Antine ( à droite) avec des collègues © Gabriel Vockel, UNICEF/DRC, 2015

Antine Legrand raconte le parcours qui l’a menée de la RDC jusqu’en Haïti

En 2014, Antine Legrand a participé au sixième groupe de l’initiative de promotion des nouveaux talents (NETI) en tant que responsable du suivi et de l’évaluation, à Kinshasa. Après obtention du diplôme délivré par ce programme, Antine a commencé à travailler comme responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti, où elle continue à développer ses compétences et à en apprendre toujours plus sur elle-même, sur l’UNICEF et le remarquable travail dont cette organisation est capable, même soumise à une forte pression.

Son histoire reflète celle de nombreux participants NETI et de collègues de l’UNICEF : elle raconte la volonté d’apprendre, encore et toujours, et de développer ses compétences ainsi que de s’engager pleinement dans la défense des droits de chaque enfant.  

 

Quelles sont les raisons à l’origine de votre carrière à l’UNICEF ?

M’engager pour la cause des enfants dans le monde entier, particulièrement en situation d’urgence. L’image très positive que j’avais de l’UNICEF a également joué. Avant de rejoindre l’UNICEF, j’étais spécialiste de l’éducation pour une banque internationale de développement et je travaillais en étroite collaboration avec mes confrères de l’UNICEF. Il s’agissait de personnes intelligentes et gaies, entièrement dévouées à leur travail.

 

Qu’est-ce qui vous a incité à suivre le programme NETI ?

Un ami, qui faisait partie du deuxième groupe, m’a raconté son expérience. Il a adoré le programme, de bout en bout, et me l’a très bien vendu ! J’avoue que NETI n’était pas le seul programme ciblant de jeunes professionnels pour lequel j’avais postulé, atteignant un stade assez avancé du processus de sélection.  Mais, pour celui-là seulement, je savais réellement comment ça se passait de l’intérieur et c’était l’une des candidatures pour laquelle j’éprouvais le plus d’enthousiasme.

À mon avis, ce programme comporte d’énormes avantages, tels que l’accompagnement personnalisé et le mentorat, la prise de responsabilités et l’expérience directe ainsi que la réputation de l’initiative NETI au sein de l’organisation. Mais c’est une épée à double tranchant : les attentes sont élevées et vos résultats devront être à la hauteur. Le programme NETI est un très bon moyen de développer ses compétences à la fois professionnelles et personnelles.

 

UNICEF Antine ( à droite ) et des collègues du NETI

Antine ( à droite ) et des collègues du NETI © Gabriel Vockel, UNICEF/DRC, 2015

Quel rôle le programme NETI a-t-il joué dans votre progression de carrière ?

L’initiative NETI m’a aidé à la fois pendant et après le programme. Pendant, le programme m’a aidé à me repérer bien plus facilement dans mon nouveau poste et mon nouvel environnement, c’est évident. D’abord, les étudiants NETI bénéficient d’un accompagnement et puis leur seule appartenance à ce programme leur assure un soutien.

 

Je pense également qu’on est perçu différemment par la direction quand on porte l’étiquette NETI. Je travaillais dans un très grand bureau de pays, et faire partie d’un groupe NETI m’a permis de sortir du lot. Après le programme, j’ai eu la chance d’être sélectionnée pour un poste de classe P-4 presque immédiatement après la fin de mon affectation dans le cadre du NETI. Le programme a été un réel accélérateur de carrière, je suis passée d’un poste NETI de classe P-2 à mon poste actuel, de classe P-4, en seulement deux ans : je crois que c’est assez rare.

 

Qu’est-ce que vous avez le plus apprécié dans le programme NETI ?

Tout d’abord, la phase d’orientation à New York et le sentiment d’appartenir à un groupe, ce qui permet de se faire des amis pour la vie en l’espace de trois semaines, d’avoir un réseau vers lequel se tourner lorsque des problèmes surgissent au travail, de garder le contact et s’entraider. Tous les trimestres, environ, nous organisons une session Skype qui couvre 3 continents. La communication est difficile parce que tout le monde est tellement excité de parler, mais c’est amusant !
Ensuite vient l’accompagnement. Moi, j’ai trouvé que c’était très utile, et ça l’est toujours. Je ne l’aurais jamais fait de moi-même en raison du coût et parce que je pensais que ça ne me plairait pas de parler à un étranger de mes problèmes professionnels. Mais j’ai trouvé ça très intéressant. Ça m’a encouragé à réfléchir et à apprendre à développer un esprit critique. Je ne sais pas trop quelle aurait été mon expérience sans, mais j’ai l’impression que ça m’a beaucoup aidé.

 

Quel est le souvenir qui vous a le plus marqué au cours du programme NETI ?

La phase d’orientation de trois semaines et demie, à New York, pendant laquelle j’ai appris à connaître les talentueux participants au programme, à apprendre de nouveaux concepts et à passer quelques nuits blanches. Je suis passée par toutes sortes d’émotions, de l’excitation à l’anxiété. Pendant que nous nous préparions à être déployés, nous avons rencontré la haute direction et noué des relations solides avec toutes les personnes appartenant au programme NETI : collègues, étudiants et équipe. Dans le même temps, nous devions également nous rendre dans divers endroits pour nous faire vacciner et obtenir des visas. Cette période de transition s’est révélée intense, stimulante, éducative et enrichissante. Ce sont des moments de vie que j’apprécie vraiment. Ils sont rares et précieux !
Quel conseil donneriez-vous à quelqu’un intéressé par le programme NETI ?

Posez votre candidature. Ne soyez pas effrayés par l’énormité du nombre de candidats qui se présentent : des milliers pour seulement 15 à 20 places. Ça vaut la peine d’essayer.

 

Quel conseil souhaiteriez-vous donner aux participants en train de construire leur carrière ?

Ils n’ont pas besoin de conseils ! Tous ceux que je connais sont parfaitement capables de mener à bien leur projet. Ce sont des gens intelligents, proactifs, rationnels et engagés ; c’est pourquoi je suis très fière d’en faire partie et espère pouvoir en rencontrer davantage au cours de ma carrière à l’UNICEF.

En quoi consistaient vos responsabilités quotidiennes dans le cadre de votre affectation NETI ?

J’occupais un poste de chargé de suivi et évaluation dans le Bureau de pays en République démocratique du Congo (RDC). Cela signifie que je travaillais à la planification et au suivi des programmes, à la définition des indicateurs, à l’amélioration des méthodes de recueil des données et de communication des résultats. C’est loin d’être facile en RDC où les données sont soit inexistantes, partielles ou souvent peu fiables. Mais c’est également très intéressant : la RDC fait la taille de l’Europe occidentale et c’est l’un des plus grands bureaux de pays de l’UNICEF au monde. On y trouve plusieurs niveaux d’organisation à travers les différents bureaux desservant Kinshasa, les zones, les provinces, ainsi que des antennes sous-provinciales. Comme vous pouvez l’imaginer, cela complique singulièrement le travail des planificateurs et des personnes chargées du suivi des résultats.
Ma tâche quotidienne consistait à m’occuper de feuilles de calcul Excel, mais aussi à me rendre dans des centres de santé et à assister à la remise de sacs à dos de l’UNICEF aux enfants en prévision de l’année scolaire. Les occasions d’échanger avec les bureaux extérieurs, de renforcer les capacités et de soutenir le travail de l’UNICEF ne manquaient pas. Je garde de très bons souvenirs des moments passés avec mes collègues dans l’est du Congo. Les missions sur le terrain et le travail avec les partenaires sont des expériences très intéressantes et même passionnantes. À ce titre, le suivi et l’évaluation jouent un rôle très important dans l’amélioration des méthodes de travail de l’UNICEF.

Quels sont vos projets pour l’avenir ?
J’occupe le poste de responsable de la planification, du suivi et de l’évaluation en Haïti depuis un peu plus de six mois maintenant. Je suis arrivé alors que le nouveau programme de pays sur 5 ans était en cours de définition. Quelques mois plus tard, nous devions tous faire face à une situation d’urgence majeure suite au passage de l’ouragan Matthew. J’ai donc beaucoup appris sur les capacités de l’organisation à produire des résultats lorsque la situation l’exige.
J’en apprends un peu plus tous les jours sur mes propres capacités à réaliser des tâches que je n’aurais jamais pensé faire, sur la façon de diriger une équipe, sur les participants NETI venus pour soutenir le Bureau de pays d’Haïti après le passage de l’ouragan, sur le dévouement de mes collègues et sur l’incroyable chance qui m’est donnée de travailler avec eux.  Mon avenir consistera à faire de mon mieux pour apporter mon soutien à l’action de l’UNICEF dans ce pays, à mes collègues et à nos partenaires.

UNICEF via ICON

Traduction : Cendrine Strevens

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