Amener l’ACAT dans les localités enclavées

 

Le facilitateur WASH en discussion avec des membres du comité ACAT de Lauranette

Grâce à un financement du peuple japonais, l’UNICEF mène des activités de lutte contre la défécation à l’air libre dans différentes communautés qui sont très difficiles d’accès. Dans la localité de Lauranette, commune de Cerca-la-Source, dans le département du Centre, la population a pratiquement éliminé la défécation à l’air libre. Ceci représente une avancée considérable, car par le passé, le choléra faisait des ravages dans la zone. Les habitants sont aujourd’hui très satisfaits des résultats et remercient le peuple japonais pour sa précieuse contribution.

Cerca-la-Source, Haïti. 03 Octobre 2018 – Il a plu la nuit précédente, donc emprunter la route pour aller à Lauranette (2ème Section communale de Losianne), n’est pas une partie de plaisir. La terre est très boueuse, et le sol peut facilement devenir un piège pour n’importe quel véhicule, aussi robuste soit-il. Parvenir à cette localité, en ces circonstances est donc une tâche difficile, qui ne décourage cependant pas l’agent de World Vision, partenaire de l’UNICEF pour le projet ‘’ Du renforcement de la prévention contre le choléra dans le département du Centre’’.

Une des latrine construite dans le cadre de ce projet

« Nous conduisons des séances de sensibilisation à l’hygiène à l’attention de la communauté. Avant de lancer l’Approche Communautaire pour l’assainissement total (ACAT), nous organisons des visites puis nous assurons la mobilisation et nous vérifions que la zone est apte avant de lancer le processus. Ce faisant, nous invitons les membres de la communauté à nous rejoindre afin qu’ils s’engagent », explique Zacharie Porpote, facilitateur en eau-hygiène-assainissement (WASH) à World Vision pour la zone.

De concert avec la population, les facilitateurs mettent en place un Comité d’action et de suivi en assainissement (CASA). Leur rôle est de faire le recensement des toilettes au sein de la communauté. « Le comité mobilise et sensibilise les personnes qui n’ont pas de toilette à en construire. Les gens ont été très enthousiastes et dynamiques. Ils ont commencé à travailler dès le premier jour », continue-t-il.

L’enthousiasme de la communauté a été déterminant

Cet enthousiasme se traduit en la personne de Mme Elula Jean, ASEC (l’autorité locale) de la section communale. Elle a été une force motrice pour le succès de l’ACAT, en sensibilisant les gens et les motivant. « Je rappelle aux riverains, les ravages que le choléra a entraîné au sein de la communauté avant la construction des toilettes. Je leur demande de creuser des latrines avec les moyens qu’ils ont, même si ces moyens sont dérisoires. Si possible, je les appuie pour nourrir les travailleurs et je leur prête des outils », explique-t-elle.

« Il y a eu beaucoup d’amélioration quand on considère la situation avant. Mais c’est une lutte de tous les jours qui vise à faciliter la vie des gens. Il y a beaucoup plus de latrines au sein de la communauté et depuis lors, il n’y a plus de choléra », continue-t-elle. Beaucoup de gens sont morts du choléra dans la localité, car cela prend beaucoup de temps pour sortir de la zone. Ainsi la population a compris l’importance d’utiliser des toilettes et d’adopter des mesures d’hygiènes adéquates.

« Nous félicitons le peuple du Japon et l’UNICEF qui ont apporté cette contribution au sein de la communauté. Ils nous permettent de protéger nos vies ainsi que celle de nos enfants. Je les encourage à toujours travailler sur le terrain, car ils nous ont apporté une grande aide. Sans cette aide, nous ne savons pas où nous en serions à l’heure actuelle », rappelle-t-elle.

Un Projet à plusieurs volets

Il y a également eu des constructions de point d’eau

Ces activités financées par le Japon dans le département du Centre et notamment à Cerca-la-Source, couvrent plusieurs axes dont la réhabilitation ou la construction des installations d’approvisionnement en eau dans 17 communautés et établissements périurbains, y compris la création et la formation de comités eau, hygiène et assainissement  ; la mise en œuvre de l’approche ACAT dans 100 communautés rurales et une approche d’assainissement appropriée dans 20 zones périurbaines ; la construction d’infrastructures WASH dans les écoles ainsi que la promotion à l’hygiène.

« A l’UNICEF, nous sommes très heureux du financement de ce projet, car il va permettre aux familles vulnérables et aux enfants de bénéficier des services WASH dans le département du Centre. Cela va sauver la vie des enfants et nous permettre de combattre les maladies hydriques, dont le choléra. Encore une fois, nous remercions le peuple Japonais qui nous aide à accomplir notre mission », a déclaré Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

 

 

 

 

La nouvelle Représentante de l’UNICEF visite les partenaires dans le Plateau Central

La Représentante de l’UNICEF discutant avec les infirmières du CTDA

Mme Maria Luisa Fornara, nouvelle Représentante de l’UNICEF en Haïti, a effectué une courte visite dans le Département du Centre. Elle a notamment rencontré plusieurs partenaires dans le domaine de l’eau, l’hygiène et l’assainissement et de la lutte contre le choléra. L’objectif principal était de comprendre les différents défis et les avancées dans ces domaines. Mme Fornara a eu des discussions très fructueuses avec le Dr. Jasmin Paul Menahel, l’un des responsables de la lutte contre le choléra dans le département du Centre pour le MSPP.

Mirebalais, le 13 Septembre 2018- Tôt le matin la voiture de l’UNICEF a pris la route. A son bord l’ancien et le nouveau chef de la section urgence de l’UNICEF, Gregory Bulit et Antonio Marro. Après avoir traversé le trafic, la route et les montagnes du Centre s’offraient à la délégation.

Mme Fornara a visité un Centre de traitement de diarrhée aigue (CTDA) à Mirebalais et a pu s’entretenir avec les infirmières responsables du Centre. Elles ont fait part de leur détermination de tous les jours d’apporter les soins nécessaires à leurs compatriotes et de sauver des vies.

La Représentante de l’UNICEF a rencontré l’organisation ‘’ Zanmi Lasante’’ (Partner in health) qui est un partenaire de l’UNICEF dans le domaine de l’eau, l’hygiène et l’assainissement. L’organisation s’occupe de la gestion du CTDA et est en train de construire, avec un financement d’autres bailleurs, une CTDA moderne avec une plus grande capacité d’accueil.  La Représentante de l’UNICEF s’est aussi rendue sur le chantier.

« Zanmi Lasante évolue essentiellement dans la prise en charge, selon les attributions que nous a octroyées le MSPP. Il faut continuer en faisant les cordons sanitaires autour des maisons avec des cas suspects, cependant se sont des partenaires comme ACTED, UNICEF et d’autres organisations qui font la prise en charge communautaire. Il existe donc une coordination continue entre nous. Il faut maintenir le pont afin de donner le maximum à la communauté », a indiqué le Dr Kenia Vissières, coordonnatrice de programmes au sein de Zanmi Lasante.

Selon elle, les visites de hauts responsables, comme celle de la Représentante de l’UNICEF sont toujours très importantes afin de voir par eux-mêmes les défis afin qu’ils apportent leur contribution.

Une séance de sensibilisation contre le choléra dans une localité du Centre

Constater les progrès dans la lutte contre le choléra

Pierre Davidson, coordonnateur technique du projet choléra à ACTED pour tout le pays, explique que la visite est importante car elle peut voir par elle-même l’évolution de la réponse.

« Cela va lui permettre de comprendre ce que la lutte contre le choléra implique. Il y a certes beaucoup de progrès, mais il reste beaucoup à faire pour arriver à l’éradication de l’épidémie à travers tout le pays. Elle pourra aussi constater l’engagement des différents acteurs dans la lutte contre le choléra », a-t-il rappelé.

Comprendre mieux la stratégie de réponse rapide

Mme Fornara a également suivi une équipe de réponse rapide sur le terrain. Composée de membre d’ACTED et du MSSP, leur principale tâche est de combattre et de contenir le choléra. Ces équipes se déploient rapidement lorsqu’il y a des cas suspects, pour établir un cordon sanitaire autour du foyer intéressé. Elles se chargent de la sensibilisation à l’eau, l’hygiène et l’assainissement ; elles procèdent à la décontamination des maisons ; elles distribuent un kit contenant du savon, des tablettes pour la chloration de l’eau, des sels de réhydrations oral.

« J’ai beaucoup appris de cette visite. Il est important de constater par soi-même, car on apprend beaucoup plus de choses que derrière un bureau. L’engagement des différents acteurs de la lutte contre choléra sous le leadership du gouvernement haïtien a permis de grandes avancées. Mais nous devons maintenir l’effort pour arriver à son élimination », a-t- elle souligné.

 

 

L’Enquête EMMUS VI officiellement lancée par le gouvernement

 

L’assistance lors de la présentation de l’EMMUS VI

Les nouveaux chiffres de l’enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des services (EMMUS VI) vont permettre au gouvernement de mieux circonscrire leurs actions. Les politiques publiques auront pour base de départ les données de l’enquête. Elles vont également servir aux partenaires locaux et internationaux dans leurs interventions de tous les jours.

Port-au-Prince, le 21 aout 2018- L’EMMUS VI a été lancé en présence des principaux acteurs et bailleurs du secteur santé, le ministère de la Santé publique et de la population (MSPP), l’UNICEF, l’ambassade du Canada, l’ambassade des Etats-Unis, le Fonds des Nations-Unies pour la population, la Banque mondiale, entre autres.

Dans son allocution de circonstance, le Dr. Marie Greta Roy Clément, ministre de la Santé, a rappelé que les données présentées constituent l’épine dorsale de la santé publique. « En effet toutes vos prises de décisions, si elles se veulent rationnelles et porteuses d’espoir pour le peuple haïtien, doivent nécessairement reposer sur des statistiques de services fiables et d’actualités », a-t-elle insisté.

La ministre, a plus loin, indiqué qu’avec la publication de ces résultats, le diagnostic de la situation sanitaire est disponible ce qui va faciliter une meilleure planification et gestion de nos programmes et projets en santé publique. Ce qui va rapprocher d’avantage le pays des Objectifs de développement durables (ODD).

« Beaucoup de chemin reste à parcourir, il nous faut hâter le pas, nous mettre au trot, voire au galop si nous voulons présenter un bilan satisfaisant de nos actions sanitaires à l’horizon 2030 », a-t-elle rappelé.  Le Dr. Roy Clément, a également mis l’accent sur les efforts pour doter le système sanitaire de ressources humaines qualifiées notamment dans le domaine de santé communautaire. Ainsi, le système s’est enrichi de : 1 200 agents en santé communautaire polyvalents, 270 auxiliaires infirmières polyvalents, 270 officiers sanitaires.

Mme Maria Luisa Fornara lors de son discours

L’UNICEF a contribué à l’EMMUS VI

L’UNICEF, aux côtés d’autres partenaires, a fourni un appui technique et financier dans la réalisation de l’enquête. « L’UNICEF est fier d’avoir accompagné le MSSP dans la production de cette enquête primordiale, et souhaite rappeler que cet accompagnement s’inscrit dans la continuité des EMMUS précédentes », a souligné Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

Mme Fornara a salué le leadership du MSPP dans le cadre de cette enquête. « Cette enquête va nous permettre de mieux orienter nos actions, aux côtés du gouvernement et de concert avec nos partenaires et bailleurs, afin de toucher les enfants et les familles les plus vulnérables et ceci dans les endroits les plus reculés du pays », a-t-elle souligné, tout en renouvelant l’engagement de l’UNICEF aux côtés du MSPP.

Une enquête fondamentale

La sixième Enquête Mortalité, Morbidité et Utilisation des Services en Haïti 2016-2017 (EMMUS-VI) est une enquête par sondage représentative au niveau national. L’objectif principal de l’EMMUS-VI 2016-2017 est de fournir des estimations actualisées des indicateurs démographiques et de santé de base.

Au cours de l’EMMUS-VI 2016-2017, des données ont été collectées sur les niveaux de fécondité, les préférences en matière de fécondité, la connaissance et l’utilisation des méthodes de planification familiale, les pratiques d’allaitement, la mortalité des enfants, la santé infantile et maternelle, la possession et l’utilisation de moustiquaires, l’état nutritionnel de la mère et de l’enfant.

Lancement de l’opération coup de poing 2018 contre le choléra

 

Les représentants des collectivités territoriales de l’Ouest , lors du lancement

En 2017, l’opération coup de poing a permis une avancée fondamentale dans la lutte contre le choléra dans le département de l’Ouest. Ce lundi 7 aout, le Ministère de la santé publique et de la population (MSPP) et la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA) ont lancé l’opération coup de poing 2018. Ce lancement s’est tenu en présence des principaux partenaires de la lutte contre la maladie dont l’UNICEF et les représentants des collectivités territoriales de l’Ouest.

Port-au-Prince le 22 aout 2018- Avec le lancement de l’opération coup de poing, les principaux partenaires veulent renforcer la lutte dans le département de l’Ouest. Il y a eu des progrès importants dans la lutte, en témoignent les chiffres qui n’ont jamais été aussi bas.

L’administrateur de la Direction de la Santé de l’Ouest (DSO), M. Maliou Etienne, a salué la présence des participants dans le cadre de l’atelier. « Je tiens à rappeler que le combat pour éliminer, pour éradiquer le choléra n’est pas seulement l’affaire du MSPP mais cela implique la participation de tous. Tout le monde doit apporter son apport dans la lutte », a-t-il dit, en lançant officiellement l’atelier.

Paul Chrystian Namphy, coordonnateur de la lutte contre le choléra au niveau de la DINEPA, a mis l’accent sur les éléments importants de la stratégie afin d’éliminer le choléra : la prise en charge médicale, la réponse communautaire, la surveillance épidémiologique, la sensibilisation, l’eau potable et l’assainissement, l’implication des élus locaux.

« Ces éléments sont absolument essentiels, il faut doter la population de l’accès à l’eau et à l’assainissement. Il faut accompagner la population dans une véritable révolution de changement de comportement, de promotion de sensibilisation et d’hygiène », a-t-il poursuivi.

L’UNICEF un acteur clé dans la lutte contre le choléra

Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haiti

Dans la lutte contre le choléra, l’UNICEF a été aux côtés du gouvernement haïtien dès les premiers moments. L’UNICEF supporte la lutte contre la maladie à plusieurs niveaux, notamment l’aspect concernant l’appui à la coordination et la réponse au niveau national, départemental et communal. Ainsi l’organisation est le leader du secteur WASH (eau, hygiène et assainissement) et assure une présence constante dans le secteur de la santé en vue de renforcer les liens et la cohésion entre les activités Wash et santé.

« L’opération coup de poing possède cette force de rallier tous les acteurs concernés par cet objectif commun qu’est l’élimination du choléra. L’UNICEF se réjouit de l’implication de tout un chacun, en particulier des collectivités territoriales dans cette grande opération », a indiqué Mme Maria Luisa Fornara, Représentante de l’UNICEF en Haïti.

L’élimination du choléra : plus que jamais une vérité

Les derniers chiffres contre la maladie montrent qu’il est possible de l’éliminer. A la 30ème semaine de cette année, seulement 31 cas suspects ont été enregistrés pour tout le pays. De manière générale : 818 874 cas suspects de choléra ont été reportés de 2010 au 28 juillet 2018 ; en 2017, le nombre de cas suspect reporté s’est élevé à 13 681 pour tout le pays ; et de de janvier à juillet de l’année en cours on ne compte que 2 874 cas à travers le pays.

Les efforts conjugués de tous les partenaires impliqués dans cette lutte, rapproche Haïti de plus en plus vers l’objectif de l’élimination. Il est important de redoubler de vigilance durant la saison pluvieuse.

Même si les chiffres sont encourageants « nous ne pouvons pas encore crier victoire, car le choléra est toujours là » a prévenu monsieur Paul Christian Namphy.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réhabiliter le réseau d’eau pour combattre la sécheresse

Le Tepac de Jacmel et un staff de l’UNICEF en train de discuter devant un réservoir sur le captage de la source Domingue

Les périodes de sécheresse qu’ont connues plusieurs départements du pays, ont mis à rude épreuve, la situation des personnes, en termes d’accès à l’eau potable. Spécialement dans le département du Sud-Est où les communautés sont souvent éloignées et vivent retirées dans les montagnes. Pour faciliter l’accès à l’eau dans ces contrées, l’UNICEF a entrepris un programme de réhabilitation de source et du captage d’eau, en coopération avec la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). Un financement de l’USAID a permis d’entreprendre ces activités dans plusieurs départements du pays comme : le Nord-Ouest, le Sud-Est, le Sud et la Grand’Anse.

Jacmel le 31 mai 2018-  Les communes de Jacmel, de la Vallée de Jacmel et Bainet font partie des bénéficiaires, car plusieurs les systèmes d’approvisionnement en potable (SAEP) et de pompes à motricités humaine (PMH) présentaient un état de dégradation avancé. Par exemple, le système d’adduction d’eau potable de Domingue, dans la section communale de Bas Cap Rouge, 1ème section de la commune de Jacmel a bénéficié des travaux de réhabilitation. Maintenant, plus de 8500 personnes ont accès à une eau potable.

Les TEPAC, agents de la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), représentent les fers de lance dans le suivi de la gestion des Systèmes d’adduction d’eau potable (SAEP) dans les communautés reculées. De concert avec les comités locaux de gestion d’eau, ils mettent en place un mécanisme, qui permette la gestion transparente et efficace des systèmes, en faisant le lien entre la population et les comités de gestion d’eau.

Une situation qui était grave

L’ancien réservoir de la source…

A Bas Cap Rouge, la situation était très difficile, car le débit trop faible de la source de captage, ne pouvait pas alimenter tout le réseau. Les gens avaient de la difficulté à s’approvisionner en eau. « La localité a fait face avec un grave problème de sécheresse, la source s’est tarie. La population n’avait d’autres choix que d’aller puiser de l’eau dans le lit de la rivière », explique Anel Colin, TEPAC pour la commune de Jacmel.

Le SAEP confrontait des problèmes techniques sérieux en ce qui concerne l’eau, la ligne d’adduction était coupée, il y avait plusieurs fuites sur la ligne de distribution. Beaucoup de perte d’eau était constatée. Il y avait 12 bornes fontaines qui ne fonctionnaient pas.

« Avant, les gens puisaient de l’eau dans la rivière. La majorité des personnes qui avaient l’habitude de se baigner dans la rivière, déféquaient à même le sol. Ce qui représentait un problème de santé publique, et les gens qui consommaient l’eau tombaient malades, sans oublier le choléra », explique-t-il.

Fleurant Louissaint, secrétaire du Comité d’Approvisionnement en Eau Potable et d’assainissement (CAEPA), explique l’importance vitale du réseau et les changements sur la vie des habitants. Il se rappelle de la période difficile de la sècheresse où les lits des rivières étaient à sec, les arbres périssaient, les têtes de bétails mourraient, c’était vraiment une catastrophe.

« Par le passé, les gens devaient parcourir plusieurs kilomètres pour trouver l’eau, maintenant ce n’est plus le cas. Les riverains sont contents de cette amélioration, cela a amélioré les conditions de vie des gens. Le captage est une initiative louable », indique-t-il, ajoutant qu’il souhaite un accompagnement de l’Etat en ce qui concerne le reboisement autour des sources d’eau de la zone.

Gérer la distribution de l’eau

Un jeune collectant de l’eau sur le réseau

La DINEPA, l’UNICEF, Solidarités International, avec un financement de l’USAID, ont entrepris des travaux qui ont pratiquement changé, la vie de la population en facilitant l’accès à l’eau. Anel Colin, se dit satisfait à ce niveau car cela à apporter un grand changement au sein de la communauté.

Il déplore la coupe des arbres qui se trouvaient dans la source de la rivière, ce qui a pour conséquence une diminution de la source.

Pour assurer la gestion efficace et la maintenance du système, un CAEPA a été formé avec les membres de la communauté afin garantir la continuité et la pérennité du service d’eau. « Le comité de concert avec la population élaborent un horaire de distribution. Mon rôle est de recueillir les doléances de la population et trouver des solutions aux problèmes », rappelle-t-il.

Garantir les objectifs de développement durable

L’ODD 6 stipule qu’il faut ‘’ garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau’’.

Hamidou Maiga, responsable WASH à l’UNICEF met l’accent sur l’importance de respecter cet ODD. « Notre mandat à l’UNICEF est de protéger la vie des enfants et des adolescents. Une eau potable signifie moins de risque d’attraper des maladies. Nous nous tenons aux cotés de la DINEPA dans la réalisation des politiques publiques en ce qui a trait à l’accès à l’eau et l’assainissement », ajoute-t-il.

 

L’engagement communautaire à la base de l’accès à l’eau potable

 

Un riverain puisant de l’eau dans la source

Dans les endroits reculés du pays, l’accès à l’eau potable peut s’avérer un défi de taille, tenant compte de la configuration du relief et de la disponibilité des sources naturelles en eau. L’UNICEF, avec un financement de l’USAID, met en place des projets de captage de source et d’adduction d’eau potable. Souvent l’engagement communautaire est incontournable pour la réussite de ces projets. La localité de La Vallette, dans le département du Sud-Est est un exemple frappant.

Jacmel, le 31 mai 2018– Dans le cadre de la lutte contre la sècheresse qui a frappé plusieurs départements du pays dont le Sud-Est, l’UNICEF de concert avec l’USAID a entrepris des travaux de réhabilitation de sources d’eau dans plusieurs localités. La source Lavalette dans la section Montagne La Voûte, 6e section de la commune de Jacmel, en bénéficie.

Alma Oplan, le regard vif, la démarche droite et décidée est le coordonnateur de Casec de la Section La Montagne. Il a été l’un des grands artisans, au niveau communautaire de la réhabilitation de la source de la Montagne. « En tant qu’agent de développement, notre rôle est de travailler au profit de notre section communale pour le bien-être de la communauté », explique-t-il.

Des problèmes qui étaient récurrents

Le relief accidenté a favorisé l’érosion des sols de la zone ; l’augmentation de la population a entrainé une surexploitation du système ; les catastrophes naturelles telles que les ouragans (le tremblement de terre, les cyclones Emilie et Katrina ainsi que l’Ouragan Matthew…) ont accéléré la dégradation des ouvrages. En ce qui a trait au captage : il y avait des fissures sur la superstructure, la trappe était endommagée, l’environnement proche dégradé. Ainsi le reste du réseau ne pouvait être alimenté.

Le manque d’appropriation de la source par la communauté a induit un manque de suivi des ouvrages. Les gens ne prenaient pas soin de l’ancien captage et y jetaient des immondices, il n’y avait aucune propreté. « La situation était très difficile, car les gens puisaient de l’eau, tout près de l’endroit où les animaux s’abreuvaient », raconte-t-il.

La communauté a été partie prenante

Une pompe à bras dans une section communale du Sud-Est

Les membres de la communauté ont vu la nécessité de réparer la source d’eau, ils ont ainsi fait la demande auprès de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). L’USAID avait donné un financement à l’UNICEF pour la réalisation du projet. Solidarités International a été choisi comme maitre d’ouvrage.

Lorsqu’il parle de la réalisation de ce projet, un large sourire illumine le visage d’Oplan. « Les gens se sont appropriés le projet dès le commencement. Ils ont participé en donnant et en apportant sur les lieux des matériaux de constructions ; sable, roches, blocs, entre autres », se réjouit-il.

Alma Oplan a été l’un des moteurs de la mobilisation. Il a sensibilisé les habitants sur l’importance de la réhabilitation de la source. Il a contribué à la nourriture des travailleurs. Il s’est dit satisfait du résultat final, même s’il pense qu’il peut y avoir de l’amélioration.

Le gros des travaux a consisté en : la réhabilitation, le captage à travers le colmatage de la fuite et le nettoyage de l’environnement proche du système ; la réfection de l’étanchéité intérieure et extérieure du réservoir ; la réhabilitation partielle de la maçonnerie et la plomberie ; le colmatage et la protection des canalisations au niveau du captage ; la réalisation d’un mur de soutènement pour la protection de l’ouvrage.

Pour Jacques Touchard Adia, spécialiste WASH à l’UNICEF, la réhabilitation de la source va changer la vie de la population. Car l’impact dans leur vie est réel et palpable. « C’est une grande différence pour les gens de La Montagne, car avant il était difficile de trouver l’eau potable. Les populations avaient de l’eau en quantité mais qui n’était pas potable. Le captage et le réservoir étaient contaminés par les coliformes. L’UNICEF, en soutien au gouvernement haïtien, a permis à ces communautés reculées d’avoir accès à l’eau. Cela va sauver la vie des enfants. Nous remercions l’USAID pour son soutien important à la réalisation de ce projet. », conclut-il.

 

Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Éliminer le cholera en Haïti par la réponse rapide.

UNICEF Haïti travaille avec ses partenaires tels Solidarités International afin de soutenir la stratégie de réponse rapide du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le but d’éliminer le choléra avec ses équipes mobiles.Voici l’histoire de Michel Ange.

Camille Lacourt en visite en Haïti.

Ici en Haïti, plus de 4,8 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau potable. 4,8 millions de personnes, c’est 36% de la population, une statistique que Camille Lacourt souhaite changer par son implication humanitaire.

Arrivé sur l’île d’Hispaniola le 19 février pour un séjour de 5 jours, le quintuple Champion du Monde de Natation Camille Lacourt, a pu voir de ses yeux le travail colossal accompli sur le terrain par UNICEF et ses différents partenaires.

« On voit qu’il y a beaucoup de travail et que ça bosse rapidement » affirme la célébrité française, parrain de la nuit de l’Eau. Cette présence en Haïti de Camille Lacourt visait à constater et témoigner de l’action de l’UNICEF sur le terrain et voir à quoi servent les fonds collectés grâce à la Nuit de l’Eau.

« Tous les dons sont utiles. Il y a eu beaucoup de travail de fait mais il en reste encore beaucoup. Haïti ce n’est pas que les tremblements de terre et les ouragans. Il ne faut pas qu’aider à ces moments mais un petit peu tout le temps » explique Camille.

Accompagné de Julie Barrat, responsable WASH UNICEF, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite le réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma

Dans le département du Centre, Camille a pu voir tout ce qui était fait et toutes les difficultés rencontrées pour ramener l’eau potable des sources jusqu’aux populations. À La Chapelle il a visité un réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma. Grâce aux nombreux dons, ce système d’approvisionnement a été réhabilité et de nombreux points d’eau sont maintenant assainis. En totalité, 910 000 personnes ont maintenant accès à un point d’eau potable.

Toujours dans le Centre, il a aussi pu rencontrer les élèves de l’école nationale de Trianon à Mirebalais, une des 152 écoles amies de l’hygiène. Là-bas, grâce au soutien de l’UNICEF, des enfants peuvent se laver les mains et peuvent accéder à des toilettes séparées. Ces programmes ont été en partie financée par la générosité publique lors de la Nuit de l’Eau 2017.

« Pour nous quand on la chance de venir sur le terrain, on voit que vraiment le travail a été fait et en train d’être fait. C’est le message que j’essaie de faire passer : les dons, c’est utile, c’est vraiment utile. » affirme Camille Lecours

Accompagné du médecin Karine Sévère, responsable du CTC de Port au Prince, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite les installations et les malades atteints de cholera ou de diarrhée aïgues.

Finalement à Port au Prince dans l’Ouest, accompagné du médecin Karine Sévère, médecin responsable, il a visité le Centre de Traitement du Choléra et de Diarrhée Aigüe Gheskio et un point de chloration d’eau dans le quartier Bristou à Petionville.

« C’est très loin de ce que nous on peut connaître mais oui je relativise beaucoup en disant que moi j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir faire mon sport dans des bassins rempli d’eau et qu’ici il n’y en a pas assez, donc voilà ça me donne encore plus envie de parler de ça » termine Camille Lacourt.