Améliorer la sécurité sanitaire des aliments pour combattre le choléra et vice-versa

washPort-au-Prince, le 7 avril 2015– À l’occasion de la Journée mondiale de la santé, aujourd’hui, et avec le slogan «De la ferme à l’assiette, rendre les aliments sains », l’UNICEF et ses partenaires cherchent à souligner le lien crucial entre l’hygiène alimentaire et les maladies diarrhéiques telles que le choléra. Avec plus de 9 000 morts et 730 000 autres personnes touchées depuis Octobre 2010, le choléra reste une urgence de santé majeure pour les familles en Haïti – avec les enfants comme victimes les plus vulnérables. Le but est de maintenir en-dessous de 28 000 le nombre de nouveaux pour cette année.

Les maladies diarrhéiques affectent riches et pauvres, jeunes et vieux en Haïti. Pourtant, une forte corrélation existe entre un environnement insalubre qu’on trouve principalement dans les quartiers marginalisés, ainsi que le nombre et la sévérité des épisodes diarrhéiques, surtout pour les enfants de moins de cinq ans. La diarrhée est associée aux mauvaises conditions de logement, le surpeuplement, le manque d’accès à l’eau potable en quantité suffisante ou à des installations sanitaires et des mesures insuffisantes pour protéger de la contamination les aliments ou de se laver convenablement et faire cuire des aliments frais. La présence d’eau contaminée augmente le risque d’épidémies de choléra, et la persistance d’un environnement malsain améliore les conséquences négatives sur ceux dont le système immunitaire est le plus faible, à savoir les enfants.

«Chaque enfant a le droit de vivre. Fournir un accès à des aliments plus sains et à l’eau potable pour prévenir les maladies d’origine hydrique, comme la diarrhée et le choléra, est possible, et nous faisons tous partie de la solution. », a souligné Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti. « Il y a des mesures simples d’efficacité/coûts qui peuvent être prises par les familles pour protéger les enfants, tels que l’utilisation de cendres ou de savon pour se laver les mains avant les repas, l’allaitement maternel et l’utilisation de chlore pour désinfecter l’eau. Et, il y a d’autres actions, comme l’accès à l’eau et à l’assainissement efficaces qui nécessitent un investissement à long terme du gouvernement soutenu par ses partenaires, et par les ménages eux-mêmes.», a-t-il poursuivi.

La lutte pour contenir le choléra est en cours et afin de maintenir la réponse immédiate et sauver des vies cette année, l’UNICEF a lancé une campagne de mobilisation de dons pour assurer les ressources nécessaires à la coordination, la surveillance, les soins aux patients et une réponse rapide dans le contexte actuel de financement international réduit. L’objectif est de mobiliser US $ 1.000.000 pour lutter contre les épidémies de choléra pendant la saison des pluies – Avril à Décembre 2015- et d’éliminer totalement la maladie au cours de la prochaine saison sèche en 2016. Une page Internet (www.supportunicef.org/haitidonate ) a été créée pour faciliter l’accès aux petits donateurs et toutes les personnes intéressées à appuyer les efforts en Haïti.

Pour faire face aux besoins immédiats et les exigences à long terme, la stratégie poursuivie à travers le partenariat entre l’UNICEF, le gouvernement, l’Organisation mondiale de la Santé/ L’Organisation panaméricaine de la Santé (PAHO) et plusieurs organisations de la société civile, met l’accent sur le suivi des cas, une réponse rapide aux alertes de choléra et la réduction des foyers grâce à l’amélioration de l’hygiène et les infrastructures d’eau. Dans le moyen terme, l’objectif est de combler les lacunes dans l’accès à l’eau et à l’assainissement entre Haïtiens vivant en milieux ruraux et urbains à travers la « Campagne nationale de l’assainissement » de 5 ans, qui a commencé en 2014 et qui vise les communes fortement touchées par le cholera.

À propos de l’UNICEF

L’UNICEF promeut les droits et le bien-être de chaque enfant, dans tout ce que nous faisons. Nous travaillons dans 190 pays et territoires du monde entier avec nos partenaires pour faire de cet engagement une réalité, avec un effort particulier pour atteindre les enfants les plus vulnérables et marginalisés, dans l’intérêt de tous les enfants, où qu’ils soient.

Le choléra et la saison des pluies en Haïti

Le choléra est une maladie bénigne si les cas sont traités rapidement et il est facile de s’en protéger avec quelques gestes simples du quotidien comme se laver les mains avec du savon, boire de l’eau traitée ou bouillie, laver les aliments que l’on mange crus, utiliser des toilettes pour faire ses besoins. Pourtant, plus d’une centaine de décès liés a cette maladie ont été enregistrés depuis Janvier 2015.

… 2 équipes seront d’astreintes tout le weekend pour effectuer la réponse aux alertes dans la commune de Carrefour ….

    …être très vigilant dans les 2 a 3 jours à venir au vu des dernières pluies….

… situation de montée de cas suspects de choléra, réalisation d’une réponse complète à Pétion-Ville: investigation causale, sensibilisation, décontamination, distribution, identification sources d’eau, tests en continu de la qualité de l’eau …

Ce sont quelques-uns des messages qu’échangent nos partenaires entre eux et avec nous, pour permettre de répondre à tous les cas suspects de choléra qui sont notifiés dans la région métropolitaine de Port-au-Prince.

La saison des pluies n’a pas officiellement redémarré, mais dans les faits, elle ne s’est pas vraiment arrêtée entre 2014 et 2015, il n’y a pas eu de saison sèche. Or c’est au cours de ces périodes sans pluie que nous avons les meilleures chances de couper la transmission du choléra grâce au système de réponse rapide de nos organisations partenaires que nous finançons grâce à l’appui d’ECHO (le service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européene).

En ce moment un épisode pluvieux traverse encore une fois le pays. Cependant, si nous parvenons à contrôler le cholera grâce à la coordination quotidienne avec le Ministère de la Sante Publique et aux actions de nos partenaires, une période sèche de quelques semaines seulement pourrait suffire à faire régresser la maladie significativement avant l’arrivée de la grande saison des pluies en Juin.

Dans le cas contraire, il faudra être préparés pour le pire et avoir les ressources requises pour répondre à d’importantes flambées épidémiques qui pourraient survenir à partir de mi-2015 dans l’ensemble du pays.

Par Gregory Bulit

Éditorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Éditorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

IMG_2Cette année marque le 20ème anniversaire de la ratification de la Convention relative aux droits de l’enfant par Haïti. Egalement, Haïti à l’instar d’autres pays du monde se trouve dans le compte à rebours vers la fin des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD) et la préparation de ce qui suivra. Depuis 1949, l’UNICEF travaille sans cesse aux côtés des familles et enfants haïtiens pour que l’ensemble des droits des enfants soient respectés. À l’heure de ce bilan symbolique, le chemin à parcourir est encore long mais les progrès accomplis vers la paix et le bien-être des enfants sont nombreux. Parmi les avancées majeures, la mortalité infantile a baissé de 112 à 88 morts pour 1 000 naissances vivantes entre 2007 et 2012, tandis que la scolarisation primaire a progressé de 50% à 75% parmi les enfants de ce groupe d’âge.

“UN NOUVEAU PROJET POUR FAIRE CONNAITRE LA SITUATION DES ENFANTS D’HAITI AUTREMENT”

Nous avons voulu créer un nouveau projet qui permet de faire connaitre la situation des enfants d’Haïti autrement. Un projet mettant en lumière leurs avancées, leurs défis, mais également les nombreuses opportunités qui s’offrent à eux. Car s’ils sont encore confrontés à de nombreux problèmes, ils représentent aussi une promesse d’avenir lumineuse dans un pays au potentiel extraordinaire.

“UN ESPACE D’ÉCHANGES ET DE RENCONTRES”

Notre Blog « Timounyo » est la concrétisation de ce projet. Je vous invite à le parcourir, l’enrichir et le partager. Nous l’avons conçu comme un espace d’échanges et de rencontres, un lieu où les enfants d’Haïti pourront dialoguer avec les enfants du monde entier et partager leurs vidéos, articles et dessins. La participation des enfants est un droit fondamental au cœur de la Convention relative aux droits de l’enfant. En tant que titulaires de droits et acteurs, dans leurs familles, dans leurs écoles, dans leurs communautés, ils doivent être consultés, écoutés et pris en compte.

“DES DONNÉES PRECISES SUR LA SITUATION DES ENFANTS EN HAITI”

Ce Blog est également dédié à tous ceux qui, parmi vous, se sentent concernés par la situation des enfants en Haïti et qui sont à la recherche de données précises sur la situation humanitaire et sur notre action. Rapports, chiffres clefs, fiches sur nos programmes, articles thématiques, photos, vidéos, infographiques, vous permettront de mieux appréhender la situation des enfants en Haïti et ce que nous mettons en œuvre avec nos partenaires pour que leurs droits soient respectés.

Notre équipe de bloggeurs partagera avec vous sa vérité du terrain et son engagement pour le respect des droits des enfants d’Haïti.

Bien entendu ce Blog est amené à évoluer et à s’adapter à vos besoins. Une version en créole et en anglais sera disponible prochainement. Nous vous invitons à commenter nos articles et exprimer vos coups de cœurs, inquiétudes et propositions.

Ensemble, construisons un avenir meilleur pour tous les enfants d’Haïti!

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L’eau c’est la vie, surtout en Haïti

L’accès à une source d’eau potable demeure un problème crucial en Haïti, il est limité à 77% de la population dans les zones urbaines et seulement 48 % dans les zones rurales.[1] Dans le département de l’Artibonite, L’UNICEF, ses partenaires et le gouvernement haïtien travaillent ensemble en vue de répondre à des problèmes liés à l’eau et à l’assainissement ceci en vue de stopper le choléra.

 

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© UNICEF Haiti/2015/Rebaudet

Le fleuve Artibonite est le plus grand du pays, depuis toujours il est au cœur de la vie quotidienne des riverains. On s’y retrouve pour nettoyer le linge, se laver, et avant le début de l’épidémie, l’Artibonite était une source d’approvisionnement en eau pour les Haïtiens. A cause de l’épidémie du choléra, il est désormais demandé à des dizaines de millier de personnes de ne plus consommer cette eau et d’utiliser des produits chlorés pour traiter l’eau.

Grâce à l’appui financier de ECHO (le service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européene) et de OCHA (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies),  les ONG partenaires de l’UNICEF, notamment Action Contre la Faim (ACF) travaillent constamment pour sensibiliser la population et distribuer des tablettes de chlore pour traiter l’eau. Cependant, il reste un long chemin à parcourir pour que tout le monde ait accès à l’eau potable car même si des solutions existent, elles ne sont pas faciles à mettre en œuvre.

La sensibilisation de la population

A Carnifice, neuf maisons ont été décontaminées par ACF mercredi dernier suite à l’apparition de cas de choléra. Les équipes d’ACF, accompagnées d’une infirmière, en profitent pour faire du porte à porte afin de sensibiliser le voisinage et de distribuer des comprimés pour assainir l’eau. Cependant la sensibilisation des habitants n’est pas toujours suivie d’un effet. En effet de nombreuses personnes n’utilisent pas les comprimés ou les utilisent mal, certains les revendent au marché, ou encore les utilisent pour faire la lessive.

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

Malgré le travail de sensibilisation, les familles continuent d’aller chercher de l’eau à la rivière, ce qui constitue un facteur de contamination. En effet, il suffit que le linge souillé d’un malade ait été lavé en amont du point d’eau qui a été creusé dans la rivière pour qu’il y ait contamination. ACF mène une investigation à la source pour mieux comprendre ce qu’il s’est passé et tester l’eau bue par les habitants. Si l’eau n’est pas saine ACF recrutera deux personnes de la communauté formées pour injecter directement les agents purifiants dans les seaux des personnes qui viennent chercher de l’eau.

 

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

 

 

Réhabilitation d’une source d’eau

Sur les hauteurs de l’Artibonite, la situation est également complexe. La source de captage est située en partie haute et l’eau se déverse ensuite dans plusieurs points d’eau. Cependant, à cause du manque de pression, seuls les points les plus en aval fonctionnaient. Une réhabilitation des sources d’eau a été conduite par l’UNICEF et ACF en Novembre dernier et aujourd’hui toutes les sources fonctionnent.

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© UNICEF Haiti/2015/Rebaudet

Un comité composé de 4 habitants a été constitué pour gérer les points d’eau. Il avait été convenu que chaque famille du village paie 25 gourdes (0,30 USD) par mois pour un accès illimité à l’eau. Cependant personne ne paie. Les habitants se réunissent en cas de besoin et se cotisent s’il y a des réparations à faire, mais non sans difficulties.

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Le comité © UNICEF Haiti/2015/Baron

 

Des progrès malgré tout

Ces exemples illustrent les défis auxquels doivent faire face l’UNICEF et ses partenaires afin de garantir l’accès à l’eau potable à tous. Cependant leur travail acharné a déjà commencé à porter ses fruits. Alors qu’en 2006, près de 67 %[2] des ménages n’utilisaient aucun moyen de traitement de l’eau, en 2012 une étude[3] constate un changement significatif, la majorité de la population (63 %) utilise des tablettes pour traiter l’eau. Jusqu’à ce que l’eau potable soit accessible à tous, l’UNICEF continuera de travailler main dans la main avec le gouvernement, les ONG et les communautés afin de mieux protéger les enfants contre les maladies d’origine hydriques.

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

[1] WHO/UNICEF Joint Monitoring Programme (JMP) for Water Supply and Sanitation, http://www.wssinfo.org/
[2] EMMUS IV
[3] EMMUS V
 
 
 
Par Juliette Baron

Le combat contre le choléra continu

En Haïti, dans le département de l’Artibonite, le gouvernement Haïtien, l’UNICEF et de nombreuses ONG (Organisation Non-Gouvernementales) travaillent ensemble pour stopper le choléra. Il est important de rester vigilant, car il y a plus de cas de choléra en ce début d’année 2015 qu’il n’y en avait à la même période l’année dernière, et comme toujours le nombre de cas risque d’augmenter avec la saison des pluies qui approche.

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© UNICEF Haiti/2015/Baron

Francilo, 35 ans, de haute taille et à la démarche hésitante semble très fatigué. On peut lire l’inquiétude sur son visage, car sa petite fille Marie-Pierre Francès ne va pas bien. Ils sont arrivés au Centre de Traitement du Choléra (CTC) de Gros Morne mercredi soir sans perdre une seconde. Francilo explique que sa fille est tombée malade vers 10 heures du soir.

« Le plus dur a été de trouver un moyen de transporter ma fille à l’hôpital. J’héberge également chez moi le fils d’un ami qui a été aussi victime du même fléau », a-t-il dit.

Le seul moyen pour lui et de nombreux autres malades est de venir à l’hôpital en taxi-moto, il n’y a pas assez d’ambulances. Les chauffeurs qui acceptent de travailler le soir et de transporter des malades, demandent en général un prix élevé.

Francilo a payé 250 gourdes (soit 5$ environ) pour venir depuis Carnifice à quatre kilomètres du long de Gros Morne, un prix qui n’est pas abordable pour tout le monde. Une grande partie de la population vit avec moins de 2$ par jour par habitant. D’autres malades vivent dans des zones qui ne sont pas accessibles en mototaxi, ils doivent donc marcher des heures pour accéder aux soins.

La fille de Francilo a été rapidement prise en charge par les infirmières du CTC qui ont appliqué rapidement les soins à la petite fille.

 

Rester vigilant

La contamination de l’eau et de la nourriture, la défécation à l’air libre, les conditions sanitaires déplorables et les fortes pluies contribuent à la prolifération du choléra en Haïti. Si ces problèmes sont présents dans l’ensemble du pays, le choléra ne surgit qu’à certains endroits, c’est pourquoi il est important de mener des enquêtes approfondies pour identifier la localisation exacte des foyers de transmission du cholera.

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© UNICEF Haiti/2015/Rebaudet

Les équipes d’ACF (Action Contre la Faim), partenaire de l’UNICEF, procèdent à des enquêtes sur le terrain en croisant les histoires des malades et de leurs proches, tentent de retrouver le premier malade et de comprendre comment celui-ci a été contaminé. Cela peut s’avérer très difficile, car il n’y a parfois pas assez d’information.

 

Un gros travail a été fait pour sensibiliser la population, assainir les sources d’eau, mais ces efforts doivent absolument être maintenus. Le choléra peut être éradiqué, mais il peut également faire beaucoup de dégâts si les difficultés ne sont pas surmontées.

 

L’épidémie existe toujours

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Dr Rebaudet, une infirmière et un agent d’ACF travaillent sur le terrain pour sensibiliser la population et tester les sources d’eau. © UNICEF Haiti/2015/Baron

« Alors que l’attention de la scène internationale se détourne peu à peu d’Haïti, et que les fonds disponibles vont en s’amenuisant, il est crucial de se rappeler que l’épidémie de choléra n’est pas finie. », rappelle le Dr Stanislas Rebaudet, épidémiologiste à l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille et collaborateur de l’UNICEF.

Avec l’appui financier de ECHO (le service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission Européene) et de OCHA (le Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies),  L’UNICEF coordonne sur le terrain les actions de plusieurs ONG, en faisant le lien avec les institutions publiques. L’organisation participe aussi au financement d’une partie des intrants nécessaires a la prise en charge des malades et aux activités de prévention dans les communautés. Par ailleurs, toujours dans l’optique d’identification des foyers de transmission, l’UNICEF et ACF travaillent ensemble pour élaborer une cartographie des cas dans la ville des Gonaïves. Cela permettra de mieux visualiser de possibles foyers de transmission, notamment en faisant une comparaison avec la carte des systèmes d’accès à l’eau dans la ville.

 

 

Par Juliette Baron

 

L’accès à l’assainissement en Haiti

En route pour Cerca-La-Source pour visiter des familles qui ont construit leurs propres latrines… Je suis toute excitée vu que c’est la première fois que je m’y rends. Je ne me doutais nullement que ce serait deux heures en voiture et une heure de marche. Une fois à Boucan Fourmi qui est une section communale de Cerca, je rencontre Jules. L’accueil de sa maman et son beau sourire me font oublier ces heures interminables.

Jules et sa mère © UNICEF Haiti/2015/Bertrand

Jules est né en Mai dernier. Il est tout beau et me rappelle mon fils. La mère de Jules est toute fière de présenter son carnet de vaccination. Toutefois, ce dernier a eu de la diarrhée plusieurs fois. Des enfants comme Jules, il y en a partout dans le pays. Par manque d’assainissement et d’eau potable pour boire et se laver, ils tombent malades et peuvent  en mourir. Le Centre de Santé le plus proche est à 2h dans la ville même de Cerca La Source.

L’eau et l’assainissement peuvent paraître banals. Toutefois, pour des enfants comme Jules, il s’agit justement d’un peu d’espoir, d’une chance de survivre et de se développer. Nous avons plusieurs petits Jules, ouvrez l’oeil et soulageons-les!

Par Fabienne Bertrand

 

Petit à petit Haïti se libère du choléra

© UNICEF Haiti/2014/Walther. – Stéphanie et sa mère au centre de traitement du choléra à Petite Rivière de l’Artibonite.

Le 9 octobre, au cours des Assemblées annuelles du Groupe de la Banque mondiale, la Banque mondiale accueille la réunion Haïti : eau propre, installations sanitaires améliorées, santé meilleure, en collaboration avec le Gouvernement d’Haïti, les Nations Unies et les partenaires de développement. Cet événement rassemble la communauté internationale pour lutter contre les maladies d’origine hydrique comme le choléra qui sévissent  en Haïti et investir dans l’eau, l’assainissement et la santé dans les zones du pays les plus vulnérables aux maladies d’origine hydrique et celles qui ont donc le plus besoin d’amélioration dans les secteurs de l’eau et de l’assainissement.

Des mesures d’intervention efficaces ont permis une réduction importante du nombre de cas de choléra en Haïti entre 2011 et 2013. L’UNICEF continue de soutenir les efforts de prévention et de traitement menés par le gouvernement avec pour objectif d’éliminer la maladie d’ici à une décennie.

Artibonite, Haïti, le 7 octobre 2014 – Stephanie a la diarrhée depuis trois jours. Sa mère Asseline Jean-Louis a amené sa petite fille de 22 mois au centre de santé de Petite-Rivière de l’Artibonite. Cela a été une longue marche dans la poussière par 35 degrés à l’ombre depuis leur domicile, dans la commune de Dessalines.

« J’avais six enfants, dit Mme Jean-Louis. Mais un de mes fils est mort en 2010, il avait la diarrhée et vomissait. Nous ne savions pas ce qui l’avait rendu malade. »

Un diagnostic rapide, un traitement rapide

Quand Asseline et sa petite sont arrivées au centre de santé, un test de diagnostic rapide a confirmé que le choléra était la cause de la diarrhée aqueuse aiguë de Stéphanie. La petite fille a été immédiatement placée dans le centre de traitement du choléra sis au centre de santé. On a procédé à un traitement intraveineux et elle a reçu une solution de réhydratation orale.

Stephanie n’aime pas vraiment le goût de la solution. Mais elle l’avale vers le bas, sentant bien quelque part qu’il l’aide à sentir mieux.

« Je suis heureuse que ma petite aille mieux, dit Mme Jean-Louis. Hier, elle était tellement faible qu’elle ne pouvait pas s’asseoir. »


Au milieu de la flambée, une raison d’être optimiste

Depuis le début de l’épidémie de choléra en octobre 2010, on a recensé  706 089 cas présumés de choléra en Haïti, et quelque 8 592 décès liés au choléra signalés, au 30 août 2014. À l’heure actuelle, on enregistre 250 nouveaux cas chaque semaine – toutes les heures une personne tombe malade.

Les départements du Centre, du Nord et de l’Artibonite continuent d’afficher les taux les plus élevés de choléra. Ils représentent 68 pour cent de tous les cas présumés de choléra recensés à ce jour en 2014.

Il existe toutefois des raisons d’être optimiste. Des efforts nationaux et internationaux menés de concert ont abouti à une réduction constante du nombre de personnes touchées par le choléra, et qui en meurent, au cours des trois dernières années. Le nombre de cas présumés de choléra a diminué, passant de 352 033 en 2011 à 101 722 cas en 2012 et à 56 174 cas en 2013.

De janvier à août 2014, on a constaté une réduction de 76 cent du nombre de cas présumés par rapport à la même période en 2013.

La détection précoce, le traitement précoce – et de l’eau propre

Lorsqu’il est détecté et traité rapidement, le choléra n’est pas une condamnation à mort. Le traitement rapide, simple et efficace que Stéphanie a subi l’a remise sur pied assez rapidement.

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© UNICEF Haiti/2014/Walther. – Une travailleuse de proximité d’Action contre la Faim explique comment utiliser des pastilles pour purifier l’eau aux résidents de la Petite Rivière de l’Artibonite.

Outre un accès rapide à un traitement, une bonne hygiène et de l’eau salubre jouent un rôle essentiel contre la maladie.

Bien que l’on disposât d’assez d’eau en Haïti, on estime qu’un peu plus d’une personne sur trois personnes (la moitié des Haïtiens des régions rurales) n’a pas accès à l’eau potable. De plus, on estime que près de deux personnes sur cinq vivant dans les zones rurales défèquent à l’air libre.

Face à l’épidémie, en 2013, le Gouvernement haïtien a lancé un plan de 10 ans pour l’élimination du choléra. Le plan comprend des interventions de lutte contre la maladie et, à plus long terme, pour son élimination, en renforçant les infrastructures d’eau d’assainissement dans les zones rurales.

En juillet 2014, le Premier ministre d’Haïti a lancé une campagne nationale d’assainissement de cinq ans, en compagnie du Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon, visant à aider les communautés des zones à haut risque à construire des latrines simples et efficaces.

Unis pour éliminer le choléra

Dès le début, l’UNICEF a travaillé main dans la main avec le Gouvernement et les communautés pour réaliser le droit de chaque enfant haïtien à la santé. L’objectif est de répondre à tous les cas présumés de choléra dans les 48 heures grâce à des équipes mobiles à même de fournir un kit d’hygiène d’urgence, de mener des campagnes de sensibilisation et des visites de décontamination des foyers. L’organisation apporte un soutien technique et financier au Ministère de la santé publique et de la population (MSPP). Six ONG partenaires sont déployées dans les départements du pays pour soutenir le MSPP et l’UNICEF facilite la coordination et le suivi constant dans ces domaines d’importance.

En outre, l’UNICEF a aidé le Gouvernement haïtien à vacciner plus de 100 000 personnes en 2013 et environ 184 500 personnes en 2014. Un comité technique national, dirigé par le MSPP et soutenu par l’UNICEF, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) / Organisation panaméricaine de la santé (OPS) et les Centres des Etats-Unis de contrôle des maladies (CDC), a été créé à la fin mai 2014 pour concevoir et coordonner la campagne. La campagne a ciblé les zones de choléra à haut risque pour tenter de perturber la chaîne de transmission au cours de la prochaine saison sèche, ce qui aidera à réduire le nombre de cas, en particulier pendant la saison humide, une période d’importance critique.

Par Cornelia Walther

Source: http://www.unicef.org/french/infobycountry/haiti_76198.html

Une longue marche pour éliminer le choléra en plein cœur d’Haïti

Une aide sociale d’Action contre la faim explique à des habitants d’Artibonite comment utiliser les Aquatabs pendant une séance de sensibilisation. (c) UNICEF Haiti/2014/Walther

En 2013, le Gouvernement haïtien s’est engagé à éliminer le choléra d’ici dix ans. Mais il ne s’agit pas d’une tâche facile : actuellement, 250 nouveaux cas sont enregistrés chaque semaine ce qui signifie qu’une personne tombe malade toutes les heures. Les régions touchées par le choléra peuvent être quasiment inaccessibles et par conséquent l’UNICEF et son partenaire sont à pied d’œuvre dans tout le pays pour aider Haïti à parvenir à réaliser son objectif d’élimination de cette maladie.

Un des secteurs qui, en Haïti, reste problématique, est celui d’Artibonite. Je me suis donc récemment rendu là-bas pour apporter de l’aide à l’un de nos partenaires, Action contre la faim (ACF).

À la chasse aux informations

Notre première halte se fait au Centre de traitement du choléra de Verrettes. Au centre, nous nous entretenons avec des patients pour savoir quel est leur secteur d’origine et pour connaître la chaîne possible de contamination. En bref, nous sommes à la recherche des détails qui nous permettront de trouver les endroits où est confinée la maladie.

Munis des informations que nous a données un des patients, nous nous mettons en route pour un petit village.

Notre voiture s’arrête où se termine la route. Nous sommes face à une montagne. Les habitations sont peu nombreuses et seules deux vaches sont en train de paître tranquillement, nous observant, notre groupe étant équipé de tous les outils nécessaires pour décontaminer les maisons, s’occuper des personnes infectées et, bien sûr, traiter l’eau. À partir de cet endroit, seul les gens et les animaux peuvent passer.

Sous le soleil tropical, nous suivons un sentier qui monte dans la montagne. Nous dépassons quelques habitants du secteur ; ils  nous assurent que nous allons bien dans la bonne direction mais le sommet semble hors d’atteinte.

La longue marche vers le village. (c) UNICEF Haiti/2014/Walther

À chaque kilomètre, il devient de plus en plus difficile d’avancer mais notre solidarité est évidente. Nous sommes ici pour mettre fin à une maladie. Nous marchons lentement mais avec le sourire et quelques rires.

Nous tombons sur un vieil homme assis sous un arbre. Il nous dit que nous sommes proches du village et que, oui, il y a un problème de choléra. Lui et sa famille ont tous été touchés par le choléra quelques semaines plus tôt. Nous passons un virage et j’aperçois un petit village accroché au flanc de la montagne. Encore seulement une centaine de mètres à faire et finalement, nous voilà arrivés.

Il nous a fallu trois heures pour parvenir à pied au village. Il se trouve à plus de cinq heures du dispensaire.

Jerome Kouachi en train de tester la javellisation du matériel permettant de se laver les mains, au Centre de traitement du choléra. (c) UNICEF Haiti/2014/Walther

Prise de mesures au niveau de la communauté

L’équipe se divise. Une partie va dans le village pour trouver la maison du patient avec qui nous avons parlé à Verrettes. Pour créer un cordon sanitaire, la maison devra être décontaminée ainsi que les maisons adjacentes.

Pendant ce temps, les habitants du village se sont rassemblés. Un autre membre de l’équipe mène une opération de sensibilisation pour donner des informations aux habitants sur le choléra et distribue des Aquatabs (pour désinfecter l’eau afin qu’elle soit propre à la consommation), des sels de réhydratation par voie orale (à donner aux personnes qui sont atteintes de diarrhée sévère, spécialement les enfants) et du savon (pour se laver les mains une mesure préventive importante).

Au bout d’une heure environ, notre travail est achevé. Nous laissons des stocks de matériel aux habitants du village pour faire en sorte que la communauté puisse faire rapidement face à une réapparition possible de la maladie.

Et commence ensuite le long périple pour le retour.

Par

Jerome Kouachi est un expert chargé de la lutte contre le choléra auprès d’UNICEF Haiti.

Source: linkis.com

Une communauté d’Haïti s’efforce de protéger ses sources d’eau et d’améliorer l’assainissement

La Journée mondiale de l’eau a lieu chaque année le 22 mars pour attirer l’attention de la communauté internationale sur l’importance de l’eau douce et d’une gestion sur le long terme des ressources en eau douce. Le thème de cette année est la “coopération pour l’eau”.

Ici, les membres d’une petite communauté d’Haïti travaillent ensemble pour que tout le monde ait accès à de l’eau salubre.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2013/Dormino
Un enfant se lave les mains à une fontaine construite par l’ONG haïtienne Concert-Action en collaboration avec la communauté locale et grâce au financement de l’UNICEF à Petit Bourg du Borgne. Petit Bourg du Borgne est un village isolé dans le département du Nord, une région montagneuse d’Haïti.

 
PETIT BOURG DU BORGNE, Haïti, 21 mars 2013 – Celianne Jean et sa petite fille de 5 ans, Wislaine, avaient l’habitude de se joindre aux autres membres de la communauté tous les jours à la source d’eau locale. Les villageois positionnaient leurs seaux pour recueillir l’eau de la source, de l’eau qui coulait sur une feuille que quelqu’un avait placée soigneusement pour recueillir et canaliser ce filet d’eau non protégée qui coulait de la montagne.

«Nous avions beaucoup de problèmes avec l’eau, explique Mme Jean, le choléra a frappé la région, et nous buvions l’eau d’où qu’elle vienne sans la traiter. Les gens tombaient malades. »

Le stress hydrique du pays

Haïti est considéré comme un pays souffrant de stress hydrique. Seulement 64,5 pour cent de sa population a accès à de l’eau potable.

Petit Bourg du Borgne, le village de Mme Jean, est niché dans les montagnes du département du Nord en Haïti. La plupart des gens de la région dépendent de sources telles que les ruisseaux, les rivières et les sources souterraines pour l’ensemble de leurs besoins quotidiens en eau.

Ces sources sont exposées à de nombreux polluants et bactéries préjudiciables à la santé car les gens les traversent à pied et en véhicule et les utilisent pour se laver, laver leurs vêtements, faire boire leurs animaux, et toute une série d’autres usages.

Image de l'UNICEF
© UNICEF Haiti/2013/Dormino
Celianne Jean verse de l’eau traitée sur les mains de sa fille après qu’elle soit allée aux toilettes. La communauté a construit plusieurs de ces latrines après que les habitant eurent suivi une formation sur les bonnes pratiques en matière d’hygiène et sur l’importance de la construction et de l’utilisation de latrines pour prévenir la contamination des eaux.

«La présence de matière fécale dans l’eau est l’une des principales causes de la contamination des sources d’eau en Haïti », explique Jean-Marie Joinvil, gestionnaire de programme pour l’ONG Concert-Action.

Systèmes d’eau salubre
Concert-Action est une organisation locale qui, de concert avec l’UNICEF, construit des systèmes d’eau salubre à Petit Bourg Borgne. Les deux principales composantes de l’initiative sont : la sensibilisation des communautés aux questions d’’hygiène de l’eau et d’assainissement, et le développement des systèmes d’eau.

Cela va ensemble, affirme M. Joinvil : « Pour avoir accès à de l’eau potable de bonne qualité, la communauté doit éliminer le besoin de déféquer à l’air libre et cesser de boire de l’eau des sources non protégées. »

Pour cette raison, l’initiative offre une formation à la communauté sur la façon de construire des latrines. En outre, les mobilisateurs de la communauté sont formés pour poursuivre les campagnes de sensibilisation et aider à changer les comportements. Les membres de la communauté se réunissent chaque mois et chaque famille contribue à un fonds pour les réparations futures des systèmes d’eau et la construction de latrines familiales.

Des activités sous l’égide de la communauté

« La création de latrines familiales et l’entretien des systèmes d’eau est une activité placée sous l’égide  de la communauté », dit M. Joinvil.

« Nous sommes allés un peu partout dans les environs pour sensibiliser tout le monde à ces problèmes, dit Mme Jean. J’ai participé à la construction de nombreuses latrines. Nous nous sommes réunis et, mus par notre propre énergie, nous avons construit 20 latrines en trois mois et mis en place des systèmes de lavage des mains pour que les gens ne rentrent pas chez eux les mains pleines de microbes.»

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© UNICEF Haiti/2013/Dormino
Un homme travaille sur une canalisation d’eau pour protéger une source d’eau et faciliter l’accès des villageois à de l’eau salubre. Pour bâtir ces structures d’alimentation en eau, les membres de la communauté feront une chaîne.

Une chaîne de travailleurs

L’UNICEF fournit un soutien financier à Concert-Action pour localiser les sources d’eau de la région et les protéger de la pollution. « Nous le faisons en installant des systèmes de fontaine d’eau qui apportent l’eau tout près de là où habite la communauté de sorte que les gens n’ont pas besoin d’aller loin pour s’approvisionner en eau à des sources peu sûres, comme les rivières », déclare Rony Bayard, Spécialiste à l’UNICEF- Haïti de l’eau et de l’assainissement.

Jusqu’à présent, 25 systèmes d’eau ont été mis en œuvre dans trois communautés rurales du département du Nord. Maintenant que presque toutes les familles de sa communauté ont une latrine familiale qui peut empêcher les microbes de circuler facilement, Mme Jean participe à la construction du nouveau réseau de canalisations. Sa contribution consiste à passer au crible  un tas de pierres et d’en sélectionner les meilleures pour la construction de la structure.

L’ensemble du processus de construction de la structure implique plusieurs membres de la communauté dans la création d’une chaîne, dont elle est un maillon. Ensemble, ils construisent une structure pour canaliser la source d’eau qui protégera leurs vies.

Par Michelle Marion

Source : www.unicef.org

Les mesures prises contre le choléra en Haïti

Le 21 février, l’Unicef lance son Action humanitaire pour les enfants 2014 (Humanitarian Action for Children, HAC 2014). Cet appel mondial recense l’ensemble des besoins identifiés chez les personnes vivant dans des conditions difficiles, qu’il s’agisse de situations d’urgence à grande échelle, dont tous les médias de la planète se font l’écho, ou de crises qui, pour être moins visibles, n’en sont pas moins urgentes au vu des dangers qu’elles représentent pour la vie et le bien-être des enfants et des femmes.

L’Action humanitaire pour les enfants 2014 se donne pour objectif d’apporter une aide vitale à 85 millions de personnes, dont 59 millions d’enfants. D’un montant total de 2,2 milliards de dollars, reflétant l’aggravation des conséquences liées aux catastrophes et aux situations d’urgence sur les enfants à travers le monde, c’est l’appel humanitaire le plus important jamais réalisé par l’UNICEF.

10 mois à peine s’étaient écoulés depuis le tremblement de terre dévastateur qui avait secoué la capitale du pays en janvier 2010, qu’Haïti était confrontée à une grave épidémie de choléra responsable d’un millier de nouveaux cas quotidiens et affectant plus de 600 000 personnes. La réponse aux besoins humanitaires continue à mesure que le pays se relève de la destruction et de l’épidémie.

Au cours de l’année écoulée, le département du Sud, en Haïti, a vu le nombre de cas de choléra baisser de façon spectaculaire. A qui et à quoi peut-on attribuer ce succès ?

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© UNICEF Haiti/2013/Fanfan Devant la maison d’un patient suspecté de choléra, dans le département du Sud, en Haïti, Exile Sylveus junior explique à la foule rassemblée l’importance d’utiliser de l’eau traitée

 

PORT-AU-PRINCE, Haïti, le 27 décembre 2013. – Le centre de traitement du Choléra de Camp Perrin héberge un jeune patient suspecté de choléra. Exile Sylveus Junior et son équipe se précipitent sur les lieux, aux Cayes, au sud de Port-au-Prince.

Exile est le chef d’une équipe d’intervention d’urgence auprès de l’Agence d’Aide à la Coopération Technique et au Développement (ACTED). Il lutte contre le choléra pour le compte de cette organisation depuis trois ans, dans différents endroits d’Haïti. Il fait partie des responsables chargés de répondre aux alertes choléra dans le département du Sud.

Un effort coordonné

ACTED est l’un des partenaires clés de l’Unicef dans la mise en œuvre de la stratégie de soutien au Plan national d’élimination du choléra du gouvernement haïtien. L’organisation appartient à un réseau d’ONG créé par l’Unicef en vue de lutter contre le choléra. La mise en place de ce réseau permet une meilleure coordination de toutes les parties prenantes et, par ricochet, entraîne une réponse plus rapide et des activités de préventions plus étendues.

Selon la coordinatrice en charge du choléra auprès de l’Unicef, Claudia Evers, « les acteurs clés actuellement impliqués dans la lutte contre le choléra – et ils ne se limitent pas à ceux soutenus par l’Unicef – coordonnent leurs actions, communiquent et partagent les responsabilités. »

La population mérite qu’on lui consacre tous nos efforts », a-t-elle ajoutée. « Nous sommes sur la bonne voie. »

Une stratégie reposant sur trois piliers

Samuel Beaulieu, responsable du programme ACTED pour la partie sud d’Haïti, précise que la lutte contre le choléra repose sur trois piliers : la surveillance épidémiologique, les enquêtes et une réponse rapide.

Grâce à la surveillance en place, les interventions peuvent se concentrer sur des zones où le choléra persiste. Nous disposons de trois équipes mobiles qui peuvent être envoyées sur le terrain à tout moment lorsqu’une alerte a été lancée. ACTED organise des activités de sensibilisation dans les écoles, sur les marchés et dans les églises ainsi que par le biais d’associations locales. Concrètement, ACTED et la Direction Nationale de l’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) ont mené 135 campagnes de sensibilisation auprès de 68 000 personnes à travers le département du Sud.

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Exile et son équipe décontaminent la maison du patient dans ses moindres recoins. Apporter une réponse rapide et coordonnée fait partie des efforts mis en œuvre par Haïti afin d’éliminer la maladie une fois pour toute. © UNICEF Haiti/2013/Fanfan

 

Selon Samuel, ce sont des actions de ce type, menées par les partenaires présents sur le terrain, qui ont rendu possible une baisse spectaculaire des cas de choléra – 71,5% au cours de l’année passée – dans le département du Sud. « Il ne faut cependant pas oublier le facteur climatique, » ajoute-t-il. « La saison des pluies a été beaucoup plus tardive. »

L’intervention d’Exile

A Camp-Perrin, Exile réussit à persuader la tante du patient, âgé de 16 ans, de ne pas l’emmener à Port-au-Prince, distante d’environ quatre heures. Il ne survivra pas au voyage, explique Exile.

Puis, Exile et son équipe se rendent à la maison du patient, à La Roche aux Ponts. La maison se trouve dans une zone éloignée, au fond d’une vallée verte, seulement accessible aux véhicules tout-terrain. Il a plu pendant la nuit et la progression est difficile.

L’équipe d’Exile est composée d’agents communautaires et de techniciens en eau potable et en assainissement qui travaillent pour la DINEPA

Un crieur avertit les familles locales qu’un important message va être communiqué. Un rassemblement commence à se former autour de la maison du patient. 40 personnes sont déjà réunies et d’autres continuent à arriver. Exile commence à parler au milieu du silence que seuls les cris perçants des oiseaux nichant dans les arbres dérangent. Les gens rassemblés sont informés de l’importance d’utiliser de l’eau traitée et apprennent à préparer le sérum oral.

Ensuite, Exile et son équipe repartent.

Pas le temps de dormir

Le réseau des partenaires ONG, telles qu’ACTED, est essentiel pour soutenir la lutte contre le choléra entreprise par le gouvernement haïtien. Le défi qui attend Haïti au cours des prochains mois consistera à profiter de la saison sèche, pendant laquelle le nombre de cas est réduit. Ces conditions favorables devraient permettre de mettre en place des mesures de prévention.

En attendant, Exile et son équipe sont fin prêts et occupés. « Au-delà de l’aspect professionnel, » confie-t-il, « la partie la plus importante de mon travail, c’est le côté humain. Il me permet de me rapprocher de la population. »

Et de continuer : « Lorsque des vies sont sauvées, on a l’impression d’être utile à la communauté. On n’a pas le temps de dormir. On doit être prêt à intervenir à tout moment. Lorsque survient une alerte, il faut se rendre sur les lieux le plus tôt possible pour empêcher la propagation de la maladie »

Par Jean Panel Fanfan

Source: www.unicef.org