Marianne, 12 ans, agent du changement

Haïti a le plus faible taux de couverture en assainissement sur le continent américain avec une moyenne nationale de 26 %. Les zones urbaines et rurales ont respectivement 48% et 16% de taux de couverture. En réponse à ces faibles taux de couverture d’assainissement et ces mauvaises pratiques d’hygiène, UNICEF et Plan Haïti, en partenariat avec la DINEPA (Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement), le MSPP (Ministère de la Santé Publique et de la Population) et ses partenaires proposent de mettre en œuvre une nouvelle approche appelé l’ACAT (Approche Communautaire pour l’Assainissement Total).

C’est une approche intégrée qui consiste à encourager la communauté à analyser leur propre situation en matière d’hygiène et d’assainissement. Une fois initié, l’ACAT déclenche une action immédiate des communautés, les familles construisent des toilettes selon leurs moyens, ou partagent des toilettes afin de devenir une localité sans défécation à l’air libre à 100%. Dans le cadre de cette initiative, Marianne, une petite fille très courageuse a su être un agent de changement dans sa communauté

PHOTO POUR WEB

Marianne en blanc, avec 3 de ses soeurs

Marianne a 12 ans, elle habite dans la localité de Plotier avec ses parents, ses six frères et sœurs et sa grand-mère maternelle. Dans cette localité, très peu de familles disposent d’une latrine et la majorité des habitants pratiquent la défécation à l’air libre. Cette situation va connaitre un tournant, le jour où l’équipe de Zanmi la santé réalise un déclenchement dans le cadre de la mise en œuvre de l’approche ACAT. Néanmoins, le papa et la maman de Marianne, ne se sentant pas concernés par la situation, n’avaient pas participé au déclenchement.                                                                                                                                    

En revanche, par curiosité, Marianne et ses frères et sœurs s’étaient joints à quelques enfants de la communauté et a pu ainsi participer au déclenchement pour enfants. Marianne a particulièrement retenu une chanson apprise par l’animatrice « Je ne veux plus faire mes besoins par terre, je veux utiliser une latrine pour déféquer ». Marianne fredonnait la chanson sur la route qui la conduisait à son domicile et, arrivée à la maison, expliquait à ses parents ce qu’elle venait d’apprendre.

Les parents, se montrant toujours peu concernés, continuaient à déféquer à l’air libre, en dépit des visites d’encouragement réalisées par les leaders naturels, membres du comité d’assainissement et l’agent Wash. Cependant, Marianne n’avait pas dit son dernier mot. A chaque fois qu’elle et ses frères sentaient le besoin de déféquer, ils se mettaient à fredonner la chanson apprise lors du déclenchement et allaient trouver leur maman et leur papa pour leur demander de leur donner une latrine pour le faire car ils ne veulent plus déféquer par terre.   Cette situation s’est répétée plusieurs fois et, un jour, fatigués des demandes de leurs enfants, les parents décidèrent de construire une latrine à la satisfaction de Marianne, de ses frères et sœurs et des voisins que la situation dérangeait.

Par Berangère Antoine

L’Union européenne alloue 2,6 millions d’euros à l’UNICEF dans le cadre de la lutte contre le choléra

logoPort-au-Prince le 17 juin 2015- La Direction Générale de l’Aide humanitaire et de la Protection civile de la Commission européenne (ECHO) a alloué 2,6 millions d’euros à l’UNICEF pour renforcer les activités de prévention et de réponse rapide au choléra.

Depuis le début de l’épidémie en Octobre 2010, il y a eu 740 991 cas suspects de choléra, avec 8792 décès signalés à compter du 23 mai 2015, selon le ministère haïtien de la Santé publique et de la Population (MSPP). Sous la direction du ministère de la Santé publique, ce don permettra la poursuite de l’action en cours au niveau national. Cela comprend le renforcement de la surveillance épidémiologique, la coordination de la réponse aux épidémies et la mise en œuvre de la réponse de la communauté appropriée et rapide au choléra pour empêcher la maladie de se propager.

« Bien qu’en 2015 le nombre de cas suspects de choléra ait considérablement diminué depuis les pics de 2011 et 2012, les épidémies de la fin de l’année dernière et du début de cette année montrent combien il est essentiel que les efforts pour réduire la transmission de la maladie soient maintenus et demeurent une priorité pour ECHO. Cette réponse rapide doit bien sûr aller de pair avec le travail de développement des infrastructures d’eau et d’assainissement dans le pays, qui reste critique », a souligné Mme Ségolène de Beco, chef du bureau ECHO en Haiti.

Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti, a salué cet accord. « Nous remercions ECHO pour cette généreuse contribution au nom de tous les enfants d’Haïti. A un moment où nous assistons à une diminution du financement, ECHO continue de soutenir l’important travail des partenaires sur le terrain », a-t-il souligné. Ce financement est d’autant plus important que l’activité des partenaires sur le terrain a permis de revenir à une diminution du nombre de cas suspects de choléra au niveau national et nécessite de renforcer encore notre action pour protéger les populations contre de futures épidémies.

L’UNICEF et ses partenaires sont en train de renforcer la coordination, la surveillance, les soins aux patients et une réponse rapide pour éviter le même schéma de novembre 2014, en particulier dans le département de l’Ouest. Les efforts visant à prévenir la contamination par le biais des réseaux d’approvisionnement en eau dans les endroits affectés par le choléra à Port-au-Prince et d’autres zones urbaines sont actuellement en cours.

 

2015 est une année cruciale pour affirmer et étendre les progrès réalisés dans la lutte contre le choléra. Le principal défi, cependant, est le manque de ressources. Il est important de soutenir la DINEPA (Direction Nationale d’Eau Potable et d’Assainissement), le Ministère de la Santé publique et des ONG partenaires dans leurs efforts pour accroître la sensibilisation à l’hygiène des personnes et protéger les sources d’approvisionnement en eau avant la longue saison des pluies qui commence en Septembre 2015.

L’UNICEF, à travers ses ONG partenaires sur le terrain, et à travers les précédentes contributions d’ECHO ainsi que le financement de l’aide du Royaume-Uni, l’OCHA, et les comités nationaux de l’UNICEF, a mené des actions massives et rapides depuis le début de 2015.

Cela inclut plus de 2,936 interventions, dont 1,921 ont été des interventions de réponse précoce aux alertes choléra et 81 % d’entre elles ont été menées dans les premières 48 heures suivant l’alerte. Plus de 1,2 millions de personnes ont été sensibilisées par diverses méthodes de communication (du porte-à- porte, des discussions de groupe, etc.), plus de 15,051 kits choléra ont été distribués, enfin au moins 18,552 maisons ont été désinfectées et 171 points d’eau ont été mis en place ou réhabilités.

Pour plus d’informations:

Cornelia Walther, chef de la communication, UNICEF Haïti, +509 37871822, cwalther@unicef.org

Avril Hilaire, ECHO, officier régional communication +505 22706201, echo.managua@echofield.eu

 

Le Conseil Consultatif de Jeunes, l’ambassadeur des plus exclus

IMG_1686  Malgré de nombreuses interventions de l’Etat, d’organisations locales et internationales, les priorités des communautés, particulièrement celles des enfants et jeunes, ne sont pas toujours bien prises en compte. Très souvent, ces derniers ne sont pas parties prenantes dès l’identification et la conception des projets ou activités les concernant.

Comment influencer les décideurs pour que les priorités des plus exclus soient prises en compte???

Le Conseil Consultatif de Jeunes (CCJ) est une entité du réseau des enfants et jeunes défenseurs de leurs droits (REJEDD), responsable de conseiller sur la réalité des communautés. Son objectif est de consulter les différentes couches des communautés pour informer l’Etat et les organisations internationales/nationales des priorités des communautés dans lesquelles ils interviennent, et ainsi, intégrer la participation des plus exclus dans leur propre gouvernance.

IMG_1695L’idée d’avoir un groupe de jeunes conseillés vient de Plan-Haïti, une organisation internationale désireuse d’être plus efficace dans la manière de se connecter et de communiquer avec les jeunes. Créé en 2013 et intervenant au niveau de 3 départements géographiques (Ouest, Sud-est et Nord-est), le Conseil Consultatif de Jeunes (CCJ) travaille à devenir national, autonome et ouvert à toutes les institutions désireuses d’obtenir des informations relatives aux communautés surtout à la situation des enfants et jeunes.

On ne saurait parler de développement durable sans une pleine et entière participation de tous notamment celle des plus exclus. Ainsi, le CCJ se veut être l’AMBASSADEUR des communautés haïtiennes.

Fort Liberté le 27 février 2015

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L’UNICEF fait une investigation de cas de choléra dans une zone de montagne en Haïti.

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Enquête de terrain dans une section communale de montagne, commune de l’Arcahaie. (c)UNICEF Haiti/2015/Gazin

Le choléra est présent depuis octobre 2010 dans des zones de montagne du département de l’Ouest. Il y apparait souvent sous la forme de quelques cas groupés dans une communauté, mais des cas isolés existent également. Les différents acteurs de la réponse au choléra cherchent à interrompre la transmission en tentant d’identifier l’origine des contaminations. C’était l’objectif d’un déplacement le 16 avril 2015 dans la section communale 5ème Délice de la commune de l’Arcahaie du Dr Pierre Julnor Laurent, responsable des investigations pour la DSO (Direction sanitaire de l’Ouest), de Junior Michel, épidémiologiste de la Croix Rouge Française et de moi-même, en tant que consultant Unicef expert pour le choléra. Investiguer l’origine d’un cas de choléra, c’est se rendre sur place, observer les conditions de vie, discuter avec la population, poser des questions, laisser parler, chercher à comprendre. Il est cependant rare de pouvoir affirmer avec certitude l’origine d’une contamination à partir d’une seule enquête. C’est plutôt par l’accumulation des observations et leur mise en concordance que l’on peut aboutir à des certitudes. Dans le cas de cette zone de 5ème Délice, quatre éléments peuvent être retenus :

  • Les marchés, sur place, à Cabaret ou à Arcahaie, sont des points de rencontre des personnes venant de zones diverses. Ils peuvent être des points de diffusion des germes responsables du choléra.
  • L’absence de latrines et la pratique très fréquente de la défécation à l’air libre favorisent la diffusion des germes et en particulier la contamination des sources.
  • Les épisodes de pluie sont fréquemment suivis d’une augmentation du nombre de cas. La pluie peut entrainer les germes vers les sources et ainsi les contaminer.
  • De nombreuses sources ont un faible débit. Pour recueillir l’eau, il faut utiliser une assiette creuse et la plonger dans les sources. L’eau peut ainsi être contaminée.
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Une source de très faible debit, commune de l’Arcahaie. L’eau peut être contaminée depuis la zone de charge de la source. (c)UNICEF Haiti/2015/Gazin

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Une source de faible débit dans une section communale de montagne. Le bokit est bien nettoyé, mais l’assiette qui sert à le remplir peut contaminer l’eau. (c)UNICEF Haiti/2015/Gazin

Les actions pour arrêter la transmission doivent ainsi porter sur la promotion de l’hygiène, sur la protection des sources, sur la chloration de l’eau destinée à la cuisine et à la boisson. C’est l’occasion de rappeler la très grande utilité du chlore : les germes sont tués par ce produit très bon marché et pas du tout toxique à faible dose. De plus, l’eau reste indemne de germes pendant une journée entire. Pour cela, les comprimés d’Aquatabs® 33 mg sont très pratiques (deux comprimés dans un bokit d’eau ; un bokit contient un peu plus de quatre gallons soit 16 à 18 litres ). En absence de ce produit, du Clorox® liquide peut être utilisé, à très faible concentration (deux à trois gouttes par bokit).

 

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Par Pierre Gazin, consultant Unicef expert pour le choléra

Améliorer la sécurité sanitaire des aliments pour combattre le choléra et vice-versa

washPort-au-Prince, le 7 avril 2015– À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, aujourd’hui, et avec le slogan «De la ferme à l’assiette, rendre les aliments sains », l’UNICEF et ses partenaires cherchent à souligner le lien crucial entre l’hygiène alimentaire et les maladies diarrhéiques telles que le choléra. Avec plus de 9 000 morts et 730 000 autres personnes touchées depuis Octobre 2010, le choléra reste une urgence de santé majeure pour les familles en Haïti – avec les enfants comme victimes les plus vulnérables. Le but est de maintenir en-dessous de 28 000 le nombre de nouveaux pour cette année.

Les maladies diarrhéiques affectent riches et pauvres, jeunes et vieux en Haïti. Pourtant, une forte corrélation existe entre un environnement insalubre qu’on trouve principalement dans les quartiers marginalisés, ainsi que le nombre et la sévérité des épisodes diarrhéiques, surtout pour les enfants de moins de cinq ans. La diarrhée est associée aux mauvaises conditions de logement, le surpeuplement, le manque d’accès à l’eau potable en quantité suffisante ou à des installations sanitaires et des mesures insuffisantes pour protéger de la contamination les aliments ou de se laver convenablement et faire cuire des aliments frais. La présence d’eau contaminée augmente le risque d’épidémies de choléra, et la persistance d’un environnement malsain améliore les conséquences négatives sur ceux dont le système immunitaire est le plus faible, à savoir les enfants.

«Chaque enfant a le droit de vivre. Fournir un accès à des aliments plus sains et à l’eau potable pour prévenir les maladies d’origine hydrique, comme la diarrhée et le choléra, est possible, et nous faisons tous partie de la solution. », a souligné Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Il y a des mesures simples d’efficacité/coûts qui peuvent être prises par les familles pour protéger les enfants, tels que l’utilisation de cendres ou de savon pour se laver les mains avant les repas, l’allaitement maternel et l’utilisation de chlore pour désinfecter l’eau. Et, il y a d’autres actions, comme l’accès à l’eau et à l’assainissement efficaces qui nécessitent un investissement à long terme du gouvernement soutenu par ses partenaires, et par les ménages eux-mêmes.», a-t-il poursuivi.

La lutte pour contenir le choléra est en cours et afin de maintenir la réponse immédiate et sauver des vies cette année, l’UNICEF a lancé une campagne de mobilisation de dons pour assurer les ressources nécessaires à la coordination, la surveillance, les soins aux patients et une réponse rapide dans le contexte actuel de financement international réduit. L’objectif est de mobiliser US $ 1.000.000 pour lutter contre les épidémies de choléra pendant la saison des pluies – Avril à Décembre 2015- et d’éliminer totalement la maladie au cours de la prochaine saison sèche en 2016. Une page Internet (www.supportunicef.org/haitidonate ) a été créée pour faciliter l’accès aux petits donateurs et toutes les personnes intéressées à appuyer les efforts en Haïti.

Pour faire face aux besoins immédiats et les exigences à long terme, la stratégie poursuivie à travers le partenariat entre l’UNICEF, le gouvernement, l’Organisation mondiale de la Santé/ L’Organisation panaméricaine de la Santé (PAHO) et plusieurs organisations de la société civile, met l’accent sur le suivi des cas, une réponse rapide aux alertes de choléra et la réduction des foyers grâce à l’amélioration de l’hygiène et les infrastructures d’eau. Dans le moyen terme, l’objectif est de combler les lacunes dans l’accès à l’eau et à l’assainissement entre Haïtiens vivant en milieux ruraux et urbains à travers la « Campagne nationale de l’assainissement » de 5 ans, qui a commencé en 2014 et qui vise les communes fortement touchées par le cholera.

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient.

Le choléra et la saison des pluies en Haïti

Le choléra est une maladie bénigne si les cas sont traités rapidement et il est facile de s’en protéger avec quelques gestes simples du quotidien comme se laver les mains avec du savon, boire de l’eau traitée ou bouillie, laver les aliments que l’on mange crus, utiliser des toilettes pour faire ses besoins. Pourtant, plus d’une centaine de décès liés a cette maladie ont été enregistrés depuis Janvier 2015.

… 2 équipes seront d’astreintes tout le weekend pour effectuer la réponse aux alertes dans la commune de Carrefour ….

    …être très vigilant dans les 2 a 3 jours à venir au vu des dernières pluies….

… situation de montée de cas suspects de choléra, réalisation d’une réponse complète à Pétion-Ville: investigation causale, sensibilisation, décontamination, distribution, identification sources d’eau, tests en continu de la qualité de l’eau …

Ce sont quelques-uns des messages qu’échangent nos partenaires entre eux et avec nous, pour permettre de répondre à tous les cas suspects de choléra qui sont notifiés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

La saison des pluies n’a pas officiellement redémarré, mais dans les faits, elle ne s’est pas vraiment arrêtée entre 2014 et 2015, il n’y a pas eu de saison sèche. Or c’est au cours de ces périodes sans pluie que nous avons les meilleures chances de couper la transmission du choléra grâce au système de réponse rapide de nos organisations partenaires que nous finançons grâce à l’appui d’ECHO (le service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européene).

En ce moment un épisode pluvieux traverse encore une fois le pays. Cependant, si nous parvenons à contrôler le cholera grâce à la coordination quotidienne avec le Ministère de la Sante Publique et aux actions de nos partenaires, une période sèche de quelques semaines seulement pourrait suffire à faire régresser la maladie significativement avant l’arrivée de la grande saison des pluies en Juin.

Dans le cas contraire, il faudra être préparés pour le pire et avoir les ressources requises pour répondre à d’importantes flambées épidémiques qui pourraient survenir à partir de mi-2015 dans l’ensemble du pays.

Par Gregory Bulit

Éditorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Éditorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

IMG_2Cette année marque le 20ème anniversaire de la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant par Haïti. Egalement, Haïti à l’instar d’autres pays du monde se trouve dans le compte à rebours vers la fin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et la préparation de ce qui suivra. Depuis 1949, l’UNICEF travaille sans cesse aux côtés des familles et enfants haïtiens pour que l’ensemble des droits des enfants soient respectés. À l’heure de ce bilan symbolique, le chemin à parcourir est encore long mais les progrès accomplis vers la paix et le bien-être des enfants sont nombreux. Parmi les avancées majeures, la mortalité infantile a baissé de 112 à 88 morts pour 1 000 naissances vivantes entre 2007 et 2012, tandis que la scolarisation primaire a progressé de 50% à 75% parmi les enfants de ce groupe d’âge.

“UN NOUVEAU PROJET POUR FAIRE CONNAITRE LA SITUATION DES ENFANTS D’HAITI AUTREMENT”

Nous avons voulu créer un nouveau projet qui permet de faire connaitre la situation des enfants d’Haïti autrement. Un projet mettant en lumière leurs avancées, leurs défis, mais également les nombreuses opportunités qui s’offrent à eux. Car s’ils sont encore confrontés à de nombreux problèmes, ils représentent aussi une promesse d’avenir lumineuse dans un pays au potentiel extraordinaire.

“UN ESPACE D’ÉCHANGES ET DE RENCONTRES”

Notre Blog « Timounyo » est la concrétisation de ce projet. Je vous invite à le parcourir, l’enrichir et le partager. Nous l’avons conçu comme un espace d’échanges et de rencontres, un lieu où les enfants d’Haïti pourront dialoguer avec les enfants du monde entier et partager leurs vidéos, articles et dessins. La participation des enfants est un droit fondamental au cœur de la Convention relative aux droits de l’enfant. En tant que titulaires de droits et acteurs, dans leurs familles, dans leurs écoles, dans leurs communautés, ils doivent être consultés, écoutés et pris en compte.

“DES DONNÉES PRECISES SUR LA SITUATION DES ENFANTS EN HAITI”

Ce Blog est également dédié à tous ceux qui, parmi vous, se sentent concernés par la situation des enfants en Haïti et qui sont à la recherche de données précises sur la situation humanitaire et sur notre action. Rapports, chiffres clefs, fiches sur nos programmes, articles thématiques, photos, vidéos, infographiques, vous permettront de mieux appréhender la situation des enfants en Haïti et ce que nous mettons en œuvre avec nos partenaires pour que leurs droits soient respectés.

Notre équipe de bloggeurs partagera avec vous sa vérité du terrain et son engagement pour le respect des droits des enfants d’Haïti.

Bien entendu ce Blog est amené à évoluer et à s’adapter à vos besoins. Une version en créole et en anglais sera disponible prochainement. Nous vous invitons à commenter nos articles et exprimer vos coups de cœurs, inquiétudes et propositions.

Ensemble, construisons un avenir meilleur pour tous les enfants d’Haïti!

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L’eau c’est la vie, surtout en Haïti

L’accès à une source d’eau potable demeure un problème crucial en Haïti, il est limité à 77% de la population dans les zones urbaines et seulement 48 % dans les zones rurales.[1] Dans le département de l’Artibonite, L’UNICEF, ses partenaires et le gouvernement haïtien travaillent ensemble en vue de répondre à des problèmes liés à l’eau et à l’assainissement ceci en vue de stopper le choléra.

 

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© UNICEF Haiti/2015/Rebaudet

Le fleuve Artibonite est le plus grand du pays, depuis toujours il est au cœur de la vie quotidienne des riverains. On s’y retrouve pour nettoyer le linge, se laver, et avant le début de l’épidémie, l’Artibonite était une source d’approvisionnement en eau pour les Haïtiens. A cause de l’épidémie du choléra, il est désormais demandé à des dizaines de millier de personnes de ne plus consommer cette eau et d’utiliser des produits chlorés pour traiter l’eau.

Grâce à l’appui financier de ECHO (le service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européene) et de OCHA (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies),  les ONG partenaires de l’UNICEF, notamment Action Contre la Faim (ACF) travaillent constamment pour sensibiliser la population et distribuer des tablettes de chlore pour traiter l’eau. Cependant, il reste un long chemin à parcourir pour que tout le monde ait accès à l’eau potable car même si des solutions existent, elles ne sont pas faciles à mettre en œuvre.

La sensibilisation de la population

A Carnifice, neuf maisons ont été décontaminées par ACF mercredi dernier suite à l’apparition de cas de choléra. Les équipes d’ACF, accompagnées d’une infirmière, en profitent pour faire du porte à porte afin de sensibiliser le voisinage et de distribuer des comprimés pour assainir l’eau. Cependant la sensibilisation des habitants n’est pas toujours suivie d’un effet. En effet de nombreuses personnes n’utilisent pas les comprimés ou les utilisent mal, certains les revendent au marché, ou encore les utilisent pour faire la lessive.

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

Malgré le travail de sensibilisation, les familles continuent d’aller chercher de l’eau à la rivière, ce qui constitue un facteur de contamination. En effet, il suffit que le linge souillé d’un malade ait été lavé en amont du point d’eau qui a été creusé dans la rivière pour qu’il y ait contamination. ACF mène une investigation à la source pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé et tester l’eau bue par les habitants. Si l’eau n’est pas saine ACF recrutera deux personnes de la communauté formées pour injecter directement les agents purifiants dans les seaux des personnes qui viennent chercher de l’eau.

 

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

 

 

Réhabilitation d’une source d’eau

Sur les hauteurs de l’Artibonite, la situation est également complexe. La source de captage est située en partie haute et l’eau se déverse ensuite dans plusieurs points d’eau. Cependant, à cause du manque de pression, seuls les points les plus en aval fonctionnaient. Une réhabilitation des sources d’eau a été conduite par l’UNICEF et ACF en Novembre dernier et aujourd’hui toutes les sources fonctionnent.

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© UNICEF Haiti/2015/Rebaudet

Un comité composé de 4 habitants a été constitué pour gérer les points d’eau. Il avait été convenu que chaque famille du village paie 25 gourdes (0,30 USD) par mois pour un accès illimité à l’eau. Cependant personne ne paie. Les habitants se réunissent en cas de besoin et se cotisent s’il y a des réparations à faire, mais non sans difficulties.

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Le comité © UNICEF Haiti/2015/Baron

 

Des progrès malgré tout

Ces exemples illustrent les défis auxquels doivent faire face l’UNICEF et ses partenaires afin de garantir l’accès à l’eau potable à tous. Cependant leur travail acharné a déjà commencé à porter ses fruits. Alors qu’en 2006, près de 67 %[2] des ménages n’utilisaient aucun moyen de traitement de l’eau, en 2012 une étude[3] constate un changement significatif, la majorité de la population (63 %) utilise des tablettes pour traiter l’eau. Jusqu’à ce que l’eau potable soit accessible à tous, l’UNICEF continuera de travailler main dans la main avec le gouvernement, les ONG et les communautés afin de mieux protéger les enfants contre les maladies d’origine hydriques.

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

[1] WHO/UNICEF Joint Monitoring Programme (JMP) for Water Supply and Sanitation, http://www.wssinfo.org/
[2] EMMUS IV
[3] EMMUS V
 
 
 
Par Juliette Baron

Le combat contre le choléra continu

En Haïti, dans le département de l’Artibonite, le gouvernement Haïtien, l’UNICEF et de nombreuses ONG (Organisation Non-Gouvernementales) travaillent ensemble pour stopper le choléra. Il est important de rester vigilant, car il y a plus de cas de choléra en ce début d’année 2015 qu’il n’y en avait à la même période l’année dernière, et comme toujours le nombre de cas risque d’augmenter avec la saison des pluies qui approche.

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

Francilo, 35 ans, de haute taille et à la démarche hésitante semble très fatigué. On peut lire l’inquiétude sur son visage, car sa petite fille Marie-Pierre Francès ne va pas bien. Ils sont arrivés au Centre de Traitement du Choléra (CTC) de Gros Morne mercredi soir sans perdre une seconde. Francilo explique que sa fille est tombée malade vers 10 heures du soir.

« Le plus dur a été de trouver un moyen de transporter ma fille à l’hôpital. J’héberge également chez moi le fils d’un ami qui a été aussi victime du même fléau », a-t-il dit.

Le seul moyen pour lui et de nombreux autres malades est de venir à l’hôpital en taxi-moto, il n’y a pas assez d’ambulances. Les chauffeurs qui acceptent de travailler le soir et de transporter des malades, demandent en général un prix élevé.

Francilo a payé 250 gourdes (soit 5$ environ) pour venir depuis Carnifice à quatre kilomètres du long de Gros Morne, un prix qui n’est pas abordable pour tout le monde. Une grande partie de la population vit avec moins de 2$ par jour par habitant. D’autres malades vivent dans des zones qui ne sont pas accessibles en mototaxi, ils doivent donc marcher des heures pour accéder aux soins.

La fille de Francilo a été rapidement prise en charge par les infirmières du CTC qui ont appliqué rapidement les soins à la petite fille.

 

Rester vigilant

La contamination de l’eau et de la nourriture, la défécation à l’air libre, les conditions sanitaires déplorables et les fortes pluies contribuent à la prolifération du choléra en Haïti. Si ces problèmes sont présents dans l’ensemble du pays, le choléra ne surgit qu’à certains endroits, c’est pourquoi il est important de mener des enquêtes approfondies pour identifier la localisation exacte des foyers de transmission du cholera.

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© UNICEF Haiti/2015/Rebaudet

Les équipes d’ACF (Action Contre la Faim), partenaire de l’UNICEF, procèdent à des enquêtes sur le terrain en croisant les histoires des malades et de leurs proches, tentent de retrouver le premier malade et de comprendre comment celui-ci a été contaminé. Cela peut s’avérer très difficile, car il n’y a parfois pas assez d’information.

 

Un gros travail a été fait pour sensibiliser la population, assainir les sources d’eau, mais ces efforts doivent absolument être maintenus. Le choléra peut être éradiqué, mais il peut également faire beaucoup de dégâts si les difficultés ne sont pas surmontées.

 

L’épidémie existe toujours

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Dr Rebaudet, une infirmière et un agent d’ACF travaillent sur le terrain pour sensibiliser la population et tester les sources d’eau. © UNICEF Haiti/2015/Baron

« Alors que l’attention de la scène internationale se détourne peu à peu d’Haïti, et que les fonds disponibles vont en s’amenuisant, il est crucial de se rappeler que l’épidémie de choléra n’est pas finie. », rappelle le Dr Stanislas Rebaudet, épidémiologiste à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille et collaborateur de l’UNICEF.

Avec l’appui financier de ECHO (le service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européene) et de OCHA (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies),  L’UNICEF coordonne sur le terrain les actions de plusieurs ONG, en faisant le lien avec les institutions publiques. L’organisation participe aussi au financement d’une partie des intrants nécessaires a la prise en charge des malades et aux activités de prévention dans les communautés. Par ailleurs, toujours dans l’optique d’identification des foyers de transmission, l’UNICEF et ACF travaillent ensemble pour élaborer une cartographie des cas dans la ville des Gonaïves. Cela permettra de mieux visualiser de possibles foyers de transmission, notamment en faisant une comparaison avec la carte des systèmes d’accès à l’eau dans la ville.

 

 

Par Juliette Baron

 

L’accès à l’assainissement en Haiti

En route pour Cerca-La-Source pour visiter des familles qui ont construit leurs propres latrines… Je suis toute excitée vu que c’est la première fois que je m’y rends. Je ne me doutais nullement que ce serait deux heures en voiture et une heure de marche. Une fois à Boucan Fourmi qui est une section communale de Cerca, je rencontre Jules. L’accueil de sa maman et son beau sourire me font oublier ces heures interminables.

Jules et sa mère © UNICEF Haiti/2015/Bertrand

Jules est né en Mai dernier. Il est tout beau et me rappelle mon fils. La mère de Jules est toute fière de présenter son carnet de vaccination. Toutefois, ce dernier a eu de la diarrhée plusieurs fois. Des enfants comme Jules, il y en a partout dans le pays. Par manque d’assainissement et d’eau potable pour boire et se laver, ils tombent malades et peuvent  en mourir. Le Centre de Santé le plus proche est à 2h dans la ville même de Cerca La Source.

L’eau et l’assainissement peuvent paraître banals. Toutefois, pour des enfants comme Jules, il s’agit justement d’un peu d’espoir, d’une chance de survivre et de se développer. Nous avons plusieurs petits Jules, ouvrez l’oeil et soulageons-les!

Par Fabienne Bertrand