5 questions avec Schola en Haïti

Scholastica Madowo, la Présidente de l’Association Globale du Personnel de l’UNICEF s’est rendue en Haïti du 11 avril au 13 avril. Nous avons profité de l’occasion pour lui poser quelques questions à la fin de sa visite.

UNICEF HAITI: Schola, c’est la première fois que vous vous rendez en Haïti. Que pensez-vous de votre visite de trois jours dans le pays?

Schola: C’est ma première fois en Haïti. Avant cela, la seule expérience que j’avais était celles des images que j’avais vues sur la destruction du pays … Depuis que je suis  ici,  je vois que c’est un pays qui se débrouille bien malgré cette destruction. Je vois que les Haïtiens sont très résilients.

UNICEF HAITI: Y a-t-il un moment qui vous a particulièrement marquée lors de vos rencontres et réunions avec le personnel d’UNICEF Haïti et  dont vous souhaitez parler aujourd’hui?

Schola: Ces trois jours ont été très intenses. J’ai rencontré autant de personnes que mon agenda l’a permis. Si je dois choisir un moment en particulier, je pense à ce matin. Nous étions en réunion et l’assistante de programme allaitait son bébé dans la salle de conférence. La réunion se déroulait sans problème. C’est formidable de  voir cela à l’UNICEF. Comme il est agréable pour cet enfant de grandir dans cet environnement! Et qui sait, il pourrait être le prochain Tony Lake ?

«Quand il y a beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde»

UNICEF HAITI: Un proverbe haïtien que nous aimons particulièrement ici au bureau souligne l’importance de travailler main dans la main avec nos partenaires, avec le gouvernement et avec l’ensemble du bureau de l’UNICEF. Il dit  « Men anpil, chaj pa lou» qui pourrait être traduit par «Quand il y a beaucoup de mains, la charge n’est pas lourde». Schola, vous avez 21 ans d’expérience professionnelle avec l’UNICEF dans le bureau de pays du Kenya ainsi que dans le bureau régional de l’Afrique orientale et australe. Est-ce que ce proverbe vous parle ?

 UNICEF Haiti/2017/JulieHarlet Schola rencontre l’équipe de chauffeurs du bureau de l’UNICEF en Haïti

UNICEF Haiti/2017/JulieHarlet
Schola rencontre l’équipe de chauffeurs du bureau de l’UNICEF en Haïti

Schola: Nous avons le même proverbe dans mon pays. Il est très vrai. À l’UNICEF aussi, ce proverbe est juste. Chaque bureau de pays a des objectifs et des résultats pour le pays. Tous ces résultats pour les pays sont mis ensemble pour les résultats régionaux. Même si nous ne le voyons pas, chaque action, même celle qui semble la plus petite, a sa place dans la chaîne de résultats. Chaque action faite ici aux Cayes ou à Jérémie contribue aux résultats du pays, aux résultats régionaux et devient une partie des résultats globaux de l’UNICEF. Nous ne le voyions peut-être pas, mais nous devons nous rappeler que ces grands résultats de l’UNICEF viennent de toutes ces personnes dans le monde qui travaillent ensemble.

 

«Un enfant est un trésor»

UNICEF HAITI: Un autre proverbe haïtien que nous aimons particulièrement citer est «timoun se richès», qui pourrait être traduit par «un enfant est un trésor». En tant que Président de l’Association Globale du Personnel de l’UNICEF, avez- vous un commentaire?

Schola: Encore une fois, ce proverbe dit vrai. Les enfants sont notre héritage. Tout ce que vous chérissez  et dont vous prenez bien soin peut devenir de l’or. Les enfants sont la ressource la plus importante au monde. Nous devons prendre soin de tous les enfants du monde car ils sont notre meilleur espoir pour l’avenir.

Nous étions des enfants autrefois. Nous sommes ici aujourd’hui parce que quelqu’un a pris soin de nous, quelqu’un s’est assuré que nous avions assez de nourriture,  nous a emmené à l’école, quelqu’un  s’est préoccupé de notre bien-être. Maintenant, nous sommes en mesure de changer le monde et de construire une société meilleure. Nous sommes en mesure de prendre soin des enfants et de leur assurer de bonnes conditions pour prospérer. Si nous voulons un Haïti meilleur, alors nous devons prendre soin des enfants.

Siéger à l’Association Globale du Personnel a élargi mon point de vue. Désormais, je  vois chaque membre du personnel comme l’un de mes enfants. Ma mission est d’écouter et de prendre soin de tous.

«Derrière les montagnes, il y a d’autres montagnes»

UNICEF HAITI: Dernière question et dernière occasion de vous proposer l’un de nos proverbes haïtiens, « dèyè mòn gen mòn» ou « derrière les montagnes, il y a d’autres montagnes», qui fait référence à la succession de défis que nous rencontrons dans la vie. Dès que l’un est résolu, un autre apparaît. Il y a toujours un nouveau défi. Cela vous inspire-t-il dans votre travail quotidien en tant que présidente de l’Association Globale du Personnel ? Si oui, pouvez-vous nous dire comment?

 UNICEF Haiti//MarcVincent GSA Chair Schola Madowo 2017with Haiti Staff Association Chair Fabienne Bertrand

UNICEF Haiti//MarcVincent
GSA Chair Schola Madowo 2017with Haiti Staff Association Chair Fabienne Bertrand

Schola: En fait, oui! Pour moi, s’il n’y a pas de défis, il n’y a pas de valeur ajoutée. Les challenges ne finiront pas, ils se succèderont. Dans mon travail, j’en suis satisfaite car s’il n’y a plus de challenges,  je n’ai pas de travail.

D’après mon expérience, à  l’UNICEF, les défis ne cessent jamais parce que nous avons des objectifs, des cibles et que nous planifions beaucoup d’activités. Dès qu’un objectif est atteint, c’est un autre que nous visons et que nous devons atteindre. Le monde bouge, change et évolue. Notre vie et notre travail aussi.

Une fois assis à nos bureaux, nous devons pouvoir trouver une satisfaction dans ce que nous devons faire dans l’instant présent et éviter de vivre dans le passé. Une fois que quelque chose est atteint, passons aux autres choses. À l’Association Globale du Personnel, je fais de mon mieux chaque jour. Quand je réponds à tous mes e-mails, je suis satisfaite, mais je sais que cette boîte de réception sera à nouveau remplie le lendemain et j’apprécie cela.

J’ai beaucoup apprécié entendre parler de l’initiative « Poze » que le bureau de pays d’Haïti est en train de tester et développer  pour aider les membres du  personnel à faire face au stress dans leur vie en construisant leur Pleine Conscience, leur motivation et leur bien-être. La Pleine Conscience  n’est pas seulement un excellent moyen d’apprécier le moment présent, c’est aussi un moyen de travailler sur l’intention. Il est bon de prendre un moment pour reconnaître que vous avez fait du bon travail (même si personne ne vous le dit). Il est bon de reconnaître que vous faites un excellent travail. Il est bon de prendre le temps de vous remercier et d’apprécier votre travail et vos résultats. Ce moment d’appréciation peut vous aider à apprécier encore plus le prochain défi, cette prochaine «montagne» qui vous attend.

Propos recueillis par  Julie Harlet,

Officier  de Communication UNICEF Haïti

Lutte contre le choléra, le Japon octroie 2 615 112 dollars US

Lutte contre le choléra, Port-au-Prince, le 21 février 2017- Le gouvernement du Japon vient d’octroyer un don de 2,615, 112 dollars US équivalent à près de 300 millions de yens japonais. Ce don du peuple japonais rentre dans le cadre du ‘’ Projet de renforcement de la prévention et de la lutte contre le choléra’’. Le Japon continue d’être ainsi l’un des plus grands bailleurs de la lutte contre l’épidémie.

Don Japon Choléra UNICEF Haiti

S.E. Yoshiaki Hatta, Ambassadeur du Japon en Haïti et Marc Vincent , Représentant de l’ UNICEF en Haïti.

L’objectif principal de ce don est de contribuer à réduire la morbidité et la mortalité, liées au choléra, de la population d’Haïti en 2017 et 2018. Les activités s’étendront à travers tout le pays avec un accent sur les départements du Centre, du Nord, de l’Ouest, de la Grand ‘Anse, du Sud, et de l’Artibonite. Elles se feront de concert avec la DINEPA, le MSPP et les ONG partenaires.

Cette généreuse contribution permettra, entre autres : le renforcement de la coordination et de la surveillance épidémiologique au niveau national ; des enquêtes en temps opportun, une réponse rapide dans la communauté et une gestion adéquate des cas dans le département du Centre par les ONG partenaires, en collaboration avec les Directions départementales de la santé ; l’amélioration et l’augmentation de la sensibilisation de l’hygiène liée au choléra.

Le Japon, l’un des plus grands bailleurs de la lutte contre le choléra

L’Ambassadeur du Japon en Haïti, Monsieur Yoshiaki Hatta a expliqué le bien-fondé de cette coopération qui a été décidée suite au constat de la détérioration de la situation sanitaire et hygiène marquée par une résurgence des cas de choléra favorisée par des saisons de pluvieuses ou des catastrophes naturelles et le Japon considère que ce défi est à traiter en collaboration avec le Gouvernement haïtien ainsi qu’avec la communauté internationale. Il a exprimé son appréciation de collaborer avec l’UNICEF qui a de l’expérience dans ce domaine tout en appelant toutes les parties prenantes à renforcer leur collaboration en faveur de la lutte contre le choléra.

Marc Vincent, Représentant de l’UNICEF en Haïti a salué cette généreuse contribution insistant sur l’importance qu’elle aura dans la lutte contre le choléra. « Avec ce don du peuple japonais nous allons renforcer les axes de la lutte contre le choléra en vue de protéger la population haïtienne, particulièrement les enfants. Le Japon est un partenaire de premier plan et nous le remercions pour son support continu », a-t-il dit.

L’épidémie de choléra en Haïti continue d’être la plus grande de l’hémisphère occidental. Plus de 41 000 cas de choléra présumés ont été signalés à travers Haïti en 2016.