilleur, alors nous devons prendre soin des enfants.

Siéger à l’Association Globale du Personnel a élargi mon point de vue. Désormais, je  vois chaque membre du personnel comme l’un de mes enfants. Ma mission est d’écouter et de prendre soin de tous.

«Derrière les montagnes, il y a d’autres montagnes»

UNICEF HAITI: Dernière question et dernière occasion de vous proposer l’un de nos proverbes haïtiens, « dèyè mòn gen mòn» ou « derrière les montagnes, il y a d’autres montagnes», qui fait référence à la succession de défis que nous rencontrons dans la vie. Dès que l’un est résolu, un autre apparaît. Il y a toujours un nouveau défi. Cela vous inspire-t-il dans votre travail quotidien en tant que présidente de l’Association Globale du Personnel ? Si oui, pouvez-vous nous dire comment?

 UNICEF Haiti//MarcVincent GSA Chair Schola Madowo 2017with Haiti Staff Association Chair Fabienne Bertrand

UNICEF Haiti//MarcVincent
GSA Chair Schola Madowo 2017with Haiti Staff Association Chair Fabienne Bertrand

Schola: En fait, oui! Pour moi, s’il n’y a pas de défis, il n’y a pas de valeur ajoutée. Les challenges ne finiront pas, ils se succèderont. Dans mon travail, j’en suis satisfaite car s’il n’y a plus de challenges,  je n’ai pas de travail.

D’après mon expérience, à  l’UNICEF, les défis ne cessent jamais parce que nous avons des objectifs, des cibles et que nous planifions beaucoup d’activités. Dès qu’un objectif est atteint, c’est un autre que nous visons et que nous devons atteindre. Le monde bouge, change et évolue. Notre vie et notre travail aussi.

Une fois assis à nos bureaux, nous devons pouvoir trouver une satisfaction dans ce que nous devons faire dans l’instant présent et éviter de vivre dans le passé. Une fois que quelque chose est atteint, passons aux autres choses. À l’Association Globale du Personnel, je fais de mon mieux chaque jour. Quand je réponds à tous mes e-mails, je suis satisfaite, mais je sais que cette boîte de réception sera à nouveau remplie le lendemain et j’apprécie cela.

J’ai beaucoup apprécié entendre parler de l’initiative « Poze » que le bureau de pays d’Haïti est en train de tester et développer  pour aider les membres du  personnel à faire face au stress dans leur vie en construisant leur Pleine Conscience, leur motivation et leur bien-être. La Pleine Conscience  n’est pas seulement un excellent moyen d’apprécier le moment présent, c’est aussi un moyen de travailler sur l’intention. Il est bon de prendre un moment pour reconnaître que vous avez fait du bon travail (même si personne ne vous le dit). Il est bon de reconnaître que vous faites un excellent travail. Il est bon de prendre le temps de vous remercier et d’apprécier votre travail et vos résultats. Ce moment d’appréciation peut vous aider à apprécier encore plus le prochain défi, cette prochaine «montagne» qui vous attend.

Propos recueillis par  Julie Harlet,

Officier  de Communication UNICEF Haïti

Antine Legrand raconte le parcours qui l’a menée de la RDC jusqu’en Haïti

En 2014, Antine Legrand a participé au sixième groupe de l’initiative de promotion des nouveaux talents (NETI) en tant que responsable du suivi et de l’évaluation, à Kinshasa. Après obtention du diplôme délivré par ce programme, Antine a commencé à travailler comme responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti, où elle continue à développer ses compétences et à en apprendre toujours plus sur elle-même, sur l’UNICEF et le remarquable travail dont cette organisation est capable, même soumise à une forte pression.

Son histoire reflète celle de nombreux participants NETI et de collègues de l’UNICEF : elle raconte la volonté d’apprendre, encore et toujours, et de développer ses compétences ainsi que de s’engager pleinement dans la défense des droits de chaque enfant.  

 

Quelles sont les raisons à l’origine de votre carrière à l’UNICEF ?

M’engager pour la cause des enfants dans le monde entier, particulièrement en situation d’urgence. L’image très positive que j’avais de l’UNICEF a également joué. Avant de rejoindre l’UNICEF, j’étais spécialiste de l’éducation pour une banque internationale de développement et je travaillais en étroite collaboration avec mes confrères de l’UNICEF. Il s’agissait de personnes intelligentes et gaies, entièrement dévouées à leur travail.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à suivre le programme NETI ?

Un ami, qui faisait partie du deuxième groupe, m’a raconté son expérience. Il a adoré le programme, de bout en bout, et me l’a très bien vendu ! J’avoue que NETI n’était pas le seul programme ciblant de jeunes professionnels pour lequel j’avais postulé, atteignant un stade assez avancé du processus de sélection.  Mais, pour celui-là seulement, je savais réellement comment ça se passait de l’intérieur et c’était l’une des candidatures pour laquelle j’éprouvais le plus d’enthousiasme.

À mon avis, ce programme comporte d’énormes avantages, tels que l’accompagnement personnalisé et le mentorat, la prise de responsabilités et l’expérience directe ainsi que la réputation de l’initiative NETI au sein de l’organisation. Mais c’est une épée à double tranchant : les attentes sont élevées et vos résultats devront être à la hauteur. Le programme NETI est un très bon moyen de développer ses compétences à la fois professionnelles et personnelles.

 

UNICEF Antine ( à droite ) et des collègues du NETI

Antine ( à droite ) et des collègues du NETI © Gabriel Vockel, UNICEF/DRC, 2015

Quel rôle le programme NETI a-t-il joué dans votre progression de carrière ?

L’initiative NETI m’a aidé à la fois pendant et après le programme. Pendant, le programme m’a aidé à me repérer bien plus facilement dans mon nouveau poste et mon nouvel environnement, c’est évident. D’abord, les étudiants NETI bénéficient d’un accompagnement et puis leur seule appartenance à ce programme leur assure un soutien.

 

Je pense également qu’on est perçu différemment par la direction quand on porte l’étiquette NETI. Je travaillais dans un très grand bureau de pays, et faire partie d’un groupe NETI m’a permis de sortir du lot. Après le programme, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour un poste de classe P-4 presque immédiatement après la fin de mon affectation dans le cadre du NETI. Le programme a été un réel accélérateur de carrière, je suis passée d’un poste NETI de classe P-2 à mon poste actuel, de classe P-4, en seulement deux ans : je crois que c’est assez rare.

 

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans le programme NETI ?

Tout d’abord, la phase d’orientation à New York et le sentiment d’appartenir à un groupe, ce qui permet de se faire des amis pour la vie en l’espace de trois semaines, d’avoir un réseau vers lequel se tourner lorsque des problèmes surgissent au travail, de garder le contact et s’entraider. Tous les trimestres, environ, nous organisons une session Skype qui couvre 3 continents. La communication est difficile parce que tout le monde est tellement excité de parler, mais c’est amusant !
Ensuite vient l’accompagnement. Moi, j’ai trouvé que c’était très utile, et ça l’est toujours. Je ne l’aurais jamais fait de moi-même en raison du coût et parce que je pensais que ça ne me plairait pas de parler à un étranger de mes problèmes professionnels. Mais j’ai trouvé ça très intéressant. Ça m’a encouragé à réfléchir et à apprendre à développer un esprit critique. Je ne sais pas trop quelle aurait été mon expérience sans, mais j’ai l’impression que ça m’a beaucoup aidé.

 

Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué au cours du programme NETI ?

La phase d’orientation de trois semaines et demie, à New York, pendant laquelle j’ai appris à connaître les talentueux participants au programme, à apprendre de nouveaux concepts et à passer quelques nuits blanches. Je suis passée par toutes sortes d’émotions, de l’excitation à l’anxiété. Pendant que nous nous préparions à être déployés, nous avons rencontré la haute direction et noué des relations solides avec toutes les personnes appartenant au programme NETI : collègues, étudiants et équipe. Dans le même temps, nous devions également nous rendre dans divers endroits pour nous faire vacciner et obtenir des visas. Cette période de transition s’est révélée intense, stimulante, éducative et enrichissante. Ce sont des moments de vie que j’apprécie vraiment. Ils sont rares et précieux !
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un intéressé par le programme NETI ?

Posez votre candidature. Ne soyez pas effrayés par l’énormité du nombre de candidats qui se présentent : des milliers pour seulement 15 à 20 places. Ça vaut la peine d’essayer.

 

Quel conseil souhaiteriez-vous donner aux participants en train de construire leur carrière ?

Ils n’ont pas besoin de conseils ! Tous ceux que je connais sont parfaitement capables de mener à bien leur projet. Ce sont des gens intelligents, proactifs, rationnels et engagés ; c’est pourquoi je suis très fière d’en faire partie et espère pouvoir en rencontrer davantage au cours de ma carrière à l’UNICEF.

En quoi consistaient vos responsabilités quotidiennes dans le cadre de votre affectation NETI ?

J’occupais un poste de chargé de suivi et évaluation dans le Bureau de pays en République démocratique du Congo (RDC). Cela signifie que je travaillais à la planification et au suivi des programmes, à la définition des indicateurs, à l’amélioration des méthodes de recueil des données et de communication des résultats. C’est loin d’être facile en RDC où les données sont soit inexistantes, partielles ou souvent peu fiables. Mais c’est également très intéressant : la RDC fait la taille de l’Europe occidentale et c’est l’un des plus grands bureaux de pays de l’UNICEF au monde. On y trouve plusieurs niveaux d’organisation à travers les différents bureaux desservant Kinshasa, les zones, les provinces, ainsi que des antennes sous-provinciales. Comme vous pouvez l’imaginer, cela complique singulièrement le travail des planificateurs et des personnes chargées du suivi des résultats.
Ma tâche quotidienne consistait à m’occuper de feuilles de calcul Excel, mais aussi à me rendre dans des centres de santé et à assister à la remise de sacs à dos de l’UNICEF aux enfants en prévision de l’année scolaire. Les occasions d’échanger avec les bureaux extérieurs, de renforcer les capacités et de soutenir le travail de l’UNICEF ne manquaient pas. Je garde de très bons souvenirs des moments passés avec mes collègues dans l’est du Congo. Les missions sur le terrain et le travail avec les partenaires sont des expériences très intéressantes et même passionnantes. À ce titre, le suivi et l’évaluation jouent un rôle très important dans l’amélioration des méthodes de travail de l’UNICEF.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
J’occupe le poste de responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti depuis un peu plus de six mois maintenant. Je suis arrivé alors que le nouveau programme de pays sur 5 ans était en cours de définition. Quelques mois plus tard, nous devions tous faire face à une situation d’urgence majeure suite au passage de l’ouragan Matthew. J’ai donc beaucoup appris sur les capacités de l’organisation à produire des résultats lorsque la situation l’exige.
J’en apprends un peu plus tous les jours sur mes propres capacités à réaliser des tâches que je n’aurais jamais pensé faire, sur la façon de diriger une équipe, sur les participants NETI venus pour soutenir le Bureau de pays d’Haïti après le passage de l’ouragan, sur le dévouement de mes collègues et sur l’incroyable chance qui m’est donnée de travailler avec eux.  Mon avenir consistera à faire de mon mieux pour apporter mon soutien à l’action de l’UNICEF dans ce pays, à mes collègues et à nos partenaires.

UNICEF via ICON

Traduction : Cendrine Strevens