Réhabiliter le réseau d’eau pour combattre la sécheresse

Le Tepac de Jacmel et un staff de l’UNICEF en train de discuter devant un réservoir sur le captage de la source Domingue

Les périodes de sécheresse qu’ont connues plusieurs départements du pays, ont mis à rude épreuve, la situation des personnes, en termes d’accès à l’eau potable. Spécialement dans le département du Sud-Est où les communautés sont souvent éloignées et vivent retirées dans les montagnes. Pour faciliter l’accès à l’eau dans ces contrées, l’UNICEF a entrepris un programme de réhabilitation de source et du captage d’eau, en coopération avec la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). Un financement de l’USAID a permis d’entreprendre ces activités dans plusieurs départements du pays comme : le Nord-Ouest, le Sud-Est, le Sud et la Grand’Anse.

Jacmel le 31 mai 2018-  Les communes de Jacmel, de la Vallée de Jacmel et Bainet font partie des bénéficiaires, car plusieurs les systèmes d’approvisionnement en potable (SAEP) et de pompes à motricités humaine (PMH) présentaient un état de dégradation avancé. Par exemple, le système d’adduction d’eau potable de Domingue, dans la section communale de Bas Cap Rouge, 1ème section de la commune de Jacmel a bénéficié des travaux de réhabilitation. Maintenant, plus de 8500 personnes ont accès à une eau potable.

Les TEPAC, agents de la Direction Nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA), représentent les fers de lance dans le suivi de la gestion des Systèmes d’adduction d’eau potable (SAEP) dans les communautés reculées. De concert avec les comités locaux de gestion d’eau, ils mettent en place un mécanisme, qui permette la gestion transparente et efficace des systèmes, en faisant le lien entre la population et les comités de gestion d’eau.

Une situation qui était grave

L’ancien réservoir de la source…

A Bas Cap Rouge, la situation était très difficile, car le débit trop faible de la source de captage, ne pouvait pas alimenter tout le réseau. Les gens avaient de la difficulté à s’approvisionner en eau. « La localité a fait face avec un grave problème de sécheresse, la source s’est tarie. La population n’avait d’autres choix que d’aller puiser de l’eau dans le lit de la rivière », explique Anel Colin, TEPAC pour la commune de Jacmel.

Le SAEP confrontait des problèmes techniques sérieux en ce qui concerne l’eau, la ligne d’adduction était coupée, il y avait plusieurs fuites sur la ligne de distribution. Beaucoup de perte d’eau était constatée. Il y avait 12 bornes fontaines qui ne fonctionnaient pas.

« Avant, les gens puisaient de l’eau dans la rivière. La majorité des personnes qui avaient l’habitude de se baigner dans la rivière, déféquaient à même le sol. Ce qui représentait un problème de santé publique, et les gens qui consommaient l’eau tombaient malades, sans oublier le choléra », explique-t-il.

Fleurant Louissaint, secrétaire du Comité d’Approvisionnement en Eau Potable et d’assainissement (CAEPA), explique l’importance vitale du réseau et les changements sur la vie des habitants. Il se rappelle de la période difficile de la sècheresse où les lits des rivières étaient à sec, les arbres périssaient, les têtes de bétails mourraient, c’était vraiment une catastrophe.

« Par le passé, les gens devaient parcourir plusieurs kilomètres pour trouver l’eau, maintenant ce n’est plus le cas. Les riverains sont contents de cette amélioration, cela a amélioré les conditions de vie des gens. Le captage est une initiative louable », indique-t-il, ajoutant qu’il souhaite un accompagnement de l’Etat en ce qui concerne le reboisement autour des sources d’eau de la zone.

Gérer la distribution de l’eau

Un jeune collectant de l’eau sur le réseau

La DINEPA, l’UNICEF, Solidarités International, avec un financement de l’USAID, ont entrepris des travaux qui ont pratiquement changé, la vie de la population en facilitant l’accès à l’eau. Anel Colin, se dit satisfait à ce niveau car cela à apporter un grand changement au sein de la communauté.

Il déplore la coupe des arbres qui se trouvaient dans la source de la rivière, ce qui a pour conséquence une diminution de la source.

Pour assurer la gestion efficace et la maintenance du système, un CAEPA a été formé avec les membres de la communauté afin garantir la continuité et la pérennité du service d’eau. « Le comité de concert avec la population élaborent un horaire de distribution. Mon rôle est de recueillir les doléances de la population et trouver des solutions aux problèmes », rappelle-t-il.

Garantir les objectifs de développement durable

L’ODD 6 stipule qu’il faut ‘’ garantir l’accès de tous à l’eau et à l’assainissement et assurer une gestion durable des ressources en eau’’.

Hamidou Maiga, responsable WASH à l’UNICEF met l’accent sur l’importance de respecter cet ODD. « Notre mandat à l’UNICEF est de protéger la vie des enfants et des adolescents. Une eau potable signifie moins de risque d’attraper des maladies. Nous nous tenons aux cotés de la DINEPA dans la réalisation des politiques publiques en ce qui a trait à l’accès à l’eau et l’assainissement », ajoute-t-il.

 

L’engagement communautaire à la base de l’accès à l’eau potable

 

Un riverain puisant de l’eau dans la source

Dans les endroits reculés du pays, l’accès à l’eau potable peut s’avérer un défi de taille, tenant compte de la configuration du relief et de la disponibilité des sources naturelles en eau. L’UNICEF, avec un financement de l’USAID, met en place des projets de captage de source et d’adduction d’eau potable. Souvent l’engagement communautaire est incontournable pour la réussite de ces projets. La localité de La Vallette, dans le département du Sud-Est est un exemple frappant.

Jacmel, le 31 mai 2018– Dans le cadre de la lutte contre la sècheresse qui a frappé plusieurs départements du pays dont le Sud-Est, l’UNICEF de concert avec l’USAID a entrepris des travaux de réhabilitation de sources d’eau dans plusieurs localités. La source Lavalette dans la section Montagne La Voûte, 6e section de la commune de Jacmel, en bénéficie.

Alma Oplan, le regard vif, la démarche droite et décidée est le coordonnateur de Casec de la Section La Montagne. Il a été l’un des grands artisans, au niveau communautaire de la réhabilitation de la source de la Montagne. « En tant qu’agent de développement, notre rôle est de travailler au profit de notre section communale pour le bien-être de la communauté », explique-t-il.

Des problèmes qui étaient récurrents

Le relief accidenté a favorisé l’érosion des sols de la zone ; l’augmentation de la population a entrainé une surexploitation du système ; les catastrophes naturelles telles que les ouragans (le tremblement de terre, les cyclones Emilie et Katrina ainsi que l’Ouragan Matthew…) ont accéléré la dégradation des ouvrages. En ce qui a trait au captage : il y avait des fissures sur la superstructure, la trappe était endommagée, l’environnement proche dégradé. Ainsi le reste du réseau ne pouvait être alimenté.

Le manque d’appropriation de la source par la communauté a induit un manque de suivi des ouvrages. Les gens ne prenaient pas soin de l’ancien captage et y jetaient des immondices, il n’y avait aucune propreté. « La situation était très difficile, car les gens puisaient de l’eau, tout près de l’endroit où les animaux s’abreuvaient », raconte-t-il.

La communauté a été partie prenante

Une pompe à bras dans une section communale du Sud-Est

Les membres de la communauté ont vu la nécessité de réparer la source d’eau, ils ont ainsi fait la demande auprès de la Direction nationale d’eau potable et d’assainissement (DINEPA). L’USAID avait donné un financement à l’UNICEF pour la réalisation du projet. Solidarités International a été choisi comme maitre d’ouvrage.

Lorsqu’il parle de la réalisation de ce projet, un large sourire illumine le visage d’Oplan. « Les gens se sont appropriés le projet dès le commencement. Ils ont participé en donnant et en apportant sur les lieux des matériaux de constructions ; sable, roches, blocs, entre autres », se réjouit-il.

Alma Oplan a été l’un des moteurs de la mobilisation. Il a sensibilisé les habitants sur l’importance de la réhabilitation de la source. Il a contribué à la nourriture des travailleurs. Il s’est dit satisfait du résultat final, même s’il pense qu’il peut y avoir de l’amélioration.

Le gros des travaux a consisté en : la réhabilitation, le captage à travers le colmatage de la fuite et le nettoyage de l’environnement proche du système ; la réfection de l’étanchéité intérieure et extérieure du réservoir ; la réhabilitation partielle de la maçonnerie et la plomberie ; le colmatage et la protection des canalisations au niveau du captage ; la réalisation d’un mur de soutènement pour la protection de l’ouvrage.

Pour Jacques Touchard Adia, spécialiste WASH à l’UNICEF, la réhabilitation de la source va changer la vie de la population. Car l’impact dans leur vie est réel et palpable. « C’est une grande différence pour les gens de La Montagne, car avant il était difficile de trouver l’eau potable. Les populations avaient de l’eau en quantité mais qui n’était pas potable. Le captage et le réservoir étaient contaminés par les coliformes. L’UNICEF, en soutien au gouvernement haïtien, a permis à ces communautés reculées d’avoir accès à l’eau. Cela va sauver la vie des enfants. Nous remercions l’USAID pour son soutien important à la réalisation de ce projet. », conclut-il.

 

Éliminer le choléra en Haïti – Le dernier kilomètre est toujours le plus difficile

Michel Ange supervisant le travail d’une équipe de réponse rapide à Carrefour

Port-au-Prince, 7 avril 2018: « Cela pourrait être l’une des activités les plus importantes qui se déroulent actuellement en Haïti », a déclaré Michel Ange, chef d’équipe de l’une des 58 équipes de réponse rapide qui travaillent sans relâche pour éliminer le choléra en Haïti. « Nous sauvons des vies, éduquons la population locale sur les pratiques d’hygiène et aidons à éradiquer une bactérie tueuse ».

En 2017, pour la première fois depuis l’apparition du choléra en Haïti en 2010, l’épidémie était sous contrôle et les cas les plus fréquents étaient concentrés dans trois des dix départements : l’Ouest (31%), l’Artibonite (29%) et le Centre (19%). 2018 a commencé avec les chiffres les plus bas jamais enregistrés, 995 cas entre le 1er janvier et le 31 mars contre 4 248 cas pour la même période l’année dernière (source : DELR / MSPP). Cette évolution est largement due à une stratégie qui combine une coordination locale renforcée, une surveillance, une réponse rapide et solide, et une prévention améliorée par la chloration de l’eau et une sensibilisation accrue à l’hygiène. Avec le soutien de l’UNICEF, le ministère de la Santé publique a lancé cette stratégie « alerte-réponse » en 2014, entraînant l’activation d’équipes de réponse rapide qui comprend des agents des équipes d’intervention du ministère de la Santé et d’organisations non gouvernementales (ONG). Il a fallu trois années de surveillance étroite et de soutien technique pour atteindre un niveau de performance satisfaisant, et maintenant les résultats parlent d’eux-mêmes. En raison de la disponibilité du financement, toutes les équipes d’intervention rapide ont été activées en 2017, ce qui a donné lieu à un taux de réponse sans précédent de 95% à tous les cas suspects.

« Nous sommes bons dans ce que nous faisons. Vous pouvez constater que le nombre de cas a diminué au cours de la dernière année », déclare Michel Ange. Elle ne se vante pas, mais simplement parle d’un fait. Jamais les chances d’éliminer le choléra n’ont été si grandes, mais la façon a été difficile. « Ce fut une bataille difficile, mais des organisations comme Solidarité International et l’UNICEF n’ont pas baissé les bras. »

L’UNICEF et le Ministère de la santé continuent de soutenir un réseau d’équipes d’intervention dans tout le pays. Quatre ONG travaillent en étroite collaboration avec les 13 équipes du Ministère de la Santé, appelées EMIRA (Equipe Mobile d’Intervention Rapide), pour mener à bien un ensemble d’activités : visiter les foyers affectés et une moyenne de 12 maisons dans un périmètre de 50 m autour de la maison du patient et mise en place d’un « cordon sanitaire » pour éviter que la maladie ne se propage dans la communauté. Les équipes fournissent une prophylaxie orale aux patients et à leurs familles, désinfectent les maisons et distribuent du sel de réhydratation orale, du savon et des pastilles de chloration de l’eau. Ils sécurisent également les sources d’eau en établissant des points de chloration d’eau d’urgence ou aident la DINEPA (Direction nationale de l’eau potable et de l’assainissement) à chlorer les systèmes d’eau dans les zones touchées en cas de besoin.

Une équipe de réponse rapide distribue des produits pour combattre le choléra

Ces équipes d’ONG sont composées à 100% de professionnels haïtiens qualifiés qui ont été formés pour enquêter sur les cas suspects de choléra et d’autres types de diarrhées aiguës, interventions qui profitent directement aux enfants car la diarrhée reste l’une des principales causes de morbidité infantile en Haïti.

La prévisibilité des fonds a également permis d’améliorer les activités complémentaires de promotion de la santé et de l’hygiène et la mobilisation communautaire, activités cruciales pour assurer un contrôle rapide des flambées épidémiques. Les ONG partenaires de l’UNICEF ont déployé des équipes d’engagement communautaire qui ont renforcé la réponse rapide en menant des interventions de sensibilisation à l’hygiène dans les écoles, églises, lieux ou événements rassemblant des personnes dans les zones touchées et sensibilisées à l’hygiène alimentaire sur les marchés publics.

Dans la région métropolitaine de Port-au-Prince, des agents d’intervention rapide comme Michel Ange ont contribué à répondre à environ 5 000 cas présumés de choléra en 2017 et à sensibiliser plus de 360 000 personnes dans les quartiers touchés. C’est un travail de passion et d’amour. « Haïti est ma maison, mon pays, et je l’aime de tout mon cœur. Bien sûr, c’est un endroit difficile, mais avec l’aide d’organisations comme Solidarités International et l’UNICEF, nous apprenons des techniques pour résoudre nos problèmes, pour prendre le relais », dit Michel Ange avec un sourire. « Mes enfants grandiront dans un Haïti plus fort, un Haïti meilleur que celui que j’ai eu … nous nous aiderons tous à apprendre et à grandir ensemble ».

Aujourd’hui, la situation appelle l’optimisme mais le combat n’est pas terminé. Pour éviter une résurgence de l’épidémie, une organisation efficace doit être maintenue pour assurer la surveillance, la prévention et l’intervention jusqu’à ce que le dernier cas soit parti ; cela nécessite un financement régulier et prévisible.

Haïti: Décès institutionnel dû au choléra, semaine épidémiologique 7 (février 2018):

 

Éliminer le cholera en Haïti par la réponse rapide.

UNICEF Haïti travaille avec ses partenaires tels Solidarités International afin de soutenir la stratégie de réponse rapide du Ministère de la Santé Publique et de la Population dans le but d’éliminer le choléra avec ses équipes mobiles.Voici l’histoire de Michel Ange.

Camille Lacourt en visite en Haïti.

Ici en Haïti, plus de 4,8 millions de personnes n’ont pas accès à une source d’eau potable. 4,8 millions de personnes, c’est 36% de la population, une statistique que Camille Lacourt souhaite changer par son implication humanitaire.

Arrivé sur l’île d’Hispaniola le 19 février pour un séjour de 5 jours, le quintuple Champion du Monde de Natation Camille Lacourt, a pu voir de ses yeux le travail colossal accompli sur le terrain par UNICEF et ses différents partenaires.

« On voit qu’il y a beaucoup de travail et que ça bosse rapidement » affirme la célébrité française, parrain de la nuit de l’Eau. Cette présence en Haïti de Camille Lacourt visait à constater et témoigner de l’action de l’UNICEF sur le terrain et voir à quoi servent les fonds collectés grâce à la Nuit de l’Eau.

« Tous les dons sont utiles. Il y a eu beaucoup de travail de fait mais il en reste encore beaucoup. Haïti ce n’est pas que les tremblements de terre et les ouragans. Il ne faut pas qu’aider à ces moments mais un petit peu tout le temps » explique Camille.

Accompagné de Julie Barrat, responsable WASH UNICEF, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite le réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma

Dans le département du Centre, Camille a pu voir tout ce qui était fait et toutes les difficultés rencontrées pour ramener l’eau potable des sources jusqu’aux populations. À La Chapelle il a visité un réseau d’eau endommagé par l’ouragan Irma. Grâce aux nombreux dons, ce système d’approvisionnement a été réhabilité et de nombreux points d’eau sont maintenant assainis. En totalité, 910 000 personnes ont maintenant accès à un point d’eau potable.

Toujours dans le Centre, il a aussi pu rencontrer les élèves de l’école nationale de Trianon à Mirebalais, une des 152 écoles amies de l’hygiène. Là-bas, grâce au soutien de l’UNICEF, des enfants peuvent se laver les mains et peuvent accéder à des toilettes séparées. Ces programmes ont été en partie financée par la générosité publique lors de la Nuit de l’Eau 2017.

« Pour nous quand on la chance de venir sur le terrain, on voit que vraiment le travail a été fait et en train d’être fait. C’est le message que j’essaie de faire passer : les dons, c’est utile, c’est vraiment utile. » affirme Camille Lecours

Accompagné du médecin Karine Sévère, responsable du CTC de Port au Prince, Camille Lacourt, parrain de la nuit de l’eau, visite les installations et les malades atteints de cholera ou de diarrhée aïgues.

Finalement à Port au Prince dans l’Ouest, accompagné du médecin Karine Sévère, médecin responsable, il a visité le Centre de Traitement du Choléra et de Diarrhée Aigüe Gheskio et un point de chloration d’eau dans le quartier Bristou à Petionville.

« C’est très loin de ce que nous on peut connaître mais oui je relativise beaucoup en disant que moi j’ai eu beaucoup de chance de pouvoir faire mon sport dans des bassins rempli d’eau et qu’ici il n’y en a pas assez, donc voilà ça me donne encore plus envie de parler de ça » termine Camille Lacourt.

Editorial de Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti

Des enfants, attendant dehors, au cours d’une inauguration d’école

L’année 2017 qui s’achève a été riche en interventions pour l’UNICEF Haïti. Nous avons soutenu les actions du gouvernement haïtien en renforçant ses capacités dans les domaines liés à la survie et au développement de l’enfant.  Car nos actions sont guidées par notre mandat qui est le bien-être de tous les enfants.

C’est le principe d’équité qui nous guide pour permettre aux enfants et aux familles les plus vulnérables et celles vivant dans les endroits les plus reculés de bénéficier d’une intervention humanitaire permettant de sauver leur vie.  L’UNICEF a été sur tous les fronts au cours de cette année 2017.

Entre autres actions :

-La certification des familles d’accueil fait partie de l’une des alternatives au placement des enfants dans les institutions. Nous avons également procédé à la Certification des ‘’Ecoles amies de l’hygiène’’ avec les partenaires. Les enfants pourront évoluer dans un environnement plus sain.

-L’UNICEF a également contribué au renforcement du système de santé en fournissant un appui technique au MSPP et en développant les systèmes de santé communautaires en formant des agents de santé communautaires et en renforçant le réseau des agents de santé. Ces agents vont contribuer à sauver des vies.

-De janvier à septembre, plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois et 22 000 femmes enceintes et allaitantes ont reçu plusieurs micronutriments pour améliorer leur régime alimentaire et lutter contre l’anémie ferriprive.

Par ailleurs, nous avons continué avec nos interventions dans les départements touchés par Matthew :

  • L’UNICEF a permis à plus de 640 000 personnes d’avoir accès à de l’eau potable depuis le passage de l’ouragan Matthew.
  • 120 écoles endommagées par l’ouragan Matthew ont été réhabilitées, ce qui a facilité le retour en classe de plus de 30 000 élèves. Plus de 10 000 fournitures scolaires ont été distribuées dans 139 écoles et 27 000 enfants ont reçu un soutien psychosocial.
  • En 2017, un total de 10 628 enfants de moins de cinq ans souffrant de malnutrition et 7 381 enfants souffrant de malnutrition aiguë modérée ont été traitées. Plus de 32 000 enfants de 6 à 24 mois, et 22 725 femmes enceintes et allaitantes ont reçu des micronutriments.

A cause des changements climatiques, les cyclones deviennent de plus en plus dévastateurs. Renforcer la sensibilisation sur la gestion des risques et de désastres est une priorité. Nous avons organisé des consultations avec les jeunes dans le Sud et la Grand’Anse, les deux départements, les plus touchés par l’ouragan Matthew. La sensibilisation passe aussi par nos jeunes et adolescents.

J’aimerais profiter de ce moment, pour remercier nos collègues de l’UNICEF, autant ceux du bureau central que ceux des régions. Beaucoup de défis ont été relevés grâce à eux. Le personnel de l’UNICEF a été sur tous les fronts, au cours de cette année. Son dévouement à la cause des enfants a sauvé des dizaines de milliers de vie.

2017 s’en va et 2018 frappe déjà à la porte. Il y aura de nouveaux défis à relever, car l’important est de capitaliser sur les bons résultats enregistrés mais aussi de corriger ceux qui méritent de l’être. Néanmoins, les objectifs resteront les mêmes, créer un environnement qui permette aux enfants haïtiens de développer leur plein potentiel.

Il faut renforcer la lutte contre le choléra, la victoire est à portée de main, nous pouvons éliminer le choléra.

J’adresse un salut spécial à tous les enfants d’Haïti, à nos partenaires, et je souhaite à tous une bonne période de fête.

 

Marc Vincent

Représentant

 

L’ACAT à Nirva un modèle de continuité

Le comité ACAT en compagnie des partenaires Zanmi Lasante et UNICEF

La localité de Nirva (département du Centre) est l’une des premières à avoir été déclarée ‘’ Fin de défécation à l’air libre ‘’ (FDAL). Depuis le comité ‘’ Approche Communautaire pour l’assainissement total (ACAT) fait tout son possible, entre sensibilisation à l’hygiène et visite domiciliaire, pour permettre à la communauté de continuer sur cette bonne lancée. Le choléra a pratiquement disparu au sein de cette communauté.

« L’ACAT a eu un impact majeur au sein de la communauté. Car avant, le choléra faisait des ravages. Les membres de la communauté se sont mis ensemble afin de saisir le problème à bras-le-corps en aidant les gens à construire des toilettes afin que cela ne se reproduise plus », explique Wilfrid Moise, président du comité ACAT de Nirva, qui s’estime satisfait concernant la situation actuelle.

La localité compte 150 familles, il n’y avait que 66 latrines. Dans le cadre de l’ACAT, les gens ont construit près de 42 latrines. Nirva fait partie de la section communale de Grand Boucan.

André Aimable, membre de la communauté, se souvient encore des moments difficiles de la population, concernant la propagation du choléra. « L’ACAT c’est une expérience extrêmement importante pour nous, car avant les parents avaient beaucoup de tristesse. Lorsque leurs enfants étaient atteints du choléra, en les emmenant au centre de traitement, ils ne savaient pas si les enfants allaient revenir vivants », se souvient-il.

La DINEPA, l’UNICEF et Zanmi Lasante sont venus vers eux en les sensibilisant sur l’importance des latrines et de la promotion à l’hygiène. Ils ont décidé de prendre part au programme.

Des difficultés pour faire accepter le projet 

Une latrine avec son tipitap

Au départ ce n’était pas facile, car les membres de la population s’attendaient à recevoir une aide matérielle ou financière pour construire les latrines. C’était d’autant plus difficile que dans le même moment d’autres organisations construisaient des latrines gratuites. Les membres du comité ont fait preuve de patience et de pédagogie pour qu’ils acceptent de construire les latrines eux-mêmes.

« Nous avons dû leur expliquer qu’ils seront les grands bénéficiaires de ces latrines. Car ce sera un gain considérable pour la santé de leurs enfants et pour eux aussi. Nous avons tous besoin de ces latrines et nous sommes témoins des ravages du choléra, il faut nous mettre ensemble pour y arriver », explique Casséus Mercidieu, un autre membre du comité.

Pour creuser les trous des latrines, il fallait de la volonté et du courage. Les membres se rassemblaient en fin de journée en allant aider les personnes de la communauté. Il y a eu un effet boule de neige et tout le monde voulait avoir une toilette. Les toilettes sont construites avec les moyens du bord, soit en pailles, en toiles, et rarement en béton.

La communauté a été déclarée ‘’Fin de défécation à l’air libre’’ (FDAL) en Février 2015 et il y a une grande fête de témoignage. « Depuis lors nous n’avons jamais eu de cas de choléra au sein de notre communauté », dit Casseus, satisfait.

Une coalition de tous les partenaires pour le suivi

Jean Montas, agent communautaire WASH, au sein de Nirva, est responsable de la sensibilisation à l’hygiène. Il avoue n’avoir aucun temps libre, car il doit rendre des visites régulières dans les foyers afin de s’assurer si certaines règles d’hygiène sont respectées. Par exemple, si les latrines sont propres, si les ouvertures sont couvertes, si les tipitap (sorte de gallon pour laver les mains) sont en bon état de fonctionnement. La sensibilisation à l’hygiène s’effectue, dans les écoles, dans les églises, bref dans tous les lieux de rassemblement. Jean Montas met surtout l’accent sur les mesures à appliquer afin d’éviter d’attraper le choléra.

Il se demande quand il pourra prendre des vacances. « Mais nous appartenons à la localité, il faut aider les gens, c’est la mission que je me suis donnée », lance-t-il.

UNICEF appuie Zanmi Lasante, partenaire pour l’implémentation dans le Plateau central. Elle est mise en œuvre avec le soutien de la Direction Nationale d’Eau Potable et de l’Assainissement (DINEPA) et du Ministère de la Santé Publique et de la Population.

Equipes de réponse rapide : un véritable rempart contre le choléra

Une équipe de réponse rapide du département du Centre

Les chiffres du choléra se sont considérablement réduits au cours de cette année 2017. Ils n’ont jamais été aussi bas. La nouvelle stratégie de lutte contre le Choléra a porté ses fruits. Au centre de l’attention se trouvent les équipes de réponse rapide, qui sont de véritables guerriers. Les membres vont combattre le choléra dans les départements ciblés, par beau temps ou temps de pluie. Principalement dans le département du Centre, où les distances à couvrir sont parfois immenses. L’UNICEF est l’un des acteurs clés de la lutte contre le choléra dans le pays.

Mirebalais, le 23 novembre 2017-La voiture tout-terrain subit les assauts des roches, la route n’est pas bonne. Il faut zigzaguer entre les crevasses, pour éviter la boue. Il a plu la nuit dernière, mais les conditions sont acceptables pour arriver à Menaj, localité de Laschaobas (Centre).

L’équipe de réponse rapide d’ACTED, partenaire de l’UNICEF, avec leurs T-shirts verts reconnaissables à plusieurs lieues, est sur le pied de guerre. Elles viennent mener une séance de sensibilisation. Mais la communauté est assez calme, car aujourd’hui c’est jour de marché. Cependant se trouvent encore des gens qui pourront écouter les messages et recevoir les kits d’hygiène, au besoin.

Un membre de l’équipe rapide avec un haut-parleur s’est déjà détaché pour rassembler les personnes qui sont présentes. Dans la vallée vide, sa voix est répercutée par l’écho. Il réussit à rassembler une vingtaine de femmes et quelques enfants. Les hommes sont dans les champs.

Important de continuer la sensibilisation

Une séance de sensibilisation

L’équipe commence à faire la sensibilisation à l’hygiène. Aujourd’hui, l’équipe est là pour un renforcement de sensibilisation. Il se déroule généralement suite à la distribution de kits d’hygiène. Ces kits contiennent du savon, des Sérum de réhydratation orale, et des aquatabs et un seau à robinet.

« Il faut vous laver les mains dans les moments cruciaux, avant de manger et après être sorti de la toilette. Il faut utiliser de l’eau traitée pour votre santé et celle de vos enfants ». Après ces messages, l’équipe demande aux riverains qui n’habitent pas trop loin d’apporter l’eau avec laquelle ils se servent pour faire un test sur le taux de chlore résiduel, pour vérifier s’ils ont respecté les instructions.

Les activités des équipes de réponse rapide consistent en trois parties : investigation, réponse, sensibilisation. « Concernant la situation pour le bas-Plateau, c’est assez calme car nous sommes passés de 38 cas par semaine à 14 cas et pour le moment c’est seulement 7 cas », explique Jennyfer Joseph, responsable de projet choléra pour le Bas-Plateau central.

Parcourir de grandes distances

L’une des plus grandes difficultés pour les équipes de réponse rapide, revient aux grandes distances qu’ils doivent parcourir pour atteindre les endroits éloignés. Parfois cela peut prendre plusieurs heures, voire plusieurs jours. Car ils doivent dormir en chemin, pour continuer leurs activités et s’assurer que tout le monde est sensibilisé aux principes d’hygiène.

« Dans certains endroits montagneux, même les mules ne peuvent pas passer, mais nous sommes obligés d’y aller s’il y a des cas de choléra. Cela fait partie de notre mission. Des fois nous faisons des missions de plusieurs jours dans ces localités pour toucher tout le monde », rappelle Nadia Delmond, chef d’équipe d’urgence pour Acted, rappelant que la réception des gens est toujours positive.

 

152 écoles ont reçu la certification école amie de l’hygiène.

152 écoles amies de l’hygiène ont été certifié le 21 novembre dernier lors d’une cérémonie qui a eu lieu à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince.

Cérémonie de certification de 152 écoles amies de l’hygiène à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cérémonie de certification de 152 “Écoles amies de l’hygiène” à l’Hôtel Montana de Port-au-Prince el 21 novembre 2017.

Cette activité de certification de 152 écoles était organisée  par  le Ministère de l’Éducation Nationale et de la Formation Professionnelle en collaboration avec  le Ministère de la Santé Publique et de la Population, la DINEPA, l’UNICEF ainsi que plusieurs autres partenaires dont la Banque Interaméricaine de Développement.

Le projet/programme « Certification des Écoles Amies de l’Hygiène », lancé officiellement en novembre 2014, vise la constitution d’un certain nombre d’écoles-modèles, en matière d’hygiène, dans chacun des dix départements du pays. Pour recevoir leur certification, les 152 écoles ont dû, pour cela, respecter un certain nombre de normes et critères liés à l’hygiène, l’eau et l’assainissement.

Toutes les écoles méritantes représentées lors de la cérémonie ont toutes démontré lors des inspections qu’elles avaient des toilettes et des latrines disponibles, des points de lavage des mains à proximité́ des toilettes, de la disponibilité́ de l’eau pour usage courant et qu’une supervision technique était assurée par des inspecteurs scolaires et des ingénieurs. Les directions des écoles ont aussi présenté leur engagement et leur participation dans l’enseignement de l’hygiène et la création d’un club de santé fonctionnel dans leur établissement respectif.

De nouveaux comportements relatifs à l’hygiène

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée écoles de Jeunes Filles de Jérémie.

Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie.

« Je trouve qu’il y a beaucoup de différences parce que maintenant nous essayons de créer chez les apprenants de nouveaux comportements relatifs à l’hygiène. » explique Madame Emeline Rafael, directrice du Lycée de Jeunes Filles de Jérémie, tout juste après avoir reçu sa plaque confirmant la certification de son institution comme École amie de l’hygiène.

« On leur donne des directives mais il leur revient de gérer leurs propres états sanitaires, ce sont des jeunes adolescentes de 11 ans à 12 ans, elles comprennent très bien ce que nous attendons d’elles. On leur demande de créer des comités et on leur donne des consignes sur l’hygiène. On leur apprend à avoir des comportements positifs, à se laver les mains après être allé aux toilettes si non elles vont tomber malade et vont s’absenter de l’école. Si on est pas en bonne santé, on ne va pas rester à l’école non plus affirme la directrice.

« La certification des écoles amies de l’Hygiène relève d’une nécessité absolue. L’analyse de la situation réalisée en 2012 donne les chiffres suivants : 25% des écoles haïtiennes disposent d’installation d’eau potable, 50% de toilettes fonctionnelles, 69% de station de lavage des mains. 52% d’entre elles enseignent l’hygiène ou en font la promotion. » a expliqué M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

13 écoles appuyées par l’UNICEF

Lors de cette première évaluation 2017, sur les 17 écoles certifiées dans les départements du Centre et de l’Artibonite, 13 sont appuyées par l’UNICEF (9 au Centre et 4 dans l’Artibonite). 8 autres écoles dans l’Artibonite sont prêtes et en attente d’évaluation pour leur certification.

Les écoles que UNICEF a aidé à reconstruire à travers le pays, après le tremblement de terre du 12 janvier, sont toutes équipées de bloc sanitaires. Avec possibilité de collecte d’eau de pluie car la question de l’eau peut être un défi dans certains endroits du pays. UNICEF a également mené des séances de sensibilisation à l’hygiène pour le personnel scolaire et aussi pour les écoliers.

« Cette certification va permettre d’avoir des écoles plus sûres. Car à cause de l’insalubrité de certains établissements, l’école qui devrait être un environnement protecteur, peut devenir une menace pour la santé des enfants. Nous savons qu’ils sont particulièrement vulnérables aux microbes et la santé de nos enfants est une priorité absolue » a ajouté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Encore beaucoup d’efforts

Malgré le succès de ce programme, il y a encore beaucoup d’efforts à accomplir. Selon les dernières statistiques disponibles, le ratio élèves/toilette en Haïti est présentement de 128 alors que les normes prévoient 25 à 50 élèves par cabine. 72% de la population haïtienne n’a pas accès à un assainissement adéquat et 42% n’ont pas un accès adéquat à l’eau potable alors que l’accès aux services de santé est limité. Même si 20% du contrôle de l’eau de boisson dans les écoles est assuré par la DINEPA, 73% des écoles du pays n’ont toujours aucun contrôle sur la la qualité de cette eau.

En ce sens, par la voix du représentant du directeur général Monsieur Guito Edouard, la DINEPA s’est engagée à renforcer sa collaboration dans le projet pour permettre la concrétisation des objectifs communs pour le bien-être des enfants d’Haïti.

Tous les enfants ont les mêmes droits

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance écoles

M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF lors de son allocution de circonstance.

« L’UNICEF mise beaucoup sur l’équité qui prône un accès aux soins et service pour tous les enfants sans aucune distinction. Tous les enfants ont les mêmes droits. Ces écoles certifiées rentrent en droite ligne avec les Objectifs de développement durables 3, 4 et 6 qui respectivement font référence à la ‘’ bonne santé et bien-être, éducation de qualité, eau propre et assainissement. Nous devons faire beaucoup plus, afin que les ODD, plus que des objectifs comptables, deviennent une réalité » a insisté M. Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF.

Le projet « Certification des écoles amies de l’hygiène » porté par la Direction Santé Scolaire (DSS) avait pour objectif de certifier sur 2 ans, un minimum de 100 établissements scolaires, (10 en moyenne par département), du point de vue « eau, assainissement et hygiène », de manière à les proposer comme modèles au niveau national. Avec déjà 152 écoles qui ont reçu la certification « École amie de l’hygiène » le pays est sur la bonne voie.

 

Hygiène, clés du développement

Charles Ernest Chatelier, Directeur Général du FAES a, quant à lui, déclaré devant la salle : «soyons tous amis de l’hygiène car elle est une des clés du développement du pays. »

Les établissements certifiés « amis de l’hygiène » ont reçu une plaque d’honneur. Ce statut sera revu tous les deux ou trois ans, après évaluation. Une nouvelle vignette sera alors apposée sur la plaque en cas de maintien des bonnes pratiques d’hygiène. D’autres institutions s’ajouteront progressivement à la liste, au niveau de chaque département géographique.

« Nous devons aller au-delà d’un simple projet. Il nous faut construire de meilleurs citoyens » a dit M. Pierre Josué Agénor Cadet, Ministre de l’Éducation Nationale.

Par ce Programme le Ministère de l’Éducation Nationale entend : Faire connaitre et proposer comme modèles, au niveau national, les « Écoles amies de l’hygiène » des dix départements du pays ; encourager les directions d’école, le personnel scolaire, les élèves, les parents et la communauté à assurer l’entretien des établissements scolaires, moyennant un accompagnement de la Direction Santé Scolaire (DSS), des Directions concernées (DGS, DAEPP DPCE…) ainsi que des différents partenaires ; encourager l’inspection régulière de ces écoles tant du point de vue physique que sanitaire et éducatif ; Encourager la création, dans ces établissements, d’un club de santé constitué d’élèves et fonctionnant sous l’égide de la Direction et/ou du Conseil d’école ; montrer, aux décideurs et à la population en général, que, dans l’état actuel des choses, la santé constitue la meilleure porte d’entrée vers l’excellence et la qualité de l’éducation.